JOYEUSES FÊTES… — DE LA BOUFFONNERIE SANGLANTE. SOMPTUARISME DU MAL FAGOTAGE

JOYEUSES FÊTES… — DE LA BOUFFONNERIE SANGLANTE. SOMPTUARISME DU MAL FAGOTAGE

 

 

À ma mère,
raciste ordinaire notoire,
amatrice du petit-déjeuner charcutier.

 

 

   « Tiens, ça faisait longtemps ! », direz-vous en voyant arriver ce billet ; et la remarque sera bonne. C’est que, par temps de crise, financière ou sanitaire, artistique ou politique — ma foi, tout cela n’est-il pas un peu le même fourbi dans ce monde humanisé ? — il faut savoir, pour raison garder, (donc : ne pas sombrer dans la folie d’une ire inextinguible et irréversible au risque d’accuser entre soi la pendaison de toute cette terrible débandade) — se taire, …plus rien dire, basta chut. Histoire de retrouver son calme.
   Dehors de soi : journaux TV radio internet réseaux sociaux, ça cause, ça dégoise, ça en dit des choses, vues ou pas, vraies ou fake qu’importe, ça balance son post, ça en sait soi-disant, ça s’étripe en attendant foie gras, saumon caviar, porcelet en gelée, dinde marron d’être née non-divine just giving some shocking thanks. Pourtant on nous avait prévenus, nous autres hypocrites licteurs. Écoutez donc de nouveau la voix de son maître, Philippe Murray, prophétisant dans les années 90 du siècle dernièrement crevé à propos de la destruction de la viande rouge face au risque pandémique, vache folle et tout le toutim : « C’est la causalité masculine émissaire qui part en fumée. Et c’est au Dieu de l’avenir néo-matriarcal, fusionnel et végétarien, que ses bêtes sont sacrifiées. Ainsi se présente la théologie encore méconnue, mais véridique, qui soutient ces massacres. » (p.1418 in Essais, Les Belles Lettres — 2010). Mais oui c’est bien vu, on vous avait déjà entretenus de cette « horreur phallique » détectée par Murray et déplorée par lui. À tous les coups la tournure des choses actuelles aurait fasciné l’essayiste graphomane. Vous voyez bien la masculinité cave qui se rebiffe contre les moi-aussi haschtaguées épinglant désormais sans scrupule les kikis endurcis qui jusqu’alors pouvaient pré-tendre qu’elles l’avaient bien cherché quelque part ces aboyeuses. Ceci risquant de se terminer dans un bain de menstrues en rongeant son seitan, le premier sexe se redresse maintenant dans toute son ultra-droitière dextérité. Finis la rigolade, la sororité et la veggie pride tralala. L’écologie, kesako ? Animal-killer, mais qu’est-ce que c’est ? Réalisez avec certitude combien les jeunes France d’aujourd’hui n’ont plus de romantique que leurs flamboyants comptes Tinder de spider-men affamés. La question n’aurait-elle pas non plus intrigué Jean-Sol Partre et sa muse écumeuse ? Sans doute, sans doute. Notre poitrine maladive, elle, se fane. Le souffle coupé. La question la voilà là posée par le phénix du Juif errant, dont hélas la mythologie nous dit qu’il ne peut perdre la vie car il a perdu la mort (il va sans dire que celle de pas mal d’autres sémites lui siérait). Lui dit que, grosso modo, c’est bien la faute aux musulmans que défendent les islamo-gaucho-woke, tout ce qui arrive. Mais qu’est-ce qu’on y peut nous autres bons franchouillards, à la colonisation et aux bêtes qu’on abat, et aux femmes violées ? « On ne va pas, dit mon père, non plus se mettre au français inclusif ; on n’y comprend rien. » « Pourtant on ne parle plus le français qu’on lit chez Rabelais dans le texte initial. » « Peut-être, mais on ne veut pas changer ce qu’on nous a appris à l’école à l’époque à nous. » « Vous allez voter pour Z. alors ? » « Huh huh !… Euuuuuh…., j’te dirais que… quand même… ça fait réfléchir… ».
   En vérité c’est tout le contraire d’une réflexion. C’est la réaction d’une triste continuité de la sottise incarnée, elle marine et lui socialo pour ses allocs d’alors, elle années 80 pestant déjà sur la juiverie d’à-côté les odeurs de fritures et voyant à présent, sans sortir de chez elle, des rastaquouères partout, faisant fi que la plupart sont sans richesse matérielle apparente ou la moindre crânerie. Si on va par-là, il existe bien des véganes sionistes qui passeraient bien les mangeurs de viande à la sulfateuse, tatatatatatatata !, (vu en vrai) et qui dévouent leur plus grand respect au libéralisme entrepreneurial de la saucisse de soja, au charlatanisme des spiritualités co(s)miques et aux gonzos prônant l’anti-animalisme parce que — tudieu ! tout de même — nous autres êtres humains sommes des vivants supérieurs et voilà tout. Comme dirait le Juif errant et ses hordes cauchemardesques et sensiblement (désespérément) bigarrées : « Ben voyons ! »
   Bientôt peut-être à force, est-ce de viande humaine dont il faudra se repaître. Et pour oublier un peu toute cette fichue bouffonnerie sanglante et déposer le poids de nos fagots maléfiques à nos pieds fatigués, nous mirerons circonspects les images falsifiées des vivants disparus à tout jamais dans des zoopraxiscopes de fortune que nous aurons mentalement conçus avant extinction des feux. Illustration avant-gardiste ci-dessous.
M.

 

 

Philantrope anglais dans l’exercice de son sacerdoce (Honoré Daumier – 10 décembre 1844 dans Le Charivari)
« Comme membre de la société protectrice des animaux, il défend qu’on injurie aucun quadrupède, et ne se fait pas scrupule de casser les reins à un simple bipède. »

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