THE TRU(E)MANIMAL SHOW — APRÈS LECTURE DE « CONTRE L’EXPLOITATION ANIMALE… » — TRÈS BEL ARGUMENTAIRE DE VALÉRY GIROUX

THE TRU(E)MANIMAL SHOW — « CONTRE L’EXPLOITATION ANIMALE… » — VALÉRY GIROUX

 

 

 

« Le capitalisme laissé à lui-même aboutirait à l’extinction de la vie, et donc de lui-même. »
p.69 in Ecologica — André Gorz

 

« Poursuivrons-nous dans cette voie indéfendable ou un changement est-il en cours ? »
p.17 in La grande histoire de ce que nous devons aux animaux — Brian Fagan

 

« Car la connaissance n’est ni le simple instrument de l’adaptation d’un organisme à un environnement changeant, ni l’acte d’un être rationnel pur soustrait aux milieux vivants dans la contemplation. »
p.260 in Connaissance et intérêt — Jürgen Habermas

 

 

   Si l’on vous dit « École de Montréal », pour peu que vous soyez intéressé-e par la cause animale, notre petit doigt nous dit qu’un certain nombre de noms et de visages vous viennent à l’esprit. C’est que les ami-e-s québécois-e-s des animaux prennent les choses vraiment à cœur et participent de manière très active à délivrer de part et d’autre de l’océan atlantique une pensée animaliste la plus aboutie possible, et se dessine ainsi une Quebec Touch en philosophie animale — quelque chose entre la sociologie biopolitique, la psychologie morale, et la réflexion jurisprudentielle analytique pour une refondation des bases de l’éthique contemporaine et à venir. Valéry Giroux fait partie de ce groupe de personnes essentielles en leur pays et pour le nôtre, et au-delà de nos frontières géographiques ou culturelles communes, pour le monde et tous les animaux. Après la parution du Que sais-je « Le véganisme » le 13 septembre 2017, écrit en collaboration avec Renan Larue, Valéry Giroux vient de publier le 26 octobre Contre l’exploitation animale. Un argument pour les droits fondamentaux de tous les êtres sensibles dans la Collection V des éditions L’Âge d’homme — maison d’édition suisse qui fait un travail éditorial formidable pour la promotion de l’éthique animale en langue française.

