CONSIDÉRATIONS ÉTHIQUES SUR LA MISE À MORT D’ANIMAUX, LES PRATIQUES IDÉALES CASHER, LES VUES RELIGIEUSES DIVERSES ET ATHÉISTES SUR LE VÉGÉTARISME

CONSIDÉRATIONS ÉTHIQUES SUR LA MISE À MORT D’ANIMAUX, LES PRATIQUES IDÉALES CASHER, LES VUES RELIGIEUSES DIVERSES ET ATHÉISTES SUR LE VÉGÉTARISME

 

   Voici notre traduction d’un post (source) du blog Kone, Krusos, Kronos — a personnal forum to express ideas, stories, etc, que son auteur, végétarien depuis plus de 45 ans, a publié en 2014. Ayant trouvé sa présentation du végétarisme au sens large plutôt intéressante et probablement une manière originale d’introduire le sujet auprès des curieux-ses et des novices, nous vous le partageons tel quel, ré-illustré par nous. Nous remercions l’auteur pour son autorisation et sa confiance.
   Here is our translation of the post titled Ethical considerations on the killing of animals, ideal kosher practices, diverse religious views, and atheists on vegetarianism from the blog Kone, Krusos, Kronos — a personnal forum to express ideas, stories, etc. We found it a such original and interesting way to present vegetarism to curious people and novices. A lot of thanks to the author, who is vegetarian for more than 45 years, for his autorisation and his confiance.

 

K&M

 

 

« Seulement, garde-toi de manger le sang, car le sang, c’est l’âme; et tu ne mangeras pas l’âme avec la chair. »
Deutéromone — 12 :23-24

 

 

