VÉGANOSOPHIA — PHARMACOZOOLOGIES EN TEMPS DE BIODÉSERTIFICATION. POUR UNE ZOOPOÉTHIQUE DE L’ÊTRE À VENIR (PARTIE VI)

— VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — PHARMACOZOOLOGIES EN TEMPS DE BIODÉSERTIFICATION. POUR UNE ZOOPOÉTHIQUE DE L’ÊTRE À VENIR (PARTIE VI)

 

   4) Entre la perte et l’appropriation — étrangèretés
   Nous avons vu que chaque être vivant est sa propre fin qui est sa préservation et la reconduction de son essence (principe) — sa vitalité — au-delà de lui-même via la reproduction. C’est que ce que dit François Jacob en rejetant toute idée de téléonomie en 1970 dans La logique du vivant. Une histoire de l’hérédité : « L’être vivant représente bien l’exécution d’un dessein, mais qu’aucune intelligence n’a conçu. Il tend vers un but, mais qu’aucune volonté n’a choisi. » (p.10) Ce but c’est l’être vivant lui-même. Il ne faut comprendre cette notion que dans le sens de celle de fonction (fx). C’est de modalité dont il est question. On peut dire que, biontiquement parlant, l’étant-vivant en soi n’est que son propre commentaire et c’est pourquoi Hegel dans son Esthétique y voit un mystère, parce qu’il aurait voulu qu’il y eût autre chose. Or, il n’y a rien que sinon de l’Être, et cela en face de sa propre singularité n’appelle pas un « pourquoi ? ». Lire la suite

CES AUTRES-ANIMAUX — LE PRINCIPE D’ÉTHIQUE — D’APRÈS « POUR COMPRENDRE LEVINAS. UNE PHILOSOPHIE POUR NOTRE TEMPS » DE CORINE PELLUCHON

CES AUTRES-ANIMAUX — « POUR COMPRENDRE LEVINAS. UNE PHILOSOPHIE POUR NOTRE TEMPS » DE CORINE PELLUCHON

 

 

« Ni la destruction des choses, ni la chasse, ni l’extermination des vivants – ne visent le visage qui n’est pas du monde. »
(sur Totalité et Infini d’E. Levinas) p.54 in Une autre existence. La condition animale (Florence Burgat — 2012)

 

 

« Les discours de Heidegger et de Levinas restent pris à l’intérieur d’une métaphysique carno-phallogocentrique, parce qu’ils reconduisent, en le justifiant, le sacrifice des animaux, qui n’est pas seulement un sacrifice « réel », mais aussi, comme toujours, un sacrifice « symbolique ». »
Matthew Calarco des travaux de J. Derrida envers et avec J.-L. Nancy
p.123 in Philosophie animale. Différence, responsabilité et communauté (sous la direction de Hicham-Stéphane Afeissa et Jean-Baptiste Jeangène Vilmer — 2010)

 

 

« L’infini actuel a-t-il un sens ? »
p.74 in Altérité et Transcendance (Emmanuel Levinas, 1967-1989)

 

 

   Ces quatre à cinq dernières années, nous avons plusieurs fois écrit à propos des travaux passionnants de la philosophe Corine Pelluchon. Nous nous sommes laissé dire il y a quelques semaines, sans douter un seul instant de la véracité de ce propos, que cette auteure importante engagée notamment pour la libération animale, était une excellente promotrice de la pensée d’Emmanuel Levinas, phénoménologue célèbre au seuil de la théologie. Pelluchon, nous a-t-on dit, vulgarise (dans le bon sens du terme) à merveille dans la discussion les idées de Levinas. Dans la foulée sortait dans toutes les bonnes librairies cet ouvrage : Pour comprendre Levinas. Une philosophie pour notre temps (23 janvier 2020). Bien entendu, nous nous sommes procuré le livre — c’était avant d’être confiné-e-s —, sûr-e-s d’y trouver une nouvelle fois un travail philosophique de grande profondeur et qualité. Nous n’avons pas été déçu-e-s.

