« JE MANGE DONC JE SUIS » AU MUSÉE DE L’HOMME — UNE EXPO (PAS) TRÈS CARTÉSIENNE

« JE MANGE DONC JE SUIS » AU MUSÉE DE L’HOMME
   Aujourd’hui nous sommes allé-e-s voir l’exposition « Je mange donc je suis » qui se tient au Musée de l’Homme à Paris jusqu’au 31 août. Si Christophe Lavelle, commissaire scientifique de l’exposition peut à la fois dire qu’au départ, nous avions même prévu d’avoir le prêt de la robe en viande de Beaubourg. Mais on nous a dit qu’on allait trop loin dans la provocation, et qu’on risquait de voir débarquer les végans (source) et qu’il faut végétaliser et biodiversifier nos assiettes, pour notre santé et pour l’environnement (source), des véganes sont bien venu-e-s et ils ont trouvé cette exposition plutôt intéressante.

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PRENEZ EN DE LA GURREN ! — ET LES ANIMAUX ALORS ? — BELLA CIAO

PRENEZ EN DE LA GURREN ! — ET LES ANIMAUX ALORS ?

 

« (des Stoïciens) Particulièrement l’animal n’est pas autant que l’homme, tout au moins, lié au feu cosmique, au pur technikon, à ce feu artisan qui découpe toutes les choses, qui les assemble et qui leur donne une signification. »
p.57 in Deux leçons sur l’animal et l’homme, Gilbert Simondon (2004)

 

« Nous apprécions l’intelligence des animaux dans la mesure où ceux-ci se laissent dominer par nous. »
p.14 in Mémoires d’un rat, Andrzej Zaniewski (1993)

 

« Dans ce grand enchaînement des causes et des effets, aucun fait ne peut être considéré isolément. »
p.29 in L’invention de la nature. Les aventures d’Alexander von Humboldt, Andrea Wulf (2015)

 

 

   Jamais on aurait cru que Gurren Vegan, devenu sans qu’on s’en aperçoive — parce qu’on ne le suivait plus depuis belle lurette — Gurren Meta, deviendrait un ennemi de la cause animale, un anti-végane, un anti-antispéciste, un végano-sceptique à sa sauce, un supervilain, un sycophante de première (non c’est pas le nom d’un insecte), tellement qu’on le sentait investi le mec. Lire la suite

« HABITER LE TROUBLE AVEC DONNA HARAWAY (COLLECTIF) » — UNE LECTURE DE L’INCERTITUDE DE PRINCIPE COMME ALIBI À L’INACTION

« HABITER LE TROUBLE AVEC DONNA HARAWAY (COLLECTIF) » — DE L’INCERTITUDE À L’INACTION

 

 

« Nous ne pouvons fonctionner en tant qu’acteurs humains que si nous avons une idée de là où nous devons aller et de ce qui constitue une vie bonne et riche de sens. »
(Charles Taylor) cité p.69 in Aliénation et accélération, Harmut Rosa

 

 

« Les humains ont envahi le monde, construit des routes, abattu des forêts, massacré les autres bêtes. Bientôt nous les verrons aussi prendre possession de nos falaises avec leurs fusils et leurs visages pâles. Ils se sont approprié l’une après l’autre toutes ces choses qui rendaient ce monde agréable, et ils ne s’arrêtent jamais, ils courent, ils courent sans cesse de-ci de-là, on pourrait croire qu’ils se sentent poursuivis. Qui peut savoir pourquoi ils s’acharnent à tant courir ? Comme s’ils cherchaient à ne pas se laisser rejoindre par la mort. »
pp.126-127 in « Les aigles » dans Bestiaire magique, Dino Buzzati (1951)

 

 

« La Terre est pleine de réfugiés sans refuges, humains ou pas. »
(Donna Haraway) citée p.55 in « Des cyborgs au Chtulucène », Florence Caeymaex

 

 

 

