Y’A PAS QUE DES MAUVAISES GRAINES QUI TUENT LES BÊTES — AUTOUR DE « À L’ABATTOIR » DE STÉPHANE GEFFROY — PARALLÈLES

AUTOUR DE « À L’ABATTOIR » DE STÉPHANE GEFFROY — PARALLÈLES

 

Mass extinction, darling, hypocrisy
These things are not good for me
Do you see what I see, dear ?
Abattoir blues — The Lyre of Orpheus — Nick Cave and The Bad Seeds (2004)

 

 

A l'abattoir couv   Vous savez c’qu’on dit des gens qui bossent dans les abattoirs n’est-ce pas ? Que ce sont des rustres, dans le sens de durs à cuire rustiques de la cambrousse, et puis qui n’ont pas beaucoup, voire pas du tout d’éducation. Que ce sont des illettrés. Va savoir si la rumeur dit vrai ! Moi je n’ai jamais mis les pieds dans un abattoir. Belle lurette qu’on n’en trouve plus à Paris ou en banlieue parisienne, alors pas de risque de s’y être retrouvé. Pas comme ce breton, Stéphane Geffroy. Lui et la célèbre pâte à tartiner même combat : vingt-cinq ans d’expérience feront toujours la différence. Tu m’étonnes.
   Avant la lecture du livre de Geffroy je me suis dit que ça allait être truffé d’horreurs. Le genre sanglant, dégoûtant, pas lisible en somme. Qu’on se détrompe, ce petit témoignage d’une vie de labeur acharné — comprendre : attaché à la carne — ça n’est pas ce qu’on croit. Et puis bref, eh bien moi j’ai été touché un point c’est tout. J’vous raconte.

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MA VIE EST UNE POMME : JE M’APPELLE JEANNE MAS

« I look inside myself and see my heart is black.
I see my red door and must have it painted black.
Maybe then I’ll fade away and not have to face the facts
It’s not easy facin’ up when your whole world is black. »
Paint it Black — The Rolling Stones. 1966
« En rouge et noir, j’exilerai ma peur
J’irai plus haut que ces montagnes de douleur »
En rouge et noir — Jeanne Mas. 1986
« On ne pense plus qu’à soi aujourd’hui, on ne pense plus qu’à son trou du cul.
La mort est une fiction médiatique. »
Je m’appelle Jeanne Mas — Thomas Lélu. 2005
jeanne mas
   Un samedi soir à Maubeuge, j’ai sept ans et c’est l’heure du Top 50. Comme à chaque émission, je vais me dandiner sur chaque chanson, inventant des chorégraphies, chantant à tue-tête et en yaourt (de soja of course) si la chanson est anglo-saxone.
Mes pauvres parents n’ont pas beaucoup le choix : subir le spectacle imposé par leur progéniture (je danse juste à côté du téléviseur) ou partir dans la cuisine feignant terminer la préparation du repas.
J’ai sept ans et en cet été 1986, c’est sur le tube « En rouge et noir » que je me défoule.
À ce moment précis, je ne sais pas encore que mon destin et celui de Jeanne Mas sont scellés : toutes les deux nous serons véganes. Lire la suite

LE CRYPTO-VÉGANISME DE MICHEL ONFRAY

COSMOS M. Onfray   À la lecture de « BÊTES HUMAINES – POUR UNE RÉVOLUTION VÉGANE ? », l’on aurait pu croire à une prochaine conversion de Michel Onfray au véganisme. En effet, le voir associé au recueil voulu par Méryl Pinque nous a fait espérer le voir rejoindre le pré carré des philosophes vegan, donc l’extensible territoire vegan de prime abord. C’est dans son livre COSMOS écrit entre 2013 et 2014 que Michel Onfray s’étend plus avant sur la question de l’éthique animale. Il y consacre un groupe de chapitres assez longs. « La question se pose de manger les animaux, ou non. Quand je pense, je conclus que non ; quand je mange, je fais comme si je n’avais pas pensé, ni rien conclu. » (pp.232-233). Curieux aveu, totalement contradictoire au vu des considérations sur le sujet auxquelles se livre l’auteur, pour qui au final « l’universalisation de la maxime végane débouche sur la suppression de l’homme. »
   C’est en échangeant nos impressions, nos points d’accords ainsi que nos étonnements quant à la question du véganisme au fil du texte de Michel Onfray, que nous avons dialogué puis décidé de tout coucher par écrit avec le parti pris d’être les plus justes possible dans l’analyse et la critique.

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SUR UNE LECTURE DE « BÊTES HUMAINES ? POUR UNE RÉVOLUTION VÉGANE. »

  Bêtes humainesVoilà un récent nouvel ouvrage sur le véganisme, savoir donc : sur la question de la cause animale et la place de l’Homme dans le monde — au beau milieu du monde où il n’est pas le seul.
Méryl Pinque a réuni ici quelques textes de Gary L. Francione, Valéry Giroux, Patrick Llored, Gary Steiner, elle-même, avec une introduction du philosophe français qui ne lâche rien : Michel Onfray.
   On ne saurait dire si Onfray est devenu vegan, ou si oui à quel degré d’implication. Cependant, pour cet intellectuel issu de la paysannerie — dans le sens noble de la rusticité —, qui dans ses ouvrages et ses colloques à l’Université Populaire démontre sans faille sa passion camusienne pour les faits et rien que les faits, et en raison de cela taille des sérieux costards aux philosophes et à leurs petits arrangements avec la réalité de l’Histoire, « [Les vegans] éclairent d’une forte clarté de trop grandes zones d’ombre. » C’est, sous la plume onfrayenne, un grand honneur, parce que lui ne tergiverse pas. Pour ce qu’on en sait d’autres lectures de lui, il tiendrait plutôt du réaliste à l’indienne, au sens où les indiens d’Amérique, s’ils consommaient de la viande, ne prélevaient que le strict nécessaire et respectaient la Nature comme une Mère Universelle.
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