L’ESPRIT FRAPPEUR — PETIT THÉÂTRE POUR THOMAS LEPELTIER, D’APRÈS « LES VÉGANES VONT-ILS PRENDRE LE POUVOIR ? »

L’ESPRIT FRAPPEUR — D’APRÈS « LES VÉGANES VONT-ILS PRENDRE LE POUVOIR ? » DE THOMAS LEPELTIER

 

« Je me sers des animaux pour instruire les hommes. »
Jean de la Fontaine (1621-1695)

 

« Retracer l’essor de l’animal humain au cours des trois derniers millions d’années permet de mieux marquer l’inversion du mouvement récemment amorcée. »
p.635 in Le troisième chimpanzé — Jared Diamond (1992)

 

« Je m’assieds sur une chaise, me laisse tomber plutôt car tout à coup je pense avec accablement à notre planète en souffrance — oui, c’est le mot, ils souffrent tous, l’étang, les arbres, les insectes et les bêtes, comment en sommes-nous arrivés là ? »
p.150 in « Merlin » dans Nous sommes à la lisière — Caroline Lamarche (2019)

 

L’ESPRIT FRAPPEUR
Courte pièce de théâtre en trois actes très brefs
d’après Les véganes vont-ils prendre le pouvoir ?
de Thomas Lepeltier
   Les trois actes se déroulent dans un même lieu, avec les mêmes personnages ou presque. La scène : un terrain vague d’Ivry-sur-Seine où était autrefois implanté un abattoir. Les personnages principaux : des amis qui cherchent à investir leurs économies dans un projet de ferme immobilière parisienne pour redonner ses lettres de noblesse à l’élevage traditionnel. On ne connaît pas leurs noms mais juste leurs initiales. Il y a A. F., J. P., R. E., D. L., F. W., J.-P. D. et P. A. Passeront par-là le Végano-sceptique et enfin l’Esprit Frappeur et le Maire d’Ivry.
*
ACTE I
   Arrivés sur les lieux de leur projet, les amis forment un singulier conciliabule au beau milieu du grand terrain vague. Alentour d’immenses fosses ou mottes de terres. Quelques engins de chantiers. Quelques pans de murs de briques en ruines. Aux limites du terrain, des grillages ou des panneaux en métal graffés et tagués abondamment. Tandis qu’ils devisent sur leurs ambitions un des amis laisse tomber d’une des poches de son blaser un petit livre à la première de couverture colorée.
J. P. : Qu’est-ce que c’est… mais ! (se penchant plus prestement que le propriétaire du bouquin pour le ramasser) Tu lis ça toi ?

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VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME (PARTIE VII)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME

 

 

   10) Écotechnie — homo magna predator :
   N’oublions pas que nous avons débuté « Contrat naturel et interventionnisme » avec une critique de la mythographie de la conception traditionnelle agroalimentaire, et non pas uniquement agricole. Ou alors, peut-être pourrions-nous parler d’agri-culture au sens où la pensée issue de la tradition — pleine de nostalgie quant à un passé rustique et en « harmonie avec la Nature » — défend bec et ongles, comme dit l’expression spéciste mais très imagée, la conservation et la continuation d’une agriculture dite extensive avec des éleveurs, des bergers et autres bons samaritains des bêtes respectant leur « bien-être », autrement dit : bien nourris (sélectionnés, engraissés, gavés) pour être bien mangés. Il s’agit bien, donc, d’une certaine culture avec une conception bien particulière d’une « Nature » dont les êtres sont pourtant et depuis belle lurette dénaturés.

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VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME (PARTIE I)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME
   1) L’abnégation des animaux, mythème de leur(s) exploitation(s) :
   Le contre-don (…). Retour sur investissement que perçoit l’humain qui a élevé l’animal puis l’a tué pour en tirer des bénéfices. Comme tout procès économique, et plus largement comme dans tout système de vase communicant, le bénéfice appelle un détriment, le plus un moins, le plein un vide, le vivant dans sa continuité la mort de l’autre dans son intégrité. Si, lorsque Jocelyne Porcher qui défend l’idée d’un élevage respectueux des animaux est sérieuse quand elle dit « la mise à mort nécessite une ritualisation incompatible avec les objectifs de rentabilité » (cf. son site internet), ou encore que « la mort des animaux est acceptable si on leur a donné une bonne vie[1] », il faut lui concéder qu’elle au moins n’est pas insensible à la sensibilité des animaux. Il est tout de même curieux d’imaginer une relation de travail, avec qui que ce soit, qui s’achève par la mort de l’employé. Ne considère-t-on pas choquant qu’après une vie de labeur une personne ne puisse profiter de sa retraite ? Pourquoi les animaux dont on jugerait opportun de les faire travailler (on pense ici aux propositions de Zoopolis de S. Donaldson et W. Kymlicka) n’auraient-ils pas eux aussi droit à un repos bien mérité ?

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