ON MORD LA VIE À PLEINES DENTS NOUS, ET PAS À L’HAMEÇON DU « PLAIDOYER POUR UNE VIANDE SANS ANIMAL » — DAVID CHAUVET ET SA BROCHETTE ARE BACK!

ON MORD LA VIE À PLEINES DENTS NOUS, ET PAS À L’HAMEÇON DU « PLAIDOYER POUR UNE VIANDE SANS ANIMAL »
 
 

 

« Tous les animaux naissent-ils dotés de droits naturels ? Non, bien sûr. »
p.88 in Trois utopies contemporaines — Francis Wolff (2017)
 
 
« Certes, les derniers vestiges du simple bon sens paraissent encore retarder leur triomphe, mais qui peut jurer que demain l’opinion publique ne sera pas prête à réclamer le vote de lois antispécistes calquées sur celles qui répriment le racisme ou l’antisémitisme ? »
p.1342 in Essais — Philippe Murray (2010)
 

 

 
« […] toute espèce a des concurrents, des prédateurs, des parasites, des agents pathogènes qui l’empêchent de pulluler. »
p.53 in Les Limites du vivant (collectif) — Raphaël Larrère (2016)
 
 
 
 
 
 
   Le v’là de retour l’autre espèce de pas assez en danger ! Et même que ça se reproduit à une vitesse folle c’t’espèce, une vitesse telle que nos amis du lobby de la chasse sont obligés de faire une fort belle et bucolique publicité pour dire la beauté de ce noble sport familial — OK : un loisir aussi si vous voulez, le plaisir à l’état pur quoi. Et nous refaites pas la tirade de Dame Nature…, tatata, dès que le soleil darde ses rayons, et nia nia nia. C’est bon, ça suffit les âneries des requins de véganes !
 
plaidoyer...

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UN ESSAI DE REFONDATION POLITIQUE EN PHILOSOPHIE ANIMALE — LECTURE DE « UNE ÉTHIQUE ANIMALE POUR LE XXIe SIÈCLE » DE PATRICK LLORED — SUBLIME ZOOANTHROPOÉTHIQUE

UN ESSAI DE REFONDATION POLITIQUE EN PHILOSOPHIE ANIMALE — LECTURE DE « UNE ÉTHIQUE ANIMALE POUR LE XXIe SIÈCLE » DE PATRICK LLORED

 

« Toute rencontre avec l’animal encore plus qu’avec les humains est surgissement de sa vie dans la nôtre, […] »
p.45 in Mort d’un cheval dans les bras de sa mère, Jane Sautière (2018)

 

« […] mais la loi interdisait aux animaux, même dotés du statut de sous-être, d’aller se faire soigner dans un hôpital humain. Quand les sous-êtres tombaient malades, l’Instrumentalité se chargeait d’eux — dans des abattoirs. Il était plus facile de créer de nouveaux sous-êtres que de redonner la santé aux mal-portants. En outre, l’ambiance prévenante et attentive de l’hôpital aurait pu leur donner des idées : celle, par exemple, qu’ils étaient des personnes véritables […] »
p.435 in Les Seigneurs de l’Instrumentalité, Cordwainer Smith

 

« Le véritable amour de la nature, […], consiste en ce que la nature est aimée pour elle-même, c’est-à-dire précisément pour ceux de ses côtés qui n’ont rien d’humain. »
p.299 in Nature et formes de la sympathie, Max Scheller (1923)

 

 

 

 
Pour le bien de tout vivant !
 