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THE TRU(E)MANIMAL SHOW — APRÈS LECTURE DE « CONTRE L’EXPLOITATION ANIMALE… » — TRÈS BEL ARGUMENTAIRE DE VALÉRY GIROUX

THE TRU(E)MANIMAL SHOW — « CONTRE L’EXPLOITATION ANIMALE… » — VALÉRY GIROUX

 

 

 

« Le capitalisme laissé à lui-même aboutirait à l’extinction de la vie, et donc de lui-même. »
p.69 in Ecologica — André Gorz

 

« Poursuivrons-nous dans cette voie indéfendable ou un changement est-il en cours ? »
p.17 in La grande histoire de ce que nous devons aux animaux — Brian Fagan

 

« Car la connaissance n’est ni le simple instrument de l’adaptation d’un organisme à un environnement changeant, ni l’acte d’un être rationnel pur soustrait aux milieux vivants dans la contemplation. »
p.260 in Connaissance et intérêt — Jürgen Habermas

 

 

   Si l’on vous dit « École de Montréal », pour peu que vous soyez intéressé-e par la cause animale, notre petit doigt nous dit qu’un certain nombre de noms et de visages vous viennent à l’esprit. C’est que les ami-e-s québécois-e-s des animaux prennent les choses vraiment à cœur et participent de manière très active à délivrer de part et d’autre de l’océan atlantique une pensée animaliste la plus aboutie possible, et se dessine ainsi une Quebec Touch en philosophie animale — quelque chose entre la sociologie biopolitique, la psychologie morale, et la réflexion jurisprudentielle analytique pour une refondation des bases de l’éthique contemporaine et à venir. Valéry Giroux fait partie de ce groupe de personnes essentielles en leur pays et pour le nôtre, et au-delà de nos frontières géographiques ou culturelles communes, pour le monde et tous les animaux. Après la parution du Que sais-je « Le véganisme » le 13 septembre 2017, écrit en collaboration avec Renan Larue, Valéry Giroux vient de publier le 26 octobre Contre l’exploitation animale. Un argument pour les droits fondamentaux de tous les êtres sensibles dans la Collection V des éditions L’Âge d’homme — maison d’édition suisse qui fait un travail éditorial formidable pour la promotion de l’éthique animale en langue française.

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IN BED WITH K&M LES VEGANAUTES : LITERIE VÉGANE

 

« Nous l’affirmons sans complexe
Nous sommes adeptes du latex. »
Le plastique c’est fantastique, Elmer Food Beat in « 30 cm » (1991)

 

   Salut à tou-te-s !
   Une fois n’est pas coutume, parlons un peu du pieu, du paddock, du plumard (ça sent le spécisme ce mot-là…), du panier, du flac, bref d’un moment très important dans la vie puisqu’il s’agit de celui d’aller au schloff, et comme disait la mère de M. comme on fait son lit on se couche, dicton ô combien applicable aux modèles culturels traditionnels en tous genres faisant leur lit sur le dos des animaux qui n’ont jamais demandé à ce qu’on se repose autant sur eux, d’autant qu’on passe, paraît-il environ, 2800 heures à dormir ou 118 jours par an si vous préférez, autrement dit un tiers de notre vie à n’en faire rien de bien folichon mais bon, pioncer c’est bien agréable, encore faut-il, selon nous et cela dit vite fait pour cette chronique pas prise de tête 1) dormir du sommeil du juste et 2) ne pas se réveiller en ayant l’impression que notre squelette est un puzzle ou nos muscles du vieux chablis (pas le vin, le bois mort).
   Plutôt que de piquer un chien dans un vilain grabat fait en poils et en plumes éhontément volés à leurs porteurs d’origines, voilà belle lurette que nous avions notre litière sur un matelas de basse extraction pétrochimique et, les années passant, nos petits matins ressemblaient de plus en plus à l’entortillée description faite ci-dessus. Jusqu’à ce que nous réalisions avec effroi que nos oreillers étaient en dedans constitués de ce qui appartint à l’extérieur autrefois des amies de Nils Holgersson, ou bien à des canards innocents. Inutile de vous dire que les seuls canards que nous pourrions éventuellement consommer à présent c’est un morceau de sucre roux trempé dans le café. Bref, on s’éloigne, encore que le café… le matin…
   Enfin ; depuis un bon moment ça nous trottait dans la tête de changer de matelas, aussi avons-nous mis du grisbi à gauche (non, pas dans le matelas !) pour ce grand jour à venir. Nuit après nuit nous nous levions défaits puis passions à autre chose. Jusqu’en avril de cette année où, flânant au VeggieWorld, nous sommes tombés sur non pas une marchande de sommeil mais une vendeuse de matelas, oreillers et autres alèses et housses de lit dans le genre écolo, ok, et qu’est-ce qu’elle faisait là la brave dame ? Elle avait des matelas vegan à vendre.
   Ni une ni deux nous voilà affalés sur le lit de démonstration du stand de Sommeil Nature. Autant dire qu’une fois dessus on n’a plus envie du tout de se relever. Comme la petite entreprise familiale ne permet pas de commander en ligne sur son site mais par courrier, email ou téléphone, nous avons choisi ce dernier pour bien nous renseigner avant l’instant crucial : donner notre numéro de carte bleue (ça se fait encore ça ??? ….la trouille !).
   Total TTC avec livraison pour 1 matelas, 1 alèse et 2 oreillers : 1409€.
   Somme toute le prix d’une bonne literie livrée 10 jours plus tard avec facture et ticket de caisse. Et c’est ce que c’est : une très bonne literie. Promesse tenue par le latex végétal les ami-e-s ! Plus de douleurs aux cervicales de K., plus de reins broyés pour M., et quand il fait très chaud on ne se sent plus tout moites et brûlants, tout beurk quoi.
Attention colis volumineux. Le tout pèse 35 Kg et est encombrant comme un Baboumian dans un ascenseur parisien !!! La suite en images :

