HOMMAGE ANTISPÉCISTE À CHRIS MARKER — « MINOTAURE(S) » HALLUCINÉ

À CHRIS MARKER — « MINOTAURE(S) » HALLUCINÉ
   En mai 2015 est venue comme qui dirait naturellement cette très courte nouvelle intitulée MINOTAURE(S) — DÉDALE DES ABATTOIRS ou LE MONSTRE ANAGRAMMÉ.
   Il s’agissait de revisiter brièvement un des mythes les plus célèbres de l’Antiquité grecque tout en conservant un style classique (moderne) et à la fois en propulsant Thésée (l’héroïsme…) face aux questions éthiques (contemporaines) de ce début de 21ème siècle, savoir : la question de la condition animale et à travers elle, rappeler la gémellité de traitement réservé encore si souvent à ces « êtres inférieurs » que sont les animaux et…, les femmes (…). Une situation parfaitement bien décrite en 1995 par Carol J. Adams dans La Politique sexuelle de la viande.
   C’est aussi la question de la violence qui s’exerce sur l’innocence et la naissance, en ce que les êtres considérés comme « faibles » sont ceux qui animent une bio-diversité absolument nécessaire à l’existence du Père (patriarcat) et sa prétendue supérieure innascibilité (il n’a pas besoin de naître, il est détaché du principe même de la Vie).
   Voici donc à nouveau ce récit sous la forme d’un mini-film illustré par des images du film de science-fiction La Jetée de Chris Marker. L’oeuvre de cet essayiste-cinématographe, selon l’expression d’André Bazin, met en perspective la domination masculine (guerre totale) sur le monde dans une fable post-apocalyptique où le futur lointain de l’Humanité trouve — dirait-on— une forme de résurrection par un lâcher-prise sur les êtres et sur le temps, et où la figure de la femme est la planche de salut à la fois dans l’anamnèse et dans un monde reconfiguré — on imagine — subjectivement et collectivement dans une pacification qui ressemble bien à une haute spiritualisation technique et à une végétarisation de la civilisation. En tout cas c’est une interprétation qu’on trouve séduisante.
   Parce que La Jetée est un chef-d’œuvre et que Chris Marker était aussi un poète, lui emprunter quelques images, poussés par un nombre de vues croissant de notre nouvelle ces derniers temps sur le blog, nous avons eu envie de fabriquer un nouvel objet calqué sur l’esthétique markerienne, et proposant une lecture fictionnelle mais concrète du problème biopolitique à l’heure de l’usage des corps comme dit Giorgio Agamben, de la reproductibilité technique et sa machination.
   Bon visionnage.
   K&M

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      Lire le texte de la nouvelle, ici.
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CASA BIANCA POUR ANNA MARIA — SUR LES PETITES PERSONNES D’ANNA MARIA ORTESE

CASA BIANCA POUR ANNA MARIA — SUR LES PETITES PERSONNES D’ANNA MARIA ORTESE
Quella casa bianca che
non vorrebbero lasciare
è la loro gioventù
che mai più ritornerà.
Casa Bianca de Don Backy interprétée par Ornella Vanoni — 1968
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   M et moi-même sommes ce que l’on peut nommer de « grands lecteurs », et ce depuis notre jeunesse.
   Le véganisme nous a donc amenés naturellement à thématiser une partie de nos lectures.
   On pourrait penser que « traquer » la thématique animale que ce soit dans les essais ou les romans, a quelque chose de rébarbatif ou d’ennuyeux.
   Il n’en est rien, et plus encore : les ouvrages sociologiques, scientifiques ou philosophiques nous arment un peu plus chaque jour en réflexions et arguments face au quidam curieux et parfois agressif.
   Quant à cette recherche du côté du littéraire, elle nous donne l’opportunité de rencontrer des écrivains que nous n’aurions peut-être jamais lus, et surtout des amis, si ce n’est des membres de notre famille, celle qu’on se choisit. Car la littérature a ce pouvoir.
   Dans mon arbre généalogique fantasmé, où Mark Twain est mon grand-père, Anna Maria serait ma grande tante, cette vieille fille qui vit recluse et « a des idées un peu bizarres », que j’apprendrais à connaître pour m’apercevoir que j’ai tant à échanger avec elle, que je m’empresserais de rejoindre pour rire et gueuler, que j’aimerais à jamais. Lire la suite

