VÉGANOSOPHIA — GÉOPOLITIQUE ANTISPÉCISTE ET BIOPHILE — ZOONOSES, PANDÉMIES, EXTINCTION — UNE SOLUTION HÉTÉROBIOTIQUE (PARTIE III)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — GÉOPOLITIQUE ANTISPÉCISTE ET BIOPHILE — ZOONOSES, PANDÉMIES, EXTINCTION — UNE SOLUTION HÉTÉROBIOTIQUE (PARTIE III)

 

   4) Animal rationale ? — Diplomatie dans la lumière de l’Être
   Dans une thèse explorant la brève ouverture de la philosophie du jeune Heidegger pour un mode existential des animaux, Christiane Bailey montre qu’il y a bien eu, avant le re-jet du zoon hors du Dasein (de l’être-là devenant rapidement exclusivement humain) une modalité propre — originaire — appartenant (ou ici allouée) aux animaux, formant donc ontico-ontologiquement famille avec l’humanité. Et comme le dit fort bien Juan-Manuel Garrido dans une autre thèse : « […] c’est l’animalité de l’être — l’être se libérant de l’être — ce qu’il faut essayer de comprendre si l’on veut vraiment libérer l’essence de l’homme de l’humanisme métaphysique. » On comprend bien que le darwinisme et l’éthologie contemporaine achèvent de donner raison à cette position : que l’être comme ce quoi se donnant à soi-même n’est pas un privilège humain, mais est bel et bien disséminé dans le monde que nous partageons avec ces êtres dans la différence ontologique s’effaçant immédiatement au profit de la corporéité (ipséité biontique). Heidegger, en privant les animaux de monde(s), les a virtuellement coupés de l’espèce humaine à sa manière et à la suite de Descartes, et même si pour des raisons différentes, donnant quelque part l’illusion d’une sorte d’immunité spécifiquement humaine — « étrangisant » l’humain de l’animal, jetant le bioç hors de l’exis — ou bien ex-communiant l’humain du monde des vivants et le pro-jetant vers un autre état plus singulier (solus ipse)[1].
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VÉGANOSOPHIA — GÉOPOLITIQUE ANTISPÉCISTE ET BIOPHILE — ZOONOSES, PANDÉMIES, EXTINCTION — UNE SOLUTION HÉTÉROBIOTIQUE (ZOOMNÉSIS)

— VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 
VÉGANOSOPHIA — GÉOPOLITIQUE ANTISPÉCISTE ET BIOPHILE — ZOONOSES, PANDÉMIES, EXTINCTION — UNE SOLUTION HÉTÉROBIOTIQUE
 
 
— ZOOMNÉSIS —
 
     Dans le « monde d’avant », le monde d’il y a encore très peu de temps mais dont le temps passant éloigne sa présentialité et qu’il n’en reste plus qu’un fond diffus distancialisé, on a presque chanté — célébration phantasmée anticipatrice, utopie désormais faite atopie, c’est-à-dire une allergie cosmopolitique grandissante — on a chanté, dit-on, le « monde d’après ». Ce monde suivant nous y sommes sans vraiment y être. Il n’est pas celui qu’il aurait voulu être, réenchanté, il n’y est pas là où on l’attendait, il n’est tout simplement pas. Il est un autre monde d’après, un monde comme avant à vrai dire, un monde en dévalement (Verfallen) (au sens heideggérien[1] d’une errance décevante où demeure ouverte la possibilité de retrouver l’essentiel). Mais a-t-on seulement véritablement voulu ce monde ? Ou n’était-ce pas uniquement une nouvelle fabula narratur histoire de faire passer le temps du confinement (illusoire parenthèse enchantée de l’extractivisme ralenti, du ciel rendu aux oiseaux, de territoires réanimalisés et de l’encloisement singulier collectif) comme le temps d’une retraite spirituelle, sanitaire et salutaire ; d’une remise en question de la question de l’Être-au-monde en attendant de revenir, bon an mal an, au monde d’avant : au même monde en oubliant de revenir au monde même ? Car le « monde d’après » cela devait être, dans ce rêve éveillé ou cette somnolence in-dolente, l’occasion de faire surgir le vrai monde, le monde réel, celui où il fait bon vivre et où l’on sait qu’on a un à-venir. Un monde imparfait, dont il faut penser les événements à l’aune de chaque vie individuelle, mais un monde conservant sa sustainabilité (de sustain et non de « durable »). Lire la suite

