TRAJECTIONS — COMMENTAIRES À L’ESSAI « DES ANIMAUX SUR LA TERRE » DE CÉDRIC STOLZ — UN LIVRE ANIMALISTE FONDAMENTAL POUR LE DEVENIR HUMAIN

COMMENTAIRES À L’ESSAI « DES ANIMAUX SUR LA TERRE » DE CÉDRIC STOLZ — UN LIVRE ANIMALISTE FONDAMENTAL POUR LE DEVENIR HUMAIN

 

 

« […] les vraies questions éthiques sont un genre de questions pratiques, et les questions pratiques ne comprennent pas seulement des valuations, mais aussi un mélange complexe de croyances philosophiques, religieuses et factuelles. »
p.117 in L’Ethique sans l’Ontologie — Hilary Putnam

 

« Un droit naturel est inaliénable ; il précède l’état social, ne doit rien aux acquis historiques ou politiques. » […] « Dans la perspective du droit naturel, c’est bien d’ontologie qu’il est question. »
p.53 & p.55 in Le Droit animalier — Jean-Pierre Marguénaud, Florence Burgat, Jacques Leroy

 

« Y’a-t-il quelque chose de plus dégoûtant que la sentimentalité envers les plantes et les animaux, de la part d’une créature qui, dès l’origine, a vécu au milieu d’eux comme leur ennemi le plus acharné et qui, finalement, prétend auprès de ses victimes affaiblies et mutilées à la délicatesse du sentiment ! Devant cette sorte de « nature », le sérieux convient d’abord à l’homme, si c’est un homme qui pense. »
p.193 in Inventer le commun des hommes — Antonio Negri

 

 

   D’emblée dire que nous sommes ô combien en accord avec l’auteur de Des Animaux sur la Terre Cédric Stolz ! — aussi profitons-nous de cette introduction pour revitaliser à demi le chat de Schrödinger en passant.
   Quoi ? Qui parmi les animalistes ne le ferait pas ? La question n’est plus de savoir si le chat est vivant ou mort dans son piège quantique empoisonné, mais bel et bien s’il est juste de continuer les expériences sur les animaux et autres usages variés qu’on fait d’eux, et de manière plus générale de vivre aux dépens de cette planète considérée en tant que biotope soit : également en tant que vivante construction dont nous dépendons ? Vous connaissez le dicton à propos de la branche sur laquelle on est assis, on ne va pas vous faire un dessin.
   Cette question de l’urgence à stopper de produire de la souffrance et de la désolation pourrait sembler buter sur l’argument massue d’un scepticisme pragmatique disant que rien n’a de valeur en soi au fond, ne serait-ce qu’à cause de l’impermanence de toute chose et qu’alors à quoi bon. Mais c’est en vertu de cette liberté ontologique, et plus encore « bio-ontologique » propose-t-on, que Cédric Stolz, enseignant en philosophie et militant de la cause animale, raisonne en faveur d’une compréhension de ce qui est dans sa multi-dimensionnalité et la plasticité (Gestalt) de son agencement, ce qu’il désigne comme le relationnel, comme savoir propre à donner du sens, de la valeur. C’est de ce qui est justement, et plus encore de l’être étant, et des étant-vivants, que traite l’ouvrage de Cédric Stolz Des Animaux sur la Terre paru ce mois d’octobre aux éditions de L’Harmattan. Lire la suite

L’AUTRE COMME DÉPASSEMENT DE SOI — L’HEUREUX COURIR VIVANT DU VEGAN MARATHON — ALTER-(EGO) : POUR LE RUNNING TOUR DU 1er AU 10 SEPTEMBRE 2017 ET TANT QUE NÉCESSAIRE

L’AUTRE COMME DÉPASSEMENT DE SOI — HEUREUX COURIR VIVANT DU VEGAN MARATHON — POUR LE RUNNING TOUR DU 1er AU 10 SEPTEMBRE 2017

 

Ainsi puisses-tu épargner à chaque foulée l’impromptue
Innocence d’un animal et devenir un exemple à suivre
Ô simple mortel : voilà un beau sens à la vie

 

« L’hédonisme consiste à goûter l’existence en communiquant avec autrui grâce à ses sensations les plus archaïques et les plus complexes. Il est donc inséparable du respect que l’on a de soi, des autres et de l’environnement. »
p.63 in Les Nourritures, Corine Pelluchon

 

« Nous ne pouvons fonctionner en tant qu’acteurs humains que si nous avons une idée de là où nous devons aller et de ce qui constitue une vie bonne et riche de sens. »
sur Charles Taylor cité par Hartmut Rosa in Aliénation et accélération, p.69

 

 

 

— Seul-e contre tous —
   On ne nous en voudra probablement pas si pour écrire au sujet du Vegan Marathon nous partons, comme toujours direz-vous, un peu « en roue libre », mais c’est dire aussi, le pied léger, bien dans nos baskets, sans même angoisse aucune de se faire tailler un short pour ce qu’il convient bien d’appeler une escapade en solitaire(s) aux antipodes ou anti-piédestaux des routes toutes tracées, et ce afin de prendre la parole qui nous est offerte comme prétexte à pratiquer un de nos sports préféré qui est la course de fonds (grund)… phénoménale ! Pour nous suivre pas besoin de programmation neurolinguistique d’aucune sorte mais juste d’un peu de curiosité pour ce que l’intertextualité peut bien nous dévoiler ayant trait au souffle (pneuma) de l’Être-en-vie puisque, ne le perdons jamais de vue : Vegan Marathon = libération — celle des animaux autant que des humain-e-s.

