« DOGMAN » LE FILM DE MATTEO GARRONE — SUR UNE CHIENNE DE VIE

« DOGMAN » LE FILM DE MATTEO GARRONE — SUR UNE CHIENNE DE VIE

 

« J’ai vu un regard dans les yeux des chiens, un regard fugace d’étonnement et de mépris et je suis persuadé que dans le fond les chiens pensent que les hommes sont fous… »
John Steinbeck

 

 

   Hier soir nous sommes allés au cinéma d’art et d’essai à côté de chez nous. C’est une ancienne ferme ! ça ne s’invente pas ! C’est un lieu culturel très agréable à fréquenter, pour lui-même et ce qui y est proposé.
   Le film que nous avons vu, autant vous dire que c’est son titre qui nous a mis, comme qui dirait, la puce à l’oreille. Ni une ni deux, après avoir vu le pitch, on ne s’est pas gratté longtemps pour se décider à se faire la toile, même si on savait qu’on n’allait pas franchement rigoler.

   C’est l’histoire de Marcello, un toiletteur pour chien d’une banlieue italienne très délabrée non loin de la mer. Séparé de sa femme, hormis faire son métier avec amour au calme dans sa boutique, il profite pleinement des moments passés avec sa fille Alida. Il aime l’emmener faire de la plongée. Mais pour cela, Marcello s’accommode de petits trafics de cocaïne histoire d’avoir un peu plus d’argent.
   Un jour un ami d’enfance, Simoncino, ex-boxeur, drogué, délinquant et ultra-violent revient dans sa vie, terrorisant tout le quartier, et traitant Marcello comme un animal de compagnie méprisé…
   Dogman est une œuvre très sombre. Vous en dire plus sur l’histoire de ce film serait vous en dire trop et vous gâcher le plaisir de le visionner à votre tour.
   Le film est librement inspiré d’une histoire vraie. Le tournage a eu lieu dans la ville de Castel Volturno, ville dévastée par la mafia dont elle est un des fiefs. Et au-delà de l’aspect social, nous avons vu dans Dogman — mais après tout ça n’est peut-être que l’effet de notre propre regard — une réflexion qui ne cédait pas à la facilité. On aurait pu croire que ces chiens, dont les visages et personnalités sont remarquablement filmés, allaient en prendre plein la gueule par le vilain voyou. Que nenni. Contrairement à beaucoup de films où la mort canine complètement inutile est utilisée pour générer du pathos, ici ça n’est pas le cas. Ouf ! Ouaf ! Marcello sauve même un chien comme il aurait dû se sauver lui-même d’ailleurs…
   Enfin la société des hommes, ce sont aussi des histoires de territoires, de meutes, de prédateurs et de proies, où le personnage principal du film, Marcello le dogman, n’aura eu de cesse, peut-être, d’être plus un chien qu’un homme, avili par sa servilité.

 

K&M

Un mot à dire ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s