     Dans son livre Ce que les bêtes nous apprennent de la politique, Brian Massumi écrit que […] la vie vit sa propre abstraction — le moindre de ses gestes étant une spéculation pragmatique sur la nature en train de se faire[1]. C’est cette abstraction qui fabrique a fortiori comme a posteriori une communauté de destin du vivant et à plus forte raison lorsque ce phénomène est incarné par un sujet[2] (un animal) et s’éprouve de quelque façon que ce soit au contact du monde, autrement dit contre les autres du monde, en s’appuyant sur eux autant qu’en devant parfois chercher à les éviter. Il s’agit plus en réalité d’un devenir par destination que par nature, puisque tout est dû au hasard et n’est jamais prémédité, à l’exception de l’entrée en jeu de la politique (pólis, πόλις) — la communauté de citoyens (humains jusqu’à présent) libres et autonomes formant une structure sociale capable de formuler par avance, c’est-à-dire de répondre à un désir commun de vivre, pour la construire ensemble, la cité idéale offrant à chacun la possibilité de s’émanciper et de s’épanouir en s’enrichissant auprès des autres et réciproquement. C’est en tout cas, des Antiques aux Lumières jusqu’à nos démocraties contemporaines, pour ce qu’elles parviennent à valoir, le projet que toutes les sociétés ont mené à leur manière avec plus ou moins de succès. Cette construction toujours à parfaire doit de toute évidence sa longévité, si l’on exclue de notre propos les injustices entre les humains, à la domination et à l’exploitation de sous-êtres auxquels on aura soutiré le plus souvent d’abord leur force vitale puis carrément leur propre vie. C’est donc contre les intérêts à vivre de ces sous-êtres que sont les animaux sous l’égide humaine, que nous humains sommes parvenus à maintenir les nôtres jusqu’à présent. Cela dit les temps changent et s’immisce peu à peu dans les consciences et dans le champ politique (politikos), l’idée que les animaux ne sont pas des choses dont on peut disposer, mais des êtres à part entière qui participent, plus prou que peu, à l’équilibre précaire de cette pragmatique spéculation qu’est cette abstraction pure : la vie. Cette vie qu’on voit disparaître par pans entiers à cause de notre industrieuse action sur le monde, au risque d’en pâtir nous-mêmes[3].

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DES INVASIONS CARNO-SPÉCISTES — POUR LE « STEAK BARBARE » DE GILLES LUNEAU — ÉGOISME INUTILE

DES INVASIONS CARNO-SPÉCISTES — POUR LE « STEAK BARBARE » DE GILLES LUNEAU
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J’ai dévoré force moutons.
Que m’avaient-ils fait ? Nulle offense :
Même il m’est arrivé quelquefois de manger
Le Berger. Je me dévouerai donc, s’il le faut ; mais je pense
Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
– Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Et bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les croquant beaucoup d’honneur.
Et quant au Berger l’on peut dire
Qu’il était digne de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.
Jean de La Fontaine (1621-1695), Fables, 1678-1679.
« […] comment un individu peut construire de manière autonome des structures de contrôle sur la base de sa propre histoire personnelle. »
p.183 in Comment l’esprit vient aux bêtes. Essai sur la représentation (Joëlle Proust — 1997)
« The lunatic is in my head
The lunatic is in my head
You raise the blade, you make the change
You re-arrange me ’til I’m sane »
Brain Damage in « The dark side of the moon » (Pink Floyd — 1973)
   En janvier de cette année les éditions l’aube et la Fondation Jean Jaurès ont permis à Gilles Luneau, journaliste, essayiste et réalisateur, de crier haro sur le baudet, ou de jeter l’opprobre sur ces tordus de « végans » si vous préférez, en publiant Steak Barbare. Hold-up végan sur l’assiette en butte à pourfendre toutes velléités animalistes. Rien que ça. Et dire qu’on va commenter ça… Et si on faisait une vidéo « retour de courses » plutôt, non ? Trop bien ! Non non, stop, chacun son truc. Le nôtre ? Traquer les incohérences, les impostures et les mauvaises langues. Après Luc Ferry, Michel Onfray, Paul Ariès, Etienne Bimbenet, Pierre-Etienne Rault, Marianne Celka, Stanislas Kraland, Jean-Pierre Digard, Francis Wolf, etc., nous voici une nouvelle fois avec une pépite antivéganes entre les mains en guise de game of thrones… rigolez pas : en cas de reconfinement ça peut servir si le PQ vient à manquer !