   La première fois que nous avons entendu parler de Donna Haraway, c’était en juin 2015 par le philosophe Patrick Llored lors qu’une journée organisée par Lucille Peget. L’enseignant, en fidèle derridien, avait alors vanté le travail de déconstruction intellectuelle et pratique (entre exis et praxis) mis en œuvre, dans tous les sens du terme, par Donna Haraway. Pour lui, l’éthique développée par la biologiste se situait sur un autre plan que le seul antispécisme, Haraway posant des questions primordiales sur le propre de l’humain et à même de destituer ce dernier du piédestal qu’il s’est jusqu’ici fabriqué et consacré. Ce que nous avons en commun avec les animaux, dans la zoo-socio-philosophie d’Haraway, doit nous amener à nous recentrer sur ce qui accorde au monde la diversité, de la même façon que le concept « SF » de cyborg aura pu ravir au machisme une pensée pour l’autre-[qu’]humain dans l’espace et le temps et éclairer d’une manière nouvelle la pensée féministe des années 1980. On notait à peu près à la même époque  (2015) ce que le philosophe écrivait de Donna Haraway dans un texte publié dans la revue Histoire de la recherche contemporaine (tome IV, p.53, 2015), comme quoi cette autrice déplace toute la réflexion par le biais d’une hétéronomie radicale qui subvertit l’opposition métaphysique qui guide encore en profondeur notre concept de l’animalité (nature ≠ culture). Il semble assez évident que Donna Haraway produit quelque chose de majeur propre à déstabiliser les intelligentsias (même celles ayant, comme chez Paul Ariès, l’air d’être en marge des habitus les plus ancrés), et qu’une partie du milieu universitaire, de par le monde, salue Haraway et son « travail » tel un futur antérieur (et) présentifié. Ainsi de Aurélie Choné et Catherine Repussard dans la revue des Recherches germaniques (hors-série n°10, 2015) pour qui Within the scholarly field of Human-Animal-Studies, it is probably Donna Haraway who is the most influential advocate of a posthumanist stance (p.89). Un post-humanisme qui ne cherche pas à tout crin à technologiser le monde et ses êtres, mais bien plutôt à se réinventer humain-e-s (voire : humanimales). Si les idées de départ et ensuite, chez Haraway, sont toujours séduisantes, nous voulons ici dire pourquoi, quant à la question animale qui nous intéresse, elles nous paraissent dans l’accueil et le traitement réflexif et pratico-pratique qui en sont faits par ses épigones (de Isabelle Stengers à Vinciane Despret et tout un courant de penseur-ses passionant-e-s par ailleurs), tout à fait inadéquates et sans conséquences positives — donc assez consensuelles et conservatrices, et inutiles — pour la cause des animaux. Nous sommes certain-e-s d’avoir été trouble-é-s certes, mais pas pour les bonnes raisons.

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A FINAL COUNTDOWN ? — LECTURE DE « L’EUROPE DES ANIMAUX » DE PASCAL DURAND ET CHRISTOPHE MARIE  — OU LA DERNIÈRE LECTURE AVANT LA FIN DU MONDE

« L’EUROPE DES ANIMAUX » DE PASCAL DURAND ET CHRISTOPHE MARIE  — OU LA DERNIÈRE LECTURE AVANT LA FIN DU MONDE

 

« […] un jour peut-être les hommes retourneront à la barbarie, un jour la Terre ne sera plus qu’une planète glacée. Dans cette perspective, tous les moments se confondent dans l’indistinction du néant et de l’être. »
p.149 in Pour une morale de l’ambiguïté, Simone de Beauvoir (1947)

 

 « […] la conscience du bien et du mal, n’établit pas, relativement à la moralité, une différence essentielle entre l’homme et les bêtes. »
Pierre-Joseph Proudhon in Qu’est-ce que la propriété ? (1840) cité in Anarchisme et cause animale, p.38 — Philippe Pelletier (2015)

 

« Mais derrière la brillante façade du cirque, ses lumières, ses musiques, ses couleurs et ses paillettes, il y a une réalité sordide : les cages. »
p.250 in Le propre de l’homme, Robert Merle (1989)

 

 

