A FINAL COUNTDOWN ? — LECTURE DE « L’EUROPE DES ANIMAUX » DE PASCAL DURAND ET CHRISTOPHE MARIE  — OU LA DERNIÈRE LECTURE AVANT LA FIN DU MONDE

« L’EUROPE DES ANIMAUX » DE PASCAL DURAND ET CHRISTOPHE MARIE  — OU LA DERNIÈRE LECTURE AVANT LA FIN DU MONDE

 

« […] un jour peut-être les hommes retourneront à la barbarie, un jour la Terre ne sera plus qu’une planète glacée. Dans cette perspective, tous les moments se confondent dans l’indistinction du néant et de l’être. »
p.149 in Pour une morale de l’ambiguïté, Simone de Beauvoir (1947)

 

 « […] la conscience du bien et du mal, n’établit pas, relativement à la moralité, une différence essentielle entre l’homme et les bêtes. »
Pierre-Joseph Proudhon in Qu’est-ce que la propriété ? (1840) cité in Anarchisme et cause animale, p.38 — Philippe Pelletier (2015)

 

« Mais derrière la brillante façade du cirque, ses lumières, ses musiques, ses couleurs et ses paillettes, il y a une réalité sordide : les cages. »
p.250 in Le propre de l’homme, Robert Merle (1989)

 

 

   Alors qu’approchent désormais à grands pas les élections européennes, vient de paraître à la très engagée maison d’édition Alma un ouvrage qui tranche un peu dans le paysage littéraire animaliste, il s’agit de L’Europe des animaux. Utiliser le levier politique européen pour la cause animale de l’eurodéputé écologiste Pascal Durand et de Christophe Marie, porte-parole de la Fondation Brigitte Bardot. Tous deux nous exposent pourquoi il est important de soutenir le projet européen dans ce qu’il est capable d’engendrer de positif pour la cause animale — et ce intimement lié à un projet social humain dans la droite ligne de l’idée de progrès moral. Alors au lieu de lire le catastrophiste par défaut Plus grand défi de l’histoire de l’humanité d’Aurélien Barrau, notre dernier bouquin avant le grand effondrement ce sera peut-être bien celui de P. Durand et C. Marie. On fera du feu avec pour faire cuire notre soupe de pissenlits radioactive pendant que les humains se boufferont entre eux.

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DU CULTE DE LA VIANDE À LA VIANDE DE CULTURE — UNE LECTURE DE « CLEAN MEAT » DE PAUL SHAPIRO — OU COMMENT MANGER SAGEMENT MONSIEUR LE PRÉSIDENT

DU CULTE DE LA VIANDE À LA VIANDE DE CULTURE — UNE LECTURE DE « CLEAN MEAT » DE PAUL SHAPIRO

 

« Si quelqu’un est malheureux lorsqu’il y a un problème de bien-être animal, c’est l’éleveur le premier (…) C’est lui pleure quand un animal meurt. Ce n’est pas les gens qui sont dans des associations ou dans des bureaux. »
Emmanuel Macron au 71ème Congrès de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) — 2017

 

« Faudra-t-il attendre des crises majeures pour qu’enfin nous nous décidions à faire évoluer nos modes de vies ? »
p.208 in Guérir la Terre, nourrir les hommes — Perrine et Charles Hervé-Gruyer (2014)

 

« Tout se décide sur ce nexus entre la vastitude du pouvoir-être total et la finitude de l’horizon mortel. »
p.464  in La mémoire, l’histoire, l’oubli — Paul Ricœur (2003)

 

   Monsieur le Président,
   C’est un peu étrange de vous écrire par internet interposé. Assez curieux d’user d’une telle formule d’usage « Monsieur le Président ». Ça pourrait bien être n’importe qui. Comme il y a autant de chance — très peu — que vous lisiez ceci par ce biais que si l’on vous écrivait à l’Élysée où notre courrier serait implacablement filtré et possiblement détruit sans vous parvenir, autant resté-e-s dans le cadre de notre façon de militer. Car, Monsieur le Président, nous aussi sommes des citoyen-ne-s engagé-e-s, et nous œuvrons contre votre gouvernance. Nous défendons la dignité des animaux, et s’il est avéré que ça n’est pas votre cas, vous seriez bien inspiré d’entendre la raison végétarienne, celle qui s’éprend de compassion pour tous les êtres sensibles et conçoit depuis bien avant votre éphémère existence une biopolitique à mille lieues des aspirations court-termistes de votre gestion économico-matérialiste centrée sur l’argent, les dividendes, les profits, le dépôt-vente des institutions de l’État à des multinationales promptes au greenwashing et à la biodésertification.
   Il n’est point question de regarder de biais si oui ou non les cuisines de l’Élysée doivent satisfaire d’éventuels caprices gourmands de votre part de temps à autre, ou de geindre sur l’aménagement de la piscine de Madame. L’urgence est tout autre, c’est une éminence sans personne et bientôt sans sujets, si proche et plus forte que le rire jaune des gilets colériques. Tout ou presque tout — en tout cas l’essentiel, est contenu dans le terme de quoi nous allons vous entretenir : dans la viande.