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   De plus, nous nous sommes séparés de notre vieil édredon. Au début c’est étrange de dormir autant à plat, mais à la vérité il nous cassait bien les cous. « Ouille ! »
   Depuis deux mois et demi, dans notre matelas vegan, nous dormons comme des loirs pour reprendre conscience chaque matin en pleine forme, heureux de cet achat éthique et utile.
   Libération animale même en dormant !
K&M

VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME (PARTIE VIII)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME

 

   11) « Éthique de la prédation » — un problème soluble ?
   Il est possible que des problèmes qui surviennent à l’esprit humain ne puissent pas être solutionnés. À moins que d’emblée la question problématique soit mal posée. Il est parfois difficile de savoir si les termes selon lesquels on s’interroge sont les bons pour aller de l’avant. On peut toujours dès lors, selon la façon dont on doute et ce sur quoi l’on hésite, essayer de reformuler tout ou partie du questionnement. Ce qui nous préoccupe depuis le début de cette véganosophia, c’est s’il convient de passer avec les animaux un contrat moral défini par la Loi, un « contrat naturel » comme l’appela un peu hors de notre propos à l’époque Michel Serres en 1990, et surtout si, contrat ou non — finalement, il faut intervenir dans la vie des êtres de la Nature comme le prescrit l’éthique antispéciste attachée à délivrer tout individu de la souffrance pour lui permettre d’investir pleinement sa finalité propre. Pas si simple de répondre, au-delà même des clivages instinctifs qui sépareront disons, pour faire simple, les abolitionnistes « ultra » et les antispécistes enclins à « l’aménagement ». Si essayer est mieux que rien, et que « le mieux est l’ennemi du bien » comme le laisse entendre à la suite de Montesquieu Thomas Lepeltier, partisan pragmatique de l’interventionnisme, on accordera à David Olivier ou Baptiste Morizot que, monde de causes et d’effets oblige, rien n’a lieu sans conséquences, lesquelles étant presque aussi imprédictibles que les particules quantiques, l’action suppose une bonne préparation… est-on seulement jamais assez préparé ?