   La Torah explique de façon très détaillée comment les animaux doivent être sacrifiés et notamment abattus (shechita). Selon les rabbins Shlomo Ephraim Luntschitz et Abraham Isaac Kook, la complexité de ces lois étaient destinée à décourager la consommation de viande. La Kashrout peut également être comprise comme un rappel pour les Juifs de l’ampleur de la tâche qui consiste en le fait de tuer un être vivant.
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   LES CONSIDÉRATIONS ÉTHIQUES EN FAVEUR DU VÉGÉTARISME CHEZ PETER SINGER
 « Le végétarisme est à son apogée dès lors que nous le voyons comme une protestation morale contre notre utilisation des animaux comme de simples choses, dont l’exploitation s’avère commode pour nous les rendre facilement abordables de quelque manière que ce soit. Seule une fraction infime des dizaines de milliards d’animaux de ferme abattus chaque année pour la nourriture — le chiffre pour les seuls Etats-Unis est de 9 milliards — a été traitée de manière à respecter leurs intérêts au cours de leur vie. Par rapport à la question morale au sujet de manger de la viande ou des œufs d’animaux d’élevage, comme le font la plupart des gens dans les pays développés, il n’est pas pertinent de s’interroger s’il est mal ou non de tuer tout simplement. Même lorsque les animaux vivent librement dans de grands espaces, comme c’est le cas des moutons et des bovins en Australie, les opérations telles que le marquage au fer, la castration et l’écornage sont effectuées sans tenir compte de la capacité des animaux à souffrir. Même chose pour la manutention et le transport avant l’abattage. À la lumière de ces faits, la question à se poser n’est pas de savoir s’il existe des circonstances dans lesquelles il pourrait être juste de manger de la viande, mais bien de savoir ce que nous pouvons faire pour éviter de contribuer à cette souffrance animale immense.
   » La réponse est dans le boycott de la viande et des œufs produits par des méthodes commerciales de production animale à grande échelle, et d’encourager les autres à faire de même. La prise en compte des intérêts des animaux est une justification suffisante de cette réponse. Le cas est encore renforcé quant aux problèmes environnementaux que cause l’industrie de la viande. Bien que le juge Bell ait conclu que les allégations portées contre McDonald’s concernant sa contribution à la destruction des forêts humides (ou pluviales) étaient fausses, l’industrie de la viande dans son ensemble peut s’en tirer, alors que Bell a accepté des preuves que l’élevage du bétail, particulièrement au Brésil, avait contribué au défrichage de vastes zones de forêt tropicale. Le problème pour David Morris et Helen Steel est qu’ils n’ont pas convaincu le juge que la viande utilisée par McDonald venait de ces régions. De la sorte, l’industrie de la viande dans son ensemble demeure coupable de la perte de la forêt tropicale, et de toutes ses répercussions, du réchauffement de la planète à la mort des populations autochtones qui luttent pour défendre leur mode de vie.
    » Les environnementalistes reconnaissent de plus en plus que le choix de ce que nous mangeons est un problème écologique conséquent. Les animaux élevés dans des hangars ou dans des parcs d’engraissement mangent des céréales ou du soja, ils utilisent la plus grande partie de la valeur nutritive de ces produits juste pour maintenir les fonctions vitales de base et développer des parties impondérables de leur corps comme la peau et les os. Convertir 800 à 900 kilos de protéines de céréales en 1 kilo de protéines animales est une gabegie de terre, d’énergie et d’eau. Sur une planète surpeuplée où la population humaine est croissante, c’est un luxe que nous ne pourrons bientôt plus nous permettre.
    » La production animale intensive consomme énormément de combustibles fossiles et c’est une source majeure de pollution de l’air et de l’eau. Elle libère ainsi de grandes quantités de méthane et d’autres GES[1] dans l’atmosphère. Nous nous exposons à des changements non mesurables du climat de notre planète — ce qui signifie, in fine, la vie de milliards de personnes, sans parler de l’extinction d’innombrables milliers d’espèces de plantes et d’animaux incapables de faire face à ces conditions changeant très rapidement — tout ça pour plus de hamburgers. Une alimentation riche en produits animaux, telle que servie par la production animale intensive, est un désastre pour les animaux, pour l’environnement et la santé de ceux qui les mangent. »
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LES LOIS DE LA KASHROUT (EN HÉBREU : כשרות המטבח והמאכלים « CONVENANCE DE LA CUISINE ET DES ALIMENTS ») ET LE VÉGÉTARISME
    Le « végétarisme juif » est la croyance en laquelle suivre un régime végétarien est une prescription implicite à la Torah. Bien qu’il ne soit à la fois ni obligatoire ni interdit aux Juifs de manger de la viande, un certain nombre d’érudits médiévaux du judaïsme, comme Joseph Albo et Isaac Arama, considèrent le végétarisme comme un idéal moral. Pas uniquement pour le bien-être des animaux, mais également pour l’abatteur. Les Juifs végétariens citent également des raisons de santé, et d’environnement, pour adopter un régime à base de plantes.
   Les lois alimentaires juives reconnaissent que le shehitah (l’abattage rituel) et la kashrout (les lois alimentaires) représentent le principe fondamental selon lequel le fait de manger de la viande est autorisé. Selon le rabbin Samuel H. Dresner : « Nous devons apprendre à avoir de la révérence pour la vie que nous prenons. » Pinchas Hacohen Peli, un rabbin orthodoxe moderne, on peut le formuler de la façon suivante : « En conséquence, les lois de la cacherout viennent nous apprendre qu’un Juif devrait préférer une alimentation végétarienne. Cependant, si on ne peut réprimer un besoin de viande, cela devrait être de la viande casher, car cela nous rappelle que l’animal mangé est une créature de Dieu, que la mort d’une telle créature n’est pas chose qui doit être prise à la légère, que la chasse sportive est proscrite, que nous ne pouvons pas traiter n’importe comment les êtres vivants, et que nous sommes responsables de ce qui arrive à d’autres êtres (humains ou animaux) même lorsque nous ne sommes pas en contact direct avec eux.
   Cette interprétation du végétarisme en tant qu’idéal est une vision bien établie dans la tradition juive. Le Talmud babylonien (Sanhedrin 59b) ainsi que de nombreux commentateurs, y compris Rachi, Ibn Ezra, Nachmanides et Cassuto, soulignent le fait que la permission de manger de la viande après le déluge (Genèse 9: 3) désigne un commencement distinct du régime végétarien originel destiné à toutes les créatures, y compris l’homme et la femme (Genèse 1: 29-30). Nachmanides, Cassuto et d’autres partagent le point de vue élaboré par Rav Kook, comme quoi la permission de manger de la viande a été accordée comme une concession à la faiblesse humaine et son imperfection. Les interprètes de la pratique juive de Maïmonide dans le Guide des Égarés, 9, pour Dresner (Les lois alimentaires juives) reconnaissent que shehitah et kashrout représentent le principe fondamental au sein duquel la consommation de viande est autorisée.