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CES AUTRES-ANIMAUX — LE PRINCIPE D’ÉTHIQUE — D’APRÈS « POUR COMPRENDRE LEVINAS. UNE PHILOSOPHIE POUR NOTRE TEMPS » DE CORINE PELLUCHON

CES AUTRES-ANIMAUX — « POUR COMPRENDRE LEVINAS. UNE PHILOSOPHIE POUR NOTRE TEMPS » DE CORINE PELLUCHON

 

 

« Ni la destruction des choses, ni la chasse, ni l’extermination des vivants – ne visent le visage qui n’est pas du monde. »
(sur Totalité et Infini d’E. Levinas) p.54 in Une autre existence. La condition animale (Florence Burgat — 2012)

 

 

« Les discours de Heidegger et de Levinas restent pris à l’intérieur d’une métaphysique carno-phallogocentrique, parce qu’ils reconduisent, en le justifiant, le sacrifice des animaux, qui n’est pas seulement un sacrifice « réel », mais aussi, comme toujours, un sacrifice « symbolique ». »
Matthew Calarco des travaux de J. Derrida envers et avec J.-L. Nancy
p.123 in Philosophie animale. Différence, responsabilité et communauté (sous la direction de Hicham-Stéphane Afeissa et Jean-Baptiste Jeangène Vilmer — 2010)

 

 

« L’infini actuel a-t-il un sens ? »
p.74 in Altérité et Transcendance (Emmanuel Levinas, 1967-1989)

 

 

   Ces quatre à cinq dernières années, nous avons plusieurs fois écrit à propos des travaux passionnants de la philosophe Corine Pelluchon. Nous nous sommes laissé dire il y a quelques semaines, sans douter un seul instant de la véracité de ce propos, que cette auteure importante engagée notamment pour la libération animale, était une excellente promotrice de la pensée d’Emmanuel Levinas, phénoménologue célèbre au seuil de la théologie. Pelluchon, nous a-t-on dit, vulgarise (dans le bon sens du terme) à merveille dans la discussion les idées de Levinas. Dans la foulée sortait dans toutes les bonnes librairies cet ouvrage : Pour comprendre Levinas. Une philosophie pour notre temps (23 janvier 2020). Bien entendu, nous nous sommes procuré le livre — c’était avant d’être confiné-e-s —, sûr-e-s d’y trouver une nouvelle fois un travail philosophique de grande profondeur et qualité. Nous n’avons pas été déçu-e-s.

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THIELLEMENT PACÔME LES AUTRES — EXERCICE DE STYLE SUR L’ESSAI « TU M’AS DONNÉ DE LA CRASSE ET J’EN AI FAIT DE L’OR » — BAUDELAIRIEN SUR LA VIANDE

THIELLEMENT PACÔME LES AUTRES — « TU M’AS DONNÉ DE LA CRASSE ET J’EN AI FAIT DE L’OR » — BAUDELAIRIEN SUR LA VIANDE

 

« Tell me why I had to be a Powerslave
I don’t wanna die, I’m a God,
Why can’t I live on ?
When the Life Giver dies,
All around is laid to waste.
And in my last hour,
I’m a slave to the Power of Death. »
in Powerslave — Iron Maiden (1984)

 

[Angelus Silesius] « La rose est sans pourquoi, elle fleurit parce qu’elle fleurit, n’a pas pour elle-même aucun soin — ne demande pas : Suis-je regardée ? »
cité p.33 in Trois essais sur Twin Peaks, Pacôme Thiellement (2018)

 

« Le moment axiomatique ou structural est le moment le plus pur de la connaissance, mais il ne se dissocie pas des moments antérieurs, qu’il légitime autant que ceux-ci le légitiment. »
p.91 in La pensée mathématique contemporaine, Frédéric Patras (2001)

 

 

   C’est bien un alchimiste. Pacôme Thiellement.
   Alchimiste du temps, des Sans Roi (les gnostiques) aux Sans États (les gilets jaunes), des Sans Vie au Règne du Vivant (les mangés).
   L’Al Tanour de Pacôme ne cuit plus depuis longtemps de chairs mortes[1]. Son alKīmiyā — son alchimie (χνµεία/χηµεία), n’est plus l’art de fondre et d’allier les métaux, mais celui de compiler nos subjectivités animales et humaines — hors temps mais bel et bien là[2] — pour en restituer la quintessence divine sans pourquoi où tout s’absorbe au commentaire : dire ce qui vit en le vivant, vivre comme le récit de ce qu’est vivre.

