VÉGANOSOPHIA — BIORÉSISTANCES. PHILOZOOPHIES DES RÉVOLTES PARASITAIRES OU SYMBIOTIQUES (PARTIE VII)

— VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — BIORÉSISTANCES
PHILOZOOPHIES DES RÉVOLTES PARASITAIRES OU SYMBIOTIQUES

 

   12) Léviathan — des dieux et des bêtes :
   S’il n’y avait pas d’État, cela serait-il pire — pour les animaux ? À notre avis non, car la législation ne légifère que très peu pour les animaux (en leur faveur), et lorsqu’une personne ou un groupe de personnes franchit un certain seuil afin de libérer un ou plusieurs animaux du système qui l’asservit, l’on voit bien que l’État réagit au nom même des mécaniques carno-économiques qu’il défend. Mis à part l’argent et sa circulation, et la paix relative dans la société afin que les affaires tournent, à quoi sert l’État aujourd’hui : à se porter garant que Justice soit rendue ? Pour cela, il faudrait qu’en tant qu’appareil l’État ne soit plus à la merci de trusts industriels et que les gouvernants qui se succèdent aient une vision du monde à la fois plus holistique et zoocentrée, et aient une idée véritable du juste, pas seulement d’une morale démagogique, mais une éthique.

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L’HOMO-HÉGÉMONIE COMME AUTONOMIE À BRISER — BIOÉTHIQUE ET LIBÉRATION ANIMALE COMME DESIGN — DEPUIS UN ESSAI DE CORINE PELLUCHON

L’HOMO-HÉGÉMONIE COMME AUTONOMIE À BRISER —  DESIGN (DASEIN) DEPUIS UN ESSAI DE CORINE PELLUCHON

 

 

Du biopouvoir : « Cette responsabilité doit-elle s’étendre aux êtres
qui n’ont pas de visages et aux animaux ? »
p.14 in L’autonomie brisée (bioéthique et philosophie) — Puf

 

 

De la vulnérabilité : « Celle-ci n’abolit pas le sujet, mais elle implique une modification de notre rapport personnel aux autres et à la nature. »
p.27 in Éléments pour une éthique de la vulnérabilité — Cerf

 

 

De l’humain sans réciproque : « […] les bêtes ont-elles l’obligation de nous nourrir ? »
p.187 in Les Nourritures — Seuil

 

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   À la lecture de la philosophe Corine Pelluchon de ces dernières années, on pourrait presque formuler dans l’urgence de la tragédie humaine et avec elle de tout le vivant la sentence socratesque que voici : « Nourris-toi toi-même ! »

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HOMO ANIMALI LUPUS EST ? — EMPATHIE(S) — INTROPATHIE(S) — PROPOSITION (POST)-HUMANISTE

 HOMO ANIMALI LUPUS EST ? — PROPOSITION (POST)-HUMANISTE
 « Peut-on conserver pendant des générations des comportements contre nature, comme un banc de piranhas qui se convertiraient au végétarisme ? » (p.51)

Henri Atlan

 I
Ne pas crier au loup
   La lecture de l’opuscule LES FRONTIÈRES DE L’HUMAIN de Henri Atlan donne à réfléchir. Il faut voir, c’est-à-dire reconnaître, que les anciennes classifications ont perdu leur pertinence (p.8)[1] parce que les champs d’études menées tant sur le comportement animal que sur celui de l’Homme démontrent qu’on ne peut plus penser en termes réducteurs et restrictifs : l’humain d’un côté, l’animal de l’autre. Moult travaux nous font voir que l’ancienne frontière qui autrefois — il n’y a pas si longtemps — hissait l’humain en être supérieur doué de divinité et de plus faisait de chaque être, objet ou chose en propre totalement des « autres », n’existe pas. Ainsi, comme l’écrit Henri Atlan : « C’est l’Homme système fermé et autarcique qui a disparu. C’est l’image de l’Homme, origine et fin de toutes choses, qui avait en effet nourri un certain humanisme au XIXe et XXe siècles, qui éclate aujourd’hui de tous côtés. » (pp.16-17).
atlan   Cela ne signifie pas pour autant une régression. On peut tout à fait y voir un grand progrès, en premier lieu duquel apparaissent non plus donc des frontières, mais des espaces intercalaires flous, plutôt des porosités, comme autant d’espaces-limites au sens où tout glisse, se meut, se mélange, se sépare, s’enrichit, se participe, se crée et se détruit, etc., avec ce qui s’y anticipe et ce qui est inattendu. Il n’y a pas de perte de dignité humaine à éprouver de la compassion pour des êtres vivants sensibles autres qu’humains[2]. On peut avoir en plus de l’estime de soi et de la satisfaction personnelle, des sentiments autres ou similaires procurés par des individualités non-humaines. Encore que ; qu’elle est la part d’humain chez le singe et qu’elle est celle de primate chez l’homme ? Si je viens en aide à un animal et qu’il me témoigne de quelque façon de la reconnaissance et me donne de l’affection, en quoi cela revêtirait-il moins d’importance, de sincérité, bref en quoi cela aurait-il moins de valeur, que si je le fais pour un semblable dont je bénéficie en retour de cette reconnaissance ? Lire la suite

SUR « LES NOURRITURES » – FLORAISON DE LA POLITIQUE HÉDONISTE DE CORINE PELLUCHON

FLORAISON DE LA POLITIQUE HÉDONISTE DE CORINE PELLUCHON
    Si vous n’êtes pas habitué au langage philosophique n’ayez crainte. Précis, bien documenté, accessible, cet essai est un must du genre en faveur d’un hédonisme renouvelé, d’un humanisme rayonnant ses meilleures valeurs éthiques comme un soleil éclairant toutes formes de vies.
LES NOURRITURES de C. Pelluchon   Au niveau du militantisme, de l’engagement citoyen dans la société, la littérature végane ne regorge pas que d’excellents livres de cuisine. Même si ces derniers nous mettent en appétit tellement la cuisine végétalienne s’avère riche de saveurs, de couleurs, de précieux mariages d’aliments souvent bios, issus du Fairtrade, et dont la conformité à la physiologie humaine est idéale pour se maintenir en vie et en bonne santé, les lectures militantes sont aussi des écrits engagés qui dénoncent et démontent les aspects malheureux de l’exploitation animale et dans le même temps décombinent les engrenages complexes reliant la misère animale à la misère humaine.
   C’est dans ce sens qu’ont travaillé des gens comme Gary L. Francione, Tom Regan, Jane Goodall, etc., tous défenseurs de la cause animale dans tous ses états. En France, on a lu ces dernières années des textes très virulents et renseignés comme ceux de Fabrice Nicolino (Bidoche), ou récemment Aymeric Caron (No steak), ou encore d’un point de vue historico-philosophique l’essai d’Elisabeth de Fontenay (Le Silence des Bêtes). Bêtes Humaines et Cosmos ont attiré notre attention en ce début d’année 2015, ou bien l’incisif La Cause des Animaux de Florence Burgat. Mais qui aura proposé de regarder vers un futur – qu’on souhaite le plus proche possible – construit en vertu d’un engagement humaniste du vivant par le prisme d’une phénoménologie ? et qui plus est : une phénoménologie des nourritures, du « vivre de », savoir : une philosophie politique mûrement réfléchie ? Corine Pelluchon l’a fait.
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