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ESPÈCE D’OGRES — SUR LA VORACITÉ SANS LIMITE DES HUMAINS ÉTUDIÉE DANS « L’HUMANITÉ CARNIVORE » PAR FLORENCE BURGAT

ESPÈCE D’OGRES — LA VORACITÉ DES HUMAINS DANS « L’HUMANITÉ CARNIVORE » — FLORENCE BURGAT

 

« Le carnisme ressemble fort en effet à une métaphysique qui ne dit pas son nom et qui s’ignore elle-même, une métaphysique selon laquelle l’espèce humaine est la fin de toutes choses, le centre et le sommet de la Création. »
Renan Larue, Le végétarisme et ses ennemis, pp.10-11

 

« La malnutrition dans le tiers monde est due en grande partie à la régression du cannibalisme. »
Samuel Butler (1835-1902)

 

« L’économie cannibale ne perd jamais rien de ce qui accable les hommes.
Elle fait profit de tout. »
Oscar Wilde (1854-1900)
florence-burgat                                                                                                                                Sur le Larousse en ligne on trouve comme définition de la voracité, qu’elle peut être une avidité à manger, à satisfaire un besoin (et de donner comme exemple « la voracité des loups » […]), ou bien encore qu’elle est l’avidité à satisfaire un besoin, à gagner de l’argent, personne n’étant cité en exemple alors qu’il n’en manque pas… les animaux ayant ce privilège d’être indéterminés et montrés du doigt.
   Opposé à la docilité des animaux que les humains s’arrogent le droit de manipuler et de consommer massivement (on mange volontiers les plus inoffensifs d’entre eux — les herbivores —, du moins dans le modèle occidental qui tend à l’uniformisation planétaire [globalisation]), la voracité chez l’être humain est l’expression d’une insatiabilité dont il est difficile de comprendre les ressorts.

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QUE MILITER EST ÉDUQUER ET INVERSEMENT — UNE JOURNÉE AVEC 269LIFE LIBÉRATION ANIMALE ET VEGAN FOLIE’S — LES DROITS DES ANIMAUX HONORENT NOS ENFANTS

QUE MILITER EST ÉDUQUER ET INVERSEMENT — LES DROITS DES ANIMAUX HONORENT NOS ENFANTS
   Samedi 10 décembre, à l’occasion de la célébration de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme adoptée à Paris au Palais de Chaillot en 1948 par 58 États Membres qui constituaient alors l’Assemblée générale, nous avons décidé de répondre présents aux côtés des 269Life Libération Animale — Tiphaine Lagarde et Ceylan Cirik — devant l’Assemblée nationale pour faire savoir notre volonté de voir accordés aux animaux les droits qui leur reviennent.dscn5792
   Paris revêtait ce jour-là une étole de frimas brumeux qui n’a pas découragé environ deux cents militan-t-e-s bel et bien là pour soutenir les valeurs antispécistes et progressistes défendues par Tiphaine dans un vibrant discours qui trouve à la fois son essence et sa transcendance dans cette formule qui dit qu’il faut que « ces trois mots ne soient pas vains : liberté, égalité, fraternité. »dscn5785
   C’est avec beaucoup d’émotion et de détermination que Tiphaine et Ceylan ont animé ce rendez-vous, et dans la tenue douloureuse qui les habite toujours, où toutes et tous donnèrent tantôt dans le recueillement silencieux, tantôt dans la voix qui porte et transpercent ensemble les murs en pierre de taille de l’Assemblée nationale afin qu’y résonnent longtemps l’appel des sans-voix relayé par les véganes de France. Des personnes sont venues parfois tout spécialement de très loin pour participer à cet événement qui, même s’il n’a pas rassemblé autant de monde qu’on pouvait l’espérer, a été à notre avis un très grand moment symbolique. Lire la suite

RAGE AGAINST PHILOSOPHICAL UNTHOUGHT — RECUEILS DE TEXTES — DÉAMBULATIONS ENTRE PASSION ET COLÈRE À PROPOS DE NOS RAPPORTS AUX ANIMAUX

RECUEILS DE TEXTES — DÉAMBULATIONS ENTRE PASSION ET COLÈRE À PROPOS DE NOS RAPPORTS AUX ANIMAUX

 

« Blotti contre moi, c’est ainsi qu’il se sent le mieux. Il s’attache à la famille qui l’a élevé. Cette fidélité n’est pas extraordinaire : c’est l’instinct naturel d’un animal qui, ayant sur la terre d’innombrables liens politiques, n’en a pas un seul consanguin,
et pour qui l’appui qu’il a trouvé chez nous est sacré. »
p.72 in Manuel de zoologie fantastique — J.-L. Borges et M. Guerrero
(Un croisement, de Franz Kafka, sur un animal imaginaire entre agneau et chat)

 

