SENTIENCE REVEALED — LA BD DE DAVID VOLPI ET TYEF — TOME 3

« Au fond de ma révolte contre les forts, je trouve du plus loin qu’il me souvienne l’horreur des tortures infligées aux bêtes. »
Louise Michel

 

 

(R)ÉVOLUTION
   Nous avons enfin lu et terminé Sentience, le tome 3. Comme pour les deux tomes précédents, nous avons été charmés par les beaux graphismes et les sublimes planches réalisés par Tyef qui a mis l’accent sur ce dernier opus sur les figures animales, dont leurs dessins s’avèrent centraux, très évocateurs avec souvent peu de mots voire pas du tout. Il faut également remarquer que le type d’image employé s’adapte sans cesse à la situation évoquée. Il y a beaucoup de détails cachés dans les vignettes, il faut y être attentif car beaucoup de références culturelles et de renvois chronologiques viennent soutenir le propos et l’action.
   C’était aussi l’occasion de retrouver notre scénariste de BD préféré David Volpi. Et quel bel fin il nous a réservée pour achever ce cycle. Car oui, Sentience1, 2 et 3 c’est un cycle. Est-ce à dire qu’on y reviendra ? Ce serait une bonne nouvelle car malheureusement à peine installés dans nos pénates pour se plonger dans l’aventure et… c’est déjà terminé ! Le dernier et beau volume de cette trilogie impeccable nous embarque avec lui dans sa critique biopolitique en « remarsterisant » le genre de la science-fiction des années 70 et 80. En lisant Sentience 3, vous risquez d’anticiper comme un goût de soleil vert dans la bouche tant l’analyse de notre société technologique est acerbe et nous rappelle combien jamais la fiction n’outrepasse vraiment la réalité et que, dans ce cas, s’engager et protéger le vivant est un impératif qui n’a jamais autant été d’actualité. Le rétro-futurisme de Sentience réactive dans notre mémoire les malheureuses exactions commises au nom de la prétendue suprématie humaine — la folie des hommes — sur les animaux, et l’on pense, évidemment, à Cécil le lion… Mais c’est ici sans compter sur l’ingéniosité des protagonistes, leur générosité et leur courage et… leur animalité. Félicitations à l’auteur pour son imagination et notamment son procédé original de faire des humains de parfaits porte-parole pour les sans-voix.

 

   Comme à chaque tome, 50% des droits d’auteurs sont reversés à une association, cette fois-ci : l’AVF.

 

  À noter, David Volpi est aussi le créateur, entre autres, d’un journal ludique, pratique, écologique, et très graphique ! pour la jeunesse à partir de 8 ans :

   Hey ! Et c’est aussi un Veganaute ! C’est du crowdfunding.

 

K&M

 

OH LA VACHE ! : « Envole-moi, loin de cette fatalité qui colle à ma peau. »

« Si considérable qu’elle soit, la différence entre l’esprit de l’homme et celui des animaux les plus élevés n’est certainement qu’une différence de degré, et non d’espèce.»
Charles Darwin — citation en exergue du livre
« There’s no place like home. »
Le magicien d’OZ
« Le devoir, c’est de sentir ce qui est grand, de chérir ce qui est beau,
et non pas d’accepter toutes les conventions de la société,
avec les ignominies qu’elle nous impose. »
Gustave Flaubert — Madame Bovary (1857)
 Oh la vache    Un livre.
   Un dessin de vache en couverture dont on ne sait pas bien si elle saute de joie ou si elle est crucifiée tel un « bœuf écorché » qui aurait retrouvé sa tête et qu’on aurait retourné.
   Un nom, David Duchovny : celui qui a cherché pendant neuf longues années (j’ai regardé la série, et des longueurs il y en avait) sa sœur Samantha enlevée par des extraterrestres.
   De quoi attiser ma curiosité de lectrice et de végane… donc j’ai lu le livre (parce qu’il faut lire les livres). Lire la suite