MICRO-CHRONIQUE — MURIEL DE RENGERVÉ — UN TRIPTYQUE AVEC ALTERNATIVES VÉGÉTARIENNES ET RADIO PAROLE D’ANIMAUX

MICRO-CHRONIQUE — MURIEL DE RENGERVÉ
   Trois façons d’aborder un essai.
   Pour cette romancière que nous avons découvert tout récemment dans son dernier essai littéraire, il est grand temps que nous apprenions à reconnaître que « le sang de l’agneau ou la vache que l’homme tue a la même couleur que celui de nos enfants ou de nos frères. »
   Partie vivre hors Paris, à Q* dit-elle, en Bretagne, la voilà allant à la rencontre de celles et ceux que l’usine-Moloch comme elle l’appelle, avale tous les jours afin qu’ils y digèrent avec elle toutes ces bêtes qu’ils n’ont bien souvent que guère, voire jamais les moyens de s’offrir. Ils entrent dès trois ou quatre heure du matin dans « […] ce bâtiment que les uns appellent le cauchemar où les autres pénètrent la boule au ventre […] ».

   Si, comme le dit l’auteure dont on parle ici, « Hannah Arendt récuse le mal radical kantien », on peut s’interroger s’il n’existe pas malgré tout un mal radical dont l’homme serait le terreau ? Pourquoi sinon une romancière en province constaterait-elle encore, en ce XXIe siècle désormais bien entamé, dans cette France tellement civilisée, que « tout semblait aller de soi, l’industrialisation de la mise à mort et la recherche de la productivité à l’excès, dont les victimes étaient autant les animaux que les hommes », et qu’en définitive ça ne va pas — que cela n’a pas de sens en dehors des impératifs économiques ? Pour Arendt la société ne rend pas tous les animaux humains égaux. Il y a l’animal laborans et l’animal agens. Alors les non-humains, pensez bien.
   Citation : « L’industrialité devient une dimension essentielle de l’homme quand s’effacent peu à peu toutes les autres déterminations et qualités de son être. »
p.127 in L’homme économique. Essai sur les racines du néolibéralisme — Christian Laval (2007)
   Le mal radical kantien, ne serait-ce pas alors tout simplement cette faiblesse — identique à la docilité des animaux asservis par les humains — qu’ont les humains, les travailleurs, à renoncer à leur dignité parce qu’ils confondent le contingent et la nécessité quand ils croient qu’il est normal qu’on perde sa vie à ôter celle d’autrui ? Muriel de Rengervé demande : « Peut-on dire que l’ouvrier, dans son travail, ne s’affirme pas mais se nie, ne se sent pas à l’aise, mais malheureux, ne déploie pas une libre activité physique et intellectuelle, mais mortifie son corps et ruine son esprit » ? »[1]
   Le mal radical réside aussi, probablement, dans la confusion morbide entre nature et culture.
   On en dit autre chose dans Alternatives Végétariennes n°134, et on en dira plus à Radio Parole d’Animaux.
K&M

 

Cliquez ci-dessous pour lire un extrait

 

   [1] Cf. pp.280, 11, 19, 113 et 232 in Ma part d’animal (Léo Scheer, 2018).

 

 

 

 

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