VÉGANOSOPHIA — PHARMACOZOOLOGIES EN TEMPS DE BIODÉSERTIFICATION. POUR UNE ZOOPOÉTHIQUE DE L’ÊTRE À VENIR (PARTIE VIII)

— VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — PHARMACOZOOLOGIES EN TEMPS DE BIODÉSERTIFICATION. POUR UNE ZOOPOÉTHIQUE DE L’ÊTRE À VENIR (PARTIE VIII)

 

   5) Contingence et liberté (suite) — Vivre-avec | έκαστος έκαστοε
   Nous avons vu que vivre libre signifie vivre selon des contraintes diverses qui sont la condition sine qua non pour éprouver la liberté — par opposition au reste du monde. Cependant vivre libre, en éthique, ça n’est pas faire l’expérience d’un vivre contre autrui. Entre êtres vivants, nous savons désormais que la concurrence mise en exergue par Spencer (contre l’avis de Darwin) n’est pas plus prédominante que la collaboration ou la symbiose. À la limite, vivre contre serait s’appuyer sur — sans relation de subordination. L’expérience des autres, qu’elle me soit communiquée ou que je l’observe et m’en inspire par mimétisme est capitale, de façon générale, pour m’émanciper. Lire la suite

VÉGANOSOPHIA — PHARMACOZOOLOGIES EN TEMPS DE BIODÉSERTIFICATION. POUR UNE ZOOPOÉTHIQUE DE L’ÊTRE À VENIR (PARTIE VII)

— VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — PHARMACOZOOLOGIES EN TEMPS DE BIODÉSERTIFICATION. POUR UNE ZOOPOÉTHIQUE DE L’ÊTRE À VENIR (PARTIE VII)

 

   5) Contingence et liberté
   On l’a vu, la vie n’a pas de pourquoi — pour quoi — auquel répondre. Elle se produit malgré elle et se perpétue dans un désir naturel d’autoconservation inscrit au cœur même de tous les étant-vivants. D’ailleurs, dans l’acception que l’Être est sa propre source, il est parfaitement normal que la vie s’y développant ne soit considérée qu’à l’aune d’une axiologie modale. Seul le comment compte — pour unique commentaire. L’éthique découle du relationnel entre les vivants.

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VÉGANOSOPHIA — PHARMACOZOOLOGIES EN TEMPS DE BIODÉSERTIFICATION. POUR UNE ZOOPOÉTHIQUE DE L’ÊTRE À VENIR (PARTIE VI)

— VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — PHARMACOZOOLOGIES EN TEMPS DE BIODÉSERTIFICATION. POUR UNE ZOOPOÉTHIQUE DE L’ÊTRE À VENIR (PARTIE VI)

 

   4) Entre la perte et l’appropriation — étrangèretés
   Nous avons vu que chaque être vivant est sa propre fin qui est sa préservation et la reconduction de son essence (principe) — sa vitalité — au-delà de lui-même via la reproduction. C’est que ce que dit François Jacob en rejetant toute idée de téléonomie en 1970 dans La logique du vivant. Une histoire de l’hérédité : « L’être vivant représente bien l’exécution d’un dessein, mais qu’aucune intelligence n’a conçu. Il tend vers un but, mais qu’aucune volonté n’a choisi. » (p.10) Ce but c’est l’être vivant lui-même. Il ne faut comprendre cette notion que dans le sens de celle de fonction (fx). C’est de modalité dont il est question. On peut dire que, biontiquement parlant, l’étant-vivant en soi n’est que son propre commentaire et c’est pourquoi Hegel dans son Esthétique y voit un mystère, parce qu’il aurait voulu qu’il y eût autre chose. Or, il n’y a rien que sinon de l’Être, et cela en face de sa propre singularité n’appelle pas un « pourquoi ? ». Lire la suite

VÉGANOSOPHIA — PHARMACOZOOLOGIES EN TEMPS DE BIODÉSERTIFICATION. POUR UNE ZOOPOÉTHIQUE DE L’ÊTRE À VENIR (PARTIE V)

— VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — PHARMACOZOOLOGIES EN TEMPS DE BIODÉSERTIFICATION. POUR UNE ZOOPOÉTHIQUE DE L’ÊTRE À VENIR (PARTIE V)

 

   3) Un monde baroque : éthique et pharmakon (suite)
   Ce qui est le plus étrange, nous le disions la dernière fois, c’est l’incapacité — d’un point de vue général (ici volontairement simplifié) — des humains à confondre croire savoir et savoir. Lire la suite

VÉGANOSOPHIA — PHARMACOZOOLOGIES EN TEMPS DE BIODÉSERTIFICATION. POUR UNE ZOOPOÉTHIQUE DE L’ÊTRE À VENIR (PARTIE IV)

— VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — PHARMACOZOOLOGIES EN TEMPS DE BIODÉSERTIFICATION. POUR UNE ZOOPOÉTHIQUE DE L’ÊTRE À VENIR (PARTIE IV)

 

