VÉGANOSOPHIA — GÉOPOLITIQUE ANTISPÉCISTE ET BIOPHILE — ZOONOSES, PANDÉMIES, EXTINCTION — UNE SOLUTION HÉTÉROBIOTIQUE (PARTIE VIII)

— VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
« L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

VÉGANOSOPHIA — GÉOPOLITIQUE ANTISPÉCISTE ET BIOPHILE — ZOONOSES, PANDÉMIES, EXTINCTION — UNE SOLUTION HÉTÉROBIOTIQUE (PARTIE VIII)

 

« …j’envoyais dans l’Espace des masses d’animaux ou de plantes, les organismes vivants situés au milieu de la masse résistaient mieux à la mort. » p.178 in « Les Sondeurs vivent en vain » — Les Seigneurs de l’Instrumentalité, Cordwainer Smith (1950-1960).

 

   9) Aspécisme
   Très récemment, nous avons entendu l’écrivain et essayiste algérien Kamel Daoud dire qu’il faut, pour neutraliser la conflictualité et endiguer la rancœur historique, faire de la « poésie politique ». En l’occurrence il parlait du travail photographique de Raymond Depardon. Contrairement souvent aux penseurs antispécistes influents en France, nous aussi nous plaidons pour une zoopoétique à même d’aider à instaurer une cosmopolitique habitée par le souci démocratique républicain, la critique biopolitique et une législation zoopolitique adaptative. C’est dire, en somme, que nous défendons la notion d’une géopolitique antispéciste, biophile — sinon quoi à vivre avec qui ? — qui passe par la prise en compte de la pluralité des vivants et leurs mondes, par un hétérobiotisme dont on a parlé de la capacité naturelle d’autogestion (ou autodéfense), bref de biorésistance et d’antibiorésistance, puisque tout nous regarde par le prisme de l’économie mondialisée et les myriades d’économies locales et leurs agencements en perpétuel mouvement.
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VÉGANOSOPHIA — GÉOPOLITIQUE ANTISPÉCISTE ET BIOPHILE — ZOONOSES, PANDÉMIES, EXTINCTION — UNE SOLUTION HÉTÉROBIOTIQUE (PARTIE VII)

— VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
« L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — GÉOPOLITIQUE ANTISPÉCISTE ET BIOPHILE — ZOONOSES, PANDÉMIES, EXTINCTION — UNE SOLUTION HÉTÉROBIOTIQUE (PARTIE VII)

 

 

    8) Anticapitalisme = antischizophrénie cognitive et morale : notre unique éthique comme position de résistance
   Dans un article que nous avons trouvé non dénué d’intérêt, Frédéric Lordon s’est exprimé au sujet que, dixit : la radicalité rend sourd[1]. Pourtant, nous — sur ce blog, véganes, antispécistes, « penseurs » d’une culture zoopolitique, critiques biopolitiques, etc. — ne pouvons pas ne pas être taxés de radicaux. Nous voulons, toutefois, restés ouverts, tolérants, patients, malgré les urgences dans l’urgence tout en gardant une position ferme, voire intransigeante à l’égard de l’idée de la libération animale et de l’émancipation sociale (abolitionnisme). Déjà en 1995 Brian A. Dominick avait anticipé ce retour de flamme où radicalités et extrémités sont mélangées et participent d’un flou artistique de plus en plus aveuglant dans la vie politique et citoyenne actuelle, et précisant que se positionner à la racine d’une question, d’un problème, est une exigence de lucidité morale et philosophique.
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VÉGANOSOPHIA — GÉOPOLITIQUE ANTISPÉCISTE ET BIOPHILE — ZOONOSES, PANDÉMIES, EXTINCTION — UNE SOLUTION HÉTÉROBIOTIQUE (PARTIE VI)

— VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
« L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — GÉOPOLITIQUE ANTISPÉCISTE ET BIOPHILE — ZOONOSES, PANDÉMIES, EXTINCTION — UNE SOLUTION HÉTÉROBIOTIQUE (PARTIE VI)

 

 

   7) La distance szoociale : contre l’endogénéisation des autres
   On aura compris au vu de ce que dit précédemment, que les dispositions antispécistes les plus audacieuses, comme celle qui questionne sur la nécessité de contrôler tous les animaux afin de faire disparaître la prédation et la souffrance engendrée, sont loin d’être des théories-diagnostics suffisantes pour rendre ce monde généralement plus agréable à vivre, en vertu de ce qu’on peut appeler les failles de barrières d’espèces. En outre, nous vivons désormais dans un systémisme bioéconomique des États-nations tel que nous ne pouvons faire l’impasse sur la critique de la prédation même de cette systématicité. En 2017 nous avions parlé du travail de Thorstein Veblen qui dans sa Théorie de la classe de loisir de 1899 avançait que la prédation ne saurait devenir d’emblée la ressource habituelle et normale d’un groupe ou d’une classe : il faut d’abord que les méthodes industrielles parviennent à un certain degré d’efficacité […] le passage de l’état pacifique à la prédation dépend du développement des connaissances techniques et de l’usage des outils[1]. Et l’on s’empresse d’ajouter aujourd’hui : des connaissances sociologiques, éthologiques, biosystémiques et de l’usage des étant-vivants.
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VÉGANOSOPHIA — GÉOPOLITIQUE ANTISPÉCISTE ET BIOPHILE — ZOONOSES, PANDÉMIES, EXTINCTION — UNE SOLUTION HÉTÉROBIOTIQUE (PARTIE V)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — GÉOPOLITIQUE ANTISPÉCISTE ET BIOPHILE — ZOONOSES, PANDÉMIES, EXTINCTION — UNE SOLUTION HÉTÉROBIOTIQUE (PARTIE V)