LA RAISON DE NOËL — UN CONTE VEGAN

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Un conte écrit et remanié par K&M,
librement inspiré des récits des animaux et des hommes
et en hommage à Marcel Aymé.
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— Bordel de bordel !
— Nicholas, calme-toi.
— Quoi ? comment ça me calmer nom d’une pipe ? ils se calment eux peut-être ? Ils refreinent leur connerie, bon dieu ?
— Ne sois pas grossier Nicholas, ça te ne ressemble pas.
— T’as vu c’qu’ils ont fait ?
— Je sais, je sais Nicholas, je sais.
— Ils ont tout mis sans dessus dessous. Même la banquise polaire se brise et s’éparpille à présent. Ils en ont jamais assez cette grosse bande de sagouins. Avec leurs portables, ils sont insupportables. Avec leurs consoles de jeux, ils sont là cons, seuls devant leurs je, et puis ça court partout, et puis bientôt ils auront autant d’expression que les mannequins en plastique des vitrines de leur grand bordel de l’hôtel de ville. Cette année Noël : c’est sans moi. Lire la suite

VÉGANOSOPHIA — ÉCOLOGIE : ÉCONOMIE DU VIVANT ET NORMATIVITÉ (PARTIE IV)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — ÉCOLOGIE : ÉCONOMIE DU VIVANT ET NORMATIVITÉ

 

 

   5) Humanité-e-s :
   Pour en finir avec les affirmations de Luc Ferry visant à associer IIIème Reich et antispécisme, remarquons qu’il souligne p.160 de Le Nouvel Ordre Écologique que le régime nazi était pour l’« interdiction du gavage des oies » ainsi que la fin de la « vivisection sans anesthésie ». Si de nos jours vous persistez à penser qu’il est immoral de gaver les oies par exemple, sachez que vous risquez de réécrire les pages les plus noires de notre Histoire, et tout ça parce que vous ne mangez plus de foie gras ! Décidemment le philosophe n’a reculé devant aucun effet de style argumentaire pour faire passer ses idées rétrogrades — pardon : humanistes.

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JOYEUX BESTIAIRE… — QUATRE MICRONOUVELLES SUR JOY SORMAN — SUR DEUX DE SES ROMANS

QUATRE MICRONOUVELLES SUR JOY SORMAN

 

I

 

   Elle aurait pu être là sous l’improbable soleil de juin, assise à une table de la terrasse du Café de Flore pendant que d’une fenêtre grande ouverte non loin se serait échappée Sabrina Salerno cherchant du bon temps ; on aurait pu lui avoir servi un petit noisette au lait de soja vanille et, plus tard, elle serait partie nonchalamment pour ne pas avoir à regarder parigots et touristes commander le plat du jour : saucisse de Montbéliard. C’est pas que, comme de ces féministes pragmatiques, elle aurait eu peur de faire du bruit pour réclamer un suprême de pistache à la Tournier, mais pourquoi pas aller voir, matinale, dans le 93, parce qu’après tout ça balance pas qu’à Paris.
Jean Loup SIEFF (1933-2000), Café de Flore, Paris, 1980
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OBSCURANTISME AGRICOLE

 

   J’ai lu Cosmos de Michel Onfray, et suis tombée sur des informations dont je n’avais pas connaissance.Biodynamie bouse de corne
   Pour moi l’agriculture biodynamique, s’apparentait à l’agriculture bio, un respect de la terre, du vivant (insectes, vers) qui la nourrit, les rotations des cultures pour ne pas appauvrir le sol, etc, etc.
   Je sais que les légumes bio que l’on achète peuvent être cultivés avec des engrais à base de sang séché et d’os broyé. En tant que vegan, ça me pose problème, car pour le coup il faut bien se nourrir mais je l’accepte, n’ayant pas encore de maison avec potager. Mais la biodynamie mue par des principes ésotériques (sans justification scientifique, c’est une agriculture de l’instinct, des mouvements planétaires et lunaires qui fait foi en soi) intègre dans son processus même la notion de sacrifice animal. On enterre des cornes de vaches (l’animal doit être local) remplies de fumier, on coud des fleurs à des vessies de cerfs, on brûle les insectes parasites et des peaux de mulots et disperse leurs cendres en espérant qu’ils ne reviennent pas, etc., etc.
  Le label DEMETER, très présent dans nos magasins bio, respecte ces fondements de l’anthroposophie (courant de pensée et de spiritualité créé par Rudolph Steiner au début du XXIème siècle ; voir cette page qui dénote d’un humanisme spéciste).
Biodynamique vessie animale   Alors, je me pose des questions, car même si l’agriculture bio n’est pas toujours vegan dans ses procédés, on le sait, utiliser des cadavres d’animaux et en faire des objets maraboutistes et sacrificiels me pose un sacré cas de conscience.
   Pas sûr que les produits au logo orange et vert se retrouveront dans mon prochain panier de courses.

