VÉGANOSOPHIA — PHARMACOZOOLOGIES EN TEMPS DE BIODÉSERTIFICATION. POUR UNE ZOOPOÉTHIQUE DE L’ÊTRE À VENIR (PARTIE II)

— VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — PHARMACOZOOLOGIES EN TEMPS DE BIODÉSERTIFICATION. POUR UNE ZOOPOÉTHIQUE DE L’ÊTRE À VENIR (PARTIE II)

 

   2) Souveraineté du vivant
   Nous avons la dernière fois terminé provisoirement le propos avec Jacques Derrida. Nous avons proposé, dans la continuité d’une idée déjà évoquée sur ce blog auparavant, d’étendre notre considération morale aux animaux à l’instar du cynosarges (Κυνόσαργες, Kynósarges) à l’époque de Diogène Laërce (début du IIIe siècle). Le cynosarges était un gymnase qui accueillait les demi-citoyens. À cette époque les demi-citoyens étaient les personnes issues d’unions dont l’un des parents n’était pas citoyen de la ville. On pense alors, évidemment, au travail de Sue Donaldson et Will Kymlicka : l’essai Zoopolis (2011). Lire la suite

PRENEZ EN DE LA GURREN ! — ET LES ANIMAUX ALORS ? — BELLA CIAO

PRENEZ EN DE LA GURREN ! — ET LES ANIMAUX ALORS ?

 

« (des Stoïciens) Particulièrement l’animal n’est pas autant que l’homme, tout au moins, lié au feu cosmique, au pur technikon, à ce feu artisan qui découpe toutes les choses, qui les assemble et qui leur donne une signification. »
p.57 in Deux leçons sur l’animal et l’homme, Gilbert Simondon (2004)

 

« Nous apprécions l’intelligence des animaux dans la mesure où ceux-ci se laissent dominer par nous. »
p.14 in Mémoires d’un rat, Andrzej Zaniewski (1993)

 

« Dans ce grand enchaînement des causes et des effets, aucun fait ne peut être considéré isolément. »
p.29 in L’invention de la nature. Les aventures d’Alexander von Humboldt, Andrea Wulf (2015)

 

 

   Jamais on aurait cru que Gurren Vegan, devenu sans qu’on s’en aperçoive — parce qu’on ne le suivait plus depuis belle lurette — Gurren Meta, deviendrait un ennemi de la cause animale, un anti-végane, un anti-antispéciste, un végano-sceptique à sa sauce, un supervilain, un sycophante de première (non c’est pas le nom d’un insecte), tellement qu’on le sentait investi le mec. Lire la suite

DU CULTE DE LA VIANDE À LA VIANDE DE CULTURE — UNE LECTURE DE « CLEAN MEAT » DE PAUL SHAPIRO — OU COMMENT MANGER SAGEMENT MONSIEUR LE PRÉSIDENT

DU CULTE DE LA VIANDE À LA VIANDE DE CULTURE — UNE LECTURE DE « CLEAN MEAT » DE PAUL SHAPIRO

 

« Si quelqu’un est malheureux lorsqu’il y a un problème de bien-être animal, c’est l’éleveur le premier (…) C’est lui pleure quand un animal meurt. Ce n’est pas les gens qui sont dans des associations ou dans des bureaux. »
Emmanuel Macron au 71ème Congrès de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) — 2017

 

« Faudra-t-il attendre des crises majeures pour qu’enfin nous nous décidions à faire évoluer nos modes de vies ? »
p.208 in Guérir la Terre, nourrir les hommes — Perrine et Charles Hervé-Gruyer (2014)

 

« Tout se décide sur ce nexus entre la vastitude du pouvoir-être total et la finitude de l’horizon mortel. »
p.464  in La mémoire, l’histoire, l’oubli — Paul Ricœur (2003)

 