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   Cet essai de Valéry Giroux est un excellent outil pour prolonger la réflexion au sujet des droits fondamentaux des animaux (de tous les êtres sensibles), et à l’encontre des préjugés anthropocentriques[1] en dénonçant ce qu’il convient d’appeler encore après Gary L. Francione la « schizophrénie morale[2] » dont fait preuve l’Humanité dans ses manières de traiter les animaux dont elle se targue pourtant d’éprouver pour eux de l’affect, et dans le même temps de montrer l’incohérence qu’il y a à prôner une certaine forme de justice égalitaire entre les êtres humains sans en faire profiter les animaux non humains, alors qu’au cœur des raisonnements ayant donné lieu à l’établissement des droits humains on trouve éminemment de quoi défendre la question de la cause animale en termes d’éthique. On peut dire qu’au sens large, c’est-à-dire international, le livre de V. Giroux est un livre militant et politique radical. On veut dire : d’un radicalisme qui est l’exigence de voir et faire voir les choses telles qu’elles sont en réalité, dans leur vérité nue et sans fard, là où la problématique de l’exploitation animale s’avère être le point d’orgue systémique (ce punctum organi revient sans cesse) et technicisé d’une économie (bio)politique plus désormais dirigée que par la raison chrématistique (néo-libéralisme financier) — en tout cas : plus que jamais. On retrouve par là un ancrage avec ce dont parlait Michel Foucault au Collège de France en 1978-1979 lorsqu’il abordait la question de « […] l’appartenance originaire du problème de l’économie politique [à celui] de la limitation de la puissance publique […] » (p.40 in Naissance de la biopolitique, Ehess, Gallimard, Seuil). En effet, tout est lié à ce que cette « puissance publique » ne semble agie à la fois que par une raison d’État hors de son propre contrôle où, pour certaines catégories d’humains comme pour la plupart des animaux, l’exploitation du vivant en tant que « ressource(s) » est la base de toute forme de croissance, autrement dit de continuation quantum fieri. Chez Foucault on trouve que le radicalisme, fut un temps, consistait donc à faire valoir les droits originaires au sens où le droit public, dans ses réflexions historiques, pouvait repérer les droits fondamentaux[3]. Aujourd’hui s’opposent donc au sein d’une civilisation qui tend de façon erratique vers l’État de droit deux tendances entre l’improbabilité de l’utilisation à grande échelle sans infliger douleur[4] et la difficulté à établir un en-commun tenant compte des droits fondamentaux de la personne en nous penchant sur leur fondement et leur fonction[5]. Et quand Valéry Giroux parle de la « personne », il va sans dire que cette personne est non humaine dans ce qui nous intéresse, définie en tant que telle par le fait qu’elle est un « soi » continu dans le temps — quelque soient les degrés de subjectivités observées — et qu’elle a de facto un intérêt à continuer à vivre[6]. En sorte que dans Contre l’exploitation animale, Giroux élabore avec précision et patience, un argumentaire solide afin de définir les intérêts des animaux, que ces intérêts soient négatifs ou républicains, tous convergeant vers la liberté, donc vers le droit de ne pas être exploités et tués[7], et que les animaux bénéficient en retour de la protection inhérente à ces droits. En pareille condition seule l’abolition prévaut au regard du statut moral et juridique que nous devons aux animaux tout comme aux humains.
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   Dans cet essai dont on devine qu’il résulte d’une somme de travail de recherche assez conséquente, Valéry Giroux a pris soin d’analyser les arguments de certain-e-s auteur-e-s dont il s’en est trouvé qui ne vont pas dans le seul d’accorder les mêmes droits aux animaux qu’aux humains, loin s’en faut. L’auteure commence son exposé par regarder de quoi il retourne à propos du concept d’égalité qui est (supposé être) prédominant dans de nos certaines sociétés modernes. En réalité l’égalité est non équivoque car « […] l’égalité descriptive et l’égalité normative doivent être distinguées puisqu’elles ne portent pas sur le même type d’objet. » stipule Giroux (p.21) qui avance par ailleurs que cette définition d’égalité n’est prima facie que « […] visée par les droits antidiscriminatoires, tout comme […] celle qui est la conséquence de l’application adéquate d’une norme non comparative. » (p.31) Toute la difficulté, d’ores et déjà en milieu humain, est d’arriver à l’équité tout en tenant compte des dissemblances entre les individus[8]. Mais, demande l’auteure : Comment justifier la discrimination entre les êtres humains et les autres animaux au regard de la reconnaissance de l’intérêt à ne pas souffrir des individus et de l’attribution du droit de ne pas être torturer qui en découle ?[9]
   Primitivement parlant la sensibilité est un prédicat à la conscience de soi qu’on appelle sentience de manière indifférenciée pour les animaux non humains. Au fil de la lecture du livre de Valéry Giroux, on s’aperçoit clairement que peu importe les différences éventuelles quant au ressenti émotionnel selon l’individu, selon son espèce, selon le contexte, etc. Ce qui prévaut c’est le sentiment même de soi (pour paraphraser A. R. Damasio) peu ou prou conscientisé ça n’est pas la question, qui provient de notre commun et très ancien héritage phylétique. L’évolution a doté chaque être vivant de spécificités physiologiques, et les formes de conscience en font partie. Ceci est confirmé par nombre d’études en éthologie ou en neuroscience[10]. Dans cette étude menée par Giroux, on rejoint le propos de la philosophe Florence Burgat sur la phénoménologie du vivant développé dans Une autre existence : la condition animale. Tout converge, pour peu qu’on prenne le temps d’observer, à conclure que, à l’instar de la subjectivité humaine, les autres animaux, selon des modalités propres à leur coévolution au sein du vivant dans leurs milieux, sont pourvus de sensibilité et que cela est un rouage essentiel du fonctionnement vital que nous partageons avec un très grand nombre d’espèces[11]. Il découle en toute logique que la sensibilité est le propre de formes d’individuation et de subjectivités, et cela entérine qu’un animal quel qu’il soit se serve de sa sensibilité comme outil haptique (toucher) d’autoprotection et à la fois d’adaptabilité au monde et dans la continuité. Infliger de la souffrance, voire faire mourir les animaux dans les conditions que l’on connaît[12], c’est tout bonnement aller contre les intérêts fondamentaux dont l’évolution a pourvu les êtres vivants sensibles pour (sur)vivre.