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VÉGANOSOPHIA — BIORÉSISTANCES. PHILOZOOPHIES DES RÉVOLTES PARASITAIRES OU SYMBIOTIQUES (PARTIE III)

 VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — BIORÉSISTANCES
PHILOZOOPHIES DES RÉVOLTES PARASITAIRES OU SYMBIOTIQUES

 

 

   (4) Animals Revolution, suite : )
   On pourrait dès lors objecter à ces animalistes « farouches » engendrant un certain type de discours catégorique et jetant le discrédit sur l’engagement des « autres » jugé trop consensuel, trop politiquement correct (quand on ne traite pas de welfaristes des abolitionnistes ayant compris que le carnisme ne disparaîtra pas en un jour) qu’il y a peut-être dans ces comportements un complexe de supériorité prenant sa source dans des tréfonds personnels qui n’ont rien à apporter de bon aux animaux car hélas 1) les animaux n’ont que faire des querelles d’ego des humain-e-s et 2) au demeurant ces tentatives de moquerie et d’intimidation n’inciteront jamais à ce que les réprouvé-e-s rejoignent cette branche « élitiste » du mouvement, puis enfin 3) sur le web ces disputes doivent avoir l’air assez surréalistes pour les carnistes en étant spectateurs hasardeux ou… malicieux (il y a un voyeurisme carniste, une surveillance multiple sur les réseaux sociaux). Lorsqu’une association remarquable pour ses actions courageuses déclare : « On ne lutte pas pour la libération animale en « véganisant » les grandes marques de l’agro-alimentaire […] ni en collaborant avec […] l’injustice sociale : l’État et les industries ; on lutte en co-résistant avec les opprimé.e.s, en bloquant le système de production et en devenant une menace pour l’ordre spéciste.[1] », force est de constater l’incomplétude de la formule, de la même manière que si l’on disait : « On ne lutte pas pour la libération animale en freinant les journées de travail des abattoirs et forçant ainsi les cadences à reprendre plus tard plus vite et plus douloureusement pour les animaux et péniblement pour les employés, ou en brisant toutes les vitrines des boucheries en permettant aux exploiteurs des animaux de passer pour des victimes dont on sape le sacro-saint travail et d’inciter l’État à plus de répressions sur les véganes/antispécistes, puis en risquant de tou-te-s êtres fiché-e-s comme bioterroristes payant de fortes amendes ou finissant en prison, mais simplement en véganisant les offres de produits de consommation classiques et en soumettant des amendements en croisant les doigts pour qu’ils soient votés… » — on voit bien, on le constate depuis qu’elles existent, les méthodes de l’action directe ont une importance et une efficacité sur le plan politique pur par le prisme de la détermination du mouvement les pratiquant, la communiquant auprès du grand public via les médias. Mais pas plus la seule « véganisation » des produits manufacturés ni seulement les actions directes ne valent pour accélérer et fortifier l’entendement commun à la cause animale. Quel intérêt que dans le camp des défenseurs des animaux il y ait des détracteurs, une bien-pensance et de telles postures ? Par ailleurs, on a beau jeu de faire référence à des figures historiques comme Malcolm X, que vaut la parole — et par-là la pensée — de celle ou celui qui dénigre l’engagement et le travail de ses pairs ; […] peut-on dénoncer ce que l’on refait — même sous forme fictionnelle — sans tomber dans un certain impérialisme qui opposerait toujours des communautés divisées ?[2] demande-t-on à la suite d’Hélène Singer. Peut-on révolutionner un milieu en soi révolutionnaire ? Doit-on, dans le cadre de la condition animale, rejouer les mêmes actes que dans les diverses libérations humaines ? Le terme de co-résistance est certes recevable, encore que rares sont les animaux vraiment en mesure de pouvoir résister. Pour Yves Bonnardel aussi les animaux tentent de résister aux mauvais traitements qui leur sont infligés, mais ils n’ont bien évidemment pas la capacité de s’exprimer ou de s’organiser comme peuvent le faire des esclaves humains[3]. Le mot de biorésistance nous semble plus approprié. Et c’est en vertu qu’à l’ère du grand merchandising les figures révolutionnaires elles-mêmes sont devenues des objets publicitaires et de consommation, où tout est propice au spectaculaire, aux spéculations, qu’on devra se pencher sur la question des luttes internes au mouvement de libération animale comme symptomatique de la frustration à émerger sans se départir d’une attitude tutélaire en son sein propre comme vis-à-vis du monde extérieur qu’il reste à convaincre. Guy Debord n’avait pas tort en 1967 lorsqu’il affirmait que la théorie révolutionnaire est maintenant ennemie de toute idéologie révolutionnaire, et elle sait qu’elle l’est[4].

