ANTISPÉCISTE, ET DISSIDENTE CAR VRAIE CITOYENNE — AUTOUR DE « INDUSTRIE LAITIÈRE. UNE PLAIE OUVERTE À SUTURER ? REGARD ÉTHIQUE SUR LA FILIÈRE SUISSE DU LAIT » DE VIRGINIA MARKUS

DISSIDENTE CAR VRAIE CITOYENNE — « INDUSTRIE LAITIÈRE. UNE PLAIE OUVERTE À SUTURER ? REGARD ÉTHIQUE SUR LA FILIÈRE SUISSE DU LAIT » — VIRGINIA MARKUS

 

 

« Toutes les formes d’amour authentiques ont un point commun : le sens de la responsabilité. Sinon, elles ne sont qu’imposture. »
in Indignez-vous — Stéphane Hessel (2010)

 

« […] une vie de vache […] pour l’essentiel une succession d’inséminations et de mises bas. »
p.102 in Vache à lait. Dix mythes de l’industrie laitière — Élise Desaulniers

 

« En protégeant les êtres innocents de ce monde, nous protégeons la vie dans toute sa pureté »
pp.124-125 in Empathie et compassion — Sandra Cardot

 

   Il y a un an, souvenez-vous, nous commentions la sortie du livre d’Élise Desaulniers, Vache à lait, dénonçant les mythes de l’industrie laitière — au Québec notamment. L’essayiste Normand Baillargeon avait à juste titre préfacé que le travail effectué en 2013 par Desaulniers avait pour objectif d’activer un point de bascule pour la libération animale. On peut réitérer la formule et à la fois le compliment à l’égard de Virginia Markus, jeune citoyenne suisse éducatrice de sa profession, qui s’est lancée par ses propres moyens dans une vaste enquête sur les terres helvétiques afin de dénoncer ce que subissent les bovins femelles et mâles exploité-e-s dans des conditions qui n’ont rien d’une publicitaire image d’alpine Épinal à la Milka, c’est le moins qu’on puisse dire.

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CRITIQUE DE LA RAISON PURE ET DIGNE DE RÉSISTER — À PROPOS DU DERNIER LIVRE DE DAVID CHAUVET « UNE RAISON DE LUTTER »

RAISON PURE ET DIGNE DE RÉSISTER — DAVID CHAUVET « UNE RAISON DE LUTTER »

 

« C’est la vie, bien avant la pensée, qui pourvoit le sensible de dimensions, c’est-à-dire de normes sensorielles et motrices mesurant l’apparaître. »
p.238 sur l’organisation du perçu selon Peacoke in L’animal que je ne suis plus — Etienne Bimbenet

 

« Agissons conformément à notre conviction sans nous réfugier derrière le prétexte que, individuellement considérée, notre action est vaine. »
p.98 in La cause des animaux — Florence Burgat

 

« …les tigres et lui sont d’une même essence : la Volonté. »
sur ce que dirait A. Schopenhauer des enfants, à la manière des archétypes de Platon in Manuel de zoologie fantastique — Jorge Luis Borges et Margarita Guerrero

 

« L’homme ferait-il mieux que l’oiseau son nid, mieux que l’araignée sa toile ? »
p.13 in La connaissance de la vie — Georges Canguilhem

 

 

   Depuis que nous avons commencé le blog de K&M Les Veganautes, nous avons chroniqué plusieurs dizaines d’ouvrages traitant de la question animale. La chose s’est faite toute seule, comme qui dirait par la force des choses, et au fil de l’eau, devenant non pas impérative mais essentielle à nos yeux, faisant de nous d’abord des passeurs de messages, des transmetteurs, et à l’occasion peut-être également des émetteurs, profitant chaque fois de l’occasion pour confronter les idées des auteur-e-s à celles d’autres personnes et contextes, aux nôtres aussi, recherche sans cesse réitérée d’éclairer de tous les feux de l’éthique la Vérité du Monde. Car oui cette vérité existe. Et oui, elle est faite de faux-semblants qu’il faut déjouer, et de phénomènes qu’il faut prendre à bras le corps, de réalités enfin qui vous (re)viennent à l’esprit quand l’envie d’être lucide en conscience vous travaille. Parfois l’enthousiasme à le faire a été, disons… moins frénétique, vous l’aurez peut-être remarqué — si vous êtes de nos lecteurs-rices assidu-e-s — car le nombre d’ouvrages consacrés à cette question a considérablement augmenté, au point qu’on s’interroge parfois sur l’opportunisme des certain-e-s auteur-e-s… eh oui : le véganisme, l’antispécisme, la cause animale, c’est vendeur !
   Il est cependant des essayistes qui ne viennent pas de débarquer dans le milieu et dont la sincérité et l’engagement ne donnent pas lieu de douter. C’est le cas de David Chauvet, bien connu pour ses publications et ses conférences consacrées au sort des animaux dans notre société spéciste. Il est l’auteur et le co-auteur de nombreux articles et d’interventions, notamment au sein de la prestigieuse équipe des Cahiers Antispécistes et avec Droits des Animaux.