   Alors qu’approchent désormais à grands pas les élections européennes, vient de paraître à la très engagée maison d’édition Alma un ouvrage qui tranche un peu dans le paysage littéraire animaliste, il s’agit de L’Europe des animaux. Utiliser le levier politique européen pour la cause animale de l’eurodéputé écologiste Pascal Durand et de Christophe Marie, porte-parole de la Fondation Brigitte Bardot. Tous deux nous exposent pourquoi il est important de soutenir le projet européen dans ce qu’il est capable d’engendrer de positif pour la cause animale — et ce intimement lié à un projet social humain dans la droite ligne de l’idée de progrès moral. Alors au lieu de lire le catastrophiste par défaut Plus grand défi de l’histoire de l’humanité d’Aurélien Barrau, notre dernier bouquin avant le grand effondrement ce sera peut-être bien celui de P. Durand et C. Marie. On fera du feu avec pour faire cuire notre soupe de pissenlits radioactive pendant que les humains se boufferont entre eux.

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À LA LIGNE — PROSE POÉTIQUE PAR INTÉRIM — POUR JOSEPH PONTHUS

POUR JOSEPH PONTHUS — À LA LIGNE

 

 

« Le pré est vénéneux mais joli en automne
Les vaches y paissant
Lentement s’empoisonnent »
in Les colchiques – « Alcools », Guillaume Apollinaire (1913)

 

 

Quelques mots pêchés ci et là
parce qu’il ne faut pas mourir idiot comme on dit
Aller à la ligne
sans pontifier
Ponthus J.
Sans ponctuation
Peut pas vivre d’écrire
Plus dans le social non plus
Quoi d’autre que la chaîne en Bretagne
que trier des trucs morts en usant son propre corps
n’y mettre du cœur qu’en attendant l’heure enfin
de la fin de journée Lire la suite

MICRO-CHRONIQUE — MURIEL DE RENGERVÉ — UN TRIPTYQUE AVEC ALTERNATIVES VÉGÉTARIENNES ET RADIO PAROLE D’ANIMAUX

MICRO-CHRONIQUE — MURIEL DE RENGERVÉ
   Trois façons d’aborder un essai.
   Pour cette romancière que nous avons découvert tout récemment dans son dernier essai littéraire, il est grand temps que nous apprenions à reconnaître que « le sang de l’agneau ou la vache que l’homme tue a la même couleur que celui de nos enfants ou de nos frères. »
   Partie vivre hors Paris, à Q* dit-elle, en Bretagne, la voilà allant à la rencontre de celles et ceux que l’usine-Moloch comme elle l’appelle, avale tous les jours afin qu’ils y digèrent avec elle toutes ces bêtes qu’ils n’ont bien souvent que guère, voire jamais les moyens de s’offrir. Ils entrent dès trois ou quatre heure du matin dans « […] ce bâtiment que les uns appellent le cauchemar où les autres pénètrent la boule au ventre […] ».

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VÉGANOSOPHIA — BIORÉSISTANCES. PHILOZOOPHIES DES RÉVOLTES PARASITAIRES OU SYMBIOTIQUES (PARTIE V)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — BIORÉSISTANCES
PHILOZOOPHIES DES RÉVOLTES PARASITAIRES OU SYMBIOTIQUES

 

   8) L’union et la force :
   On pourrait revenir un instant sur ce qui a fait les gros titres des journaux TV ou sur le web durant quelques semaines, et notamment en France et en Suisse. On veut parler des vitrines de commerces spécistes (carnistes). En réalité rien ne dit que chacun de ces actes ait été le fait d’antispécistes de manière certaine. Il faut se méfier, dans une société si complexe, des individus agissant dans l’ombre n’ayant d’autres revendications que quelques « invectives » ou « insultes » peintes sur des murs. Ainsi, concernant la lutte écologiste en Allemagne dans les années 80, G. Anders expliquait qu’il existait déjà des procédés qu’on peut appeler de « réalisation » (dans le sens de rendre réel) assez bien maîtrisés par le biopouvoir : « En produisant ces prétendus casseurs, on produit l’image des ennemis que l’on combat, des ennemis qui doivent être haïs par le public de la télévision […] » (La violence : oui ou non… p.124). Et à la fin, que ces actes soient le produit de factions antispécistes locales ou de groupuscules opposés à la libération animale et cherchant à discréditer le mouvement, il faut s’interroger sur leur portée dans la conscience collective, surtout à l’heure où les médias sont un filtre grossissant et parfois déformant donnant au public l’impression que dehors c’est la guerre, qu’il y a des extrémistes partout, de toutes sortes, qu’il faut se cacher dans le tout sécuritaire. Éteignez vos télés ! Faites le tri dans les informations que vous recevez via internet et les réseaux sociaux. Lire la suite