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RETOUR DE LA MÉSOLOGIE STOLZIENNE AUTOUR « DES ANIMAUX SUR LA TERRE » — OMNE INDIVIDUUM SIT SPECIES INFIMA — NOUVELLE ÉDITION-INTERPRÉTATION(S)

RETOUR DE LA MÉSOLOGIE STOLZIENNE AUTOUR « DES ANIMAUX SUR LA TERRE » —  NOUVELLE ÉDITION

 

“After all, humans do not exist outside of nature, cut off from contact with the animal world.”
p.9 in Zoopolis — Sue Donaldson et Will Kymlicka

 

« L’association d’une certaine entente et de moments partagés en commun peut prendre la forme d’une amitié interspécifique. »
p.88 in Des animaux sur la Terre

 

« Comme il est désormais admis
que la Terre
n’est pas au centre
de l’univers
Il serait bon de reconnaître
que l’homme
n’est pas au centre
de la Terre
[…]
Se décentrer
Se replacer
Entendre la mer
respirer
Les animaux
ne plus hurler »
in Se décentrer, album « Toute latitude » — Dominique A (2018)

 

 

Aisthanomai — percevoir par les sens ou par l’intelligence

 

   Comme l’essai a manifestement eu un joli petit succès — mérité — L’Harmattan et Cédric Stolz ont décidé de rééditer Des animaux sur la Terre dans une nouvelle version quelque peu augmentée qui ravira celles et ceux toujours en quête d’un plus grand savoir pour une plus ample et juste préhension du monde. Ainsi tel l’Odysseus de retour à Ithaque, Stolz a-t-il souhaité revenir avec un propos approfondi de son bel essai dont nous vous parlions en octobre 2017. Comme il l’écrit, il est tout d’abord question de mieux comprendre comment s’institue la réalité du milieu (spatialité) qui évolue historiquement (temporalité)[1]. Constatant combien les humains ne connaissent encore aujourd’hui que très peu leurs voisins de planète, on pourrait détourner à bon compte la phrase d’un des scientifiques et auteurs se trouvant à la base de la philosophie de C. Stolz, quand Jacob von Uexkül dans Milieu animal et milieu humain en 1934 avançait que « La pauvreté du milieu conditionne cependant la certitude de l’activité, et la certitude est plus importante que la richesse » (op cit. p.43, Rivages). Partant, nous sommes certains que même si l’interaction entre les humains et les animaux peut être considérée à l’heure actuelle comme une activité plutôt pauvre, cette dernière ne peut que rejoindre la richesse d’une activité intersubjective forte à venir, propre à protéger tous les individus de toutes espèces pour ce qu’ils sont. Ravir également à un auteur contemporain de Uexküll (et dérangeant la politique de son temps) des mots de 1939 qui sous-tendent l’œuvre philosophique antispéciste et déterminent les fondements d’une pensée éclairée : Tout ce qui est à la base des notions sociologiques, économiques, philosophiques contemporaines doit subir une refonte, une révision complète[2]. Et dans la continuité de nos pairs antispécistes historiques[3], voilà bien ce que se propose de faire Cédric Stolz, pour les animaux sur Terre au sein desquels nous évoluâmes jusqu’aux espiègles journées biocidaires dont nous sommes les témoins effarés.

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WELFARISTERIES — « LETTRES DES ANIMAUX À CEUX QUI LES PRENNENT POUR DES BÊTES » D’ALLAIN BOUGRAIN-DUBOURG — NON MAIS ALLAIN QUOI ?!