   Monsieur le Président,
   C’est un peu étrange de vous écrire par internet interposé. Assez curieux d’user d’une telle formule d’usage « Monsieur le Président ». Ça pourrait bien être n’importe qui. Comme il y a autant de chance — très peu — que vous lisiez ceci par ce biais que si l’on vous écrivait à l’Élysée où notre courrier serait implacablement filtré et possiblement détruit sans vous parvenir, autant resté-e-s dans le cadre de notre façon de militer. Car, Monsieur le Président, nous aussi sommes des citoyen-ne-s engagé-e-s, et nous œuvrons contre votre gouvernance. Nous défendons la dignité des animaux, et s’il est avéré que ça n’est pas votre cas, vous seriez bien inspiré d’entendre la raison végétarienne, celle qui s’éprend de compassion pour tous les êtres sensibles et conçoit depuis bien avant votre éphémère existence une biopolitique à mille lieues des aspirations court-termistes de votre gestion économico-matérialiste centrée sur l’argent, les dividendes, les profits, le dépôt-vente des institutions de l’État à des multinationales promptes au greenwashing et à la biodésertification.
   Il n’est point question de regarder de biais si oui ou non les cuisines de l’Élysée doivent satisfaire d’éventuels caprices gourmands de votre part de temps à autre, ou de geindre sur l’aménagement de la piscine de Madame. L’urgence est tout autre, c’est une éminence sans personne et bientôt sans sujets, si proche et plus forte que le rire jaune des gilets colériques. Tout ou presque tout — en tout cas l’essentiel, est contenu dans le terme de quoi nous allons vous entretenir : dans la viande.

Lire la suite

« VERS UNE SOCIÉTÉ VÉGANE » D’OLIVIER ROGNON — L’UTOPISTE ESSAI D’UN FOL IRRÉALISTE — MAIS SI POSSIBLE, ALORS POURQUOI PAS ?

« VERS UNE SOCIÉTÉ VÉGANE » D’OLIVIER ROGNON — SI POSSIBLE, POURQUOI PAS ?

 

 

« […] il y avait des foies et des rognons, et même une tête de veau sur un carré de marbre blanc, pauvre petit animal livide aux paupières closes, une tête pensive qui trônait au milieu de ce brouhaha profane, une tête plongée dans un profond rêve. »
p.125 in Chien-Loup, Serge Joncour — 2018

 

« […] c’est pour ne pas être cannibale qu’il a fallu les déshumaniser. »
(à propos des animaux) p.228 in Mangeurs de viande de la préhistoire à nos jours, Marylène Patou-Mathis (2009)

 

« « Aimer » ou « prendre parti » pour les animaux ne se résume plus à signer des pétitions, cotiser pour des ONG, fondations, associations, ou s’abstenir dans son coin de manger leur chair, mais implique la nécessité de militer activement pour que leur statut d’individu soit légalement reconnu. »
pp.22-23 in Désobéir avec amour, Virginia Markus — 2018

 

 

   Dans un très merveilleux essai — La vie des plantes (Une métaphysique du mélange) — renouvelant le genre de la réflexion métaphysique en donnant la part belle à l’idée d’une immersion du vivant dans le monde via l’efflorescence du végétal — et son auteur, Emanuele Coccia, a raison sur ce point —, où les plantes font le monde pour les autres vivants, il est dit, presque d’emblée, que les humains méprisent les plantes, le végétal en général. Quoi ? le végétal ce n’est rien que de l’ornement, non ? Eh bien non. Le végétal c’est l’essentiel, puisqu’il façonne le monde pour nous autres, le modèle à le rendre respirable et pour nous conséquemment : habitable (oikouménè gê, qu’on se rappelle Berque, puis Stolz). De ce pneuma, ce souffle où l’on s’immerge et qui nous traverse, nous y dissipant climatiquement, Emanuele Coccia dit qu’il est primordial et que la philosophie et les humanités l’ont oublié. D’ailleurs, dirions-nous, ne sommes-nous pas tournesols lorsqu’au printemps nous tournons notre visage au soleil et en respirons gourmandement les rayons ? Lire la suite

CONSIDÉRATIONS ÉTHIQUES SUR LA MISE À MORT D’ANIMAUX, LES PRATIQUES IDÉALES CASHER, LES VUES RELIGIEUSES DIVERSES ET ATHÉISTES SUR LE VÉGÉTARISME

CONSIDÉRATIONS ÉTHIQUES SUR LA MISE À MORT D’ANIMAUX, LES PRATIQUES IDÉALES CASHER, LES VUES RELIGIEUSES DIVERSES ET ATHÉISTES SUR LE VÉGÉTARISME

 

