VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME (PARTIE IV)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME

 

   6) La voie éthique de la phronésis :
   Le moins qu’on puisse dire, c’est que les idéaux éthiques ont la vie dure. Leur voie n’est pas toute tracée ; loin de là. D’autant qu’il faudra dire explicitement s’il s’agit ici d’idéaux réductibles à un idéal majeur.
   Cet idéal, peut-être pourrions-nous commencer par le décrire en tant qu’axiologie. L’axiologie doit pouvoir définir les valeurs, et tirer des valorisations une morale, voir une éthique. Lire la suite

VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME (PARTIE III)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME

 

   4) La fin des haricots, Murray criant au loup :
   Il y en a qui ont de drôles de façons de se figurer le monde. Malgré leur faconde associée à leurs connaissances générales étendues, les voilà qui partent en guerre — encore elle, la guerre, toujours le va-t-en-guerre — et qui redoutent ce qu’ils pensent être un grand changement quand finalement il ne s’agit que d’ajustements. Surtout il ne faudrait pas que leur έξις soit perturbé par les mutations de la société, lesquelles ne peuvent que se mettre à la disposition de la Terre. On entend par là, disposition comme la disposiblité (Die Befindlichkeit) heideggerienne, comme le phénoménologue l’entendait, savoir : « Ce pour quoi l’angoisse se révèle comme ce devant quoi elle s’angoisse : l’être-au-monde. L’identité du devant quoi de l’angoisse et de son pour quoi s’étend bel et bien jusqu’au s’angoisser lui-même. Car celui-ci est en tant que disposibilité un genre fondamental d’être-au-monde. » (cf. Sein und Zeit)

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VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME (PARTIE II)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME
   2) Un système d’apparence sans fin :
   On a vu précédemment avec l’exemple de Jocelyne Porcher, l’exploitation des animaux, même en dehors du cadre industriel à outrance tel qu’on en observe la pregnance dans le procès de marchandisation-capitalisation du vivant depuis la fin de la seconde guerre mondiale, est un système basé sur la mauvaise foi — ou a minima sur la confusion entre nécessité historique et contigence ; système qui prend couramment nom de « tradition ». Pour défendre ce système d’une exploitation respectueuse des animaux, J. Porcher n’hésite pas à constituer son discours sur une mythologie. Ainsi au final, il résulte une pensée qui se donne comme pare-feu à un impenser fondamental pour l’animal-ité. Cet impenser ne pense pas, donc, les animaux quels qu’ils soient, comme des sujets-d’une-vie à la manière de Tom Regan, ou encore comme sujets de droit comme défendu par Gary Francione. Ce « modèle » participe de l’émulation de son « contraire » la version industrialisée de l’élevage (intensif) puisqu’il perpétue dans l’imaginaire collectif la pseudo-possibilité — voire : naturalité — d’un usage des corps des animaux, autrement dit : de leur être, puisque faire l’usage d’un être sentient pour sa force ou ses matières premières c’est lui dénier son existence propre, en bref son intégrité.

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VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME (PARTIE I)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME
   1) L’abnégation des animaux, mythème de leur(s) exploitation(s) :
   Le contre-don (…). Retour sur investissement que perçoit l’humain qui a élevé l’animal puis l’a tué pour en tirer des bénéfices. Comme tout procès économique, et plus largement comme dans tout système de vase communicant, le bénéfice appelle un détriment, le plus un moins, le plein un vide, le vivant dans sa continuité la mort de l’autre dans son intégrité. Si, lorsque Jocelyne Porcher qui défend l’idée d’un élevage respectueux des animaux est sérieuse quand elle dit « la mise à mort nécessite une ritualisation incompatible avec les objectifs de rentabilité » (cf. son site internet), ou encore que « la mort des animaux est acceptable si on leur a donné une bonne vie[1] », il faut lui concéder qu’elle au moins n’est pas insensible à la sensibilité des animaux. Il est tout de même curieux d’imaginer une relation de travail, avec qui que ce soit, qui s’achève par la mort de l’employé. Ne considère-t-on pas choquant qu’après une vie de labeur une personne ne puisse profiter de sa retraite ? Pourquoi les animaux dont on jugerait opportun de les faire travailler (on pense ici aux propositions de Zoopolis de S. Donaldson et W. Kymlicka) n’auraient-ils pas eux aussi droit à un repos bien mérité ?

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VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME (HÈXIS)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME
— HÈXIS —
   « […] parler de végétarisme, c’est parler de commencements », nous rappelait Carol J. Adams à la suite de Joseph Ritson[1]. Ce que nous avons vu dans nos discussions précédentes c’est, à l’instar de la philosophe Corine Pelluchon dans L’autonomie brisée, la nécessité de former autant que formuler une ontologie telle que toujours être-au-monde soit une re-naissance de la connaissance (naître avec/ de natura) de la nature en ses étant-vivants grâce aux interactions que nous entretenons avec eux. Ainsi biologie, anthropologie, éthologie ou étiologie, ou encore mathématiques, sémiolinguistique ou géologie, etc., sont d’indispensables champs de savoir qui ne fonctionnent jamais en dehors de l’aspect pratique de leur particularisation, séparément les uns des autres. Nous avons déterminé l’immanence d’un territoire à reterritorialiser que nous avons nommé la chôra (χώρα). De cette interzone où se mêlent tous vivants dans l’urbanité, la ruralité ou la sauvageté, nous avons dit que des espaces devaient impérativement rester inoccupés par l’homme de sorte à laisser s’épanouir les autres espèces comme ce fut le cas durant des milliards d’années jusqu’à l’heure de l’hominisation totale (anthropocène).

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