LA FAILLE ÉCOLOGISTE OU L’ICEBERG ET LE DÉNI — QUELQUES NOTES ET AVIS DE LECTURES SUR « TOUT PEUT CHANGER, CAPITALISME & CHANGEMENT CLIMATIQUE» DE NAOMI KLEIN

LA FAILLE ÉCOLOGISTE OU L’ICEBERG ET LE DÉNI — « TOUT PEUT CHANGER, CAPITALISME & CHANGEMENT CLIMATIQUE» DE NAOMI KLEIN

 

« […] l’écologie semble être le premier mouvement politique révolutionnaire qui se fonde sur l’évacuation du risque de la mort et soit en tout point hostile aux utopies […] »
Le nouvel ordre écologique, p.138 — Luc Ferry

 

« L’écologie, loin d’être un simple champ d’études spécialisées, impose au contraire un renouvellement de la philosophie qui a servi jusqu’ici de fondement à l’éthique et à la politique. »
Les Nourritures, p.15 — Corine Pelluchon

 

« L’écologie politique entre expertocratie et autolimitation… »
André Gorz in Ecologica

 

   Au départ c’était un ouï-dire : que le dernier essai de Naomi Klein ne prenait pas du tout en compte dans sa réflexion sur la crise écologique, la vie animale. Si vous voulez notre avis, c’est qu’elle n’a pas encore eu le temps. No logo (1999), La stratégie du choc (2007), à présent cette longue enquête (2014) qui lui a pris cinq longues années… comment donc dans tout ça devenir végane ? Ça et un projet personnel très pénible à faire aboutir…
   Très franchement, ce livre est vraiment enthousiasmant. Le ton y est à la fois tout à fait clair et le contenu assez exhaustif. Naomi Klein n’a pas fait semblant de s’intéresser à la question environnementale et nous le prouve avec ce gros livre d’environ 550 pages. Si vous voulez être à la pointe de l’actualité en ce qui concerne la corruption, la pollution, la révolution, lisez Tout peut changer.
toutpeutchanger   Pour information, Naomi Klein est une journaliste canadienne altermondialiste dans la force de l’âge. À la lire on devine un bel acharnement au travail, de la passion, une certaine boulimie jusqu’auboutiste également pour approcher et assimiler tout ce qui touche aux questions qui l’intéressent. Et elle parvient parfaitement à transmettre ce qu’elle sait pour vous mettre au parfum. Et de l’hydrolat nous en aurons bien besoin en ces temps où les émissions de télé-réalité et de GES[1] augmentent, et les pluies acides et la hausse globale de température rendent les forêts malades à crever (ah !…, j’ai laissé un accent circonflexe sur « foret » ? …tant pis !).
   Voici quelques notes de lectures pour vous offrir un petit aperçu de l’ambiance dans les milieux environnementaux, climato-sceptiques, de la géo-ingénierie, des politiciens […], non, eux ne font rien.iceberg_Clevenger

