L’ÉNIGME DE WO : PORTRAITS AU VITRIOL DU PSEUDO-DIVIN — SUR « LA CARICATURE DE DIEU » DE MÉRYL PINQUE

L’ÉNIGME DE WO — SUR « LA CARICATURE DE DIEU » DE MÉRYL PINQUE

« Nul n’est libre qui perpétue la guerre, et c’est justement
ce qu’elle ne veut pas être : une esclave du mal. »
In Mille et une nuit, p.145
La caricature de Dieu   C’est par une huile d’Edward Hopper, New-York Movie (1939) que l’on entre de prime abord en contact avec le recueil de nouvelles de Méryl Pinque, La Caricature de Dieu aux éditions du Rocher. Ce choix illustratif est judicieux. Cette femme, là, dans le couloir attenant à la salle de cinéma où les spectateurs sont tout entiers absorbés par la contemplation du monde fictionnel se déroulant à l’écran, ce pourrait bien être en effet l’auteure elle-même, pensive, introspective à sa façon mais en puissante réflexion non sur elle-même mais sur le monde, le vrai, a contrario des gens qui lui tournent le dos et font acte d’oubli, de déni, face au spectacle du monde déliquescent au-dehors, y préférant son double cinématographique pour ne pas avoir à en être véritablement les acteurs de la kiné. Si Baudelaire avait eu son mot à en dire, il n’aurait pas hésité un seul instant, et nous aurait dit que Méryl Pinque, dans ses récits, nous donne à voir la décadence pure. Lire la suite