VOX POPULI, VOX ANIMALI — DÉAMBULATIONS PENSIVES LE LONG DE TEXTES RECOMMANDABLES — RECUEIL DE TEXTES ET REVUES

VOX POPULI, VOX ANIMALI — RECUEIL DE TEXTES ET REVUES

 

« Nel momento in cui comprendo l’altro io, questa esperienza si ripercuote su di me come esperienza del moi io in quanto oggetto totale. »[1]
p.215 in Il tempo del mondo (Husserl, Heidegger, Patočka) — Roberto Terzi
« Puisque toute action débouche aujourd’hui sur le meurtre, direct ou indirect, nous ne pouvons pas agir avant de savoir si, et pourquoi, nous devons donner la mort. »
p.16 in L’homme révolté — Albert Camus
« Le monde se touche à se prendre. »
Derrida citant G. Bataille dans Le Toucher, Jean-Luc Nancy, p.136.

 

   Je ne sais pas pour vous, vous qui lisez ceci et si a fortiori vous êtes quelque peu sensible à et engagé dans la cause animale, il y a des fois où tout ce qu’on voit, ce qu’on sait, ce qu’on lit et entend vous laisse sans voix.
   Sans voix ; aneu logon : privé d’élocution parce que privé de raisonnement pour énoncer, pour élucider par la locution. Aphasique rendu paralysé du pouvoir de parler. Fin du langage à proprement parler parce que marre sans doute, dans le dire du penser pour l’animal-ité, de l’oralité sale du quasi-indicible. Nous sommes tous, à un moment ou un autre des baudelaires comme foudroyés sur place… perte de connaissance… de repères… disparition de l’espace et du temps… ahuris comateux pétrifiés par l’angoisse internelle… pris pénétrés par la violence innommable… mais transmissible… rétro-virus… juste retour des choses… cibles au hasard… que laisse passer notre empathie sans défense… effondrement… effroi. Lire la suite

LE DIFFICILE COMBAT DU SIMPLE BON SENS — SUR L’« INTRODUCTION AUX DROITS DES ANIMAUX » DE GARY FRANCIONE — PERSPECTIVE(S) À SUIVRE

SUR L’« INTRODUCTION AUX DROITS DES ANIMAUX » DE GARY FRANCIONE — PERSPECTIVE(S) À SUIVRE
L'éthique animale   Comme on peut le lire dans le livre L’éthique animale de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, l’éthique animale est une notion remontant au XIXème siècle et qui a pris la signification qu’elle revêt aujourd’hui durant le XXème. Un moment celle-ci put autant vouloir évoquer le comportement des animaux entre eux, que celui des humains à leur égard. Finalement aujourd’hui, cette éthique très au cœur de l’éthique de manière plus globale, correspond à la question de fond des droits des animaux. Il ne s’agit par exemple plus d’accorder une quelconque condescendance envers les animaux. Comme l’écrivit Jacques Derrida, nous rappelle Jeangène Vilmer[1], cet « [L’]Animal » dont « on » parle, n’existe pas en face des hommes et chaque fois alors « on » « dit une bêtise ».
   Nous aimerions dans ce texte, avant que de vous parler du travail de Gary L. Francione, ouvrir la réflexion avec cette pensée :
introduction aux droits des animaux   Il semble qu’au sujet des droits des animaux, certains ont la crainte qu’elle ne soit un marchepied à une nouvelle forme d’eugénisme — donner des droits aux animaux dévaloriserait certaines catégories d’êtres humains (handicapés, séniles, amnésiques, etc.). C’est, nous paraît-il, réintroduire au sein de la communauté humaine des distinctions qui vont au-delà de la discrimination seule et mènent à nouveau au  ségrégationnisme via le spécisme. Bien au contraire, c’est en vertu qu’il y a des êtres à protéger qu’on peut rapprocher les animaux de certains humains incapables d’établir les règles (lois) de leur protection avec et au sein de la société. Alors bien entendu, nous ne formons pas tout à fait société avec les animaux…, sauf qu’en réalité si, il suffit de regarder les actions et interactions des animaux et des insectes dans nos villes ou nos campagnes pour voir qu’ils participent à équilibrer  l’écosystème. D’un point de vue holistique nous avons intérêt à prendre soin des intérêts des animaux dans leur (bio)diversité. Si ces « ensembles vivants » nous peuvent fournir du bien, les conserver tels quels revient à en protéger les individus. Et dans l’éthique animale et les droits qu’elle présuppose — ou desquelles elle découle — la notion d’individualité est prépondérante quant à la souffrance qui peut être infligée à un animal dont on a l’utilisation. Sur la question d’un eugénisme libéral, Jürgen Habermas note que certains pensent qu’il y a un « véritable commencement d’un processus évolutif qui non seulement s’auto-régule mais encore est déjà individué. […] tout ce qui peut être biologiquement défini comme spécimen humain doit être regardé comme une personne potentielle […]. » (p.51 in L’avenir de la nature humaine). En ce cas, dès lors qu’on s’est débarrassé des apriori et des oripeaux des préjugés anthropocentristes dévaluant les animaux en général et en particulier dans leur « usage », il apparaît cette chose flagrante que mentionne Habermas dans son livre sur l’eugénisme : « La communauté des êtres moraux qui se donnent à eux-mêmes leurs lois se rapporte, dans la langue des droits et des devoirs, à toutes les relations qui requièrent d’être réglées normativement ; toutefois, il n’y a que les membres de cette communauté qui puissent s’imposer mutuellement des obligations morales et attendre les uns des autres un comportement conforme à une norme. Il revient aux animaux de bénéficier des devoirs moraux que nous nous devons d’observer dans nos rapports à toutes les créatures sensibles à la souffrance, par seul égard pour elles. » (in op. cit. p.55).
   C’est de cet égard dont nous allons parler, qui est le sujet dont discute habilement Gary Francione dans son essai écrit aux Etats-Unis en 2000.

