VÉGANOSOPHIA — LA BIOPOLITIQUE DANS L’ONTOLOGIE (PARTIE VIII)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
   « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

LA BIOPOLITIQUE DANS L’ONTOLOGIE — MODALITÉ DES ÊTRES DU MONDE (PARTIE VIII)

 

   14) Transhumance :
   Là où l’Être est épuisé pour ces êtres, les étant-vivants ont de tous temps pris la seule décision qui s’impose alors : la migration. C’est proprement du lieu devenu invivable, même s’il le redeviendra peut-être — sans doute — que l’on part chaque fois que cela est nécessaire au survivre. Toutefois, dans un monde sous occupation telle que la Terre porte l’Humanité, il devient extrêmement plus difficile de partir. Partir pour quitter la désolation, au péril de l’isolement, de l’échec. Loin que les animaux non-humains aient encore à effectuer de nouvelles trajectoires quand les flux migratoires séculiers ne sont plus praticables, les hommes eux-aussi ont à s’affranchir des topologies qui sont les leurs. Et comme les animaux qui ne sauraient désormais toujours franchir les espaces pour trouver une herbe plus verte ailleurs, non pas aussi facilement qu’avant car ça n’a jamais été facile, les uns comme les autres, les humains comme les non-humains, doivent faire avec des contraintes de l’ordre de l’insurmontable. Comment pour les uns surpasser les frontières gardées et les montagnes administratives, et pour les autres traverser les océans bitumés, les forêts d’immeubles illuminés et littéralement déroutant que les hommes érigent et étalent ? En revenant sur une autre remarque de l’ethnologue Claude Lévi-Strauss, on veut faire mieux transparaître, rendre manifeste, l’âgon (ἀγών) tel qu’il s’exerce déchirant l’Être. Dans La pensée sauvage, que nous dit Lévi-Strauss sur la Vérité de l’Être et qui ait un impérieux rapport avec notre engagement biopolitique ? Il écrit, en 1962 : « c’est l’herbe en général qui attire l’herbivore.[1] » Lire la suite

VÉGANOSOPHIA — LA BIOPOLITIQUE DANS L’ONTOLOGIE (PARTIE V)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto

 

   « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

LA BIOPOLITIQUE DANS L’ONTOLOGIE — MODALITÉ DES ÊTRES DU MONDE (PARTIE V)

 

   9) Du commencement et de la coexistence :
    Dans ses Essais de Théodicée (GF Flammarion), G. W. Leibniz s’exprime déjà à propos du « devoir-être » humien, en quelque sorte. Car effectivement il y fait le net distingo entre une fausse ontologie vécue et une ontologie métaphysique vers laquelle il incline. Leibniz nous dit qu’« il nous suffit un certain ce que c’est (τί έστι) » là où nous vivons et de la manière irréfléchie dont nous le faisons, avant que de dire que « mais le comment (πώς) nous passe, et ne nous est point nécessaire. » (p.83 in op. cit.) C’est une manière d’évoquer le fameux oubli qui va tant occuper plus tard Martin Heidegger, que nous soyons « jetés-là », oublieux de l’Être. S’il est certain que nombreux sont ceux qui ne peuvent pour diverses raisons pratiques s’interroger sur le « comment » et s’abandonner sans même le savoir à la passivité du « ce que c’est » (sans savoir vraiment ce que c’est que ce « qu’est-ce ? »), il est regrettable que toutes ces cogitations possibles n’aient pas lieu — tant de belles choses non cultivées chez tant de gens. Mais tout s’effondre dans un puits sans fond encore une fois, là où plongea Heidegger à la suite de Leibniz qui tirait la conséquence suivante de l’affairisme quotidien de ses congénères à la subsistance, comme quoi : « Il faut donc chercher la raison de l’existence du monde, qui est l’assemblage entier des choses contingentes, et il faut la chercher dans la substance qui porte la raison de son existence avec elle, et laquelle par conséquent est nécessaire et éternelle. » (p.107) L’erreur ontologique est d’avoir obliqué vers une théologie. Erreur répétée à sa manière par la Science quand elle confond (encore souvent) temporalité(s) et commencement(s) pour tomber sur un écueil à la limite du nihilisme. C’est Emmanuel Kant qui a identifié cette différence fondamentale qui nous aide à sortir de l’ornière onto-théo-logique ancestrale, du causa sui divin. Paul Ricœur y fait référence de la sorte : « Cette distinction entre commencement du monde et commencement dans le monde est essentielle à la notion de commencement pratique prise du point de vue de sa fonction d’intégration. » (p.128 in Soi-même comme un autre. Points Essais) Lire la suite