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   Dès l’introduction de son essai, N. Klein prévient qu’il faudra être âpres à la bataille. Pour sortir des ornières pétrochimiques dans lesquels nous sommes embourbés depuis la seconde révolution industrielle (1870 – 1913), et surtout depuis l’après seconde Guerre Mondiale, cela va demander des efforts, de l’abnégation, de la collaboration et une certaine forme de sacrifice. L’auteure nous explique que pour être autre chose que des feux de paille, les mouvements d’opposition devront élaborer une vision globale et approfondie de ce qui devrait émerger pour remplacer ce système en déroute et développer des stratégies politiques cohérentes et efficaces pour concrétiser leurs objectifs[2]. Un système en déroute ? Eh bien oui, clairement : le monde tel qu’il existe, celui d’un « Nord » opulent et gaspilleur vivant aux détriments d’un « Sud » exploité à outrance pour ses immenses ressources, touche à sa fin. Inéluctablement. Ce n’est pourtant pas ce qui semble être le cas quand on regarde les infos à la TV ou dans les médias grand public. Cela change il est vrai, mais l’élan est tel, et les grands consortiums entrepreneuriaux voyant d’un sale œil devoir investir dans quelque chose de totalement neuf au risque de perdre les centaines (ou milliers) de milliards de dollars à la clef, ce monde qui est le nôtre paie cher l’addition de plusieurs dizaines d’années d’exploitation massive de ses énergies fossiles. En 2012, même la Banque Mondiale prévoit un changement de paradigme terrible pour la fin du XXIe siècle. « Au train où vont les choses le monde [de la fin du siècle] sera plus chaud de 4 °C et sera marqué par des vagues de chaleur extrême, un déclin des réserves mondiales de nourritures, la perte d’écosystème, l’appauvrissement de la biodiversité et une hausse du niveau de la mer qui mettront des vies en danger. » (pp.24-25) À cela Naomi Klein d’ajouter que nous serons confrontés à une baisse des rendements spectaculaire des cultures de base (sarrasin, maïs) en même temps qu’une croissance démographique et… une demande de plus en plus forte de viande […]. Bien ; restons zen, on sait qu’il est préférable de manger nous-mêmes les millions de tonnes de céréales qu’on fait pousser pour les animaux d’élevage qu’on fait souffrir inutilement mais bon, partons du principe qu’en raison du désir d’imitation de l’Occident des pays émergés, de l’accroissement de population et que les hommes aiment à se faire du mal, en 2060, 2075, 2099 ? on voudra encore manger de la bonne viande et faire des bons gros BBQ. Tout un alléchant programme, non ?
sables-bitumineux-petrole   Sur ces faits avérés que seuls disputent quelques hargneux industriels retors au changement et des consommateurs aux yeux bandés — quand bien même il y aurait d’autres formes de profitabilité assurées — Klein est affirmative. Pas de doute : « Pour éviter l’effondrement, le climat commande une diminution de l’utilisation des ressources par l’humanité ; pour éviter l’effondrement, le système économique commande une croissance sans entrave. Il n’est possible de changer qu’un seul de ces ensembles de règles, et ce n’est pas celui des lois de la nature. » (p.33) N’allez tout de même pas croire que d’ici là nous aurons trouvé la supertechnologie salvatrice, hein. Eh oui, ça n’est pas en continuant à pomper du pétrole dans des zones censées être protégées ou en offshore, avec les dégâts environnementaux à répétition qu’on connaît (marées noires, explosions sous-marines) ou en se reposant sur le nucléaire (Tchernobyl, Fukushima) dont les déchets mettent des millions d’années à s’évanouir que ça va s’arranger. Oh, vous savez bien tout ça, grosso modo on est tous au courant, et la plupart d’entre nous fait juste comme si. Comme si de rien n’était. C’est plus facile, et « après moi le déluge ! » Bref, N. Klein parle d’un problème répandu de « cognition culturelle », autrement dit, quand un de nos systèmes de croyances [est] menacé, bing ! notre cerveau se met à produire des anticorps intellectuels afin de repousser cette invasion importune[3]. C’est y pas beau tout ça ? Et durant ce temps, nous aurons les mêmes problèmes qu’aujourd’hui, en pire. Et les palliatifs proposés par les sciences industrielles, partant qu’elles ont échoué d’ores et déjà à rendre ce monde agréable pour tous, n’y pourront rien. « La sécheresse et la famine continueront à servir à l’utilisation de semences génétiquement modifiées, aggravant ainsi l’endettement des agriculteurs. » (p.67)
