QU’EST-CE QUI FAIT COURIR MAGÀ ETTORI ? — INTERVIEW AU SUJET DE « VEGAN MARATHON » — UN PROJET HUMAIN ET UN FILM

INTERVIEW AU SUJET DE « VEGAN MARATHON » — UN PROJET HUMAIN ET UN FILM

 

« […] ce qui ne me tue pas me rend plus fort. »
Friedrich Nietzsche, Le Crépuscules des idoles, 1888

 

« Un marcheur est un homme ou une femme qui se sent passionnément vivant et n’oublie jamais que la condition humaine est d’abord une condition corporelle, et que la jouissance du monde est celle de la chair, et d’une possibilité de se mouvoir, de s’extraire de ses racines. »
Marcher : Éloge des chemins et de la lenteur de David Le Breton

 

« Si tu veux courir, cours un kilomètre. Si tu veux changer ta vie, cours un marathon. »
Emil Zatopek
vegan-marathon
(clic sur la bannière vers le site du projet)

 

— Avis à la veggie-population —

   Oyez ! Oyez ! Véganes de France et de Navarre, retenez bien la date du 9 avril 2017, où se déroulera, sis à la capitale de par ses rues, boulevards et avenues, le 41ème Marathon de Paris — célébration de l’effort et de l’endurance, du dépassement de soi depuis 1976. Hélas vous ne verrez pas passer que des végétos blafards et autres barbes rousses carencées viles placeurs de produits vromagers à la solde de Bertrand Jouault (n’est-ce pas Gurren…), puisque la course est ouverte à tout le monde. Eh oui, c’est une course omnivorace
   Et de l’énergie humaine dont la course est si friande, il va en falloir à celui que vous devrez venir supporter au printemps prochain puisqu’il courra pour aller au-delà de lui-même, porté par une ambition qui déjà le dépasse et rayonne, et résonne du mystérieux nom de : Vegan Marathon.

 

— Perspectives et Challenge —

   Selon les récits historico-mythologiques, la célèbre épreuve sportive qu’on pratique depuis 1896 (Jeux Olympiques d’Athènes) viendrait du messager grec Philippidès, qui  aurait couru de Marathon à Athènes pour annoncer la victoire contre les Perses à l’issue de la bataille (première guerre Médique en -490), parcourant d’une traite la distance d’environ 40 km.
   De nos jours la course mythique est de 42,195 km, elle se déroule chaque année de par le monde, à New-York, Londres, Paris, etc.le_soldat_de_marathon_lucolivier_merson_1869
   Le prolifique cinéaste végane Magà Ettori a toujours eu le rêve de courir cette épreuve. Hélas jusqu’à présent, il n’a pas pu le réaliser. La faute à des incidents comme il en arrive dans la vie et qui vous handicapent sérieusement. Aujourd’hui Magà Ettori a 45 ans et pèse 140kg. Il fait des apnées du sommeil, potentiellement déjà dangereuses pour sa vie, et souffre d’hypertension. Pourtant, fort de son véganisme et d’une envie d’entreprendre toujours renouvelée, il a décidé de s’inscrire à ce Marathon de 2017 et a pris pour ce faire comme coach sportif Thierry Pistorozzi, nouveau recordman 2016 du Tour de Corse en courant en 155 heures et 52 minutes (la boucle du tour de Corse c’est 640 kilomètres), c’est dire si Magà Ettori veut faire les choses bien et ne laisse rien au hasard.
   Comme on peut lire sur le site de Vegan Marathon, cet événement pluriel comporte une dimension philosophique. Le propre de l’utopie n’est pas d’être réalisée mais d’avancer, d’aller plus loin, d’améliorer le réel : Il suffit de se convaincre de [la] possibilité et d’agir en ce sens : le monde peut un jour se fonder sur des valeurs de respect de l’environnement et des êtres, comme les villes réticentes à l’étranger devenir amicales –  comme le marathon peut être couru par un non-athlète qui accepte le martyre de l’endurance au nom de son idée du progrès.
   Donc un nouveau genre de triathlon : une course, une web-série, un film.marathon-feet

 