VÉGANOSOPHIA — PHARMACOZOOLOGIES EN TEMPS DE BIODÉSERTIFICATION. POUR UNE ZOOPOÉTHIQUE DE L’ÊTRE À VENIR (SUI GENERIS)

— VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

VÉGANOSOPHIA — PHARMACOZOOLOGIES EN TEMPS DE BIODÉSERTIFICATION. POUR UNE ZOOPOÉTHIQUE DE L’ÊTRE À VENIR
— SUI GENERIS —
   Qu’il faut tout faire par soi-même.
   Voilà ce à quoi, archétypalement parlant pourrait-on dire, la privation des libertés d’autrui nous oblige. Car c’est notre propre liberté, savoir : ontiquement, en tant qu’étant-vivant, qui est amoindrie, affectée dans sa psychée et sa corporéité, lorsque l’autre est démis de la sienne. Et pis : bientôt désaffectée dans son envineronne-mentalité, lorsque peu à peu et de manière exponentielle et même si lentement, chose mue d’une telle accélération que ce qui diffère se voit presque de jour en jour vidé en substance — notre liberté d’être en propre ce qui est venant de l’Être et devient dans l’intervalle (khôra) un être singulier — localement ontifié — car mis en face des altérités qui le regardent, vit dans le risque de l’esseulement absolu. Et peut-être s’émeut. Se met en mouvement, et va pour faire ce qui doit être fait pour, au-delà de devenir, avoir à revenir, rejouer le tout pour le tout de l’Être une bonne fois pour toutes. Volontairement, vraiment ; donc en puissance, en apothéose, donc en être libre, attaché aux étantités qui me réalisent.
   Autrement dit nous allons parler de sur-vie et de survie, nous allons parler de la vie et de son en-vie. Nous allons pour cela, pour voir ce qu’on fabrique, nous élancer une fois de plus dans l’exercice d’une libre pensée (libre dans l’écart plutôt obtu de ce qu’elle connaît si peu) en quête de vérité de l’Être. Cela selon nous et pour des éons, ne peut qu’être l’affaire d’une zoopoéthique. Cela inclut : prendre avec soi la critique zoopolitique antispéciste ; prendre avec soi la menace anthropique décrite par Bernard Stiegler ; prendre avec soi un temps de recueillement philosophique médidatif aux côtés de Heidegger ; prendre avec soi la modalité radicalement rigoureuse d’un penser schürmannien ; prendre avec soi le plein sens de l’éthique en ce qu’elle est la considération de l’autre dans son ethos ; prendre avec soi le pur désir de créer — poïein (ποιεῖν).

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VÉGANOSOPHIA — BIORÉSISTANCES. PHILOZOOPHIES DES RÉVOLTES PARASITAIRES OU SYMBIOTIQUES (PARTIE VII)

— VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — BIORÉSISTANCES
PHILOZOOPHIES DES RÉVOLTES PARASITAIRES OU SYMBIOTIQUES

 

   12) Léviathan — des dieux et des bêtes :
   S’il n’y avait pas d’État, cela serait-il pire — pour les animaux ? À notre avis non, car la législation ne légifère que très peu pour les animaux (en leur faveur), et lorsqu’une personne ou un groupe de personnes franchit un certain seuil afin de libérer un ou plusieurs animaux du système qui l’asservit, l’on voit bien que l’État réagit au nom même des mécaniques carno-économiques qu’il défend. Mis à part l’argent et sa circulation, et la paix relative dans la société afin que les affaires tournent, à quoi sert l’État aujourd’hui : à se porter garant que Justice soit rendue ? Pour cela, il faudrait qu’en tant qu’appareil l’État ne soit plus à la merci de trusts industriels et que les gouvernants qui se succèdent aient une vision du monde à la fois plus holistique et zoocentrée, et aient une idée véritable du juste, pas seulement d’une morale démagogique, mais une éthique.