   Il y a cependant plein de poches de résistance un peu partout dans le monde. Aussi va-t-il falloir prendre garde à la récupération, déjà qu’on nous pique notre bio produit en culture intensive, n’oublions pas qu’en 1989, quand tous les médias focalisèrent sur une grande libération suite aux révoltes en Pologne, Hongrie, en Allemagne, qu’en général « les idéologues de droite profitent de ce moment d’incertitude pour anéantir l’opposition politique. » Faire disparaître brièvement les « autres modes de vie viable au capitalisme ». Parce que, le chiffre donne le tournis (et j’ai vécu cela chez mes propres parents…) : « […] de 1980 à 2010, l’endettement des ménages a été multiplié par quatre (x4). » (p.97) Quoi ? — par quatre ??? Eh beh, on s’embête pas dans les affaires. Banco !
grizzly-great-bear   Plus loin, nous donnant beaucoup d’informations, Klein nous fait savoir le fiasco en termes de mise en place des énergies renouvelables par les grands exploitants éoliens ou solaires. Assez curieusement, de prime abord, ils « […] (n’)ont [pas] obtenu de meilleurs résultats en matière de transition vers les énergies renouvelables, mais plutôt des municipalités, des coopératives et des agriculteurs, encadrés par une politique nationale ambitieuse et bien conçue. », à l’instar du Danemark ou de l’Allemagne. Il y a moult techniques agricoles s’appuyant sur des savoir-faire anciens qui continuent de faire leurs preuves (la permaculture par ex.), et apportent des rendements extrêmement satisfaisants. L’auteure nous parle notamment de l’« agroécologie » : celle-ci consiste dans l’application de méthodes durables fondées sur une combinaison de science moderne et de savoirs locaux[4].
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   Les alertes et les « lanceurs d’alertes » comme on dit aujourd’hui, à propos de la crise écologique, du changement climatique, ne datent pas d’hier, mais plutôt d’avant-hier. Effectivement, Naomi Klein nous apprend qu’en 1965 déjà la question des effets désastreux des activités humaines sur la planète commençait d’être connue. Au début des années 70, donc avant le fameux « choc pétrolier » de 1973 — un ciel sur la tête de gaulois — certains ont essayé de prévenir le grand public sur ce que Günter Anders appelait l’obsolescence de l’Homme. Gaylord Nelson, un sénateur démocrate, a diffusé ces informations, et un peu plus tard le journaliste I. F. Stone. Ces hommes voyaient juste, dixit Gaylord : « Comprise au sens large, la crise écologique ne détourne nullement notre attention des causes politiques ou économiques les plus pressantes : elle les suralimente au contraire par son urgence existentielle. » (p.181)chine mine charbon
   La lecture de Tout peut changer a été bizarre. Les années les plus évoquées sont les dix dernières environ, et pourtant même 2012 semble appartenir à un passé lointain tellement l’urgence croit avec la dégradation d’environnements complexes primordiaux pour l’équilibre global écosystémique. Hier encore COP21, promesses, « paroles paroles » dit la chanson, et l’ampleur des révélations de Naomi Klein ne donne pas du tout envie de voyager dans le futur grâce à une machine ou bien se faire cryogéniser et réveiller en 2100, histoire de voir… non. L’altermondialiste canadienne le dit sans ambages :
  « Au moment même où il nous faudrait ralentir pour percevoir les changements subtils du monde naturel nous indiquant que quelque chose ne tourne pas rond, nous accélérons ; au moment même où nous aurions besoin d’un horizon temporel étendu pour constater les effets des actions du passé sur nos perspectives d’avenir, nous sommes plongés dans la frénésie d’une éternel présent, où notre existence et notre attention sont plus fragmentées que jamais. »
(p.187)
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   La crise climatique, c’est aussi — et depuis quelques mois en Europe on en parle tous les jours tandis que dans certains autres pays le phénomène est flagrant depuis plus longtemps — une énorme crise humaine. Une débâcle. Tragédie sur tragédie. On ne savait pas, mais l’Australie exporte même autant de migrants qu’il lui est possible de le faire vers la lointaine île de Nauru. Cet état insulaire micronésien et républicain sert de réservoir à migrants. D’abord l’Australie se débarrasse de ces indésirables à quelques 3000 kilomètres de chez elle, mais elle les y parque dans ce qu’il convient d’appeler des « camps », où les gens sont la plupart du temps retenus près de cinq ans (oui oui : 5). Cela se veut dissuasif pour de futurs candidats à l’exil au pays des kangourous. Aussi bien entendu, il faut plaindre celles