« GUIDE DU VEGAN EN FRANCE » DU PETIT FUTÉ — PETIT FOUTAGE DE GUIDE

« GUIDE DU VEGAN EN FRANCE » DU PETIT FUTÉ — PETIT FOUTAGE DE GUIDE
« Merci pour votre promptitude à trouver des incohérences dans mon travail, mais si vous y aviez cherché mes idées au lieu d’y chercher mes incohérences vous auriez trouvé réponse à vos questions dans le chapitre incriminé. »
Michel Onfray en réponse à notre article Le crypto-véganisme de Michel Onfray, simili-philosophe pourfendeur des incohérences d’autrui, qui n’aime pas qu’on traque les siennes.
« Bref, le Petit Futé Guide du Végan en France répondra à vos questions et vos attentes pour vivre votre véganisme en toute sérénité. » (citation ici)
   « Approchez m’sieurs-dames, on a de la polémique à revendre, toute fraîche du jour ! Vous en prendrez bien un peu, un p’tit morceau ? C’est qu’ça anime la polémique, ça fait jazzer, ça rend visible. Laissez-vous tentez, allez… juste un peu quoi ! »
   Eh non ; encore une fois pas de polémique  sur ce blog (on sait, on n’est pas dans le mouv’), enfin pas vraiment. On a pris le parti ici de ne pas critiquer de manière frontale les initiatives qui allaient dans le sens du véganisme, même si parfois ça nous a démangé quelque peu : pas assez d’éthique, trop commercial, les vins biodynamiques c’est pas vegan,  le « hum ça sent l’arnaque » …mais bon, cette fois-ci notre modeste blog ne risquant pas de faire couler les Nouvelles Éditions de l’Université, on n’hésite pas, on balance. Cette semaine est sorti le Petit Futé Guide du Vegan en  France. On l’attendait celui-là, on chantait déjà « on a notre Petit Futé, on a notre Petit Futé » (à la Wayne’s World quand les mecs ramassent 5000 dollars), on fanfaronnait quoi, une institution depuis 1976, c’est pas rien ça pour le véganisme, hein ? Bon il est sorti dans la collection « Guides thématiques » de l’éditeur, c’est-à-dire au même titre que le Guide de la fin de vie et le Guide des parcs animaliers, … mais ça y est « on a notre Petit Futé, on a notre Petit Futé ! »
   Alors on se pose, on feuillète et on voyage (pour nous qui ne partons jamais en vacances, par choix précisons-le, ça nous fait tout drôle). Le monde français de la Véganie qu’on savait là tout proche, parce qu’on sent bien que ça s’émulsionne tout ça, que ça commence à prendre comme une véganaise, devient palpable, il fait quand même 190 pages ce bouquin.
   Pour le moment la promesse est tenue. Notre préfacière multirécidiviste préférée Brigitte Gothière ouvre le bal avec ses mots positifs et enthousiastes et ça fait un bien fou. Sur la même page est mentionné « imprimé en France » et la certification PEFC (papier issu de forêts gérées durablement et de sources contrôlées). À ce moment-là on est vraiment contents, on se prendrait bien un p’tit mojito pour déguster tout ça encore un peu plus à la cool.
   Hop hop hop ! On ne se détend pas trop là, on n’oublie pas pourquoi on est végane. Bang la claque : la partie « Vegan, mode d’emploi » fait un  bref résumé mais approfondi de ce qui nourrit notre engagement. Le sort des animaux y est implacablement décrit. Il y est bien sûr évidemment fait mention de l’impact environnemental et des profits pour la santé. Une intro très complète donc (normal les sources sont L214 et Vegan Impact), un peu déstabilisante, puisque le but premier de cette publication est de pouvoir ripailler sans nuire à autrui les yeux fermés. On a faim bordel de m**** !
   Encore un peu de patience, des conseils pratiques, les associations importantes, quelques ouvrages, des blogs — même si pour le coup ils ont carrément oublié de mentionner les blogs culinaires de référence comme VG-ZONE ou 100% Végétal… et K&M Les Veganautes, il va sans dire… (rires) —. Ouf : les Cahiers Antispécistes et Yes Vegan y sont, donc tout va encore bien pour le moment.
 (quelques clichés de clichés…)
  Par contre, leurs propositions de végétalisation de produits sont quelques peu douteuses.  Si on vous demande : « Par quoi remplacer le beurre ? », vous répondrez… « par la margarine » (Mmhh ??). Eh bah non : le Petit Futé est vachement plus futé que nous les véganes qui faisons des gâteaux vegan depuis plusieurs années pour certain-e-s. Il le remplace  par « 1 cuillère à soupe de citron ou de vinaigre de cidre, ajoutée à du lait végétal que vous laisserez cailler pendant 10 minutes ». Du tofu aigre. Futé non ?
    Passons, passons ; véganes que nous sommes, nous allons encore passer pour des chipoteurs. Le guide dans cette première partie d’informations et de conseils pratiques en tous genres s’en tire plutôt pas mal. Cela augure une suite plus qu’intéressante, parce que maintenant on attaque le gros morceau, le cœur de leur savoir-faire : « « « TOUTES LEURS BONNES ADRESSES !!! » » »
   Tout est classé par régions, certaines plus fournies que d’autres, mais ça bien sûr on s’en doutait. Alors c’est parti ! Quelles nouvelles adresses va-t-on pou…voir… tes…ter… Mais… mais… ?!  P***** c’est quoi ce bordel ???! Allez-allez, on s’rassure. Touche Stop, puis Rewind, on revient sur ses pas et on relit la couverture et la promesse du guide : « Bref, le Petit Futé Guide du Vegan en France répondra à vos questions et vos attentes pour vivre votre véganisme en toute sérénité. »