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   UN DIALOGUE ENTRE UN MILITANT VÉGÉTARIEN JUIF ET UN RABBIN
    Rabbin : — Je serais heureux d’en discuter avec vous. Seulement j’espère que vous savez que le judaïsme permet de manger de la viande. Certains érudits estiment qu’il est obligatoire de manger de la viande durant le Chabbat et les jours fériés.
   Activiste Juif végétarien : — Oui, je reconnais que le judaïsme permet aux gens de manger de la viande. Les Juifs végétariens ne prétendent pas que les Juifs doivent être végétariens. Nous admettons que les gens ont le choix, mais nous pensons que ce choix devrait tenir compte des enseignements juifs de base, et de la manière dont les régimes axés sur les animaux et l’agriculture intensive moderne du bétail empiètent sur ces enseignements. Par exemple, nous devons reconnaître la tension actuelle et grandissante entre l’autorisation de consommer des animaux pour le bénéfice humain et le traitement cruel extrême qu’ils subissent de nos jours dans les fermes industrielles en vue d’une telle consommation, qui sont devenues plus fréquentes en réponse à l’augmentation de la population et l’efficacité que cela induit, la gestion des problèmes de coûts, etc. En ce qui concerne la consommation de viande le Chabbat et les jours fériés, selon le Talmud (T. B. Pesachim 109a), depuis la destruction du Temple, les Juifs ne sont pas tenus de manger de la viande pour célébrer les occasions sacrées. Cette opinion est renforcée dans les ouvrages Reshit Chochmah et Kerem Shlomo et Sdei Chemed du rabbin Chizkiah Medini, qui cite de multiples sources classiques sur le sujet. Plusieurs grands rabbins israéliens, dont Shlomo Goren, grand rabbin ashkénaze d’Israël, et Shear Yashuv Cohen, grand rabbin ashkénaze de Haïfa, ont été ou sont encore végétariens. En outre, le rabbin Jonathan Sacks, grand rabbin du Royaume-Uni, est végétarien, tout comme le rabbin David Rosen, ancien grand rabbin d’Irlande.
   Rabbin : — Nous devrions aussi reconnaître qu’il y a beaucoup  d’évocations à propos des animaux cashers dans la Torah et le Talmud, et de la manière appropriée de les abattre. Par conséquent, manger de la viande n’est certainement pas étranger au judaïsme.
   AJV : — Oui, c’est certainement vrai. Mais, il y a aussi beaucoup dans la Torah et dans nos autres écrits sacrés qui indiquent que le végétarisme est le régime juif idéal. Par exemple, comme l’indique le verset de la Torah que voici, l’intention initiale de Dieu était que les gens soient végétariens :
   Et Dieu a dit : « Voici, je vous ai donné toute l’herbe offrant de la semence qui existe à la surface de toute la Terre, et tout arbre qui porte des graines donnant du fruit — cela vous servira de nourriture. » Genèse 1:29
   Le premier commentateur juif de la Torah, Rachi, dit ceci au sujet du premier plan diététique de Dieu : « Dieu n’a pas permis à Adam et à sa femme de tuer une créature afin de manger sa chair. » La plupart des commentateurs de la Torah, y compris Rabbi Abraham Ibn Ezra, Maïmonide, Nachmanide et Rabbi Joseph Albo, sont d’accord avec Rachi.
   En outre, Rabbi Abraham Isaac Hakohen Kook, premier grand rabbin d’Israël pré-étatique et grand écrivain et philosophe juif du XXe siècle, pensait que la période messianique serait également végétarienne. Il se basait sur la puissante prophétie d’Isaïe selon laquelle « le loup habitera avec l’agneau, […] le lion mangera de la paille comme le bœuf. », et personne ne doit blesser ni détruire au sein de toute la montagne sainte de Dieu … (Esaïe 11: 6-9). Voilà d’où résultent les deux périodes idéales dans la pensée juive que sont : le jardin d’Eden et la période messianique — et qui sont végétariennes.