   Voici notre traduction d’un post (source) du blog Kone, Krusos, Kronos — a personnal forum to express ideas, stories, etc, que son auteur, végétarien depuis plus de 45 ans, a publié en 2014. Ayant trouvé sa présentation du végétarisme au sens large plutôt intéressante et probablement une manière originale d’introduire le sujet auprès des curieux-ses et des novices, nous vous le partageons tel quel, ré-illustré par nous. Nous remercions l’auteur pour son autorisation et sa confiance.
   Here is our translation of the post titled Ethical considerations on the killing of animals, ideal kosher practices, diverse religious views, and atheists on vegetarianism from the blog Kone, Krusos, Kronos — a personnal forum to express ideas, stories, etc. We found it a such original and interesting way to present vegetarism to curious people and novices. A lot of thanks to the author, who is vegetarian for more than 45 years, for his autorisation and his confiance.

 

K&M

 

 

« Seulement, garde-toi de manger le sang, car le sang, c’est l’âme; et tu ne mangeras pas l’âme avec la chair. »
Deutéromone — 12 :23-24

 

 

   La Torah explique de façon très détaillée comment les animaux doivent être sacrifiés et notamment abattus (shechita). Selon les rabbins Shlomo Ephraim Luntschitz et Abraham Isaac Kook, la complexité de ces lois étaient destinée à décourager la consommation de viande. La Kashrout peut également être comprise comme un rappel pour les Juifs de l’ampleur de la tâche qui consiste en le fait de tuer un être vivant. Lire la suite

L’AUTRE COMME DÉPASSEMENT DE SOI — L’HEUREUX COURIR VIVANT DU VEGAN MARATHON — ALTER-(EGO) : POUR LE RUNNING TOUR DU 1er AU 10 SEPTEMBRE 2017 ET TANT QUE NÉCESSAIRE

L’AUTRE COMME DÉPASSEMENT DE SOI — HEUREUX COURIR VIVANT DU VEGAN MARATHON — POUR LE RUNNING TOUR DU 1er AU 10 SEPTEMBRE 2017

 

Ainsi puisses-tu épargner à chaque foulée l’impromptue
Innocence d’un animal et devenir un exemple à suivre
Ô simple mortel : voilà un beau sens à la vie

 

« L’hédonisme consiste à goûter l’existence en communiquant avec autrui grâce à ses sensations les plus archaïques et les plus complexes. Il est donc inséparable du respect que l’on a de soi, des autres et de l’environnement. »
p.63 in Les Nourritures, Corine Pelluchon

 

« Nous ne pouvons fonctionner en tant qu’acteurs humains que si nous avons une idée de là où nous devons aller et de ce qui constitue une vie bonne et riche de sens. »
sur Charles Taylor cité par Hartmut Rosa in Aliénation et accélération, p.69

 

 

 

— Seul-e contre tous —
   On ne nous en voudra probablement pas si pour écrire au sujet du Vegan Marathon nous partons, comme toujours direz-vous, un peu « en roue libre », mais c’est dire aussi, le pied léger, bien dans nos baskets, sans même angoisse aucune de se faire tailler un short pour ce qu’il convient bien d’appeler une escapade en solitaire(s) aux antipodes ou anti-piédestaux des routes toutes tracées, et ce afin de prendre la parole qui nous est offerte comme prétexte à pratiquer un de nos sports préféré qui est la course de fonds (grund)… phénoménale ! Pour nous suivre pas besoin de programmation neurolinguistique d’aucune sorte mais juste d’un peu de curiosité pour ce que l’intertextualité peut bien nous dévoiler ayant trait au souffle (pneuma) de l’Être-en-vie puisque, ne le perdons jamais de vue : Vegan Marathon = libération — celle des animaux autant que des humain-e-s.

Lire la suite

VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME (PARTIE IV)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME

 

   6) La voie éthique de la phronésis :
   Le moins qu’on puisse dire, c’est que les idéaux éthiques ont la vie dure. Leur voie n’est pas toute tracée ; loin de là. D’autant qu’il faudra dire explicitement s’il s’agit ici d’idéaux réductibles à un idéal majeur.
   Cet idéal, peut-être pourrions-nous commencer par le décrire en tant qu’axiologie. L’axiologie doit pouvoir définir les valeurs, et tirer des valorisations une morale, voir une éthique. Lire la suite