PRENEZ EN DE LA GURREN ! — ET LES ANIMAUX ALORS ? — BELLA CIAO

PRENEZ EN DE LA GURREN ! — ET LES ANIMAUX ALORS ?

 

« (des Stoïciens) Particulièrement l’animal n’est pas autant que l’homme, tout au moins, lié au feu cosmique, au pur technikon, à ce feu artisan qui découpe toutes les choses, qui les assemble et qui leur donne une signification. »
p.57 in Deux leçons sur l’animal et l’homme, Gilbert Simondon (2004)

 

« Nous apprécions l’intelligence des animaux dans la mesure où ceux-ci se laissent dominer par nous. »
p.14 in Mémoires d’un rat, Andrzej Zaniewski (1993)

 

« Dans ce grand enchaînement des causes et des effets, aucun fait ne peut être considéré isolément. »
p.29 in L’invention de la nature. Les aventures d’Alexander von Humboldt, Andrea Wulf (2015)

 

 

   Jamais on aurait cru que Gurren Vegan, devenu sans qu’on s’en aperçoive — parce qu’on ne le suivait plus depuis belle lurette — Gurren Meta, deviendrait un ennemi de la cause animale, un anti-végane, un anti-antispéciste, un végano-sceptique à sa sauce, un supervilain, un sycophante de première (non c’est pas le nom d’un insecte), tellement qu’on le sentait investi le mec. Lire la suite

« ZOOPOLIS » — VERS UNE NOUVELLE RÉVOLUTION ? — AUTOUR DE LA POSTFACE DE CORINE PELLUCHON À L’ESSAI DE S. DONALDSON & W. KYMLICKA TRADUIT EN FRANÇAIS

« ZOOPOLIS » — AUTOUR DE LA POSTFACE DE CORINE PELLUCHON À L’ESSAI DE S. DONALDSON & W. KYMLICKA

 

« […] l’homme est par nature un animal politique, et que celui qui est hors cité […] est soit un être dégradé soit un être surhumain […]. »
Aristote, Politiques, I, 2

 

« Étant donné l’intelligence des éléphants dans d’autres domaines,
nous avons toutes les raisons de penser que la société des pachydermes
est aussi complexe que celles d’autres animaux politiques. »
p.260 in Sommes-nous trop « bêtes »pour comprendre l’intelligence des animaux ?
Frans de Waal

 

« Aimer Zoopolis le livre ne veut en rien dire non plus
être béat devant ce chef-d’œuvre mais au contraire, en tant que grand texte,
le déconstruire en profondeur car lui aussi contient de sacrées illusions humanistes ! »
Patrick Llored — (présentation sur Facebook)

 

 

   Voilà des mois qu’on attendait la publication de l’essai de Sue Donaldson et Will Kymlicka dans la langue de Molière. Une attente un peu fébrile peut-être, désireux que nous sommes nous autres véganes, qu’avance la pensée française sur la question animale histoire de sortir de notre grande maladie imaginaire hexagonale — gastronomique ! — quant à la nécessité de consommer les animaux dans la fête somptuaire et crépusculaire des médiocrités idolâtres et industrielles. Une attente attisée par des conférences comme celle donnée sur le sujet par Florence Burgat et Estiva Reus.
zoopolis   C’est peut-être cela après tout l’utopie ? non pas vouloir la libération animale, mais croire qu’il existe une mort heureuse, consentie, durable dans son renouvellement, organisée selon la morale d’une exploitation légitime par nature (la fameuse tradition dans l’exception culturelle), où le bon peuple est désormais plutôt prêt à se réfugier dans des valeurs supposées d’antan, fantasme d’un monde originaire sain, sans danger, pur, autant spécieux et spéciste… un monde impossible — entendre : détestable — où s’effondrent ensemble dans ce non-lieu réalisé le no animal’s land en une sixième extinction de masse préparant le terrain pour l’ensevelissement final d’homo sapiens lui-même, par lui-même. Lire la suite