À LA LIGNE — PROSE POÉTIQUE PAR INTÉRIM — POUR JOSEPH PONTHUS

POUR JOSEPH PONTHUS — À LA LIGNE

 

 

« Le pré est vénéneux mais joli en automne
Les vaches y paissant
Lentement s’empoisonnent »
in Les colchiques – « Alcools », Guillaume Apollinaire (1913)

 

 

Quelques mots pêchés ci et là
parce qu’il ne faut pas mourir idiot comme on dit
Aller à la ligne
sans pontifier
Ponthus J.
Sans ponctuation
Peut pas vivre d’écrire
Plus dans le social non plus
Quoi d’autre que la chaîne en Bretagne
que trier des trucs morts en usant son propre corps
n’y mettre du cœur qu’en attendant l’heure enfin
de la fin de journée Lire la suite

FOIN D’ICARE AU PLANCHER DES VACHES — UN VISIONNAGE DE « PETIT PAYSAN » D’HUBERT CHARUEL — PSYCHOSE AGRICOLE

VISIONNAGE DE « PETIT PAYSAN » D’HUBERT CHARUEL — PSYCHOSE AGRICOLE

 

 

« Tout le fantastique est rupture de l’ordre reconnu, irruption de l’inadmissible au sein de l’inaltérable légalité quotidienne. »
Au cœur du fantastique, Roger Caillois (1965)

 

 

   Flash back. Paris, le samedi 26 août 2017. Nous sommes un certain nombre marchant dans les rues lors de la manifestation annuelle de la Journée pour la fin spécisme. À une intersection de rues, non loin de la place du Centre Pompidou, des militant-e-s collent de grandes banderoles dans le style de celles qui balisent les scènes de crime, dénonçant le spécisme, notamment sur l’affiche d’un film qui sortira alors la semaine suivante : Petit paysan d’Hubert Charuel.
   À ce moment-là, dans l’effervescence, on ne peut qu’être d’accord. Et puis ces manifestant-e-s qui huent, déroulent et collent leurs banderoles sont sans doute bien mieux informé-e-s que nous. Encore, très certainement, un énième objet cinématographique faisant l’apologie de l’exploitation animale cachée dans l’idyllique idée de l’élevage traditionnel avec ce pauvre paysan qui aime ses bêtes, autant vivantes que bien cuisinées et qui fait tellement pour le reste de l’humanité, travaille pour le bien commun, vit son sacerdoce, sa mission : nourrir ses congénères. Encore un truc pour vous la faire à l’envers, en mode welfare
   Eh bien on a vu le film (en VOD), et ça n’est pas du tout ça, mais alors pas du tout…

Lire la suite

« STEAK MACHINE » — GET UP — GET ON UP — STAY ON OBSCENE… — GEOFFREY LE GUILCHER

« STEAK MACHINE » — GEOFFREY LE GUILCHER

 

« Plus on nous fait travailler, plus on se sent de la merde,
plus on se sent de la merde, plus on se laisse écraser. »
[…]
« Aujourd’hui on est considéré pour rien socialement
quand on ne travaille pas, même vis-à-vis des gens qu’on connaît. »
Le quai de Ouistreham — Florence Aubenas, 2010

 

steak-machine                                                                                                                                                                                                      Était-il vraiment bien la peine qu’on vous parle de Steak Machine ? Non mais vous avez vu ce battage médiatique ?! À coup sûr super publicité garantie pour cette toute jeune maison d’édition, les éditions Goutte d’Or. Les animaux ça se mange encore paraît-il — on essaie d’oublier notre ogresque passé — mais quand bien même que non ça fait vendre.
   Et le journaliste auteur de ce fulgurant succès de librairie, Geoffrey Le Guilcher, intimidé et très attiré par l’idée de son éditrice, d’écrire une sorte de « Eureka » à la pointe de l’actu : « Le voilà mon sujet. Allons voir si ces usines à viandes ont enfanté des hommes-monstres. » (op. cit., p.10)

Lire la suite