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SYNTONISATION : EN RÉFÉRENCE AUX ABSENTS — DU BRILLANT OUVRAGE DE CAROL J. ADAMS « LA POLITIQUE SEXUELLE DE LA VIANDE » — OU L’EN-DEÇÀ DU VÉGANISME

DU BRILLANT OUVRAGE DE CAROL J. ADAMS « LA POLITIQUE SEXUELLE DE LA VIANDE » — OU L’EN-DEÇÀ DU VÉGANISME

 

 

« […] le symptôme est une métaphore, ce n’est pas une métaphore que de le dire, non plus que de dire que le désir de l’homme est une métonymie. »
p.526 in Écrits I — Jacques Lacan

 

« […] (que) toute chose puisse n’exister pas. »
(sur le fait que l’être rend possible la place d’une absence)
p.144 in Écrits II — Jacques Lacan

 

« S’il est naturel de consommer de la viande, pourquoi ne nous y prenons-nous pas de façon naturelle, comme les autres animaux ? »
p.257 in La Politique sexuelle de la viande

 

 

Politique sexuelle de la viande   Des femmes véganes elles-mêmes n’ont pas encore conscience de cette vérité énoncée par Élise Desaulniers dans sa préface à l’historique essai de Carol J. Adams La politique sexuelle de la viande — que […] depuis le 19ème siècle au moins, l’histoire du mouvement animaliste se conjugue d’abord au féminin[1]. Il y a peu encore, certaines d’entre les militantes que nous avons rencontrées s’étonnaient quand on le leur faisait remarquer : « Ah oui ? À ce point-là ?! je n’avais pas fait attention…, disaient-elles, et ça n’était pas les moins engagées.
   — Et pourtant si, répondions-nous, c’est une évidence : les trois-quarts des personnes engagées pour la cause, et très souvent véganes, sont des femmes. »
   Nous au départ, nous en avions parlé entre nous, concluant que la conscience zoo-politique des femmes prenait ses racines dans quelque chose de l’ordre de classe ou de genre, devinant un lien avec le féminisme. Et, sans tomber dans le pseudo-romantisme, il semblait très clair que les femmes sont plus à même de se mettre à la place d’autrui, quitte à s’effacer de manière exagérée parfois cela dit, à avoir de l’empathie pour dire le mot juste. Et parce que la société — prise en tant qu’agglomérat de cultures — forme un système coercitif à l’encontre de tous ses membres mais plus encore pour certains que pour d’autres, en termes de praxis biopolitique totale (incluant les animaux donc), nous n’en avions pas encore pris véritablement la mesure.

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LA CHÈVRE ET LE CHOU — « ANIMAL CARE CERTIFIED », IS FUTURE WARRANTY ? — AU SUJET DE « L’ÉTHIQUE À TABLE » DE PETER SINGER ET JIM MASON

 

LA CHÈVRE ET LE CHOU — AU SUJET DE « L’ÉTHIQUE À TABLE » DE PETER SINGER ET JIM MASON
« […] nous devons éviter d’apporter notre soutien à des pratiques agricoles (culture ou élevage) lorsqu’il existe un risque, même très faible, que cela conduise à une catastrophe écologique. »
p.402 in L’Éthique à table

 

« Nous devons apprendre à respecter la vie sous toutes ses formes : il ne faut détruire sans raison aucune de ces herbes, aucune de ces fleurs, aucun de ces animaux qui sont tous, eux aussi, des créatures de Dieu. »
Théodore Monod

 

LÉthique-à-table   Dans la courte et concise préface qu’Aymeric Caron a consacrée au livre L’Éthique à table – Pourquoi nos choix alimentaires importent de Peter Singer et Jim Mason, le journaliste intime le lecteur à prendre conscience de la réalité qui est la sienne en tant que consommateur. Car d’un côté celui qui consomme est investi d’une responsabilité, et de l’autre [d’]un pouvoir[1].
   C’est en effet ce qui apparaît très concrètement dans l’enquête à laquelle nous convient le philosophe Peter Singer et l’avocat et conférencier Jim Mason. Si l’ouvrage date un peu dans sa version anglophone (2006), il n’a malheureusement pas perdu de sa perspicacité dans les faits énoncés. Il nous permet aujourd’hui grâce à la Collection V de l’Âge d’Homme, de mesurer les progrès du véganisme français au sein de l’évolution des mœurs dans la dernière décade (2005 – 2015), notamment grâce au travail de traduction et d’annexes d’Estiva Reus et Etelle Higgonet. Lire la suite