« LETTRES DES ANIMAUX À CEUX QUI LES PRENNENT POUR DES BÊTES » D’ALLAIN BOUGRAIN-DUBOURG — NON MAIS ALLAIN QUOI ?!

 

 

« Ce rendez-vous raté de l’histoire reste à susciter […] »
sur l’idée de libération sociale des années 70, p.12, in Lettres des animaux…

 

 

« La maîtresse parla du XVe siècle et particulièrement du roi Louis XI, un roi très cruel qui avait l’habitude d’enfermer ses ennemis dans des cages de fer. « Heureusement, dit-elle, les temps ont changé et à notre époque il ne peut plus être question d’enfermer quelqu’un dans une cage. »
À peine la maîtresse venait-elle de prononcer ces mots que la petite poule blanche, se dressant à son perchoir, demandait la parole.
   — On voit bien, dit-elle, que vous n’êtes pas au courant de ce qui se passe dans le pays. La vérité c’est que rien n’a changé depuis le XVe siècle. Moi qui vous parle, j’ai vu bien souvent des malheureuses poules enfermées dans des cages et c’est une habitude qui n’est pas près de finir. »
p.144 in « Le problème », Les contes du chat perché — Marcel Aymé (Folio)

 

 

 

   « Pourquoi moi suis devenu-e végane ? » Voilà une question qu’on se pose fréquemment. Quand on voit qu’une majorité des gens informés sur la maltraitance animale ne franchissent même pas le pas du végétarisme, cette question nous taraude. Alors oui bien sûr, la peur de se couper des autres…, la peur de l’abandon d’une tradition culinaire carnée…, la fainéantise…, … oui mais quand on voit que dernièrement une personnalité comme Nabilla — crétine notoire aux yeux d’une bonne partie de la population (même si personnellement on a toujours eu des doutes sur sa stupidité au vu de la façon dont cette fille mène sa petite entreprise) — semble avoir compris, on retourne à notre question initiale : « Pourquoi ? ».
   Pourquoi avons-nous franchi le pas ? Pourquoi avons-nous été d’avantage poreux à cette souffrance ? D’où vient cette graine qui a germée en nous — même si, c’est vrai hélas, assez tardivement ?
   Alors on se repasse le film de notre jeunesse, nous les enfants des années 80. Et on se rappelle que, quand même, on nous a préparé à l’antisystème, on nous a nourris au bon grain de l’écologie avec des dessins animés comme Watoo Watoo,Bibi Phoque ou Nuclea 3000, on nous a appris à nous méfier du consumérisme capitaliste avec Les mondes engloutis ; on chantait Renaud, Balavoine (surtout K.) et dansait sur Johnny Clegg et Savuka (qui n’a pas essayé de monter sa jambe jusqu’à sa tête en risquant un claquage des ischios-jambiers ?), on arborait notre badge Touche pas à mon pote, on plantait des arbres avec Pif Gadget et puis pour la sensibilité aux animaux, il y avait les images du chocolat Merveilles du monde, et puis surtout on peut remercier Allain Bougrain-Dubourg, un précurseur. Oui mais… plus maintenant.

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IN BED WITH K&M LES VEGANAUTES : LITERIE VÉGANE

 

« Nous l’affirmons sans complexe
Nous sommes adeptes du latex. »
Le plastique c’est fantastique, Elmer Food Beat in « 30 cm » (1991)

 