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L’ESPRIT FRAPPEUR — PETIT THÉÂTRE POUR THOMAS LEPELTIER, D’APRÈS « LES VÉGANES VONT-ILS PRENDRE LE POUVOIR ? »

L’ESPRIT FRAPPEUR — D’APRÈS « LES VÉGANES VONT-ILS PRENDRE LE POUVOIR ? » DE THOMAS LEPELTIER

 

« Je me sers des animaux pour instruire les hommes. »
Jean de la Fontaine (1621-1695)

 

« Retracer l’essor de l’animal humain au cours des trois derniers millions d’années permet de mieux marquer l’inversion du mouvement récemment amorcée. »
p.635 in Le troisième chimpanzé — Jared Diamond (1992)

 

« Je m’assieds sur une chaise, me laisse tomber plutôt car tout à coup je pense avec accablement à notre planète en souffrance — oui, c’est le mot, ils souffrent tous, l’étang, les arbres, les insectes et les bêtes, comment en sommes-nous arrivés là ? »
p.150 in « Merlin » dans Nous sommes à la lisière — Caroline Lamarche (2019)

 

L’ESPRIT FRAPPEUR
Courte pièce de théâtre en trois actes très brefs
d’après Les véganes vont-ils prendre le pouvoir ?
de Thomas Lepeltier
   Les trois actes se déroulent dans un même lieu, avec les mêmes personnages ou presque. La scène : un terrain vague d’Ivry-sur-Seine où était autrefois implanté un abattoir. Les personnages principaux : des amis qui cherchent à investir leurs économies dans un projet de ferme immobilière parisienne pour redonner ses lettres de noblesse à l’élevage traditionnel. On ne connaît pas leurs noms mais juste leurs initiales. Il y a A. F., J. P., R. E., D. L., F. W., J.-P. D. et P. A. Passeront par-là le Végano-sceptique et enfin l’Esprit Frappeur et le Maire d’Ivry.
*
ACTE I
   Arrivés sur les lieux de leur projet, les amis forment un singulier conciliabule au beau milieu du grand terrain vague. Alentour d’immenses fosses ou mottes de terres. Quelques engins de chantiers. Quelques pans de murs de briques en ruines. Aux limites du terrain, des grillages ou des panneaux en métal graffés et tagués abondamment. Tandis qu’ils devisent sur leurs ambitions un des amis laisse tomber d’une des poches de son blaser un petit livre à la première de couverture colorée.
J. P. : Qu’est-ce que c’est… mais ! (se penchant plus prestement que le propriétaire du bouquin pour le ramasser) Tu lis ça toi ?

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ET PUIS QUOI ENCORE, DAVID CHAUVET — « TAXER LA VIANDE » — ? — REQUINS DE VÉGANES !

DAVID CHAUVET — « TAXER LA VIANDE » — ? — REQUINS DE VÉGANES !

 

« […] ainsi l’éthique est-elle en passe de devenir le nœud de tous les enjeux à l’égard des politiques qui manquent aujourd’hui le local, la relation immédiate, l’environnement, la reconstitution du tissu social. »
p.65 in Qu’est-ce que l’écosophie ? — Félix Guattari (1992)

 

« […] je ne suis qu’un animal déguisé en madone […] je pourrais te blesser, dans la nuit qui frissonne […] »
La grenade de Clara Lucianni — album « Sainte-Victoire » (2018)

 

« Faible avec la viande, dur avec les animaux. […] Car il faudra bien taxer la viande, et vite. »
p.40, p.26 in Taxer la viande — David Chauvet (2019)

 

 