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VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME (PARTIE VII)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME

 

 

   10) Écotechnie — homo magna predator :
   N’oublions pas que nous avons débuté « Contrat naturel et interventionnisme » avec une critique de la mythographie de la conception traditionnelle agroalimentaire, et non pas uniquement agricole. Ou alors, peut-être pourrions-nous parler d’agri-culture au sens où la pensée issue de la tradition — pleine de nostalgie quant à un passé rustique et en « harmonie avec la Nature » — défend bec et ongles, comme dit l’expression spéciste mais très imagée, la conservation et la continuation d’une agriculture dite extensive avec des éleveurs, des bergers et autres bons samaritains des bêtes respectant leur « bien-être », autrement dit : bien nourris (sélectionnés, engraissés, gavés) pour être bien mangés. Il s’agit bien, donc, d’une certaine culture avec une conception bien particulière d’une « Nature » dont les êtres sont pourtant et depuis belle lurette dénaturés.

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L’HOMO-HÉGÉMONIE COMME AUTONOMIE À BRISER — BIOÉTHIQUE ET LIBÉRATION ANIMALE COMME DESIGN — DEPUIS UN ESSAI DE CORINE PELLUCHON

L’HOMO-HÉGÉMONIE COMME AUTONOMIE À BRISER —  DESIGN (DASEIN) DEPUIS UN ESSAI DE CORINE PELLUCHON

 

 

Du biopouvoir : « Cette responsabilité doit-elle s’étendre aux êtres
qui n’ont pas de visages et aux animaux ? »
p.14 in L’autonomie brisée (bioéthique et philosophie) — Puf

 

 

De la vulnérabilité : « Celle-ci n’abolit pas le sujet, mais elle implique une modification de notre rapport personnel aux autres et à la nature. »
p.27 in Éléments pour une éthique de la vulnérabilité — Cerf

 

 

De l’humain sans réciproque : « […] les bêtes ont-elles l’obligation de nous nourrir ? »
p.187 in Les Nourritures — Seuil

 

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   À la lecture de la philosophe Corine Pelluchon de ces dernières années, on pourrait presque formuler dans l’urgence de la tragédie humaine et avec elle de tout le vivant la sentence socratesque que voici : « Nourris-toi toi-même ! »

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VÉGANOSOPHIA — ÉCOLOGIE : ÉCONOMIE DU VIVANT ET NORMATIVITÉ (PARTIE III)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — ÉCOLOGIE : ÉCONOMIE DU VIVANT ET NORMATIVITÉ

 

   4) De sources sûres (?) :
   On reviendra une autre fois sur le travail de Michel Serres, et notamment son essai de 1990 Le contrat naturel, dans lequel Serres fait preuve d’avoir pris la mesure des enjeux écologiques de l’époque — enjeux passablement décuplés aujourd’hui en ampleur et en urgence, quand bientôt trente années auront passé et que l’expansion économique a cru comme on sait avec son lot de catastrophes terribles pour l’environnement. Ferry salue la promptitude de Serres et s’empresse de saborder le travail de son aîné confrère : Michel Serres avance énormément de choses justes, mais il semble oublier abusivement de citer ses sources, anglo-saxonnes, dénonce Ferry. Lire la suite

VÉGANOSOPHIA — LA BIOPOLITIQUE DANS L’ONTOLOGIE (PARTIE VI)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto

 

   « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

LA BIOPOLITIQUE DANS L’ONTOLOGIE — MODALITÉ DES ÊTRES DU MONDE (PARTIE VI)

 

