LE POTAGER, OU LA CULTURE VÉGANE PERMANENTE

   Salut !
  Ça fait un bail qu’on n’a pas fait de billet d’humeur sur le blog. Remarquez, depuis quelques mois, nous publions généralement beaucoup moins que fut un temps. Y a-t-il une bonne raison à cela ? Eh bien, bonne on ne sait pas mais la raison la voilà : depuis août 2020 nous avons « travaillé » à concrétiser un projet de déménagement — le choix d’un changement de vie mûrement réfléchi depuis plus de 15 ans ! Du coup, bah vous ne nous verrez plus aux vegan places parisiennes, aux marches contre les abattoirs partant de la place de la République, aux Veggie Pride à Stalingrad et… wait : c’est pas très vrai. Pour la plupart vous nous avez croisé.e.s sans nous voir, vu qu’on ne s’affiche pas. Donc vous ne nous croiserez plus sans nous voir, notre changement de vie signifiant que l’on va — encore moins qu’avant, c’est dire ! — « courir partout ». Pour celleux qui l’ignoraient, nous avons vécu ensemble dans la banlieue est de Paris durant 21 ans, et nous sommes depuis quelques semaines installé.e.s en Bourgogne. Ce « retour aux sources », c’est celui de notre exode urbain dans le but d’épouser pleinement la vie simple que nous avons toujours menée. Nous n’appliquerons ni décroissance ni autonomisme ou survivalisme car nous avons un crédo bien moins égo-typique et n’aspirons qu’à occuper en ce bas-monde une place humble, comme qui dirait discrète, et c’est avec l’enthousiasme des gens réalistes (ni optimistes, ni pessimistes quoi), que nous commençons à mettre en œuvre la voltairienne devise — et cette fois-ci très littéralement : Il faut savoir cultiver notre jardin. C’est aussi plus exactement au potager que nous travaillons désormais. Bien entendu, nous ne délaissons pas notre grand intérêt pour les arts comme la littérature, la peinture ou la musique, et la défense de la cause animale, mais quel ravissement que de voir pousser nos légumes après avoir bien greliné, bêché, biné, butté, semé, arrosé, paillé, composté, etc.
   Comme rien ne se passe vraiment jamais comme prévu, ce changement de vie aura connu quelques aléas, avec au premier chef les inconvénients d’être reconfiné.e.s en plein dans nos recherches. Quand on pense que le coronavirus est dû à l’exploitation animale et qu’on est véganes, on a parfois été bien frustré.e.s par la situation. Mais dans ce monde où le climat également est en grand changement, il faut relativiser et profiter du bien qu’on peut encore en tirer tout en sachant qu’il ne doit rien à l’usage d’autrui, non-humain.e.s ou humain.e.s. Bref, après le poids des mots le choc des photos. Nous voulions, pour remercier tou.te.s celleux qui ont la gentillesse de nous suivre depuis plus de 6 ans sur le blog pour certain.e.s d’entre vous, vous donner de terre-à-terre et bonnes nouvelles comme… nos premières pommes de terre. Ce n’est pas à proprement parler de la permaculture parce qu’on n’a pas encore étudié toute la méthodologie, toutefois c’est 100% naturel et surtout 100% végane. Et les escargots de Bourgogne peuvent à nos côtés vivre tranquilles.
Bien à vous,
K&M

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BEAUMES DE VENISE 2019 — TERROIR DARONTON

   On trouve assez facilement des vins vegan chez les producteurs estampillés Rhonéa. Ici nous mettons en avant ce Beaumes de Venise du Terroir Daronton qui est véritablement excellent. Nous avons trouvé ce vin dans un supermarché BI1 et son prix est de 8,10€.
   Et si pour nous faire plaisir vous le goûtiez en faisant une de nos recettes avec laquelle il se mariera très bien ? Par exemple avec nos boulettes à l’orientale ou nos boulettes mexicaines ?
   K&M

Beaumes de Venise Daranton 1

Beaumes de Venise Daranton 2

VERGEL VEGAN

   Voici un petit vin blanc réalisé à partir de cépages Sauvignon blanc et Aìren. Légèrement fruité, il laisse en bouche une acidité marquée. A boire bien frais ou parfait pour faire des sauces en cuisine. Trouvé chez NOZ pour 1,98€.
K&M

Vergel 1

Vergel 2

PENEDES 2019 — BIO 1+1=3

   Ce vin idéal pour l’apéritif ou accompagner vos plats de légumes est à boire un peu frais. Il est très fruité et délicat. Sa composition : raisins Xarel-Lo, Macabeo et Chardonnay. Trouvé chez NOZ pour 1,98€.
On le recommande, avec par exemple avec une petite entrée sympa comme cet aderezo.
K&M

Penedes 1

Penedes 2

UNE SAISON EN ORTIE : LA QUICHE.