 (appréciez l’animal du logo à la symbolique exploitée)
*
FLORILÈGE —
   « Les portions sont généreuses et la cuisson de la viande impeccable. » — Ils doivent parler de similis. Ah bah non, ils parlent bien d’animaux morts pour cette adresse.
   « À la carte, vous retrouverez toutes les spécialités de la région : choucroute au riesling garnie aux 5 viandes, salade vigneronne, tartes flambées, jambonneau braisé au munster […] » — Nous sommes ravis de le savoir, l’odeur ambiante dans le resto ne nous donnera absolument pas la nausée.
   « Le poulet, lui, est label rouge de classe A et son alimentation est garantie 100% végétale. » — Logique futée : poule végane = plat vegan.
   « Pour celles et ceux qui préfèrent ne pas se prendre la tête, il suffit de suivre les suggestions du moment dont certaines sont sans gluten : crème de roquette puis mijoté de dinde à la bière et carottes, riz basmati aux petits pois. » — Si en fait : on va se la prendre la tête…
   « Les viandes sont soigneusement sélectionnées, les légumes sont frais. » — Cadavres en décomposition et légumes frais ! C’est vrai ça s’équilibre.
   « Et le soir, vous apprécierez les tapas paléo en version végane (seulement sur réservation). » — Les paléo ce ne sont pas ceux qui se prennent pour des chasseurs-cueilleurs ? Mais tout va bien, il y a l’adaptation. Vive l’évolution !
*
   On n’a pas tout relevé, on n’a pas tout traqué. Parce qu’il y a l’évocation des pâtisseries qui s’avèrent, comme ça par exemple, dit en passant quand on vérifie sur les sites, pleines de souffrances ovo-lactées.
   Alors OUI : bien évidemment, l’offre 100 % vegan française est minoritaire, donc OUI — bien évidemment — on s’attendait à la présence de ces restos qui « surfent » sur la vague. Mais n’était-il pas normal de s’attendre à ce que SEULES les alternatives végétales soient mentionnées ? Tout comme il aurait été judicieux de s’abstenir  de donner des adresses qui vous proposent généreusement un plat si vous les prévenez… 24 heures à l’avance.
   Pour «  pleurer » une salade sans ceci ou sans cela dans une brasserie, ou un kebab pain-salade-tomates-oignons-ketchup (ce qui est très bon par ailleurs), on n’a pas attendu Le Petit Marrant. On sait faire. Aller dans les restos libanais ? On sait faire aussi, merci.
   À l’heure où il est, paraît-il, de bon ton de ménager les sensibilités, on aurait aimé que le Petit Futé ménage la nôtre et soit cohérent de bout en bout.
   C’est plus fort que nous : lire ou entendre parler d’un être vivant comme d’un aliment ça fait mal. On doit déjà se coltiner nos collègues de travail toute la semaine, ne l’oublions pas ! Nous pensions arriver en terrain conquis. On s’est retrouvé en terrain miné.
   De plus, entre les appellations carnées des restos vegan et celles des restos cannibales (oups ! pléonasme), on s’y perd tellement qu’on est obligés de vérifier sur internet si concrètement on peut y mettre un doigt de pied — parce qu’on ne vit pas encore vraiment dans le monde de la viande in-vitro qui ne pollue pas et ne fait souffrir personne n’est-ce pas ?
   C’est sans parler non plus la pléthore de photos de bouffe nous faisant passer pour des orthorexiques de premier ordre, fanatiques invétérés du brocoli vapeur, du chou râpé et des navets tristounes, le tout accompagné d’un goûteux verre d’eau plate. C’est vrai qu’on est un peu fâchés avec les termes et les visuels façon « Food Porn » et de la soi-disant décadence culinaire tout cela nous paraissant un tantinet grotesque et d’un gothisme fat, voire hors de propos — pas très raccord avec la critique de la politique sexuelle de la viande — (eh oui voilà : vous apprenez donc dans cet article que K&M sont dans la vie des gens très très fâchés, carrément méchants, jamais contents, grrr, grrr…), mais là franchement, limite le junk, le punk, le funk qui peuvent exister dans la cuisine végétale, la vraie avec du goût, de la variété, des saveurs, des formes et des couleurs, ça manque. Même l’unique pauv’ burger qu’on donne à voir dans ce guide est tout minable… Le Petit Buté  nous parle sans complexe de bidoche, mais il s’est bien gardé de nous montrer des plats contenant des simili-carnés.
   Enfin on a juste l’impression que la personne pleine de bonne volonté qui a récolté les infos au début s’est retrouvée en arrêt maladie, remplacée au pied-levé par son collègue pas trop au courant de l’affaire : « Aaah ! le dossier sur les V-gants ! Ouais…, ouais ouais je vois, je gère, no problemo, ça va le faire ! » Bah nan quoi, ça l’fait pas vraiment.
   On arrête ici ce billet déjà bien trop long pour un ouvrage qui n’en vaut pas la peine.
  Si ; un conseil tout de même : si vous avez dix balles à dépenser, donnez-les plutôt à une association et pour les boyaux qui crient famine allez sur Vegoresto : les gens qui font le boulot sont vg/véganes, les visuels sont vegan, c’est super easy et… c’est gratuit. Si tous les guides Petit Futé sont de cet acabit c’est inquiétant. Nous, on ira chercher nos informations ailleurs. On n’est pas des quiches véganes.
K.