et ceux qui fuient leurs pays et qu’on repousse là où ils n’ont pas d’avenir possible. Il faut aussi plaindre notre conscience collective parce que pour eux on les traite comme des sous-hommes, des bêtifiés : Nous ne sommes pas des animaux[5], disent-ils. Ils sont raison. À cela près que les animaux ne méritent pas non plus d’être retenus prisonniers où que ce soit. Où l’on voit que le manque de considération pour les autres êtres sensibles de ce monde induit des stéréotypes de pensée et des comportements indignes de part et d’autre. Si nous respections le moindre des animaux, celui qui a le moins figure d’un sujet de droit, offenserions-nous d’autres humains ? Sur ce point vous l’aurez compris, Naomi ne s’insurge pas.
   On avance dans la lecture, quel livre édifiant par ce qu’il vous apprend ! — et puis aussi on espère. Tout de même : à force de parler du saccage de la biodiversité, l’auteure va bien rejoindre les rangs des défenseurs des animaux, car voyons, c’est lié à la fin !… Eh non, pas encore. Et ce n’est pas faute d’avoir de belles paroles pour notre planète, N. Klein disant que l’être humain a un « […] rapport à la Terre d’une telle violence, qui le porte à croire qu’il peut exploiter la Nature dans se soucier des déchets qu’il laisse derrière lui — sur terre, dans l’eau ou dans l’atmosphère. » (p.197) nous fait faire un voyage passionnant, périple d’une femme engagée. Elle nous donne envie d’aller à la rencontre d’autochtones sud-américains ou canadiens qui ont choisi de prendre leur destin en main et luttent de toutes les manières possibles contre l’exploitation éhontée de leurs territoires ancestraux. Ils sont d’ailleurs souvent le dernier rempart légal contre cela grâce aux clauses de partage des terres signées par leurs arrières grands-parents avec l’État. Leur droit traditionnel protège encore — un peu, pour l’instant — la Nature des ravages des forêts pour accéder aux sables bitumineux, aux nappes pétrolières, aux mines de charbons, etc. « Aujourd’hui il est grand temps de réfuter ce Illustration FRENCHmythe pour tourner le dos à l’extractivisme et bâtir une société meilleure en respectant les limites de la Terre. » (p.216) Ce mythe c’est celui d’une Terre infinie en ressources, et d’une semblable croissance économique illimitée. Et comme le remarque si justement Klein, le plus ironique dans tout cela, c’est que le mode de vie des communautés sacrifiées sur l’autel du marché du carbone comptent souvent parmi les plus écologiques (et les plus faibles émetteurs de dioxyde de carbone) au monde[6]. Ces contrées de montagnes majestueuses, de plaines et de lacs immenses, de canyons dépaysant, de forêts pulmonaires, de rivages primitifs, c’est cela notre monde, avec tous les êtres qui l’habitent. Où l’on pratique avec acharnement la fracturation hydraulique pour obtenir le gaz de schiste. Et l’état navrant du delta du Niger, Ô Nigeria… Et la Terre de trembler…
    Et elle est malade.
   On nage en plein délire, dans un mauvais roman de science-fiction, quand Naomi Klein raconte ces conférences où elle s’est rendue — là au Royaume-Uni — où dans un cadre princier des scientifiques discutent des technologies envisageables pour réduire le rayonnement solaire et donc refroidir la planète. Outre le coût, les nombreuses inconnues attenantes à ce type de projets plus ou moins farfelus, l’auteure montre que ces gens n’ont pas en vue de changer de paradigme technologique, et bien qu’en se prenant pour les sauveurs du monde, ils ne feront que l’enfermer comme dans une cage toxique qu’on ne pourrait plus jamais rouvrir. On vous passe les détails mais ce scénario digne d’un film de série B nous a rappelé notre adolescence et Highlander 2 avec Christophe Lambert (lire le pitch). Au-delà du piètre cinéma, la réalité n’est-elle pas en passe de dépasser de loin la fiction ? « Il ne fait pas l’ombre d’un doute que les géo-ingénieurs rendront notre planète monstrueuse à un point jusqu’alors inégalé dans l’humanité. Vraisemblablement, nous n’aurons pas à composer avec une seule méthode de géo-ingénierie, mais avec tout un arsenal de solutions technologiques : pulvérisation de dioxyde de soufre dans l’espace pour diminuer la température ; ensemencement des nuages pour remédier aux sécheresses engendrées par la GRS ; fertilisation des océans dans une tentative désespérée de contrer leur acidification ; aspiration du dioxyde de carbone pour se débarrasser des GES une bonne fois pour toutes. » (p.318)highlander-2
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   Une entreprise de libération inachevée[7]

