VÉGANOSOPHIA — PHARMACOZOOLOGIES EN TEMPS DE BIODÉSERTIFICATION. POUR UNE ZOOPOÉTHIQUE DE L’ÊTRE À VENIR (PARTIE III)

— VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — PHARMACOZOOLOGIES EN TEMPS DE BIODÉSERTIFICATION. POUR UNE ZOOPOÉTHIQUE DE L’ÊTRE À VENIR (PARTIE III)

 

2) Souveraineté du vivant (suite)
   Comme on l’a vu, c’est la neutralité du fait biologique qui ouvre le champ libre à la recherche ontologique et biontique. Henri Laborit a raison lorsqu’il avance que nous sommes programmés depuis l’œuf fécondé […] pour maintenir notre structure biologique[1] ; à cela s’ajoute cependant la possibilité pour les êtres conscients, dans certaines mesures (degrés de sentience-conscience), d’être en contemplation devant le monde et de s’y projeter en tant que subjectivités investigatrices. On peut même, au sens large, dire que cette « fonction de recherche » est commune à l’ensemble des formes de vies ou presque, du blob au protozoaire, du termite au Chimpanzé. Bien entendu, ça ne signifie pas que tous les êtres vivants sont en capacité d’explorer le monde comme le font les êtres humains en ayant « de l’esprit ». Chaque recherche s’effectue selon les besoins propres de l’espèce puis de l’individu. Bien sûr nous généralisons et n’avons pas la prétention, ni la possibilité, d’être exhaustifs ni de chercher les exceptions, confirmant la règle ou non. Bref ; nous sommes à présent toutefois certains d’une chose : le vivant est souverain en ce monde et il est peu probable que l’Homme puisse l’annihiler complètement. L’Homme est un des dangers actuels du vivant — de la vie — contre soi-même, autrement dit contre une grande partie de ses représentants les étant-vivants. La poétique doublée de l’éthique, vient à notre aide pour mieux comprendre l’autre-en-vie qui vient face à moi, car « […] il relève de la logique (non téléologique) de l’évolution et de la « combinatoire » du biomorphisme que nous comprenions intuitivement d’autres espèces qui nous sont apparentées […] » comme l’écrit Anne Simon (Zoopoétique, RSH n°328 « La zoopoétique, une approche émergente : le cas du roman », p.77). C’est à l’intérieur de la zoopoéthique que des êtres qui diffèrent en espèces parviennent à se comprendre dans les grandes lignes, au-delà même, fréquemment, de l’apparentage. Ce que nous voyons à travers elle, c’est possiblement ce que mentionne l’anthropologue Philippe Descola lorsqu’il écrit au sujet de l’animalisme qu’une phase de recomposition ontologique a peut-être débuté[2]. Lire la suite