MULTIPLICITÉ DES MONDES DES ÊTRES VIVANTS — « SOMMES-NOUS TROP « BÊTES » POUR COMPRENDRE L’INTELLIGENCE DES ANIMAUX ? » DE FRANS DE WAAL — LE SAVOIR COMME INSTRUMENT DU VIVRE-ENSEMBLE

« SOMMES-NOUS TROP « BÊTES » POUR COMPRENDRE L’INTELLIGENCE DES ANIMAUX ? » DE FRANS DE WAAL — LE SAVOIR COMME INSTRUMENT DU VIVRE-ENSEMBLE

 

« Celui qui comprendra le babouin devrait faire
davantage pour la métaphysique que Locke » — Darwin, 1838

 

« Le vrai problème existentialiste n’est pas que sa vie n’a aucun sens et qu’elle soit absurde, mais qu’elle s’inscrive au contraire au plus profond d’elle-même dans le développement et l’extension du vivant. »
p.179 in L’animal est l’avenir de l’homme — D. Lestel

 

« Avoir un sens, c’est être moyen d’une fin, et ainsi être inséparable, en dernier lieu, d’une volonté par laquelle la fin est fin — que la volonté confère la finalité à la fin ou qu’elle soit suscitée par cette fin.
p.152 in Autrement qu’être ou au-delà de l’essence — E. Levinas

 

« Ces animaux qui s’extrait de la fange nous rappellent nos humbles début. Tout a commencé simplement. Pas seulement notre corps — dont les mains dérivent de nageoires frontales et les poumons d’une vessie natatoire — mais aussi notre esprit et nos comportements. Croire que la morale échappe à ces modestes origines, c’est professer une conviction qui nous a été inculquée par la religion et qu’a embrassée la philosophie. Mais elle est totalement contraire à ce que nous apprend la science moderne sur la primauté des intuitions et des émotions. »
p.309 in Le bonobo, Dieu et nous (sur la « soupe primitive » par J. Bosch)

 

sommes-nous-trop-betes   Dans le très magnifique ouvrage qui vient d’être publié à l’initiative de Karine Lou Matignon Révolutions Animales — comment les animaux sont devenus intelligents, cette dernière affirme que malgré qu’il n’y ait jamais eu autant d’exactions commises à l’encontre des animaux dans le monde, jamais non plus les intérêts des animaux n’avaient été autant défendus ni par autant de défenseurs. Cela inaugure, pour elle, et on a envie d’y croire avec elle, d’un certain futur de l’humanité où l’éthologie, les neurosciences et la recherche cognitive nous auront permis d’améliorer constamment notre vie aux côtés de tous les animaux dont on ne cesse plus à présent de découvrir les merveilleuses capacités et intelligences. Car à l’instar de la conscience, l’intelligence n’est pas une chose unique qu’on ne rencontre que chez les humains. Et c’est bien ce que s’est proposé de raconter sur le ton d’une vulgarisation qui s’adresse à tous publics, le primatologue et éthologue Frans de Waal.

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« ZOOPOLIS » — VERS UNE NOUVELLE RÉVOLUTION ? — AUTOUR DE LA POSTFACE DE CORINE PELLUCHON À L’ESSAI DE S. DONALDSON & W. KYMLICKA TRADUIT EN FRANÇAIS

« ZOOPOLIS » — AUTOUR DE LA POSTFACE DE CORINE PELLUCHON À L’ESSAI DE S. DONALDSON & W. KYMLICKA

 

« […] l’homme est par nature un animal politique, et que celui qui est hors cité […] est soit un être dégradé soit un être surhumain […]. »
Aristote, Politiques, I, 2

 

« Étant donné l’intelligence des éléphants dans d’autres domaines,
nous avons toutes les raisons de penser que la société des pachydermes
est aussi complexe que celles d’autres animaux politiques. »
p.260 in Sommes-nous trop « bêtes »pour comprendre l’intelligence des animaux ?
Frans de Waal

 

« Aimer Zoopolis le livre ne veut en rien dire non plus
être béat devant ce chef-d’œuvre mais au contraire, en tant que grand texte,
le déconstruire en profondeur car lui aussi contient de sacrées illusions humanistes ! »
Patrick Llored — (présentation sur Facebook)

 

 

   Voilà des mois qu’on attendait la publication de l’essai de Sue Donaldson et Will Kymlicka dans la langue de Molière. Une attente un peu fébrile peut-être, désireux que nous sommes nous autres véganes, qu’avance la pensée française sur la question animale histoire de sortir de notre grande maladie imaginaire hexagonale — gastronomique ! — quant à la nécessité de consommer les animaux dans la fête somptuaire et crépusculaire des médiocrités idolâtres et industrielles. Une attente attisée par des conférences comme celle donnée sur le sujet par Florence Burgat et Estiva Reus.
zoopolis   C’est peut-être cela après tout l’utopie ? non pas vouloir la libération animale, mais croire qu’il existe une mort heureuse, consentie, durable dans son renouvellement, organisée selon la morale d’une exploitation légitime par nature (la fameuse tradition dans l’exception culturelle), où le bon peuple est désormais plutôt prêt à se réfugier dans des valeurs supposées d’antan, fantasme d’un monde originaire sain, sans danger, pur, autant spécieux et spéciste… un monde impossible — entendre : détestable — où s’effondrent ensemble dans ce non-lieu réalisé le no animal’s land en une sixième extinction de masse préparant le terrain pour l’ensevelissement final d’homo sapiens lui-même, par lui-même. Lire la suite