 

 

 

      6) Silence animal et cri de la pandémie (suite)
   Malgré ces mots empreints d’une poétique de la nature et du vivant, il faut reconnaître que nous sommes désormais à mille lieues du monde tel que vu et défendu par Aldo Leopold dans A Sand County Almanac en 1949 : « Man and beast, plant and soil lived on and in each other in mutual toleration, to the mutual benefit of all. The marsh might have kept on producing hay and prairie chickens, deer and muskrat, crane-music and cranberries forever. » (Oxford University Press, p.99). Il n’est plus du tout évident que la tolérance soit de mise tant d’un point de vue biologique pur que zoopolitique, justement parce que l’agentivité humaine est telle qu’elle saborde la possibilité d’une mutualisation bénéficiaire in natura pour tous les étant-vivants. Non pas que les non-humains soient en capacité de se rebeller contre cet état de fait. Ils ne le peuvent pas. Cependant en tant qu’ensemble hétérogène, le biosystème n’est plus en mesure d’être tout à fait résilient par lui-même au bénéfice du plus grand nombre possible de ses habitants. On entend ici « possible » dans la stricte acception de ce qui advient de facto, en situation, et non selon une notion d’utilitarité (de logos calculant), ceci n’ayant pas cours dans la nature sinon que par la sélectivité mais non une volonté quelconque. Comme le dit Gilles Clément, le système centralisé s’effondre […] On est déjà dans un autre modèle mais on n’en parle pas[1]. En clair, c’est la centralisation menée lors de l’hominisation du monde qui vacille parce qu’elle cède sous le poids du biosystème qu’elle a déstabilisé. C’est peut-être que « la vie », dans sa vastitude, ne peut pas être prise en charge par le génie humain. Loin que le phénomène du vivant s’auto-affecte en effet, il n’en demeure pas moins, comme l’écrivait Michel Henry, que la vie est indifférente à son processus de différenciation, et que cet invisible de la vie n’est pas provisoire mais insurmontable[2]. Et c’est justement la prétention humaine de pouvoir tout manipuler, tout contrôler, tout transformer en un capital quelconque, qui a mis l’espèce humaine devant ce fait accompli que son existence est menacée parce qu’elle aura d’abord menacé les autres formes de vie de l’écoumène (ou biosystème) et, les réduisant parfois jusqu’à l’extinction, aura avant même de s’en rendre compte, rendu incertaines les conditions mêmes de sa propre pérennité. Faut-il aller jusqu’à envisager fabriquer un monde entièrement bio-objectivé ? On y reviendra.

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VÉGANOSOPHIA — GÉOPOLITIQUE ANTISPÉCISTE ET BIOPHILE — ZOONOSES, PANDÉMIES, EXTINCTION — UNE SOLUTION HÉTÉROBIOTIQUE (ZOOMNÉSIS)

— VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 
VÉGANOSOPHIA — GÉOPOLITIQUE ANTISPÉCISTE ET BIOPHILE — ZOONOSES, PANDÉMIES, EXTINCTION — UNE SOLUTION HÉTÉROBIOTIQUE
 
 
— ZOOMNÉSIS —
 
     Dans le « monde d’avant », le monde d’il y a encore très peu de temps mais dont le temps passant éloigne sa présentialité et qu’il n’en reste plus qu’un fond diffus distancialisé, on a presque chanté — célébration phantasmée anticipatrice, utopie désormais faite atopie, c’est-à-dire une allergie cosmopolitique grandissante — on a chanté, dit-on, le « monde d’après ». Ce monde suivant nous y sommes sans vraiment y être. Il n’est pas celui qu’il aurait voulu être, réenchanté, il n’y est pas là où on l’attendait, il n’est tout simplement pas. Il est un autre monde d’après, un monde comme avant à vrai dire, un monde en dévalement (Verfallen) (au sens heideggérien[1] d’une errance décevante où demeure ouverte la possibilité de retrouver l’essentiel). Mais a-t-on seulement véritablement voulu ce monde ? Ou n’était-ce pas uniquement une nouvelle fabula narratur histoire de faire passer le temps du confinement (illusoire parenthèse enchantée de l’extractivisme ralenti, du ciel rendu aux oiseaux, de territoires réanimalisés et de l’encloisement singulier collectif) comme le temps d’une retraite spirituelle, sanitaire et salutaire ; d’une remise en question de la question de l’Être-au-monde en attendant de revenir, bon an mal an, au monde d’avant : au même monde en oubliant de revenir au monde même ? Car le « monde d’après » cela devait être, dans ce rêve éveillé ou cette somnolence in-dolente, l’occasion de faire surgir le vrai monde, le monde réel, celui où il fait bon vivre et où l’on sait qu’on a un à-venir. Un monde imparfait, dont il faut penser les événements à l’aune de chaque vie individuelle, mais un monde conservant sa sustainabilité (de sustain et non de « durable »). Lire la suite