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   À ce stade de notre présentation de ce très sérieux ouvrage de Valéry Giroux, nous voulons reproduire ici la remarque faite par Michel Henry dans la fin des années 1990. Ici il est important de faire le distingo entre le travail vivant et les techniques de reproductibilités (techniques) inventées par l’Homme et où les animaux tiennent une place — hélas pour eux — primordiale dans le système de productivité (production/marchandisation/consommation), dans sa tentative d’amener la « Nature » à faire « mieux » et plus qu’elle ne l’a fait « sans l’Homme ». Peu de temps après sa disparition, a été publié Auto-donation : entretiens et conférences[13] du phénoménologue Michel Henry (1922-2002). Nous faisons cet aparté en rapportant le propos henryen (qui était vitaliste mais pas animaliste, voir ici) pour commencer à nous prémunir d’attaques contre le véganisme dont on vous reparlera très bientôt. M. Henry, dans un texte intitulé « Le statut phénoménologique de la vie » écrivait : « Le travail vivant se révèle, comme mode de la vie, inobjectivable, inquantifiable, inqualifiable, incomparable, l’échange des biens dans une société n’étant que l’échange des travaux qui les ont produits et supposant ainsi leur impossible mesure, les hommes pour rendre possible cet échange ont substitué partout à ce travail vivant un ensemble d’équivalents objectifs, idéaux, abstraits, dont l’ensemble délimite l’univers économique, sorte de double fantastique de la vie, ayant cependant ses lois et son devenir propre et dans lequel la vie s’est perdue. » La critique d’une récupération systémique et quasi-systématique des êtres et des choses du monde par nos activités industrielles est assez claire, et elle rejoint les interrogations que nous avons avec Valéry Giroux quant au rapport de l’État de droit supposé et la nature vivante (biopolitique). Pour « vivre mieux », « vivre plus longtemps », pour « exister » plus que jamais et donc chanter en quelque sorte une gloire permanente à « la Vie », jugée sacrée, les humains ont peu à peu glissé vers un usage des non-humains reléguant ces derniers vers une totale réification. Aujourd’hui, la plupart de l’exploitation animale n’entretient même plus le moindre relationnel (à ce sujet voir l’essai de Cédric Stolz) et on peine à croire, s’il suffisait de mettre la question de la mort de côté, qu’un retour à l’élevage extensif (pour ne considérer que cet aspect strict et terrestre d’une problématique bien plus vaste) vaille pour que la Terre se refasse une santé et que les humains désorientés retrouvent du sens par ce biais amplement mythologique (voire ici sur la mythographie). En attendant dans les couloirs de la mort que sont les façons dont on les contraint puis qu’on les abat, les animaux souffrent énormément — et cela cadre avec une législation encline à la seule profitabilité économique : « […] la douleur […] ne tombe pas sous le coup des lois anti-cruauté. » écrit Giroux p.259 au sujet des pratiques exercées sur les animaux et qu’on estime conformes dans l’industrie, laquelle échappe aux considérations morales ou éthiques, dont le livre de l’auteure se fait le relais avec brio.
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   À noter un très intéressant passage où Valéry Giroux s’attarde autour, justement, de la question de la mort en pratiquant le même procédé que depuis le début de son essai, c’est-à-dire en pensant d’abord la problématique à l’aune de considérations anthropologiques pour établir un cadre objectif et rationnel à mettre en miroir avec celui de la question animale. Tentez de répondre à la question qu’est-ce que la mort ? d’un point de vue humain d’abord permet, en croisant les données, les savoirs, les appréciations qui ont court dans les sociétés humaines avec celles issues de nos observations des animaux et leurs mondes, de comprendre la proximité évidente entre la condition humaine et la condition animale, et combien il est inique de continuer à exploiter quiconque qui, puisque vivant, incarne le désir de vivre, dit Giroux, qui est au fondement de la valeur de la vie elle-même[14].
   On peut dire avec les mots de Marlène Jouan[15] que l’anthropocentrisme est aujourd’hui battu en brèche par des auteur-e-s comme Valéry Giroux, non pas tant pour formuler un nouvel humanisme — en soi pléonastique à notre avis — que pour remettre de la justice là où elle est presque totalement absente, c’est-à-dire dans notre rapport à l’animalité, pour faire simple, et donc déconstruire la normativité de l’anthropocentrisme.
   Nous qui avions, à notre niveau, essayé d’expliciter en quoi l’éthique précède l’ontologique dès lors que nous sommes en affection avec une pré-occupation pour le monde — en vivant ce monde-vivant s’entend —, nous devons dire néanmoins aux côtés de Jean-Yves Goffi sur les travaux de Gary L. Francione et T. Regan que […] l’activité repose bel et bien sur des connaissances relatives à ce qu’il y a […][16]. Et lorsque l’on regarde ce qu’il y a comme le fait Valéry Giroux en invitant le lecteur à regarder les choses en face avec sagesse, on s’aperçoit, à moins que ce ne soit déjà fait bien que l’auteure ne manque pas d’apporter des angles de réflexions tout à fait neufs à la question et qui s’avèrent vraiment passionnants à lire, que cet il y a (lévinassien pour les connaisseurs) comporte beaucoup de souffrances engendrées uniquement par l’humain et que se voiler la face tout en refusant d’en-visager l’autre animal que moi, c’est refuser de prendre ses responsabilités dans un monde dont l’hominisation devient synonyme de sclérose de la Vie.
   Il faut lire et partager autour de soi le précieux travail de Valéry Giroux, et comprendre pourquoi il n’y aura pas de politique, de gestion de la cité (de la société) sans βίος qui la sous-tende.
   Tiens, rappelons-nous Bakounine : « Pourquoi donc déclarons-nous l’homme absolument responsable et l’animal absolument irresponsable ?[17] »