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AU CŒUR PUR DU VÉGANISME — L’ABOLITIONNISME SELON MÉRYL PINQUE : UN ENGAGEMENT DE LA NON-VIOLENCE — À PARIS 8 UNIVERSITÉ LE 22 NOVEMBRE 2016

VÉGANISME — L’ABOLITIONNISME SELON MÉRYL PINQUE : UN ENGAGEMENT DE LA NON-VIOLENCE — PARIS 8, 22 NOVEMBRE 2016
« Le véritable test moral de l’humanité (le plus radical qui se situe à un niveau si profond qu’il échappe à notre regard), ce sont ses relations avec ceux qui sont à sa merci : les animaux. »
Milan Kundera
« Tu es responsable de ce que tu as apprivoisé »
Antoine de Saint-Exupéry — Le Petit Prince
« Il y a autant de souffrances et de morts dans un verre de lait, une crème glacée ou un œuf que dans un steak. »
Gary L. Francione
paris-8-meryl-pinque   Mardi dernier en fin d’après-midi nous n’avons pas regagné notre domicile comme d’ordinaire après le travail. Nous nous sommes retrouvés dans les transports en commun pour nous rendre à l’Université Paris 8 « Vincennes Saint-Denis » afin d’assister à une conférence donnée par Méryl Pinque. L’écrivaine n’était pas là pour nous parler de son travail d’écriture — qu’au demeurant nous recommandons très vivement (La caricature de Dieu) — ou même de son travail de critique littéraire et biographe puisque, entre autres, elle est lauréate du premier prix de la Société des amis de Colette pour son travail « Colette : la sauvagerie comme panacée. », car dans le milieu du véganisme elle est plus connue pour être la porte-parole de Vegan.fr et celle qui a collecté les textes passionnants de Bêtes humaines ? Pour une révolution végane aux éditions Autrement.

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L’ÉNIGME DE WO : PORTRAITS AU VITRIOL DU PSEUDO-DIVIN — SUR « LA CARICATURE DE DIEU » DE MÉRYL PINQUE

L’ÉNIGME DE WO — SUR « LA CARICATURE DE DIEU » DE MÉRYL PINQUE

« Nul n’est libre qui perpétue la guerre, et c’est justement
ce qu’elle ne veut pas être : une esclave du mal. »
In Mille et une nuit, p.145
La caricature de Dieu   C’est par une huile d’Edward Hopper, New-York Movie (1939) que l’on entre de prime abord en contact avec le recueil de nouvelles de Méryl Pinque, La Caricature de Dieu aux éditions du Rocher. Ce choix illustratif est judicieux. Cette femme, là, dans le couloir attenant à la salle de cinéma où les spectateurs sont tout entiers absorbés par la contemplation du monde fictionnel se déroulant à l’écran, ce pourrait bien être en effet l’auteure elle-même, pensive, introspective à sa façon mais en puissante réflexion non sur elle-même mais sur le monde, le vrai, a contrario des gens qui lui tournent le dos et font acte d’oubli, de déni, face au spectacle du monde déliquescent au-dehors, y préférant son double cinématographique pour ne pas avoir à en être véritablement les acteurs de la kiné. Si Baudelaire avait eu son mot à en dire, il n’aurait pas hésité un seul instant, et nous aurait dit que Méryl Pinque, dans ses récits, nous donne à voir la décadence pure. Lire la suite

SUR UNE LECTURE DE « BÊTES HUMAINES ? POUR UNE RÉVOLUTION VÉGANE. »

  Bêtes humainesVoilà un récent nouvel ouvrage sur le véganisme, savoir donc : sur la question de la cause animale et la place de l’Homme dans le monde — au beau milieu du monde où il n’est pas le seul.
Méryl Pinque a réuni ici quelques textes de Gary L. Francione, Valéry Giroux, Patrick Llored, Gary Steiner, elle-même, avec une introduction du philosophe français qui ne lâche rien : Michel Onfray.
   On ne saurait dire si Onfray est devenu vegan, ou si oui à quel degré d’implication. Cependant, pour cet intellectuel issu de la paysannerie — dans le sens noble de la rusticité —, qui dans ses ouvrages et ses colloques à l’Université Populaire démontre sans faille sa passion camusienne pour les faits et rien que les faits, et en raison de cela taille des sérieux costards aux philosophes et à leurs petits arrangements avec la réalité de l’Histoire, « [Les vegans] éclairent d’une forte clarté de trop grandes zones d’ombre. » C’est, sous la plume onfrayenne, un grand honneur, parce que lui ne tergiverse pas. Pour ce qu’on en sait d’autres lectures de lui, il tiendrait plutôt du réaliste à l’indienne, au sens où les indiens d’Amérique, s’ils consommaient de la viande, ne prélevaient que le strict nécessaire et respectaient la Nature comme une Mère Universelle.
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