19 réflexions sur “« GUIDE DU VEGAN EN FRANCE » DU PETIT FUTÉ — PETIT FOUTAGE DE GUIDE

  1. J’ai eu envie de dire que c’est lamentable, mais franchement, je suis à peine surprise. Quand au visuel de « salade verte en fête », c’est tellement habituel : quand un article aborde la gastronomie vegan on a soit le droit à une assiette de crudités, soit à un burger VG. Je n’ai rien contre les burgers, mais tout même !
    En tout cas merci de l’article, nous sommes prévenus !
    Bises 😉
    Mélanie

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  2. Merci pour la review … je te rejoins sur tous les points … c’est fou quand même, on en est encore à si on veut sortir avec les collègues à nous balancer il y aura bien quelques légumes pour toi .. bah non, j’ai pas envie qu’on me balance une poignée de légumes juste sortis de l’eau … c’est un peu ce que ce guide nous fait penser ?
    Bonne journée 😀

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  3. aaffligée et super déçue !!
    moi aussi j’étais prêteà chanter! pfffff
    et si …. (j’i l’droit haing d’ète optimiste?? 😀 ) justement! ça les enfonçait encore plus dans leur ignorance et que justement ! les prochains se renseigneront vraiment et nous pondrons un guidehyper chiadé qui déchire sa mémé?? haing?? haing??
    wèèèè …. on est dimanche, le matin……… je crois que je vais aller me recoucher quoi 😀
    des bises à vous et merci pour l’info et… bon dimanche ! ♥

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  4. Merci pour cet article, bon et bien je vais continuer à aller au libanais (d’ailleurs j’y ai mangé une super assiette hier soir !).
    Je ne pensais pas que c’était possible de aire un guide végane en y mentionnant les animaux comme des aliments.

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  5. Ah mais c’est vraiment pas une blague. J’étais toute contente, je pensais que c’était un ouvrage qui rassemblait seulement toutes les adresses 100% veg de France. (Je râlais quand même en mode « pfff tfaçons y aura surtout que les adresses parisiennes »). Mais en fait je me mettais l’orteil dans le globe occulaire, j’ai eu du mal à y croire en vous lisant ! Merci de partager l’info, j’espère que ça va permettre à des véganes de faire une économie 🙂

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  6. Excusez moi *kof, kof* c’est le moment où je m’étouffe un peu.

    Je n’en reviens pas qu’ils aient sortis un torchon pareil et que ce soit passé comme une lettre à la poste ! Merci pour tes mots, merci pour l’information, merci pour ta révolte. On a besoin de gens comme ça.

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