À PROPOS DES MÉTHODES SUBSTITUTIVES À  L’EXPÉRIMENTATION ANIMALE

À PROPOS DES MÉTHODES SUBSTITUTIVES À  L’EXPÉRIMENTATION ANIMALE

 

 

« Pourquoi ce qui serait intolérable pour l’espèce humaine serait tolérable pour d’autres espèces ? »
p.217 in Profession : Animal de Laboratoire — Audrey Jougla

 

« L’animal est une métaphore quand on pense avec lui la structure sociale, une métonymie qui représente l’humain quand il l’utilise. »
(d’après Claude Lévi-Strauss) p.118 in La douleur des bêtes — la polémique sur la vivisection au XIXe siècle en France — Jean-Yves Bory

 

« La souris est un animal qui, tué en quantité suffisante et dans des conditions contrôlées, produit une thèse de doctorat. »
— Woody Allen

 

I
Hermès, Descartes, Claude Bernard & la Science
    Au sacrifice antique d’Iphigénie, Artémis lui substitue au dernier instant sur l’autel, une biche — pour la préserver de la folie des hommes. Symboliquement, cet échange mythologique peut signifier la fin des sacrifices humains et l’élévation de la Cité par l’arrêt du cannibalisme désormais remplacé par la chair animale, autre consumation carnée.
Détail - Bertholet Flemalle (1641-1675), Le sacrifice d'Iphigénie   De l’Antiquité, une autre divinité olympienne qu’Hermès (Ἑρμῆς) aura-t-elle jusqu’à nos jours autant d’influence sur nos existences et, par suite, sur celles des animaux ? Il ne s’agit toutefois pas du fait qu’Hermès influença l’histoire des Atrides et indirectement le sort d’Iphigénie. Celui-ci a marqué en effet de manière plus indélébile l’histoire de l’Occident et du monde. Dieu alchimique, il fut loué pour ses bienfaits pour se retrouver ensuite au cœur des recherches ésotériques du Moyen-Âge. Si les alchimistes de tous les horizons ne sont pas parvenu avec toute leur al-kimiya[1] à changer le plomb en or, peu à peu ces activités se sont transmuées après la Renaissance en chimie et sciences modernes telles que trivialement le grand public les connaît de nos jours. Lire la suite

CES AUTRES-ANIMAUX — LE PRINCIPE D’ÉTHIQUE — D’APRÈS « POUR COMPRENDRE LEVINAS. UNE PHILOSOPHIE POUR NOTRE TEMPS » DE CORINE PELLUCHON

CES AUTRES-ANIMAUX — « POUR COMPRENDRE LEVINAS. UNE PHILOSOPHIE POUR NOTRE TEMPS » DE CORINE PELLUCHON

 

 

« Ni la destruction des choses, ni la chasse, ni l’extermination des vivants – ne visent le visage qui n’est pas du monde. »
(sur Totalité et Infini d’E. Levinas) p.54 in Une autre existence. La condition animale (Florence Burgat — 2012)

 

 

« Les discours de Heidegger et de Levinas restent pris à l’intérieur d’une métaphysique carno-phallogocentrique, parce qu’ils reconduisent, en le justifiant, le sacrifice des animaux, qui n’est pas seulement un sacrifice « réel », mais aussi, comme toujours, un sacrifice « symbolique ». »
Matthew Calarco des travaux de J. Derrida envers et avec J.-L. Nancy
p.123 in Philosophie animale. Différence, responsabilité et communauté (sous la direction de Hicham-Stéphane Afeissa et Jean-Baptiste Jeangène Vilmer — 2010)

 

 

« L’infini actuel a-t-il un sens ? »
p.74 in Altérité et Transcendance (Emmanuel Levinas, 1967-1989)

 

 

   Ces quatre à cinq dernières années, nous avons plusieurs fois écrit à propos des travaux passionnants de la philosophe Corine Pelluchon. Nous nous sommes laissé dire il y a quelques semaines, sans douter un seul instant de la véracité de ce propos, que cette auteure importante engagée notamment pour la libération animale, était une excellente promotrice de la pensée d’Emmanuel Levinas, phénoménologue célèbre au seuil de la théologie. Pelluchon, nous a-t-on dit, vulgarise (dans le bon sens du terme) à merveille dans la discussion les idées de Levinas. Dans la foulée sortait dans toutes les bonnes librairies cet ouvrage : Pour comprendre Levinas. Une philosophie pour notre temps (23 janvier 2020). Bien entendu, nous nous sommes procuré le livre — c’était avant d’être confiné-e-s —, sûr-e-s d’y trouver une nouvelle fois un travail philosophique de grande profondeur et qualité. Nous n’avons pas été déçu-e-s.