— Questions à Magà Ettori —

   1) Magà : Qu’est-ce qui, au départ, alors que les conditions semblent être « contre vous » pour faire un marathon, vous a redonné l’idée, l’envie, la motivation pour vous lancer dans cette aventure et ce projet ? S’agit-il en fin de compte d’une pure démarche personnelle, ou bien passer à l’action et la filmer allait simultanément de soi ?
   Passer à l’action et la filmer allaient simultanément de soi. Mon action militante passe par ma création, toujours. La seule difficulté est de pouvoir/savoir emmener les films jusqu’aux spectateurs. Il y a encore peu, les chaînes de TV n’étaient pas prêtes à parler de véganisme à des heures de grande écoute. Cela change. Selon Google trends, en 2016 les Français recherchent deux fois plus le terme vegan que l’année précédente. Les chaînes sont sensibles à cette évolution de la société et n’hésitent plus à soutenir nos projets. Nous prenons un tournant important même dans l’Hexagone. On recense en France 2 millions de végétariens. Selon le rapport de 2016 de CHD Expert 5% des français se déclarant végétariens et environ 2 % se revendique végan.
   Dans le monde, on estime aujourd’hui que plus de 525 millions de personnes ne mangent ni chairs animales, ni œufs : 40% de végétariens et végétaliens en Inde sur la totalité de la population, de 2 à 5% en Chine, 6 à 10% au Brésil et en Allemagne. Ses adeptes ont doublé entre 2009 et 2014 outre-Atlantique, triplé en dix ans au Royaume-Uni où 20 % des jeunes âgés de 16 à 24 ans se déclarent végans. Ce changement de paradigme passe beaucoup par l’assiette, mais l’offre culturelle vegan doit être plus importante, et elle le sera.
   2) Nietzsche pensait, à sa manière, qu’il fallait faire de sa vie une œuvre d’art. Avec le projet de Vegan Marathon on va voir de nouveau Magà Ettori, comme souvent, au centre de son œuvre. Qui plus est le travail intensif que suggère la préparation à la course, cela ressemble à une performance d’artiste, presqu’à une sorte de happening scénarisé, et somme toute changer son corps pour y parvenir c’est en quelque sorte une action de Body Art. Comment définiriez-vous ce double défi du Vegan Marathon ?
   Vegan Marathon est un don et un dépassement de soi. Je n’ai pas vocation à finir en martyr, mais ce dépassement de soi que j’impose à mon corps à force d’exemple pour la société. D’autant que le film sera projeté et diffusé très largement. Je suis sur ce point Samuel Johnson, qui prétend que « L’exemple est toujours plus puissant que le précepte ».
  3) Magà : vous êtes déjà végane. Plus la peine donc d’arrêter une alimentation peu propice à la santé corporelle et au sport intensif. Le régime végétalien est déjà aussi sans doute profitable à une diminution de charge pondérale. À quoi ressemblent vos journées de préparation au marathon ? Combien de temps par jour/ semaine faut-il y consacrer ? Pour l’effort et la forme, vous privilégiez quoi ? Et… on se demande aussi (rires)… : pour l’endurance, est-ce que Magà est au riz ?
   Avec mes 140kg, j’étais il y a quelques mois « sumo est au riz », je suis à présent descendu de catégorie et « Magà est au riz » me va très bien. Peu importe le régime alimentaire au départ, la violence de l’effort est telle que tout est à reprendre, tout est à revoir, rééquilibrer, recalculer, repenser. Il n’y a pas un temps pour un régime alimentaire, un autre pour l’entraînement, un pour le repos, etc. Tout est un, et cette unité est une recherche permanente depuis déjà 9 mois.
   Certes le régime végétalien est profitable à une diminution de charge pondérale, mais je pesais le double de mon poids de croisière au moment de devenir végétalien, et je n’ai pas vraiment perdu… jusqu’à initier Vegan Marathon. Je suis un contre exemple de la représentation du carencé anémié, que l’imagerie populaire véhicule des véganes. En mangeant un énorme plat de lasagnes végétales (délicieux), suivi d’une montagne de crêpes véganes (miam), je reste dans une alimentation éthique, mais pas forcément équilibrée. Donc oui, il a fallu faire un effort, retrouver une hygiène de vie, même en étant végane. 
   3.1) Quelles sont les plus grandes difficultés physiques rencontrées ? Ça s’améliore ? Vous vous entraînez en Corse uniquement ? Parce qu’à Paris la pollution, ça va être coton…
   Comme tout être sentient j’évite la douleur, ou du moins j’essaye. La douleur est omniprésente, diffuse ou aiguë. Je ne la considère pas comme mon ennemie, au contraire, sachant que ma santé s’améliore à chaque course, je considère la douleur comme un indicateur de l’état dans lequel j’étais avant, et également un curseur des progrès effectués. Mon corps me parle, et c’est une bonne chose. Ou du moins en théorie, car en pratique il m’arrive de me réveiller la nuit tellement j’ai mal aux jambes, passer deux heures à faire des massages, me recoucher sans arriver à dormir, remettre les tennis à peine levé et enchaîner avec une course éreintante. 
   L’entraînement se pratique, là où sont mes tournages, et je voyage beaucoup. Je dois sans cesse m’adapter à mes horaires de travail et à mes déplacements. C’est très difficile d’être rigoureux dans de telles conditions, mais on y arrive. En 9 mois je n’ai jamais manqué un entraînement, à part quand la grippe m’a cloué au lit (et encore j’ai couru avec la fièvre).
   Oui la pollution à Paris c’est quelque chose.
   4) Évidemment, vu l’enjeu du Vegan Marathon, on s’interroge sur la question du risque. Comment avez-vous évoqué cela avec vos partenaires (coach, médecin, etc.) ? Les choses ont dû changer depuis le début. Quelles différences y a-t-il entre avant et maintenant ? Comme on ne voudrait pas que vous finissiez sur les rotules (ni comme Phillipidès…), pouvez-vous nous parler de cette gestion du risque et comment vous l’appréhendez ?