 

 

M.

 

 

Pour aller plus loin : Valéry Giroux en conférence à Paris
& un texte de l’auteure : Véganisme (GP)
…et aussi une entrevue de 2014 pour Concours Philosopher

 

 

 

 

 

   [1] Cf. p.321 in Contre l’exploitation animale.
   [2] Ibid., citée p.257.
   [3] p.42 in Naissance de la biopolitique. Partant, il apparaît à la lecture de l’essai de V. Giroux, que la notion de « droits » correspond à une circularité fonctionnelle qui doit répondre aux attentes de l’État en tant que système normatif et en tant qu’ensemble de citoyens. Dans une lecture zoopolitique de l’État, il serait de mise que la relation entre l’Etat et les « droits non humains » soit de la même forme que lorsque « […] l’expression « droits humains » est généralement utilisée pour référer aux protections accordées aux citoyens contre les abus commis par l’État, mais ces droits correspondent également à certains droits individuels, souvent négatifs, que les particuliers peuvent opposer à leurs concitoyens et dont la protection doit être garantie par l’État. » (pp.53-54, Contre l’exploitation animale.)
   [4] Cité par V. Giroux d’après G. L. Francione, Contre l’exploitation animale, p.447.
   [5] Ibid., p.438.
   [6] Ibid., p.307. Et comme l’indique l’auteure, bien évidemment «  […] un intérêt à ne pas être tué découle de l’intérêt à ne pas souffrir. » (p.220)
   [7] Ibid., p.450.
   [8] On convient effectivement sans peine qu’« […] il n’est jamais acceptable de traiter deux personnes différemment sans raison valable […] » (op cit. p.35) tandis que bien sûr « […] ce qui est pertinent dans un contexte ne l’est pas nécessairement dans un autre et qu’aucune caractéristique ne permet de justifier toutes les différences (et toutes les ressemblances) de traitement. » (pp.39-40)
   [9] Ibid., pp.106-107.
   [10] En note en bas de page, V. Giroux rapporte ce que conclut en 2003 le professeur en biopsychologie et neuroscience Kent C. Berridge : « […] il ne s’agit pas de dire qu’il n’y aucune réelle différence entre les humains et les autres animaux. Il y a peut-être de vraies différences dans l’organisation des émotions. Mais si tel est le cas cette différence est de nature quantitative et de degré modéré — plutôt que qualitative ou massive. » (p.137)
   [11] Ainsi, relate V. Giroux, « Selon le professeur de psychologie J. Bruce Overmier, c’est ce que suggère la similarité des systèmes nerveux chez tous les vertébrés (mammifères, oiseaux, poissons). Comme le disait MacLean, la sensibilité est une caractéristique très avantageuse pour la survie. », et elle est «  […] une caractéristique particulièrement importante puisqu’elle est foncièrement liée à la subjectivité : un organisme, s’il est sensible, a une forme de conscience subjective et peut avoir des intérêts associés à son bien-être phénoménal. » (cf. p.139 et p.215)
   [12] « […] le processus qui mène à la mort les animaux non humains pour la consommation implique, en réalité, d’importantes souffrances. » écrit l’auteure p.247.
   [13] Editions Beauchesne (décembre 2004)
   [14] Cf. pp.304-305 in Contre l’exploitation animale. On voit par exemple dans l’essai de V. Giroux que les points de vue sur un sujet aussi immanent (pesant) que la mort peuvent être très différents. L’auteure explique par exemple que : « L’individu frappé de démence peut cesser d’être une personne et donc, selon les personnistes, en mourir, tandis que, du point de vue des tenants de l’animalisme, il sera toujours bien en vie. » (p.268) Il ne s’agit pas du même « animalisme » que celui qui réunit les militant-e-s de la cause animale.
   [15] Voire M. Jouan in L’Animal sous sa direction et celle de J.-Y. Goffi : « […] c’est essentiellement en tant que concept normatif que l’anthropocentrisme est aujourd’hui attaqué […] » et qu’à la suite de Kant : « l’anthropocentrisme est conceptuellement indépendant du critère d’appartenance à l’espèce, si bien qu’au fond seules peuvent compter les conditions moralement significatives, elles-mêmes méta-spécifiques. » (p.233 et p.237, Vrin — Recherches sur la philosophie et le langage. 2016)
   [16] Ibid., .p.187.
   [17] Cité p.72 dans Anarchisme et Cause Animale, tome 1, collectif aux Editions du Monde Libertaire, 2015)
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