VÉGANOSOPHIA — BIORÉSISTANCES. PHILOZOOPHIES DES RÉVOLTES PARASITAIRES OU SYMBIOTIQUES (PARTIE III)

 VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — BIORÉSISTANCES
PHILOZOOPHIES DES RÉVOLTES PARASITAIRES OU SYMBIOTIQUES

 

 

   (4) Animals Revolution, suite : )
   On pourrait dès lors objecter à ces animalistes « farouches » engendrant un certain type de discours catégorique et jetant le discrédit sur l’engagement des « autres » jugé trop consensuel, trop politiquement correct (quand on ne traite pas de welfaristes des abolitionnistes ayant compris que le carnisme ne disparaîtra pas en un jour) qu’il y a peut-être dans ces comportements un complexe de supériorité prenant sa source dans des tréfonds personnels qui n’ont rien à apporter de bon aux animaux car hélas 1) les animaux n’ont que faire des querelles d’ego des humain-e-s et 2) au demeurant ces tentatives de moquerie et d’intimidation n’inciteront jamais à ce que les réprouvé-e-s rejoignent cette branche « élitiste » du mouvement, puis enfin 3) sur le web ces disputes doivent avoir l’air assez surréalistes pour les carnistes en étant spectateurs hasardeux ou… malicieux (il y a un voyeurisme carniste, une surveillance multiple sur les réseaux sociaux). Lorsqu’une association remarquable pour ses actions courageuses déclare : « On ne lutte pas pour la libération animale en « véganisant » les grandes marques de l’agro-alimentaire […] ni en collaborant avec […] l’injustice sociale : l’État et les industries ; on lutte en co-résistant avec les opprimé.e.s, en bloquant le système de production et en devenant une menace pour l’ordre spéciste.[1] », force est de constater l’incomplétude de la formule, de la même manière que si l’on disait : « On ne lutte pas pour la libération animale en freinant les journées de travail des abattoirs et forçant ainsi les cadences à reprendre plus tard plus vite et plus douloureusement pour les animaux et péniblement pour les employés, ou en brisant toutes les vitrines des boucheries en permettant aux exploiteurs des animaux de passer pour des victimes dont on sape le sacro-saint travail et d’inciter l’État à plus de répressions sur les véganes/antispécistes, puis en risquant de tou-te-s êtres fiché-e-s comme bioterroristes payant de fortes amendes ou finissant en prison, mais simplement en véganisant les offres de produits de consommation classiques et en soumettant des amendements en croisant les doigts pour qu’ils soient votés… » — on voit bien, on le constate depuis qu’elles existent, les méthodes de l’action directe ont une importance et une efficacité sur le plan politique pur par le prisme de la détermination du mouvement les pratiquant, la communiquant auprès du grand public via les médias. Mais pas plus la seule « véganisation » des produits manufacturés ni seulement les actions directes ne valent pour accélérer et fortifier l’entendement commun à la cause animale. Quel intérêt que dans le camp des défenseurs des animaux il y ait des détracteurs, une bien-pensance et de telles postures ? Par ailleurs, on a beau jeu de faire référence à des figures historiques comme Malcolm X, que vaut la parole — et par-là la pensée — de celle ou celui qui dénigre l’engagement et le travail de ses pairs ; […] peut-on dénoncer ce que l’on refait — même sous forme fictionnelle — sans tomber dans un certain impérialisme qui opposerait toujours des communautés divisées ?[2] demande-t-on à la suite d’Hélène Singer. Peut-on révolutionner un milieu en soi révolutionnaire ? Doit-on, dans le cadre de la condition animale, rejouer les mêmes actes que dans les diverses libérations humaines ? Le terme de co-résistance est certes recevable, encore que rares sont les animaux vraiment en mesure de pouvoir résister. Pour Yves Bonnardel aussi les animaux tentent de résister aux mauvais traitements qui leur sont infligés, mais ils n’ont bien évidemment pas la capacité de s’exprimer ou de s’organiser comme peuvent le faire des esclaves humains[3]. Le mot de biorésistance nous semble plus approprié. Et c’est en vertu qu’à l’ère du grand merchandising les figures révolutionnaires elles-mêmes sont devenues des objets publicitaires et de consommation, où tout est propice au spectaculaire, aux spéculations, qu’on devra se pencher sur la question des luttes internes au mouvement de libération animale comme symptomatique de la frustration à émerger sans se départir d’une attitude tutélaire en son sein propre comme vis-à-vis du monde extérieur qu’il reste à convaincre. Guy Debord n’avait pas tort en 1967 lorsqu’il affirmait que la théorie révolutionnaire est maintenant ennemie de toute idéologie révolutionnaire, et elle sait qu’elle l’est[4].