   C’est à n’en pas croire ses esgourdes ! Non mais qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre ! Taxer la viande ??! Et puis quoi encore, David Chauvet ?! Franchement l’heure est grave. Ami-e-s carnistes, ami-e-s de la bonne chère, dear friends of la grosse mangeaille, d’alanguis aligots et de gros boudins, ami-e-s — oui c’est osé : — décroissant-e-s, ne vous laissez pas faire ! Car ce n’est plus un végane de plus qui vous fait la morale sur le mal que l’on fait aux animaux, ça, passe encore, car après tout c’est vrai, mais enfin faut bien se faire plaisir, on n’est pas sur Terre pour faire attention à quoi que ce soit, qu’on s’amuse, qu’on consomme, qu’on s’dépense, qu’on dé-pense dans l’oubli absolu, le déni… responsable n’est pas coupable alors arrêtez de vouloir nous le faire payer ! Bon Dieu : indignez-vous ! sortez en gilets de sauvetage ! portez des bouées de secours ! fredonnez tra-lala la la la leuh leuleuh les White Stripes ! mais pas une taxe de plus, non de non, ça va saigner c’est nous qu’on vous le dit ! Et l’autre là : « J’espère vous convaincre que vous devriez y réfléchir à deux fois avant de rejeter l’idée d’une taxe sur la viande. » dit-il page 11 de cet insignifiant brûlot antispéciste. Ah l’on vous jure ; à vous en couper l’appétit. Et puis un bon dessin façon Banksy par Mélanie M. Marbach ça ne va pas redorer le blason du bidule.

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PAS DE PITIÉ POUR LES MENTALEMENT DÉCROISSANTS OU LA CHIENNERIE DE GARDE — DU PAUL ARIÈS : « LETTRE OUVERTE AUX MANGEURS DE VIANDE QUI SOUHAITENT LE RESTER SANS CULPABILISER »

PAS DE PITIÉ POUR LES MENTALEMENT DÉCROISSANTS — PAUL ARIÈS : « LETTRE OUVERTE AUX MANGEURS DE VIANDE QUI SOUHAITENT LE RESTER SANS CULPABILISER »
« La liberté c’est l’activité, et l’activité qui sait poser ses propres limites. »
d’après Cornelius Castoriadis, p.13 in Les limites du vivant (collectif) — Roberto Babanti et Lorraine Verner
« Si le simulacre est si bien simulé qu’il devient un ordonnateur efficace de la réalité — n’est-ce pas l’homme alors qui, en regard du simulacre, se fait abstraction ? »
p.69 in Le système des objets (la consommation des signes) — Jean Baudrillard
« Si la population d’une espèce décline fortement en raison de nos méfaits passés, il est possible d’argumenter qu’une forme d’assistance leur est due. »
d’après Tom Regan, p.46 in Souffrances animales et traditions humaines. Rompre le silence sous la direction de Lucile Desblache, « La viande heureuse et les cervelles miséricordieuses » — Enrique Utria
— Le feuilletage —
   Aaaah ! …Paul Ariès… mmmh… comme le temps passe… on se souvient… les élans télévisuels…. la niaque du type… chez Taddéï pas vrai ?… un paquet de fois… un chantre le mec… d’une autre vie… meilleure… au diable la consommation… vie à trépas… le trepalium de la caisse enregistreuse… des avenues des centres commerciaux…. c’est pas du desiderata que cette vie-là… plutôt une sorte de fantasme morbide… croître jusqu’à plus soif… fable… fabuleuse enflure de grenouillère pour finir éclatée en mille pièces de viandes sanguinolentes… où on sait plus qui était qui… plus que du quoi à en rester coi… des centaines de millions de tonnes à s’en fourrer plein la bobine… à s’en faire belles et beaux d’un cancer à l’anus comme disait l’autre… aaaah ! l’infinie comédie de la tyrannie d’une sale plaisanterie… David Foster Wallace à côté c’est de la collection Arlequin… mais y’a d’ces hérauts, des héros qui dénoncent… qu’ont un message… pas la grosse tête tu penses… faut désenfler… sans quoi c’est la fin des haricots tout ça parti en cacahuètes… retrouver l’équilibre, donc le milieu de la liberté, comprendre : — Moi Tarzan, toi Jane. Nous avoir un monde sain où procréer et nous bouffer le serpent et toute la ménagerie si on veut, mais doucement car faut se développer du-ra-ble-ment. Ô Gloire de l’Espèce parmi les espèces. De quoi qu’on cause aujourd’hui ? De décroissance. …Carnassière !

