AIMER LA VIE… ET CELLES DES AUTRES — MONOLOGUE INTÉRIEUR APRÈS LECTURE DE EDWARD O. WILSON — À LA CHOUETTE ENDORMIE

MONOLOGUE INTÉRIEUR APRÈS LECTURE DE EDWARD O. WILSON — À LA CHOUETTE ENDORMIE

 

 

« Nous récusons la violence crue généralisée que le système actuel fait subir à tous les êtres sensibles, humains et animaux. »
Jean-Luc Mélenchon in L’Avenir en Commun, 2016

 

« L’humanité est rehaussée non parce que nous sommes situés très haut au-dessus des autres créatures vivantes, mais parce que bien les connaître élève le concept même de la vie. »
Edward Osborne Wilson in Biophilie, 1984

 

« Origine de l’Homme désormais prouvée. La métaphysique doit désormais s’épanouir. Qui comprend le babouin fera mieux pour la métaphysique que Locke. »
Charles Darwin, Carnet M de 1838

 

 

   Je repense à l’autre matin où, jouxtant un rail du quai d’en face du RER, nous avons aperçu presque en même temps le corps d’un animal. D’abord sa couleur marron, un beau marron forestier, puis des nuances et des formes, des plumes et, posée sur les cailloux gris une tête carrée aux yeux définitivement clos : ceux d’une chouette. Nous sommes en 2017 et les animaux meurent tous les jours massivement du fait des infrastructures humaines.
   Ce que nous avons ressenti, c’est ce qu’Edward Osborne Wilson appelle du joli nom de « biophilie ». Mais il était trop tard pour aimer vivante cette magnifique créature pour laquelle nous avons éprouvé de la tristesse. Quitte à mourir puisqu’il le faut, ça n’était pas un endroit convenable pour elle.

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VÉGANOSOPHIA — ÉCOLOGIE : ÉCONOMIE DU VIVANT ET NORMATIVITÉ (PARTIE V)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — ÉCOLOGIE : ÉCONOMIE DU VIVANT ET NORMATIVITÉ

 

 

   6) Normativité : économie du vivant :
   Face à l’amuïssement du monde naturel — qui est littéralement un enfouissement de celui-ci sous l’encombrement de la civilisation humaine, il est notable qu’on assiste comme impuissants à l’édification d’une structuration monospéciste, sorte de haut-château entre cloaque et tour astronomique, sauf que l’Homme se cherche dans le miroir du ciel et que rien ne vient en écho à CETI. Non pas qu’on n’ait pas des espérances stellaires (pourvu qu’on ne traite pas les autres mondes comme des Amériques), encore faudrait-il juste que nos prétentions aux grands voyages s’établissent sur la bases d’une Terre saine, libre, joyeuse, vivante. Hélas tel n’est pas le cas et nous assistons à l’enterrement du monde qui nous a fait naître bien qu’il soit notre mondevécu, comme dit A. Gorz. Le nôtre assurément mais pas notre propriété : nous en avons seulement l’usufruit. Lire la suite

DES ARGUMENTS ALLIÉS DU VÉGANISME — QUELQUES MOTS AUTOUR DE « CONFORTABLEMENT IGNORANT » DE R. A. OPPENLANDER — OU NOTRE INTRANQUILLE LUCIDITÉ D’INDIENS SANS PLUMES

QUELQUES MOTS AUTOUR DE « CONFORTABLEMENT IGNORANT » DE R. A. OPPENLANDER — OU NOTRE INTRANQUILLE LUCIDITÉ D’INDIENS SANS PLUMES

 

« Ce qui advient à la bête advient bientôt à l’homme. »
proverbe indien Seattle des Duwanish, 1854 (cité p.6 in Confortablement ignorant)

 

« Mais on n’y parvient pas sans avoir traversé un déchirement et une angoisse, après quoi on se sent comme retourné et reversé de l’autre côté des choses et on ne comprend plus le monde que l’on vient de quitter. »
In Les Tarahumaras, p.35 — Antonin Artaud

 

« L’animal ne possède rien, sauf sa vie, que si souvent nous lui prenons. »
Marguerite Yourcenar

 

   C’est Allain Bougrain-Dubourg qui a préfacé ce livre du docteur Richard A. Oppenlander pour sa parution en France aux Éditions Le Muscadier. Ainsi ces courtes pages d’introduction sont-elles écrites par quelqu’un qui, malgré sa carrière animaliste, n’est pas végane, et a fortiori (même) pas végétarien non plus, même s’il dit faire des efforts en ce sens. Car le livre Confortablement ignorant ne contient pas de notion explicite du véganisme, et sa thématique est très orientée écologisme (développement durable) et bien-être humain (santé). De quoi agacer les plus radicaux d’entre-nous. Oui ; mais…
 confortablement ignorant   Nous voulions en parler un peu parce que le travail d’Oppenlander — végétalien sans conteste — demeure, en dehors de ceux spécifiquement antispécistes et véganes, un des rares qui de par son souhait holistique et impartial se charge d’[…] intégrer au dérèglement climatique la problématique éthique de nos rapports à l’animal[1]. Et l’américain auteur de préférer à l’agrobusiness et à l’exploitation animale dire que « […] nous devrions chercher les produits alimentaires qui servent le mieux les intérêts de tous les êtres vivants. » (p.11) Il n’en fallait pas moins pour susciter notre intérêt et poursuivre la lecture de ce livre qui pour nous sert tout à fait la cause animale. Lire la suite