CES AUTRES-ANIMAUX — LE PRINCIPE D’ÉTHIQUE — D’APRÈS « POUR COMPRENDRE LEVINAS. UNE PHILOSOPHIE POUR NOTRE TEMPS » DE CORINE PELLUCHON

CES AUTRES-ANIMAUX — « POUR COMPRENDRE LEVINAS. UNE PHILOSOPHIE POUR NOTRE TEMPS » DE CORINE PELLUCHON

 

 

« Ni la destruction des choses, ni la chasse, ni l’extermination des vivants – ne visent le visage qui n’est pas du monde. »
(sur Totalité et Infini d’E. Levinas) p.54 in Une autre existence. La condition animale (Florence Burgat — 2012)

 

 

« Les discours de Heidegger et de Levinas restent pris à l’intérieur d’une métaphysique carno-phallogocentrique, parce qu’ils reconduisent, en le justifiant, le sacrifice des animaux, qui n’est pas seulement un sacrifice « réel », mais aussi, comme toujours, un sacrifice « symbolique ». »
Matthew Calarco des travaux de J. Derrida envers et avec J.-L. Nancy
p.123 in Philosophie animale. Différence, responsabilité et communauté (sous la direction de Hicham-Stéphane Afeissa et Jean-Baptiste Jeangène Vilmer — 2010)

 

 

« L’infini actuel a-t-il un sens ? »
p.74 in Altérité et Transcendance (Emmanuel Levinas, 1967-1989)

 

 

   Ces quatre à cinq dernières années, nous avons plusieurs fois écrit à propos des travaux passionnants de la philosophe Corine Pelluchon. Nous nous sommes laissé dire il y a quelques semaines, sans douter un seul instant de la véracité de ce propos, que cette auteure importante engagée notamment pour la libération animale, était une excellente promotrice de la pensée d’Emmanuel Levinas, phénoménologue célèbre au seuil de la théologie. Pelluchon, nous a-t-on dit, vulgarise (dans le bon sens du terme) à merveille dans la discussion les idées de Levinas. Dans la foulée sortait dans toutes les bonnes librairies cet ouvrage : Pour comprendre Levinas. Une philosophie pour notre temps (23 janvier 2020). Bien entendu, nous nous sommes procuré le livre — c’était avant d’être confiné-e-s —, sûr-e-s d’y trouver une nouvelle fois un travail philosophique de grande profondeur et qualité. Nous n’avons pas été déçu-e-s.

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VÉGANOSOPHIA — PHARMACOZOOLOGIES EN TEMPS DE BIODÉSERTIFICATION. POUR UNE ZOOPOÉTHIQUE DE L’ÊTRE À VENIR (SUI GENERIS)

— VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

VÉGANOSOPHIA — PHARMACOZOOLOGIES EN TEMPS DE BIODÉSERTIFICATION. POUR UNE ZOOPOÉTHIQUE DE L’ÊTRE À VENIR
— SUI GENERIS —
   Qu’il faut tout faire par soi-même.
   Voilà ce à quoi, archétypalement parlant pourrait-on dire, la privation des libertés d’autrui nous oblige. Car c’est notre propre liberté, savoir : ontiquement, en tant qu’étant-vivant, qui est amoindrie, affectée dans sa psychée et sa corporéité, lorsque l’autre est démis de la sienne. Et pis : bientôt désaffectée dans son envineronne-mentalité, lorsque peu à peu et de manière exponentielle et même si lentement, chose mue d’une telle accélération que ce qui diffère se voit presque de jour en jour vidé en substance — notre liberté d’être en propre ce qui est venant de l’Être et devient dans l’intervalle (khôra) un être singulier — localement ontifié — car mis en face des altérités qui le regardent, vit dans le risque de l’esseulement absolu. Et peut-être s’émeut. Se met en mouvement, et va pour faire ce qui doit être fait pour, au-delà de devenir, avoir à revenir, rejouer le tout pour le tout de l’Être une bonne fois pour toutes. Volontairement, vraiment ; donc en puissance, en apothéose, donc en être libre, attaché aux étantités qui me réalisent.
   Autrement dit nous allons parler de sur-vie et de survie, nous allons parler de la vie et de son en-vie. Nous allons pour cela, pour voir ce qu’on fabrique, nous élancer une fois de plus dans l’exercice d’une libre pensée (libre dans l’écart plutôt obtu de ce qu’elle connaît si peu) en quête de vérité de l’Être. Cela selon nous et pour des éons, ne peut qu’être l’affaire d’une zoopoéthique. Cela inclut : prendre avec soi la critique zoopolitique antispéciste ; prendre avec soi la menace anthropique décrite par Bernard Stiegler ; prendre avec soi un temps de recueillement philosophique médidatif aux côtés de Heidegger ; prendre avec soi la modalité radicalement rigoureuse d’un penser schürmannien ; prendre avec soi le plein sens de l’éthique en ce qu’elle est la considération de l’autre dans son ethos ; prendre avec soi le pur désir de créer — poïein (ποιεῖν).

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