   Salut à tou-te-s !
   Une fois n’est pas coutume, parlons un peu du pieu, du paddock, du plumard (ça sent le spécisme ce mot-là…), du panier, du flac, bref d’un moment très important dans la vie puisqu’il s’agit de celui d’aller au schloff, et comme disait la mère de M. comme on fait son lit on se couche, dicton ô combien applicable aux modèles culturels traditionnels en tous genres faisant leur lit sur le dos des animaux qui n’ont jamais demandé à ce qu’on se repose autant sur eux, d’autant qu’on passe, paraît-il environ, 2800 heures à dormir ou 118 jours par an si vous préférez, autrement dit un tiers de notre vie à n’en faire rien de bien folichon mais bon, pioncer c’est bien agréable, encore faut-il, selon nous et cela dit vite fait pour cette chronique pas prise de tête 1) dormir du sommeil du juste et 2) ne pas se réveiller en ayant l’impression que notre squelette est un puzzle ou nos muscles du vieux chablis (pas le vin, le bois mort).
   Plutôt que de piquer un chien dans un vilain grabat fait en poils et en plumes éhontément volés à leurs porteurs d’origines, voilà belle lurette que nous avions notre litière sur un matelas de basse extraction pétrochimique et, les années passant, nos petits matins ressemblaient de plus en plus à l’entortillée description faite ci-dessus. Jusqu’à ce que nous réalisions avec effroi que nos oreillers étaient en dedans constitués de ce qui appartint à l’extérieur autrefois des amies de Nils Holgersson, ou bien à des canards innocents. Inutile de vous dire que les seuls canards que nous pourrions éventuellement consommer à présent c’est un morceau de sucre roux trempé dans le café. Bref, on s’éloigne, encore que le café… le matin…
   Enfin ; depuis un bon moment ça nous trottait dans la tête de changer de matelas, aussi avons-nous mis du grisbi à gauche (non, pas dans le matelas !) pour ce grand jour à venir. Nuit après nuit nous nous levions défaits puis passions à autre chose. Jusqu’en avril de cette année où, flânant au VeggieWorld, nous sommes tombés sur non pas une marchande de sommeil mais une vendeuse de matelas, oreillers et autres alèses et housses de lit dans le genre écolo, ok, et qu’est-ce qu’elle faisait là la brave dame ? Elle avait des matelas vegan à vendre.
   Ni une ni deux nous voilà affalés sur le lit de démonstration du stand de Sommeil Nature. Autant dire qu’une fois dessus on n’a plus envie du tout de se relever. Comme la petite entreprise familiale ne permet pas de commander en ligne sur son site mais par courrier, email ou téléphone, nous avons choisi ce dernier pour bien nous renseigner avant l’instant crucial : donner notre numéro de carte bleue (ça se fait encore ça ??? ….la trouille !).
   Total TTC avec livraison pour 1 matelas, 1 alèse et 2 oreillers : 1409€.
   Somme toute le prix d’une bonne literie livrée 10 jours plus tard avec facture et ticket de caisse. Et c’est ce que c’est : une très bonne literie. Promesse tenue par le latex végétal les ami-e-s ! Plus de douleurs aux cervicales de K., plus de reins broyés pour M., et quand il fait très chaud on ne se sent plus tout moites et brûlants, tout beurk quoi.
Attention colis volumineux. Le tout pèse 35 Kg et est encombrant comme un Baboumian dans un ascenseur parisien !!! La suite en images :

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   De plus, nous nous sommes séparés de notre vieil édredon. Au début c’est étrange de dormir autant à plat, mais à la vérité il nous cassait bien les cous. « Ouille ! »
   Depuis deux mois et demi, dans notre matelas vegan, nous dormons comme des loirs pour reprendre conscience chaque matin en pleine forme, heureux de cet achat éthique et utile.
   Libération animale même en dormant !
K&M

VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME (PARTIE VIII)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME

 

   11) « Éthique de la prédation » — un problème soluble ?
   Il est possible que des problèmes qui surviennent à l’esprit humain ne puissent pas être solutionnés. À moins que d’emblée la question problématique soit mal posée. Il est parfois difficile de savoir si les termes selon lesquels on s’interroge sont les bons pour aller de l’avant. On peut toujours dès lors, selon la façon dont on doute et ce sur quoi l’on hésite, essayer de reformuler tout ou partie du questionnement. Ce qui nous préoccupe depuis le début de cette véganosophia, c’est s’il convient de passer avec les animaux un contrat moral défini par la Loi, un « contrat naturel » comme l’appela un peu hors de notre propos à l’époque Michel Serres en 1990, et surtout si, contrat ou non — finalement, il faut intervenir dans la vie des êtres de la Nature comme le prescrit l’éthique antispéciste attachée à délivrer tout individu de la souffrance pour lui permettre d’investir pleinement sa finalité propre. Pas si simple de répondre, au-delà même des clivages instinctifs qui sépareront disons, pour faire simple, les abolitionnistes « ultra » et les antispécistes enclins à « l’aménagement ». Si essayer est mieux que rien, et que « le mieux est l’ennemi du bien » comme le laisse entendre à la suite de Montesquieu Thomas Lepeltier, partisan pragmatique de l’interventionnisme, on accordera à David Olivier ou Baptiste Morizot que, monde de causes et d’effets oblige, rien n’a lieu sans conséquences, lesquelles étant presque aussi imprédictibles que les particules quantiques, l’action suppose une bonne préparation… est-on seulement jamais assez préparé ?

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