Le risque est important, et toujours présent. Toutefois nous avons réalisé une thierry-pistorozzibatterie de tests au début de l’aventure, et des contrôles permanents depuis. On n’est jamais à l’abri d’un mauvais coup. L’hypertension par exemple est incontrôlable tant que je n’ai pas perdu du poids. Lors des tests d’aptitude j’étais à 16 au repos et à 24 pendant l’effort, ce qui est assez dangereux (AVC). D’autres tests ont été plus rassurants. Pendant un test à l’effort le médecin à la clinique du sport m’a expliqué que l’unité de mesure de l’exercice était le watt. Un champion grimpe jusqu’à 500 watts, une personne en bonne condition physique tourne autour de 200 watts… et moi j’étais à 380 watts ! Ce fut une incroyable surprise, et cela nous a permis de gérer certains points de l’entraînement autrement. Mais ceci dit, une personne contrôlée qui fait des efforts importants prendra toujours moins de risques qu’une personne non contrôlée d’un point de vue médical, ce qui était mon cas avant. Et puis, j’ai surtout une très grande confiance en mon coach, Thierry Pistorozzi, qui me suit quotidiennement, et adapte le programme au fur et à mesure. C’est du travail d’orfèvre.
   5) Magà Ettori : Vous êtes marié et vous avez deux enfants. Comment vos proches ont-ils réagi à l’annonce de votre décision de faire le Vegan Marathon (la course et le film) ? 
   Comme d’habitude, un ange est passé – assez rapidement d’ailleurs – et l’instant d’après nous étions en train d’élaborer notre stratégie (en famille). Mon épouse est partie prenante de toutes mes activités depuis 28 ans, et dans Vegan Marathon sa tâche est importante.
   6) Après Faeryland, Vegan Marathon n’est-ce pas encore une nouvelle quête de Graal(s) ?
   Exactement. En observant le parcours des créateurs on s’aperçoit très vite de leurs obsessions. Ma création s’ordonne autour de la justice, de l’équité et de la bienveillance. Les héros de mes films sont souvent des chevaliers blancs, prêt à lutter contre des forces supérieures, au péril de leurs propres intérêts. Des situations qui ne me sont pas totalement étrangères. Il arrive souvent que je raconte dans mes films des épisodes de ma propre vie, comme récemment dans  un film qui évoquait la mafia corse. Donc à la question ai-je une âme de Perceval ? En amateur du cycle arthurien, je dirais oui bien entendu.
   7) On s’imagine que faire Vegan Marathon ça ne ressemble pas forcément à des réalisations d’œuvres de fiction. Techniquement, financièrement, etc., qu’est-ce qui différencie ce genre de film-docu d’un tournage avec costumes, plein d’actrices et acteurs, des décors, des trucages, effets spéciaux, etc. Et malgré les apparences ça n’est peut-être pas plus simple, non ?
maga-entrainement   Le documentaire est une œuvre écrite, et très écrite même. C’est normal, vous imaginez que ces dossiers doivent être présentés à des chaînes, à des financiers, qui investissent des sommes importantes et prennent de grands risques. Quand nous présentons un film, que ce soit une fiction ou un documentaire, rien n’est laissé au hasard. C’est là qu’il faut savoir s’entourer des meilleurs professionnels, et de bonnes maisons de productions. Vegan Marathon est le fruit du travail acharné de Jean-Marie Laronze, producteur de talent, qui a porté ce projet depuis l’écriture, puis qui est allé le défendre devant les chaînes TV. Comme vous le précisez justement, malgré les apparences ça n’est pas simple.
   8) Vous avez sorti l’an dernier le premier film vegan : Faeryland. Votre nouveau projet n’est pas sans faire penser à Super Size Me de Morgan Spurlock ou bien à Fat, Sick and Nearly Dead (« Gros, malade et presque mort ») de Joe Cross, en tant que documentaire où le réalisateur est lui-même son propre sujet d’expérience. De la sorte, Vegan Marathon, ne sera-ce pas une fois encore une première en France, doublée cette fois-ci de la volonté d’en rendre l’action performative, qu’elle fasse des émules, de nouveaux véganes ?
maga-ettori-runner   Mon objectif n’est pas de faire du prosélytisme. Avec ou sans moi, le mouvement vegan avance très vite. La cause animale a ses champions dans la société civile et dans les institutions. Du militant de base aux grandes structures, le monde associatif est riche et de mieux en mieux organisé. Mon travail est ailleurs. Mon objectif de cinéaste est de tendre un miroir à mon époque, et de la questionner. Un film commence par la feuille blanche d’un auteur, et se termine par la feuille noircie d’un critique. Entre les deux, il y a une multitude d’intervenants, de modifications, de concessions par rapport au projet initial. Le film échappe souvent à son créateur, et c’est souvent là que l’humour et l’humilité sont indispensables. De plus, dans mon cas, l’œuvre n’est pas uniquement mienne puisque Vegan Marathon a été co-écrit avec mon ami Jacques Renucci, auteur brillant, qui a su me suivre dans cette écriture.
   9) On a envie de savoir ; quand vous courez, que vous vous entraînez, est-ce que vous écoutez de la musique et si oui quoi donc ? À quoi pensez-vous durant l’exercice ?
  J’écoute de la musique, mais généralement sur les parcours longs, et dans la dernière partie de la course. La musique est un atout, elle me donne un regain de motivation pendant la course, mais pose un petit problème : elle parasite ce monologue intérieur que j’ai pendant la course. C’est pourquoi je ne l’utilise que partiellement. Sur 22 km par exemple, je ne mets mes écouteurs qu’au 18ème ou 19ème km.
   Je suis surtout un inconditionnel des voix graves et rauques. De White Buffalo à Emmanuel Djob, en passant par Joe Cocker, Amy Winehouse, Garou ou Janis Joplin. Il y a des dizaines d’autres artistes que j’écoute, la musique corse bien entendu, je suis aussi toutes les émissions de The Voice, et j’adore les comédies musicales (j’en ai écrit une il y a quelques années qui a été interprétée au Bataclan et au Casino de Paris), mais toutes les musiques ne se prêtent pas à la course.  
   À quoi je pense pendant l’exercice ? Tout d’abord à l’exercice que je suis en train de faire. Je me donne des consignes, et de la motivation. J’essaie toujours de positiver, ça influence énormément le résultat. Je réfléchis aussi à toutes les affaires qui me préoccupent. Le monologue intérieur est un outil formidable. Quand je cours, j’ai une distance avec mes préoccupations, j’y pense mais je ne peux pas agir immédiatement (puisque je suis à distance en train de courir). Donc j’y réfléchis, je les conceptualise, les inspecte sous toutes leurs coutures, et bien souvent trouve des solutions à des problèmes qui me paraissaient insolubles. En rentrant, avant de me plonger dans le bain de glaçons que m’a préparé mon épouse, je note toute décision que j’ai prise pendant la course.
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   (cliquez sur l’image vers le facebook du Vegan Marathon)