Quiche aux orties
INGRÉDIENTS :
– 80 g d’orties lavées et hachées (jeunes pousses et premières feuilles : les plus tendres)
– 2 oignons moyens émincés
– 40 g de margarine
– 100 ml de vin blanc
– 250 g de crème de soja
– 35 g de fécule de maïs
– 35 g de levure maltée
– 1 pâte brisée maison ou du commerce
– sel, poivre

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UNE SAISON EN ORTIE : LE CURRY.

curry d'orties
INGRÉDIENTS (POUR 4 PERSONNES) :
– 250 g d’orties lavées (jeunes pousses et premières feuilles : les plus tendres)
– 2 belles CS d’huile de coco solide
– 1 boîte de 400g de tomates concassées
– 1 CC de sucre
– sel, poivre
– 120 ml de crème de soja à température ambiante
– citron
Pour la pâte de curry :
– 1 oignon moyen en morceaux
– 3 belles gousses d’ail
– 1 petit morceau de gingembre (1 cm)
– 1 CC de graines de coriandre
– 1 CC de fenugrec en poudre
– 3 clous de girofle
– 5 grains de piment de Jamaïque
– 1 feuille de laurier
– 1 CC de graines de cumin
– 1 petite badiane étoile
– 1/2 CC de muscade
– 1 CC de curcuma
– 1 belle poignée de coriandre fraîche

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UNE SAISON EN ORTIE : LA SOUPE.

Nous avons maintenant un jardin.
Il y a beaucoup à faire en matière de potager mais nous avons la chance d’être les heureux propriétaires de noisetiers et… d’orties.
Nous avons récemment planté des pommes de terre qui commencent à feuiller du germe (non ce n’est pas une expression salace, même si c’est vrai que c’est le printemps !) et des petits oignons (non plus).
J’ ai donc fait cette recette de soupe pour pouvoir assembler ces quatre ingrédients qui bientôt proviendront tous de notre jardin.
Et puis comme je suis lancée, je vous proposerai d’autres déclinaisons autour cette urticacée, cette mauvaise herbe, tout bas, loin du jour qui murmure : Amour ! (Merci Victor.)

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Pensez à cueillir les orties le matin à la fraîche.
Effeuillez les tiges, lavez les feuilles, les égoutter (avec des gants) et réservez-les au frigo, vous pourrez les conserver quelques jours et faire ainsi plusieurs recettes.
soupe à l'ortie
INGRÉDIENTS (POUR 6 PERSONNES) :
– 150 g de feuilles d’orties fraîches bien lavées
– 2 belles pommes de terre (600 g)
– 1 oignon moyen
– 60 g de noisettes
– 3 CS d’huile d’olive
– 1 cube de bouillon de légumes
– 50 ml de crème de soja + un peu pour le service
– sel, poivre

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ON MORD LA VIE À PLEINES DENTS NOUS, ET PAS À L’HAMEÇON DU « PLAIDOYER POUR UNE VIANDE SANS ANIMAL » — DAVID CHAUVET ET SA BROCHETTE ARE BACK!

ON MORD LA VIE À PLEINES DENTS NOUS, ET PAS À L’HAMEÇON DU « PLAIDOYER POUR UNE VIANDE SANS ANIMAL »
 
 

 

« Tous les animaux naissent-ils dotés de droits naturels ? Non, bien sûr. »
p.88 in Trois utopies contemporaines — Francis Wolff (2017)
 
 
« Certes, les derniers vestiges du simple bon sens paraissent encore retarder leur triomphe, mais qui peut jurer que demain l’opinion publique ne sera pas prête à réclamer le vote de lois antispécistes calquées sur celles qui répriment le racisme ou l’antisémitisme ? »
p.1342 in Essais — Philippe Murray (2010)
 

 

 
« […] toute espèce a des concurrents, des prédateurs, des parasites, des agents pathogènes qui l’empêchent de pulluler. »
p.53 in Les Limites du vivant (collectif) — Raphaël Larrère (2016)
 
 
 
 
 
 
   Le v’là de retour l’autre espèce de pas assez en danger ! Et même que ça se reproduit à une vitesse folle c’t’espèce, une vitesse telle que nos amis du lobby de la chasse sont obligés de faire une fort belle et bucolique publicité pour dire la beauté de ce noble sport familial — OK : un loisir aussi si vous voulez, le plaisir à l’état pur quoi. Et nous refaites pas la tirade de Dame Nature…, tatata, dès que le soleil darde ses rayons, et nia nia nia. C’est bon, ça suffit les âneries des requins de véganes !
 
plaidoyer...