 

 

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   Quasiment toutes les religions possèdent un ou des groupe(s) suivant un régime végétarien. Je ne vais pas rentrer dans les détails, sinon ce post serait un livre.
   Le végétarisme est fortement lié à un certain nombre de religions originaires de l’Inde ancienne (jaïnisme, hindouisme et bouddhisme). Dans le jaïnisme, le végétarisme est obligatoire pour tout le monde ; dans l’hindouisme et le bouddhisme mahayana, il est préconisé par certaines écritures influentes et autorités religieuses. Comparativement, dans les religions abrahamiques (judaïsme, christianisme et islam) et dans le sikhisme, le végétarisme n’est pas promu par les autorités dominantes, bien que dans toutes ces confessions, de petits groupes encouragent activement le végétarisme pour des raisons religieuses.
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L’HINDOUISME
    Les écritures hindoues appartiennent ou se réfèrent à la période védique qui a duré jusqu’à environ 500 avant notre ère selon la partition chronologique des historiens modernes. Dans la religion védique historique, précurseur de l’hindouisme, la consommation de viande n’était en principe pas interdite, mais elle était limitée par des règles spécifiques. Plusieurs écritures faisant autorité interdisaient la violence à l’encontre les animaux domestiques, excepté dans le cas du sacrifice rituel. Cette vue est clairement exprimée dans le Mahabharata (3.199.11-12; 13.115; 13.116.26; 13.148.17), le Bhagavata Purana (11.5.13-14), et le Chandogya Upanishad (8.15.1). Par exemple, de nombreux hindous soulignent la maxime du Mahabharata selon laquelle « la non-violence est le devoir le plus élevé et l’enseignement le plus élevé », signe d’une préconisation végétarienne. Cette position se retrouve aussi dans le Manu Smriti (5.27-44), un livre de droit hindou traditionnel particulièrement renommé (Dharmaśāstra). Ces textes condamnent fermement le massacre des animaux et la consommation de viande.