N. Klein   De page en page nous avons continué à chercher la petite bête parce que tout peut changer après tout. Hélas quand Naomi Klein s’inspire du saumon pour donner du courage et du cœur à la régénération plutôt qu’à l’idée de résilience, elle n’omet même pas d’en reparler quand elle le mange. Quand elle regrette qu’un jour prochain l’on ne verra peut-être plus jamais d’orignal près des rives du Saint-Laurent ou plus au nord, elle défend en même temps les autochtones quand ils se veulent encore chasseurs-cueilleurs, mais vu le désastre et la raréfaction de tant d’espèces, ces traditions-là ne devraient-elles pas, en partie du moins, accepter d’assumer la belle et « vraie liberté » qu’on leur souhaite sous l’égide de orignalla notion responsable et éthique de l’« autolimitation » comme proposé par Corine Pelluchon dans Les Nourritures ? Si les économies locales sont à l’heure actuelle souvent pieds et poings liés à cause des dispositions des accords de libre-échange en matière de protection des investisseurs[8], raison de plus par nos choix de consommation pour punir ou encourager les entreprises en fonction de leur mérite. C’est en vertu de nos choix, Naomi Klein l’a parfaitement compris, que nous ferons changer le monde.heiltsuk-banner
Gens heiltsuk de Colombie-Britannique luttant pour l’environnement
   Une dernière impression. D’inachevé ; sans aucun doute. Car lorsque N. Klein dit que nous sommes les « […] simples maillons d’un vaste écosystème qui nous maintient en vie. » (p.499) elle ne fait jamais mention de la biodiversité autrement que comme un quelque chose de nécessaire à notre survie mais par trop indéterminé dans son exposé. Elle parle des pollutions mais ne dit pas que l’élevage est un gaspilleur d’eau incroyable, et l’un des deux plus gros émetteurs de GES. Enfin, dans quelques pages qu’il faut bien reconnaître comme très touchantes, elle se livre non plus telle une investigatrice mais comme une jeune mère qu’elle est parvenue à devenir au prix de tentatives cliniques difficiles. Elle parle du doute à propos du fait d’avoir ou non un enfant. Est-ce un acte créateur, quand on voit combien les humains détruisent collectivement l’unique monde qui les soutient ? Elle relate l’énorme révolution qu’a été, en termes de réformes culturelle et économique, l’avènement de l’abolitionnisme et la libération des esclaves. Souvent le Droit est quand même passé au second plan derrière l’argent, mais tout de même, qu’on songe à Mandela, à L’Afrique du Sud. Et puis, parmi tous les beaux exemples de communautés, de villes, de villages qui s’autonomisent et vivent de façon de plus en plus écologique (autosuffisance), Naomi Klein nous incite à réfléchir sur la dénégation qui nous habite tous plus ou moins. Elle reproduit avant nous ces mots de Kari Noorgard[9] qui prennent pour nous un sens un peu plus précis encore quant à ce qui pose cruellement question dans son essai pour le reste irréprochable : l’absence de considération pour les animaux : « On peut (je dirais même on doit) interpréter le déni comme le produit de notre faculté d’empathie, de compassion, et comme une conscience sous-jacente de l’impératif moral de réagir, et ce, même si nous ne parvenons pas à passer à l’action. »
   Madame Klein, vous avez raison, tout peut changer. Vous aussi, devenez végane, cela est dans la suite logique de vos belles idées.

 

M.

Alberta

   [1] Gaz à effet de serre.
   [2] p.21 in Tout peut changer — Capitalismes et changement climatique. Actes Sud
   [3] Ibid. p.53.
   [4] Ibid. p.160
   [5] Ibid. p.195.
   [6] Ibid. p.256.
   [7] Titre d’une des dernières parties du livre, p.514.
   [8] Ibid. p.405.
   [9] Cf. Kari Noorgard Living in Denial (2011). MIT Press (english)
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Une réflexion sur “LA FAILLE ÉCOLOGISTE OU L’ICEBERG ET LE DÉNI — QUELQUES NOTES ET AVIS DE LECTURES SUR « TOUT PEUT CHANGER, CAPITALISME & CHANGEMENT CLIMATIQUE» DE NAOMI KLEIN

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