   3) Un monde baroque : éthique et pharmakon
   Arrivés au milieu de ce cinquième exercice « véganosophique », nous ne savons pas tout à fait, comme toujours, où cela va nous mener que d’emprunter ce chemin. Nous savons quel sujet précis nous voulons évoquer et mettre en perspective. Néanmoins le trajet compte autant que l’arrivée, et c’est ce qui va ressortir à chaque pas que nous ignorons et qui fera sens. On peut dire ici plus précisément ce que c’est que ce « travail » (est-ce un travail ? car ça n’est pas un trepalium. En tout cas ce sont des tentatives à la fois mûrement et librement réfléchies). Ce que c’est, chaque fois, que de philosopher végane, c’est faire des semis. C’est prendre des semences existantes, toutes sortes de graines et de germes, de plus ou moins jeunes pousses et des plans que d’autres ont enté auparavant (le terme nous revient à la suite de l’animal (de) Derrida — mais dans quel ouvrage le philosophe parlait-il de greffes grammaticales et végétales ?…) et dont les résultats dans ce jardin potager de nourritures spirituelles jusqu’ici disséminées, sont enthousiasmant et donnent envie d’aller plus loin dans l’expérimentation et la réalisation d’une perma-culture délivrée des artifices empoisonnants. Aller ce chemin, haler sur ce chemin sachant que — grands dieux heureusement ! panta rhéi (Πάντα ῥεῖ), tout s’écoule, c’est avoir cette conviction que nous, en tant qu’animal rationale, êtres humains, pouvons encore faire quelque chose pour restituer à ce monde qui est le nôtre la qualité de monde accueillant, agréable à vivre, qu’on lui prête. « Où il fait bon vivre », ce monde l’est assurément lorsque nous sommes individuellement délivré de la nécessité de la prédation. Nous entendons ici prédation dans les deux directions de la chose. Délivrés d’avoir à être des proies éventuelles, et délivrés d’être des prédateurs. Ce monde est tout pour nous. Il peut être le plus terrifiant comme le plus merveilleux, le plus délicieux comme le plus amer. Il n’est rien de tout cela — que ce que nous en faisons. Il est le pharmakon, poison et antidote, il est l’archi-dialectique, l’espace-temps, le lieu unique des possibles où il ne tient qu’à nous d’assumer la facticité (contingence) du vivre et du vivre-ensemble. Nous avons cultivé notre jardin. Nous nous sommes fait zoocultivant-e-s et avons tenté au mieux, autant avec humilité qu’orgueil, de participer à l’élaboration d’un compost, d’un terreau universel, d’un humus donc d’un certain humanisme, d’une Terre généreuse à partager. Lire la suite

VÉGANOSOPHIA — PHARMACOZOOLOGIES EN TEMPS DE BIODÉSERTIFICATION. POUR UNE ZOOPOÉTHIQUE DE L’ÊTRE À VENIR (PARTIE III)

— VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — PHARMACOZOOLOGIES EN TEMPS DE BIODÉSERTIFICATION. POUR UNE ZOOPOÉTHIQUE DE L’ÊTRE À VENIR (PARTIE III)

 

2) Souveraineté du vivant (suite)
   Comme on l’a vu, c’est la neutralité du fait biologique qui ouvre le champ libre à la recherche ontologique et biontique. Henri Laborit a raison lorsqu’il avance que nous sommes programmés depuis l’œuf fécondé […] pour maintenir notre structure biologique[1] ; à cela s’ajoute cependant la possibilité pour les êtres conscients, dans certaines mesures (degrés de sentience-conscience), d’être en contemplation devant le monde et de s’y projeter en tant que subjectivités investigatrices. On peut même, au sens large, dire que cette « fonction de recherche » est commune à l’ensemble des formes de vies ou presque, du blob au protozoaire, du termite au Chimpanzé. Bien entendu, ça ne signifie pas que tous les êtres vivants sont en capacité d’explorer le monde comme le font les êtres humains en ayant « de l’esprit ». Chaque recherche s’effectue selon les besoins propres de l’espèce puis de l’individu. Bien sûr nous généralisons et n’avons pas la prétention, ni la possibilité, d’être exhaustifs ni de chercher les exceptions, confirmant la règle ou non. Bref ; nous sommes à présent toutefois certains d’une chose : le vivant est souverain en ce monde et il est peu probable que l’Homme puisse l’annihiler complètement. L’Homme est un des dangers actuels du vivant — de la vie — contre soi-même, autrement dit contre une grande partie de ses représentants les étant-vivants. La poétique doublée de l’éthique, vient à notre aide pour mieux comprendre l’autre-en-vie qui vient face à moi, car « […] il relève de la logique (non téléologique) de l’évolution et de la « combinatoire » du biomorphisme que nous comprenions intuitivement d’autres espèces qui nous sont apparentées […] » comme l’écrit Anne Simon (Zoopoétique, RSH n°328 « La zoopoétique, une approche émergente : le cas du roman », p.77). C’est à l’intérieur de la zoopoéthique que des êtres qui diffèrent en espèces parviennent à se comprendre dans les grandes lignes, au-delà même, fréquemment, de l’apparentage. Ce que nous voyons à travers elle, c’est possiblement ce que mentionne l’anthropologue Philippe Descola lorsqu’il écrit au sujet de l’animalisme qu’une phase de recomposition ontologique a peut-être débuté[2]. Lire la suite

VÉGANOSOPHIA — PHARMACOZOOLOGIES EN TEMPS DE BIODÉSERTIFICATION. POUR UNE ZOOPOÉTHIQUE DE L’ÊTRE À VENIR (PARTIE II)

— VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — PHARMACOZOOLOGIES EN TEMPS DE BIODÉSERTIFICATION. POUR UNE ZOOPOÉTHIQUE DE L’ÊTRE À VENIR (PARTIE II)

 

   2) Souveraineté du vivant
   Nous avons la dernière fois terminé provisoirement le propos avec Jacques Derrida. Nous avons proposé, dans la continuité d’une idée déjà évoquée sur ce blog auparavant, d’étendre notre considération morale aux animaux à l’instar du cynosarges (Κυνόσαργες, Kynósarges) à l’époque de Diogène Laërce (début du IIIe siècle). Le cynosarges était un gymnase qui accueillait les demi-citoyens. À cette époque les demi-citoyens étaient les personnes issues d’unions dont l’un des parents n’était pas citoyen de la ville. On pense alors, évidemment, au travail de Sue Donaldson et Will Kymlicka : l’essai Zoopolis (2011). Lire la suite