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UN ESSAI DE REFONDATION POLITIQUE EN PHILOSOPHIE ANIMALE — LECTURE DE « UNE ÉTHIQUE ANIMALE POUR LE XXIe SIÈCLE » DE PATRICK LLORED — SUBLIME ZOOANTHROPOÉTHIQUE

UN ESSAI DE REFONDATION POLITIQUE EN PHILOSOPHIE ANIMALE — LECTURE DE « UNE ÉTHIQUE ANIMALE POUR LE XXIe SIÈCLE » DE PATRICK LLORED

 

« Toute rencontre avec l’animal encore plus qu’avec les humains est surgissement de sa vie dans la nôtre, […] »
p.45 in Mort d’un cheval dans les bras de sa mère, Jane Sautière (2018)

 

« […] mais la loi interdisait aux animaux, même dotés du statut de sous-être, d’aller se faire soigner dans un hôpital humain. Quand les sous-êtres tombaient malades, l’Instrumentalité se chargeait d’eux — dans des abattoirs. Il était plus facile de créer de nouveaux sous-êtres que de redonner la santé aux mal-portants. En outre, l’ambiance prévenante et attentive de l’hôpital aurait pu leur donner des idées : celle, par exemple, qu’ils étaient des personnes véritables […] »
p.435 in Les Seigneurs de l’Instrumentalité, Cordwainer Smith

 

« Le véritable amour de la nature, […], consiste en ce que la nature est aimée pour elle-même, c’est-à-dire précisément pour ceux de ses côtés qui n’ont rien d’humain. »
p.299 in Nature et formes de la sympathie, Max Scheller (1923)

 

 

 

 
Pour le bien de tout vivant !
 
     Dans son livre Ce que les bêtes nous apprennent de la politique, Brian Massumi écrit que […] la vie vit sa propre abstraction — le moindre de ses gestes étant une spéculation pragmatique sur la nature en train de se faire[1]. C’est cette abstraction qui fabrique a fortiori comme a posteriori une communauté de destin du vivant et à plus forte raison lorsque ce phénomène est incarné par un sujet[2] (un animal) et s’éprouve de quelque façon que ce soit au contact du monde, autrement dit contre les autres du monde, en s’appuyant sur eux autant qu’en devant parfois chercher à les éviter. Il s’agit plus en réalité d’un devenir par destination que par nature, puisque tout est dû au hasard et n’est jamais prémédité, à l’exception de l’entrée en jeu de la politique (pólis, πόλις) — la communauté de citoyens (humains jusqu’à présent) libres et autonomes formant une structure sociale capable de formuler par avance, c’est-à-dire de répondre à un désir commun de vivre, pour la construire ensemble, la cité idéale offrant à chacun la possibilité de s’émanciper et de s’épanouir en s’enrichissant auprès des autres et réciproquement. C’est en tout cas, des Antiques aux Lumières jusqu’à nos démocraties contemporaines, pour ce qu’elles parviennent à valoir, le projet que toutes les sociétés ont mené à leur manière avec plus ou moins de succès. Cette construction toujours à parfaire doit de toute évidence sa longévité, si l’on exclue de notre propos les injustices entre les humains, à la domination et à l’exploitation de sous-êtres auxquels on aura soutiré le plus souvent d’abord leur force vitale puis carrément leur propre vie. C’est donc contre les intérêts à vivre de ces sous-êtres que sont les animaux sous l’égide humaine, que nous humains sommes parvenus à maintenir les nôtres jusqu’à présent. Cela dit les temps changent et s’immisce peu à peu dans les consciences et dans le champ politique (politikos), l’idée que les animaux ne sont pas des choses dont on peut disposer, mais des êtres à part entière qui participent, plus prou que peu, à l’équilibre précaire de cette pragmatique spéculation qu’est cette abstraction pure : la vie. Cette vie qu’on voit disparaître par pans entiers à cause de notre industrieuse action sur le monde, au risque d’en pâtir nous-mêmes[3].

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