   Le Mahabharata (12.260; 13.115-116; 14.28) et le Manu Smriti (5.27-55) contiennent de longues discussions sur la légitimité de l’abattage rituel et la consommation subséquente de la viande. Dans le Mahabharata, les mangeurs de viande et les végétariens présentent différents arguments pour étayer leurs points de vue. En dehors des débats sur les animaux domestiques, on y trouve un long discours d’un chasseur pour défendre la chasse et la viande. Ces textes montrent que l’abattage rituel et la chasse étaient contestés par les défenseurs de la non-violence universelle et que leur acceptabilité était douteuse et source de conflit dans l’ordre social.
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DES ÉCRITS INITIAUX ESSENTIELS
    « Qu’y a-t-il à dire de ces créatures innocentes et saines douées d’amour de la vie, lorsqu’elles sont recherchées pour être massacrées par des misérables qui subsistent par le massacre ? Pour cette raison, Ô monarque, sachez que le rejet de la viande est le plus haut refuge de la religion, du ciel et du bonheur. L’abstention de blessure est la religion la plus élevée. C’est, encore une fois, la plus haute pénitence. Ce sont aussi les vérités les plus élevées à partir desquelles tout devoir se déroule. La chair ne peut être obtenue de l’herbe, du bois ou de la pierre. À moins qu’une créature vivante ne soit tuée, elle ne peut pas l’être. De là vient la faute de manger de la chair […] Cet homme qui s’abstient de viande n’est jamais mis dans la crainte, ô roi, par aucune créature. Toutes les créatures cherchent sa protection. Il ne provoque jamais d’anxiété chez les autres et ne doit jamais s’inquiéter lui-même. S’il n’y avait personne qui mangeait de la chair, il n’y aurait plus personne pour tuer les créatures vivantes. L’homme qui tue les créatures vivantes les tue pour le bien de la personne qui mange la chair. Si la chair était considérée comme non comestible, il n’y aurait pas de massacre de créatures vivantes. C’est pour le mangeur que le massacre des créatures vivantes se poursuit dans le monde. Puisque, Ô toi de grande splendeur, le temps de la vie des personnes qui tuent des créatures vivantes ou les font égorger est raccourci, il est clair que celui qui veut son propre bien devrait abandonner entièrement la viande […] L’acheteur de chair produit la himsa [la violence] par sa richesse ; celui qui mange la chair le fait en savourant son goût ; le tueur fait violence [himsa] en attachant et en tuant l’animal. Ainsi, il existe trois formes de mise à mort : celui qui apporte de la chair ou qui l’expédie, celui qui découpe les membres d’un animal, et celui qui achète, vend ou fait cuire de la chair et la mange — tous ceux-là doivent être considérés comme carnivores. » (Mahabharata 13.115)
   « Ces personnes pécheresses qui ignorent les principes religieux actuels, mais se considèrent comme complètement pieux, commettent sans brutalité la violence contre des animaux innocents qui ont en eux entièrement confiance. Dans leurs vies prochaines, de telles personnes pécheresses seront mangées par les mêmes créatures qu’elles ont tuées dans ce monde. » (Bhagavata Purana 11.5.14)
   « Une personne pleinement consciente des principes religieux ne doit jamais offrir de viande, d’œufs ou de poisson dans la cérémonie de Sraddha, et même si quelqu’un est un Kshatriya (guerrier), il ne doit pas manger de telles choses. » (Bhagavata Purana 7.15.7) 
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ATHÉISME
    En dernier mais non des moindres, voici des extraits (témoignages) concernant l’athéisme et le végétarisme :
    « Je suis devenu athée en 2003. Ce n’est qu’après avoir vu une vidéo de fermes industrielles et d’abattoirs que j’ai arrêté de manger de la chair animale en 2004, et que logiquement j’ai franchi l’étape vers le végétalisme en 2005. Même si je n’ai jamais été très religieuse (j’allais à l’église à Noël et à Pâques avec ma mère et ma sœur pendant que mon père restait à la maison), je pense que l’athéisme m’a aidé à voir qu’il était mal de manger les animaux.
    » En tant qu’athée, il a été facile pour moi de rejeter la croyance surnaturelle dans une hiérarchie des espèces et de considérer plutôt l’espèce humaine comme une espèce animale parmi d’autres, dans le règne animal.
    » Je vois l’athéisme et le véganisme comme deux choses bien distinctes, mais je pense sincèrement que le passage à l’athéisme de la société humaine aidera à libérer les esprits du spécisme et à effectuer un virage vers le véganisme. »
 Brandon Becker

 

   « Mon respect sur les animaux ne dérive pas de mon regard envers un dieu ou d’une religion, ou bien son absence. Ma compassion et ma passion pour les choses de la vie dérivent du simple fait que je ne suis pas une trou-du-cul et que même si je ne crois pas au Paradis après ma mort, je m’efforce toujours d’être la personne la plus avant-gardiste que je puisse être.
    » Je suis devenue végétalienne avant de réaliser que j’étais quelqu’un de libre-penseur. Les végétaliens et les athées croient en beaucoup de choses différentes, mais wahou, la façon dont nous croyons est toujours la même ! Nous sommes tous les deux non-conformistes. Nous allons à l’encontre de ce que la société a défini comme « norme sociale » et ce qu’on dit convenable ou acceptable. Les végétaliens et les athées ont besoin de faits concrets. Nous ne croyons pas aux choses parce que quelqu’un nous aura dit que c’est comme ça. Nous avons besoin de preuves solides et que des idées nouvelles nous soient présentées. Et même alors, nous aurons besoin de plus de preuves. Les végétaliens et les athées partagent aussi d’étranges « asymétries » vis-à-vis du tableau dans lequel la société nous dit d’être. De la même façon, tou-te-s les athées ne sont pas des goths, ou des noirs déprimés, ni des végétaliens, ni des hippies mangeurs de granola qui vivent dans les bois dans des yourtes.
    » Les végétaliens et les athées ont tendance à avoir des voix qui portent plus loin dans la foule. Il fut qu’on ait des grandes gueules pour le moindre de nos messages soit entendu par le monde. Tous les jours nous repoussons les limites du premier amendement, et c’est excitant. »
 Meggan Anderson

