ROX MEMORIA — UNE VIE DE CHIEN COMME LEÇON DE CYNISME — AUX ANIMAUX-MACHINES DE GUERRE

ROX MEMORIA — LEÇON DE CYNISME AUX ANIMAUX-MACHINES DE GUERRE

 

 

« Un animal n’est pas une arme, un animal n’est pas un serviteur.
C’est un être sensible, qui ressent la faim, la soif, le froid, la douleur, le stress, l’angoisse… Nous ne devons pas l’utiliser pour nos histoires d’humains.
Nous n’en avons pas le droit moral. Simple question d’éthique. »
Luce Lapin — Charlie Hebdo du 6 janvier 2016
(sur la mort de Diesel, chien du RAID)

 

Ama me, ama canem meum
(Qui m’aime, aime aussi mon chien)

 

 

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   Un blog est fait pour se raconter. Mais voilà : nous préférons parler de la cause animale, avec toute la subjectivité de nos points de vue, de notre manière de comprendre ce monde au travers aussi de celles et ceux qui défendent les animaux, qui analysent nos relations avec eux, qui enrichissent nos connaissances et notre ouverture d’esprit à l’ensemble du vivant. Toutefois aujourd’hui je vous propose un retour dans le passé. Vingt ans en arrière pour être précis, quand j’ai rencontré Rox.
   En août 1996, j’ai intégré l’armée française dans le cadre du service militaire. Train de nuit, autocar de jour, direction l’Alsace. « Bienvenus chez les Fusiliers commandos de l’Air » qu’on nous a dit… tout un programme n’est-ce pas ? Au début on n’en mène pas large, et puis on prend le rythme, dépossédés que nous sommes de la réalité que nous nous étions construite jusqu’alors, résolus à « vivre comme un légume ».
   C’est après l’affectation à la Base Aérienne définitive que j’ai fait une rencontre qui a énormément marqué ma vie de jeune homme, et encore maintenant. Le choix étant donné de monter aux miradors ou de faire partie de la section cynophile, j’ai immédiatement pensé que quitte à perdre mon temps chez les soldats, autant le faire avec un chien. Je revois le sergent qui en faisait des caisses, genre Full Metal Jacket sauf qu’il n’avait pas le droit d’être humiliant. Plus tard une certaine forme de bonhommie et de brutalité mêlées s’exprimaient chez lui qui nous apprit à devenir des « conducteurs de chiens ». Fallait pas hésiter à cogner de toutes ses forces sur le crâne si l’animal ne voulait rien comprendre. Gueuler dessus comme un tordu aussi était préconisé, faut les impressionner les cabots, ça doit pas faire ce que ça veut. Le molosse c’est une arme, 800 kilos de pression dans les mâchoires. Le chien vous choppe, il vous plaque au sol, vous déchire les chairs et y’a que son maître qui peut encore l’arrêter et vous sauver. Le malinois ? un super chien d’attaque !rox-1

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