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FRAGMENTS CINÉMAZOOGRAPHIQUES À L’AUBE LIBÉRATRICE — LECTURE DE « APRÈS LA NUIT ANIMALE » — UN PASSIONNANT ESSAI DE JONATHAN PALUMBO

LECTURE DE « APRÈS LA NUIT ANIMALE » — UN PASSIONNANT ESSAI DE JONATHAN PALUMBO

 

« Parfois, l’abattoir rappelle le théâtre. Tout abattoir est équipé d’un énorme tambour, bardé d’électronique, commandé par un clavier pour présenter le cou de l’animal au couteau de l’abatteur, ce qui permet de pratiquer à l’identique l’égorgement à vif tel qu’on le constate dès le Mésolithique. En ce domaine il n’y a pas eu de variations depuis des millénaires quel que soit l’appareillage. »
p.14 in Le coup fatal — Élisabeth Hardouin-Fugier (2018)

 

« L’empathie et la mimesis restent des voies royales de la création artistique, qui prolonge à sa manière les antiques pratiques des chamanes […] » (François Bernard Mâche)
p.47 in Sans les animaux, le monde ne serait pas humain, sous la direction de K. L. Matignon (2000 / poche 2003)

 

« La place de l’espèce humaine dans la chaîne alimentaire… serait-ce là la connaissance innommable, le tabou ultime, qui donne naissance à l’art du grotesque ?… ou à toute forme d’art, de culture, de civilisation ? »
p.359 in Hantises — Joyce Carol Oates (1994)

 

   À la lecture de Après la nuit animale, je me suis immédiatement remémoré — mais ce film est pour moi une référence absolue, un memento mori et une source inspirante et d’aspiration — le film de Ridley Scott adapté du roman de Philip K. Dick Do Androids Dream of Electric Sheep ? — je veux parler du grandiose Blade Runner sorti en salles en France en 1982. Je ne vais pas vous faire le pitch de ce film que tout le monde ou presque connaît. C’est pour moi le plus beau polar noir de science-fiction qui existe, tant par son scénario que par la qualité de son image, où alors la synthèse associée de nos jours n’existait tout bonnement pas, et à l’instar du 2001 : l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick (1968), c’est un pur joyau esthétique et intellectuel… où il n’y a plus d’animaux. Chez Kubrick les primates sont devenus des humains par l’haptique (le sens du toucher, le contact) avec le monolithe. Chez Scott, la Terre est surpeuplée et c’est un désert de vie (comme dans le roman de K. Dick où les animaux sont des contrefaçons technologiques), et les humains fabriquent des forçats humanoïdes qu’ils envoient dans les colonies de l’espace faire le sale boulot. Comme ce sont des « machines » ultra-fortes et ultra-sensibles, leur durée de vie est génétiquement programmée pour cesser rapidement. Durée de vie du Nexus 6 ? Quatre ans.
   Mais trêve de bavardage sur mon film préféré. Ce que je voulais vous dire, c’est qu’il n’y a d’animaux que faux — que réplicants — dans Blade Runner puisque notre planète est moribonde (l’action se passe en 2019, ça va vous dire quelque chose dans pas longtemps ça…) et qu’en lisant l’essai de Jonathan Palumbo, essai qui est son mémoire d’étudiant en scénario à la Fémis sous la direction de Nicole Brenez qui en signe la préface ici chez Marest Éditeur, — j’ai immédiatement, c’est-à-dire dès les premières lignes, pensé au hibou dans l’obscure salle de la Tyrell Corporation où le grand patron de la biomécanique met en présence le flic Deckard (Descartes ?…) et l’énigmatique Rachel. Ce hibou, symbole de la Tyrell Corporation, est un indice important dans le film. « Les yeux, juste les yeux. » dirait Hannibal Chew dans son laboratoire-congère. Et effectivement, si vous avez un doute sur l’identité de Rick Deckard, soyez attentif aux regards et aux effets catadioptriques.

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