 

K.

LE CRYPTO-VÉGANISME DE MICHEL ONFRAY

COSMOS M. Onfray   À la lecture de « BÊTES HUMAINES – POUR UNE RÉVOLUTION VÉGANE ? », l’on aurait pu croire à une prochaine conversion de Michel Onfray au véganisme. En effet, le voir associé au recueil voulu par Méryl Pinque nous a fait espérer le voir rejoindre le pré carré des philosophes vegan, donc l’extensible territoire vegan de prime abord. C’est dans son livre COSMOS écrit entre 2013 et 2014 que Michel Onfray s’étend plus avant sur la question de l’éthique animale. Il y consacre un groupe de chapitres assez longs. « La question se pose de manger les animaux, ou non. Quand je pense, je conclus que non ; quand je mange, je fais comme si je n’avais pas pensé, ni rien conclu. » (pp.232-233). Curieux aveu, totalement contradictoire au vu des considérations sur le sujet auxquelles se livre l’auteur, pour qui au final « l’universalisation de la maxime végane débouche sur la suppression de l’homme. »
   C’est en échangeant nos impressions, nos points d’accords ainsi que nos étonnements quant à la question du véganisme au fil du texte de Michel Onfray, que nous avons dialogué puis décidé de tout coucher par écrit avec le parti pris d’être les plus justes possible dans l’analyse et la critique.

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ESSAIS ET ROMANS INDISPENSABLES DANS LA BIBLIOTHÈQUE DES LECTEURS ET LECTRICES VEGAN

    Nous sommes de grands lecteurs. Des passionnées du bouquin. Aussi nous avons voulu établir ici une liste des ouvrages traitant de la condition animale, du véganisme, de l’éthique animale, etc. pour celles et ceux d’entre vous qui cherchez des ouvrages sur le sujet.
   Nous prenons en considération la littérature dans laquelle la réflexion sur les individus animaux est grande. L’éclairage du romanesque permet de voir autrement les zones d’ombres que peinent parfois à établir les essais critiques, dont les propos sont souvent détournés médiatiquement par les tiers bénéficiaires de l’exploitation animale.
Trois catégories :
Romans & Nouvelles
Philosophie
Sciences & Sociologie
Nous recommandons ces ouvrages.
Bonne visite, …et bonnes lectures !
K&M

MAUDITS

   C’est le titre du livre de Joyce Carol Oates que je suis en train de lire, une pause après un essai sur les droits des animaux de Francione.
Joyce Carol Oates   Le narrateur, un historien, nous relate des événements dramatiques et fantastiques qui vont bouleverser la petite communauté universitaire deUpton Sinclair Princeton. Certains personnages ont existé, d’autres pas, et parmi ceux qui ont marqué réellement l’histoire, celui qui m’intéresse est Upton SINCLAIR. Dans le roman, c’est un personnage un peu à part. Mais pour moi, je comprends qu’il a de l’importance : il est écrivain, promoteur du socialisme aux Etats-Unis, végétarien, et auteur de La Jungle, une infiltration dans les abattoirs de Chicago afin de dénoncer le traitement des bêtes mais également des ouvriers (souvent immigrés) de ces établissements.
   Alors voilà, je me plonge dans un roman fantastique pour me distraire et me retrouve à commander (La Jungle de Sinclair) un ouvrage plein d’atrocités.

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