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LES VACHERIES DE FINKIE EN MACRONIE ? — BREF TOPO SUR « DES ANIMAUX ET DES HOMMES » SOUS LA DIRECTION D’ALAIN FINKIELKRAUT — MINORITY PRETOR

MINORITY PRETOR — LES VACHERIES DE FINKIE EN MACRONIE ? — SUR « DES ANIMAUX ET DES HOMMES » — ALAIN FINKIELKRAUT

 

« Elle n’est à personne, cette souris. J’lai pas volée. J’l’ai trouvée morte sur le bord de la route. »
in Des souris et des hommes, John Steinbeck (1937)

 

« La radio n’a pas rendu les hommes plus sots. Mais la bêtise est plus sonore. »
Jean Rostand

 

 

   À l’heure où la gouvernance annonce fièrement que six personnes ont été arrêtées dans la région lilloise dans l’affaire des vitrines de commerces spécistes vandalisées, six personnes retrouvées après une minutieuse enquête d’après des traces ADN, on ne peut que saluer l’excellence de nos experts et autres profilers.
   Bientôt il suffira que vous ayez eu un malencontreux éternuement dans la rue pour qu’on renifle jusqu’à vous. Voilà l’ultime progrès avant l’avènement d’une société effrayante où l’on abusera des pouvoirs précognitifs de pauvres diables pour deviner qui vous deviendrez (Sarkozy en rêvait), ou plus vraisemblablement de la puissance de calcul de l’intelligence artificielle, et pas besoin d’être Kasparov pour être échec et mat, le tout-venant aura sa propre surveillance ; ayez simplement le tort d’avoir émis une toute petite pensée de rien du tout comme, par exemple, qu’il aurait été plus drôle de jeter des ampoules puantes de farces et attrapes sur les boucheries et les poissonneries plutôt que de casseurs cailloux et autres choux, poux, joujoux et je nous épargne toute la liste, pour enrayer la mécanique carniste en bout de chaîne, et vous serez pris, ficelés comme des gigots, cuits à point qui l’eut cru ? — avant même, allez savoir, d’avoir eu l’idée d’avoir une idée de réfléchir à des idées antispécistes…

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— BESTIART — EPISODE 4 — LE LAPIN

— BESTIART —

Les Animaux dans l’Art
  « BestiArt, c’est une série culturelle basée sur la représentation animale en art. Une façon de mettre en avant des artistes et leurs œuvres choisies, tout en proposant une réflexion libre sur celles-ci, à l’intérieur d’un questionnement sur le rapport que l’humain entretient avec les animaux. Chaque épisode aura sa thématique, à savoir : un animal en particulier. »
K&M