« L’inquiétude est le fond de l’âme animale,
jusque dans le confort protecteur de ce solide habitat. »
p.23 in Vivre avec un inconnu — Miettes philosophiques sur les chats — F. Burgat

 

   Décidemment, si l’on mesure assez clairement les progrès faits dans le domaine de la considération morale dévolue aux animaux ces dernières années, il reste parmi nous autres les humains une ribambelle de joyeux lurons avertis et prêts à toutes les circonvolutions intellectuelles pour justifier encore boire son lolo et croquer dans la barbaque !
   Cela dit — ce coup de gueule-là — qui vient si tôt vous prendre aux mots et à la gorge introduit-il sans trop en dire, et ce paradoxalement, une brève présentation de deux ouvrages dont on ne saurait ne pas en recommander la lecture assidue, la plus ancienne étant toujours d’actualité avec la plus récente. Deux livres : deux recueils de textes tout à fait passionnants où en apprendre beaucoup sur l’animal-ité et sur les hommes dans ce qu’on pourra appeler leurs excédents d’humanisme (l’élargissement de la sphère empathique aux animaux) et leurs défauts d’humanité(s), travers et manques.

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« OUVRIR LES YEUX, OUVRIR SON CŒUR » DE LAU R. : SWEET DREAMS ARE MADE OF THIS

You may say I’m a dreamer
But I’m not the only one
I hope some day you’ll join us
And the world will be as one
Imagine — John Lennon

 

Ouvrir les yeux, ouvrir son coeur Lau R.   Le livre de Lau R. (ou Sweetie Veggie) est le journal de bord d’une végane en devenir.
D’abord écrit sous la forme d’un blog, il est devenu pages, nécessité pour l’auteure de transmettre son témoignage dans son intégralité.
Végane, on aimerait partager son expérience, chose souvent difficile dans un environnement dissonant.
La lecture de ce livre permet cela. On suit le parcours de l’autre, on y trouve des similitudes, des différences, on apprend des informations dont on n’avait pas encore eu connaissance, on dialogue et ça fait un bien fou : nous ne sommes pas seuls. Lire la suite

NOTRE HISTOIRE OU LE PARTAGE OBLIGÉ DES AFFRES HUMAINES — D’APRÈS « LE POINT DE VUE ANIMAL » D’ÉRIC BARATAY

NOTRE HISTOIRE OU LE PARTAGE OBLIGÉ DES AFFRES HUMAINES — D’APRÈS « LE POINT DE VUE ANIMAL » D’ÉRIC BARATAY

 

« Seule l’espèce humaine est engagée dans une aventure
dont le but n’est pas la mort, mais la réalisation d’elle-même. »
Raymond Aron
p.52 in Introduction à la philosophie de l’Histoire

 

9782020982856   Avec le recul, fort des apprentissages que l’on fait auprès des éthologues, des philosophes, des militants de la cause animale « de tous poils », il est des pensées, quoi ! des idées mettons, qu’il est grand temps de mettre au rencart. Allez zou ; du balai. Car qu’on puisse, en 1938, écrire la supériorité d’Homo sapiens en s’appuyant sur un darwinisme dont on se débarrasse aussitôt et qu’on dise que « […] l’évolution arrêtée dans le règne animal se prolonge dans l’humanité »[1] passe encore […], mais donner l’espèce humaine pour ayant seule un but vital transcendant, c’était, et a fortiori quand on sait ce qu’il s’est immédiatement passé ensuite — la seconde guerre mondiale — se fourvoyer ou faire preuve d’une naïveté béate, à moins qu’on hésite entre un positivisme qui s’ignore et un conservatisme gaulois, quand justement l’auteur de cette historique introduction parlait d’Auguste Comte et disait de lui que « […] par exemple, [il] s’est progressivement découvert et construit un passé où les êtres et les événements étaient disposés en fonction du rôle et de la signification que la religion de l’humanité leur réservait. »[2] N’est-ce pas justement ce que l’Homme, depuis sa majesté auto-constituée fait de tous temps ? Mourir et faire mourir médiocrement en prétendant le contraire et en niant à ce destin divin toute autre participation que la sienne ? C’est tout à fait ce que démontre et raconte très bien en 2012 l’historien Éric Baratay dans son livre Le point de vue animal. Lire la suite