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L’HOMO-HÉGÉMONIE COMME AUTONOMIE À BRISER — BIOÉTHIQUE ET LIBÉRATION ANIMALE COMME DESIGN — DEPUIS UN ESSAI DE CORINE PELLUCHON

L’HOMO-HÉGÉMONIE COMME AUTONOMIE À BRISER —  DESIGN (DASEIN) DEPUIS UN ESSAI DE CORINE PELLUCHON

 

 

Du biopouvoir : « Cette responsabilité doit-elle s’étendre aux êtres
qui n’ont pas de visages et aux animaux ? »
p.14 in L’autonomie brisée (bioéthique et philosophie) — Puf

 

 

De la vulnérabilité : « Celle-ci n’abolit pas le sujet, mais elle implique une modification de notre rapport personnel aux autres et à la nature. »
p.27 in Éléments pour une éthique de la vulnérabilité — Cerf

 

 

De l’humain sans réciproque : « […] les bêtes ont-elles l’obligation de nous nourrir ? »
p.187 in Les Nourritures — Seuil

 

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   À la lecture de la philosophe Corine Pelluchon de ces dernières années, on pourrait presque formuler dans l’urgence de la tragédie humaine et avec elle de tout le vivant la sentence socratesque que voici : « Nourris-toi toi-même ! »

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INTERBEV OU D’UNE ÉDUCATION LAÏQUE RÉPUBLICAINE DONC VÉGÉTARIENNE — AVEC DEUX LIVRES BIOHISTORIQUES : « LA RÉVOLUTION VÉGÉTARIENNE » DE THOMAS LEPELTIER & « L’ANIMAL EN RÉPUBLIQUE » DE PIERRE SERNA

INTERBEV OU UNE RÉPUBLIQUE LAÏQUE VÉGÉTARIENNE — AVEC « LA RÉVOLUTION VÉGÉTARIENNE » DE THOMAS LEPELTIER & « L’ANIMAL EN RÉPUBLIQUE » DE PIERRE SERNA

 

« Et qui prendraient souvent un très vif intérêt à ces automates merveilleux, dont la plupart expriment si parfaitement le désir, le regret, la fidélité, l’intelligence et presque toutes les affections de l’âme. […] Tant qu’on ne pourra contester aux animaux le sens de l’ouïe, de l’odorat et de la vue, on sera toujours forcé de leur accorder au moins une âme sensitive.»
par L. R. H. de Lons-le-Saunier — dissertation, 1802

 

« La sottise, l’erreur, le péché, la lésine,
Occupent nos esprits et travaillent nos corps,
Et nous alimentons nos aimables remords,
Comme les mendiants nourrissent leur vermine. »
Au Lecteur, in Les Fleurs du Mal — Charles Baudelaire, 1857

 

« Maintenant je peux vous observer en paix : je ne vous mange plus. »
aurait déclaré Franz Kafka en regardant des poissons dans un aquarium

 

   Dans le temps la France, bah… c’était un peu ça :
bovin-moyen-age
   La République française ? ça aussi :

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VÉGANOSOPHIA — ÉCOLOGIE : ÉCONOMIE DU VIVANT ET NORMATIVITÉ (PARTIE V)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — ÉCOLOGIE : ÉCONOMIE DU VIVANT ET NORMATIVITÉ

 

 

   6) Normativité : économie du vivant :
   Face à l’amuïssement du monde naturel — qui est littéralement un enfouissement de celui-ci sous l’encombrement de la civilisation humaine, il est notable qu’on assiste comme impuissants à l’édification d’une structuration monospéciste, sorte de haut-château entre cloaque et tour astronomique, sauf que l’Homme se cherche dans le miroir du ciel et que rien ne vient en écho à CETI. Non pas qu’on n’ait pas des espérances stellaires (pourvu qu’on ne traite pas les autres mondes comme des Amériques), encore faudrait-il juste que nos prétentions aux grands voyages s’établissent sur la bases d’une Terre saine, libre, joyeuse, vivante. Hélas tel n’est pas le cas et nous assistons à l’enterrement du monde qui nous a fait naître bien qu’il soit notre mondevécu, comme dit A. Gorz. Le nôtre assurément mais pas notre propriété : nous en avons seulement l’usufruit. Lire la suite