ANTISPÉCISTE, ET DISSIDENTE CAR VRAIE CITOYENNE — AUTOUR DE « INDUSTRIE LAITIÈRE. UNE PLAIE OUVERTE À SUTURER ? REGARD ÉTHIQUE SUR LA FILIÈRE SUISSE DU LAIT » DE VIRGINIA MARKUS

DISSIDENTE CAR VRAIE CITOYENNE — « INDUSTRIE LAITIÈRE. UNE PLAIE OUVERTE À SUTURER ? REGARD ÉTHIQUE SUR LA FILIÈRE SUISSE DU LAIT » — VIRGINIA MARKUS

 

 

« Toutes les formes d’amour authentiques ont un point commun : le sens de la responsabilité. Sinon, elles ne sont qu’imposture. »
in Indignez-vous — Stéphane Hessel (2010)

 

« […] une vie de vache […] pour l’essentiel une succession d’inséminations et de mises bas. »
p.102 in Vache à lait. Dix mythes de l’industrie laitière — Élise Desaulniers

 

« En protégeant les êtres innocents de ce monde, nous protégeons la vie dans toute sa pureté »
pp.124-125 in Empathie et compassion — Sandra Cardot

 

   Il y a un an, souvenez-vous, nous commentions la sortie du livre d’Élise Desaulniers, Vache à lait, dénonçant les mythes de l’industrie laitière — au Québec notamment. L’essayiste Normand Baillargeon avait à juste titre préfacé que le travail effectué en 2013 par Desaulniers avait pour objectif d’activer un point de bascule pour la libération animale. On peut réitérer la formule et à la fois le compliment à l’égard de Virginia Markus, jeune citoyenne suisse éducatrice de sa profession, qui s’est lancée par ses propres moyens dans une vaste enquête sur les terres helvétiques afin de dénoncer ce que subissent les bovins femelles et mâles exploité-e-s dans des conditions qui n’ont rien d’une publicitaire image d’alpine Épinal à la Milka, c’est le moins qu’on puisse dire.

Lire la suite

N°67 — UN EXIL À GUERNESEY POUR JERSEY — QUELQUES MOTS SUR « VACHE À LAIT » D’ÉLISE DESAULNIERS

UN EXIL À GUERNESEY POUR JERSEY — SUR « VACHE À LAIT » D’ÉLISE DESAULNIERS

 

« Ainsi peuvent être simultanément engendrés, les mythes eux-mêmes par l’esprit qui les cause, et par les mythes, une image du monde déjà inscrite dans l’architecture de l’esprit. […] La pensée mythique n’accepte la nature qu’à condition de pouvoir la répéter. »
pp-346-347 in Le cru et le cuit, Claude Lévi-Strauss

 

« La souffrance des vaches n’est pas que physique. Elle est aussi — surtout — émotive. Chaque année la vache met au monde un petit qu’on lui arrache dès la naissance. Dans la nature les veaux tètent leur mère durant six à neuf mois, se sevrant progressivement ; les femelles restent en général avec leur mère durant toute leur vie, et les mâles durant une année, après quoi ils quittent le troupeau. »
Élise Desaulniers, Vache à lait, p.104

 

« Vous ne serez jamais, et dans aucune circonstance,
tout à fait malheureux si vous êtes bon envers les animaux. »
Victor Hugo

 

vache-a-lait-desaulniers-elise   Voici un court ouvrage qu’on peut se permettre de dévorer puisqu’il est vegan, bien qu’il faille avouer que toutes les bouchées de ce livre de résistance ne sont pas sans laisser un arrière-goût spécial, quelque chose de spécieux — celui du spécisme, l’aliment principal qu’il faut avaler —, un goût d’amertume et de tristesse, des larmes qu’on ravale en songeant au sort malheureux des « vaches à lait. » Voyez-vous la différence de ton quand l’auteure, Élise Desaulniers, qu’on avait jusqu’ici lue que dans sa préface à La politique sexuelle de la viande de C. J. Adams ou sur son blog, utilise l’expression de contre-histoire avec la philosophaillerie masculine démago qu’on nous sert comme rata à l’ordinaire ? « Après tout ce que j’ai compris sur le lait, écrit Élise Desaulniers, je me permets d’opposer une contre-histoire aux mythes racontés par l’industrie. » (p.22 in Vache à lait ; c’est nous qui soulignons) Vous avez bien lu : Élise Desaulniers se permet, autrement dit elle ose sortir du silence et quelque part s’en excuse, elle va vous bousculer un peu. C’est qu’en même temps comment rester mutique après ses découvertes au sujet de cette industrie impure qu’est celle du laid ? Quoi ! une faute… pardon : du lait.

Lire la suite