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LES ANIMOTS — DÉCLINAISONS SPÉCULATIVES SUR L’IMPENSER PAR L’HUMAIN AU SUJET DE L’ANIMAL — D’APRÈS « L’ANIMAL QUE DONC JE SUIS » DE JACQUES DERRIDA.

DÉCLINAISONS SPÉCULATIVES SUR L’IMPENSER PAR L’HUMAIN AU SUJET DE L’ANIMAL — D’APRÈS « L’ANIMAL QUE DONC JE SUIS » DE JACQUES DERRIDA.
« […] ma présence n’est là que pour révéler ce que la chose serait en mon absence. » (p.219)
L'animal que donc je suis   C’est loin des abattoirs, des cris des bêtes assassinées formulant donc d’inaudibles « animots » — qu’on emprunte le terme à J. Derrida —, qu’on s’élance du haut de l’animont derridien comme en chute libre et qu’on rebondit çà et là déclinant sur la thématique animale derridienne. Qu’on dévale toute spéculation comme cela va pouvoir s’émouvoir à l’aune du déclin à chaque instant d’« étants sans avoir été » sinon par la programmatique sarcophage (du grec, σάρξ, sarx la chair et φαγεῖν, phagein manger) du faire-naître pour aussitôt l’achever. À la limite où l’« être animal » échappe à la rationalité humaine mais pas aux ratios carno-économiques de l’humanité. Jusqu’à l’impact, au crash, au choc contre l’impenser de l’animal que donc Je fuis de toute(s) manière(s), suivant la trajectoire, la déclination qui est la mienne. Qui est celle du déclin propre à l’humain de se heurter à la Réalité indicible du phénomène du monde : manquer de mots pour dire le fonds ontologique commun de tous les êtres dans les yeux de qui je me reflète et cherche la mirifique Vérité. Lire la suite

BIENVENU(E) SUR LE BLOG DE K&M LES VEGANAUTES

K&M

       Salut et bienvenue !    Hi and welcome !
    Et voilà : nous commençons de bloguer afin d’offrir de meilleures visibilité et lisibilité  à nos recettes véganes, ainsi qu’à nos critiques de livres, nos « billets d’humeurs », etc.
    Here we are : starting to blog in order to provide better visibility and readability our vegan recipes, and our book reviews, our « moods tickets ». Gradually we’re uploading our posts in English that you can read by clicking the flag in the right sidebar. It’s just vegan sharing.
    Bonnes lectures. Good reads.
   K&M – mardi 23 mars 2015
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– The rejection of animal exploitation as the philosophy of human being and becoming –

ESSAIS ET ROMANS INDISPENSABLES DANS LA BIBLIOTHÈQUE DES LECTEURS ET LECTRICES VEGAN

    Nous sommes de grands lecteurs. Des passionnées du bouquin. Aussi nous avons voulu établir ici une liste des ouvrages traitant de la condition animale, du véganisme, de l’éthique animale, etc. pour celles et ceux d’entre vous qui cherchez des ouvrages sur le sujet.
   Nous prenons en considération la littérature dans laquelle la réflexion sur les individus animaux est grande. L’éclairage du romanesque permet de voir autrement les zones d’ombres que peinent parfois à établir les essais critiques, dont les propos sont souvent détournés médiatiquement par les tiers bénéficiaires de l’exploitation animale.
Trois catégories :
Romans & Nouvelles
Philosophie
Sciences & Sociologie
Nous recommandons ces ouvrages.
Bonne visite, …et bonnes lectures !
K&M

SUR UNE LECTURE DE « BÊTES HUMAINES ? POUR UNE RÉVOLUTION VÉGANE. »

  Bêtes humainesVoilà un récent nouvel ouvrage sur le véganisme, savoir donc : sur la question de la cause animale et la place de l’Homme dans le monde — au beau milieu du monde où il n’est pas le seul.
Méryl Pinque a réuni ici quelques textes de Gary L. Francione, Valéry Giroux, Patrick Llored, Gary Steiner, elle-même, avec une introduction du philosophe français qui ne lâche rien : Michel Onfray.
   On ne saurait dire si Onfray est devenu vegan, ou si oui à quel degré d’implication. Cependant, pour cet intellectuel issu de la paysannerie — dans le sens noble de la rusticité —, qui dans ses ouvrages et ses colloques à l’Université Populaire démontre sans faille sa passion camusienne pour les faits et rien que les faits, et en raison de cela taille des sérieux costards aux philosophes et à leurs petits arrangements avec la réalité de l’Histoire, « [Les vegans] éclairent d’une forte clarté de trop grandes zones d’ombre. » C’est, sous la plume onfrayenne, un grand honneur, parce que lui ne tergiverse pas. Pour ce qu’on en sait d’autres lectures de lui, il tiendrait plutôt du réaliste à l’indienne, au sens où les indiens d’Amérique, s’ils consommaient de la viande, ne prélevaient que le strict nécessaire et respectaient la Nature comme une Mère Universelle.
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