 

    « À un certain moment, en grandissant, je me suis rendu compte que les histoires et les rituels entourant l’être surnaturel qu’on m’avait appris à adorer en tant que Juif, étaient fabriqués et artificiels. J’ai alors remis en question de manière critique la religion en général.
    » Quel est le rapport avec le véganisme ? ça me paraît c’est évident.
    » Pendant la plus grande partie de ma vie, je n’avais aucune idée que la nourriture que j’ingérais avait comme un arrière-goût quelconque. Je n’y avais simplement jamais pensé. Tout comme les parents religieux enseignent des histoires et certains textes à leurs enfants, mes parents m’ont nourri avec des produits animaux pour le petit déjeuner, le déjeuner et le dîner. C’était juste la norme dans ma culture, tout comme de croire en un être surnaturel. Quand j’ai rencontré ma femme, elle m’a montré qu’en vérité la nourriture que je mangeais n’apparaissait pas par magie, mais provenait bien de quelque part. Elle m’a montré la vérité sur l’agriculture industrielle et j’ai découvert que je payais littéralement des sociétés pour causer d’énormes quantités de souffrances à des milliards de mes concitoyens non-humains.
    » J’ai fait mon introspection. J’ai choisi d’appliquer la définition la plus élémentaire de la morale à ma vie, et j’ai depuis été engagé dans un mode de vie végane. Autrement dit, sans nul dieu ni religion définissant le bien du mal, tout ce dont j’avais eu besoin, c’était des faits pour m’engager au niveau le plus élémentaire de la moralité : ne pas contribuer à torturer. »
Avi Brown

 

     « Il y a pas mal de façons dont l’athéisme et le végétalisme se répondent mutuellement, et pour moi il existe entre eux des parallèles importants aussi.
    » La première est que l’on peut vivre une vie parfaitement heureuse, saine et épanouissante sans manger les animaux ou sans jamais croire en un être surnaturel qui écoute vos prières et qui se soucie d’avec qui nous pourrions passer nos nuits.
    » Le deuxième parallèle est que ni le véganisme ni l’athéisme ne font partie d’un système de croyance. Pour être végétalien ou athée, aucun dogme n’a besoin d’être adopté. Bien plutôt, le véganisme et l’athéisme sont des rejets de systèmes de croyances irrationnels, parfois très dangereux et néfastes en eux-mêmes. Dans ce contexte, la religion et le spécisme sont des jumeaux presque parfaits. Il n’y a rien à croire pour un végétalien mais juste se rendre compte qu’il est mal de tuer quelqu’un pour le simple goût de sa chair. Un athée n’a pas besoin de croire en quoi que ce soit pour passer une journée normale, et pas d’avoir Allah en tête par exemple.
    » Le troisième parallèle montre vraiment comment être un athée et un végétalien sont deux pois de la même cosse. Ça se voit bien dans nos interactions quotidiennes quand il semble possible de critiquer la croyance de quelqu’un à propos de n’importe quoi, sauf… dans deux cas. On ne peut pas critiquer les croyances personnelles d’untel au sujet de Dieu, ou bien sa complicité dans l’exploitation ou la mort d’animaux non-humains pour son plaisir. Ce qui, bien sûr, comprend le fait de les manger. Le fait est qu’il est encore absolument tabou dans presque tous les domaines de la société, de remettre en question la foi religieuse de quelqu’un ou de critiquer son comportement omnivore. Ceux qui le font sont accusés d’être pharisaïques, insensibles, grossiers ou non américains. Ces deux sujets restent complètement hors d’atteinte pour la critique, et cela a de terribles conséquences. »
Philip Steir

 

 

 

   [1] Gaz à effet de serre.

 

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