   11) Hors fuyance — sunecheia et usages biopolitiques :
   Nous arrivons bientôt au terme de ces « premiers échanges » sis en la forme véganosophique. Sous l’impulsion de Giorgio Agamben dont les essais font œuvre cathartique à repenser notre rapport au(x) vivant(s), nous avons réalisé combien un renversement des forces en jeu prime aujourd’hui où notre disponibilité pour le monde est dérivée vers divers expédients qui ont partie liée à l’adventicité sur l’Être et non la mondanéité du monde comme pro-jet ontologique biopolitique. C’est dire que l’acte de penser notre agir au monde tel un seoir artisan (bon démiurge/ donateur) jamais ne se fondant sur de l’archè, et faisant ouvrage à neuf en accord avec l’autre-animal et dans notre intérêt commun n’en est qu’à ses balbutiements et son Dire, à ses prolégomènes.
   C’est là qu’on choisit d’arrêter un moment notre cheminement, intrigués par la dialectique questionnant la nature de l’État et du « pouvoir » chez Agamben, parce que justement l’en-commun qu’on vise ontologiquement s’inscrit dans une forme administrative (appareil) des affaires publiques où se concentrent nos forces et d’où elles s’exercent. Il nous faut, par devoir-être, prévenir tout exercice coercitif de nos forces, tout comme ne pas a-ban-donner la cité (polis) au prétexte historico-traditionnel conservateur ni sombrer dans l’absconse arrière métaphysique (origine/ fonds/ cause première) excluant tout retour du pro-créatif. Que déclare le philosophe italien ? — Il déclare : L’anarchie est ce qui ne devient pensable qu’au moment où nous saisissons et destituons l’anarchie du pouvoir[1].

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VÉGANOSOPHIA — LA BIOPOLITIQUE DANS L’ONTOLOGIE (PARTIE IV)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto

 

   « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

LA BIOPOLITIQUE DANS L’ONTOLOGIE — MODALITÉ DES ÊTRES DU MONDE (PARTIE IV)

 

   7) Téléonomie active de l’Être — ethos anthropo daimōn :
    Ayant proposé comme notion de l’Être qu’il soit devant nous, ce qui le fait ressembler à une « finalité », il faut préciser tout de suite que nous sommes en philosophie dans une démarche de recherche de sens (de la Vie) et non dans une recherche scientifique. Ça n’est pas à proprement parler une épistémologie. La science exige que tout réponde à la loi de la causalité, et justement nous avançons (vers) un concept ontologique s’élaborant dans le point de fuite de l’horizon événementiel (le futur). Bien sûr, nous ne pensons pas que l’Être soit quelque chose à vrai dire (sinon toutes les choses). Littéralement il est bien eidos (εἶδος), et c’est pourquoi notre renversement ne gêne en rien une autre définition mathématico-cosmologique.
   Quoi qu’il en soit, l’Être étant tout ce qui est — c’est-à-dire tout ce qui advient spatio-temporellement —, il échappe à la fois à la spéculation métaphysique et à la connaissance astrophysique car il leur échappe à toujours être partout à la fois. Par exemple il surpasse Dieu dès lors que Dieu est (Il doit être). Car sans l’être pas de Divin. Et il outrepasse toute tentative de théorisation cosmologique tels les modèles de Big Bang, Big Crunch, Big Rip, état stationnaire, théorie des cordes, autres dimensions, modèle ΛCDM, etc., tout simplement parce qu’à chaque fois cela est.
   Cela dit afin qu’on soit d’accord sur la façon dont nous entendons la notion importante d’« intentionnalité » que nous empruntons à Husserl, nous affirmons qu’en rien cette conception événementielle de l’Univers, de la Nature ou de la Vie, ne revêt pour nous un caractère volitif où se jouerait un finalisme, l’écriture d’un destin déjà décidé. Il s’agit plutôt dans notre acception d’une « intension » là où rien n’empêche qu’être soit. Lire la suite

VÉGANOSOPHIA — LA BIOPOLITIQUE DANS L’ONTOLOGIE (PARTIE III)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto

 

   « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

LA BIOPOLITIQUE DANS L’ONTOLOGIE — MODALITÉ DES ÊTRES DU MONDE (PARTIE III)

 

6) Intentionnalité et anthropogénèse :
   Pasa zoe noesis tis — toute vie est une certaine pensée — dit Plotin[1], et comment donc quand bien même de manière évidente toute vie ne (se) pense pas ne pas y voir en revanche dans cet « impenser » l’expression, le mouvement-vers, d’une intentionnalité comme on la trouve en phénoménologie depuis Husserl ? Dans ses Méditations cartésiennes[2], Edmund Husserl a laissé nous apparaître plus clairement ce qui jusqu’alors ne se dévoilait que sous le jour d’un sentiment, d’une vague idée : « Il en serait de même de son organisme s’il n’était rien d’autre qu’un « corps » physique, unité se constituant de mon expérience réelle et possible et qui appartînt à ma sphère primordiale comme formée exclusivement de ma « sensibilité ». Il doit y avoir une certaine intentionnalité médiate, partant de la couche profonde du « monde primordial » qui, en tout cas, reste toujours fondamentale. Cette intentionnalité représente une « coexistence » qui n’est jamais et qui ne peut jamais être là « en personne ». Il s’agit donc d’une espèce d’acte qui rend « coprésent », d’une espèce d’apperception par analogie que nous allons désigner par le terme d’ «apprésentation ». » Il y a (même pas de degré) une différence qualitative entre la sensibilité humaine et la sensorialité animale[3], comme la main de l’homme et la serre de l’aigle, en ce que l’une serait inutile à l’autre et réciproquement si on leur inversait. C’est dire qu’en réalité, la main n’est pas plus importante que la serre ou la patte griffue, l’aile ou la nageoire. Aussi, il n’y a pas une sensorialité valant pour toute animalité indifférenciée. L’animal-ité n’est qu’un concept englobant et pratique. Parfois aussi, se cache-t-on derrière notre petit doigt quand on parle d’human-ité, car enfin, de quoi parle-t-« on » ? Il y a autant de sensorialités que d’espèces animales, et chaque fois autrement valant chez l’individu. Idem de l’« intelligence » chez les humains qui ne sont pas les seuls êtres sensibles. En d’autres termes il se déploie diverses capacités d’adaptabilité au monde, et l’ingéniosité un peu particulière de l’humain — disons plutôt : singulière — en est une des formes, l’expression adéquate nécessaire à sa survie. En conséquence, vu que sens et capacités répondent toujours parfaitement aux besoins animaux, et quand l’étude éthologique nous apprend que des pies ou des éléphants s’attroupent près d’un congénère mort et manifestent par leur attitude commune ce que nous appelons le deuil, nous réfutons pour ces raisons pragmatiques parmi d’autres que « l’homme seul existe ». Il est fort probable que beaucoup d’animaux et beaucoup plus souvent qu’on ne le pense font l’expérience (Erlebnis) d’une affection similaire (Befindlichkeit, disposition affective). On a connu personnellement un chat qui se regardait dans les vitres et jouait avec l’effet miroir pour s’observer et nous regarder obliquement le regardant nous regarder. Ce chat savait qu’il existait, au sens affectif de l’intentionnalité qui l’habitait. Non pas en le formulant, mais bel et bien en le ressentant, en le vivant, il y songeait. Il est probable néanmoins qu’on puisse aller dans le sens de Heidegger lorsqu’il dit que seul de tout l’étant, l’homme éprouve, appelé par la voix de l’Être, la merveille des merveilles : Que l’étant est[4]. Cela est soutenable bien que n’ayant pas visité tous les recoins de l’univers ni de tous temps, on ne peut l’affirmer que dans le cadre terrestre d’un ici et maintenant. Le « monde primordial » dont parle Husserl se présente pour nous comme dit précédemment non pas telle une cause mais un « effet » (irisation) — l’apprésentation même — dans la réciprocité de toute phénoménalisation dans l’autophanie ontologique et comme telle autozôè (communauté de la vie). Lire la suite