VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME (PARTIE II)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME
   2) Un système d’apparence sans fin :
   On a vu précédemment avec l’exemple de Jocelyne Porcher, l’exploitation des animaux, même en dehors du cadre industriel à outrance tel qu’on en observe la pregnance dans le procès de marchandisation-capitalisation du vivant depuis la fin de la seconde guerre mondiale, est un système basé sur la mauvaise foi — ou a minima sur la confusion entre nécessité historique et contigence ; système qui prend couramment nom de « tradition ». Pour défendre ce système d’une exploitation respectueuse des animaux, J. Porcher n’hésite pas à constituer son discours sur une mythologie. Ainsi au final, il résulte une pensée qui se donne comme pare-feu à un impenser fondamental pour l’animal-ité. Cet impenser ne pense pas, donc, les animaux quels qu’ils soient, comme des sujets-d’une-vie à la manière de Tom Regan, ou encore comme sujets de droit comme défendu par Gary Francione. Ce « modèle » participe de l’émulation de son « contraire » la version industrialisée de l’élevage (intensif) puisqu’il perpétue dans l’imaginaire collectif la pseudo-possibilité — voire : naturalité — d’un usage des corps des animaux, autrement dit : de leur être, puisque faire l’usage d’un être sentient pour sa force ou ses matières premières c’est lui dénier son existence propre, en bref son intégrité.

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UN ROMAN FRANÇAIS RÉALISTE — LA RENTRÉE LITTÉRAIRE DE JEAN-BAPTISTE DEL AMO AVEC « RÈGNE ANIMAL »

UN ROMAN FRANÇAIS RÉALISTE DE JEAN-BAPTISTE DEL AMO AVEC « RÈGNE ANIMAL »

 

« C’est une fille », dit-elle.
Il acquiesce et répond :
« Je m’en vais nourrir les bêtes », puis sort pisser dans la nuit.
p.32 in Règne Animal

 

« Pas un toit, pas une âme. Pas même le cri d’un courlis dans les roseaux des marais. Et, sur cette solitude parfaite, brillait un soleil de décembre, clair et glacial. »
in Le grand Meaulnes — Alain-Fournier

 

« Bientôt une sorte de griserie lui vint de toute cette terre remuée, qui exhalait une odeur forte, l’odeur des coins humides où fermentent les germes. »
in La Terre — Émile Zola

 

 

Del Amo Règne Animal NRF   Voilà un roman qui nous parle de notre pays, de la terre de France et sa culture profonde en ses sillons, ses tracés, ses tranchées, de la campagne telle qu’elle fut et n’est plus, telle qu’elle mua et s’emmura dans ce qu’elle est encore. Un territoire post-moderne que continuent de dissimuler autant que faire se peut traditions et propagandes. Pour autant, dire qu’il s’agit d’une littérature de terroir serait peut-être excessif, ou alors dans le sens du roman classique « à l’ancienne » dans la lignée des Sand, Balzac ou Flaubert, Hugo ou Maupassant, Zola ! et pour finir Giono. Et avant tout, un grand roman réaliste, humaniste et animaliste en ce qu’il conjure le lecteur à relire cette glèbe et ses habitants avec à la fois l’œil de l’ethnologue et de l’éthologue. Un roman d’Histoire effondrée dans une de ses localités, car l’histoire des hommes qui s’écrit souvent à leur insu, c’est également celle des animaux qui les accompagnent bon gré mal gré dans leurs vies misérables, furieuses, et dévastées. Lire la suite