 

   10) À deux mois de l’échéance, comment se sent Magà Ettori comme vous l’observez ?
    Je reste combatif quoi qu’il en soit, seule la blessure peut m’empêcher d’y arriver.
   11) Une question subsidiaire : la fois où on aurait voulu voir Faeryland en salle on n’a pas pu venir sur Paris. Est-ce qu’une sortie en VOD est prévue ?
   Oui mais pas immédiatement. À film militant, parcours particulier. Faeryland a été exploité 5 semaines en salles, ce qui est exceptionnel pour un film indépendant, et poursuit actuellement une carrière internationale, porté par son distributeur chilien Gitano films, une grande société de production dirigée par Alejandro Parra Balladares, producteur et distributeur basé à Santiago. Faeryland était présent à la « Ventana Sour » (l’équivalent du « Festival de Cannes » en Argentine), et à la « Berlinale »  (67e édition du Festival International du film de Berlin – 67. Internationalen Filmfestspiele Berlin) qui se déroule du 9 au 19 février 2017. Avec un peu de chance nous seront au « Festival de Cannes » en mai. Ensuite, selon les résultats, nous aborderons avec notre distributeur l’aspect sVOD et/ou DVDs.
   12) Bon, on dirait qu’en vrai Magà Ettori vous cavalez tout le temps. Mais qu’est-ce qui vous fera encore courir après tout ça ? Le GR20 ?
   Nous avons 4 films au feu et un sur le grill (si, si, sur le grill… vous verrez), et encore beaucoup de belles histoires à raconter.

 

*
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  Crédit photos : Bluebirds studios

 

   Mille mercis du fond du cœur à Magà Ettori d’avoir pris une nouvelle fois du temps pour répondre à nos questions.
   En somme on n’en finit jamais d’arriver, alors en attendant que Magà franchisse la fameuse ligne du finish du Marathon de Paris en avril, on lui souhaite de conserver son courage, sa détermination et sa faculté d’émerveillement, bien qu’on ne doute pas qu’il a tout ça à revendre et pour longtemps.

 

K&M

 

 

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