VÉGANOSOPHIA — BIORÉSISTANCES. PHILOZOOPHIES DES RÉVOLTES PARASITAIRES OU SYMBIOTIQUES (PARTIE IV)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — BIORÉSISTANCES
PHILOZOOPHIES DES RÉVOLTES PARASITAIRES OU SYMBIOTIQUES

 

 

   6) Défense — animale — légitime ?
   Si le pouvoir repose sur l’exercice de la violence, et que pour mettre fin à la violence il faut littéralement (re)prendre le pouvoir, alors il faut en retour user de violence. Chez Günther Anders, on trouve aussi cette idée qu’il peut se constituer une « violence défensive » en réponse à une situation critique qu’Anders appelle l’« état d’urgence », et que cette violence est donc une « légitime défense » (p.77 in La violence : oui ou non…). C’est l’idée basique qu’on peut être amené-e à être violent-e lorsqu’on est agressé-e afin d’échapper à la violence subie en premier. Par analogisme on ne sera pas surpris de voir les indiens d’Amérique réagir avec force contre la colonisation étrangère de leurs terres tant, on le sait bien et pour suivre Ghassan Hage dans sa démonstration, ce qui définit la domestication généralisée humaine, c’est l’acte d’occuper un espace en déclarant son intérêt propre comme principe d’organisation primaire. Ainsi, il établit un rapport avec les occupants antérieurs du même espace selon la manière dont leur être peut être exploité dans le but de faire avancer notre être. Ce qui gêne est exclu ou exterminé[1]. C’est toujours, direz-vous, la même histoire.
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VÉGANOSOPHIA — BIORÉSISTANCES. PHILOZOOPHIES DES RÉVOLTES PARASITAIRES OU SYMBIOTIQUES (PARTIE II)

 VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

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PHILOZOOPHIES DES RÉVOLTES PARASITAIRES OU SYMBIOTIQUES

 

   2) De violentes conditions :
   Il y a longtemps qu’il y a péril en la demeure. Les mythologies plus ou moins millénaristes, plus ou moins théoriciennes du complot mondial, ne sont que les échos d’inquiétudes collectives qui existent depuis la nuit des temps quant à la « fin du monde ». Néanmoins les risques de destruction massive de l’écoumène (la biosphère habitée) sont bien réels, surtout à compter de l’essor industriel et de la pregnance croissante de la technologie et ses déchets. Cette peur fait partie des sociétés depuis la Bible jusqu’à Philip K. Dick ou Hans Jonas. On en a déjà parlé ailleurs, aussi ne va-t-on pas y revenir ici. Il faut signaler tout de même la symétrie entre le danger du nucléaire et celui de la perte de la biodiversité — même si ça n’est jamais en soi un problème d’espèce (pour les espèces) mais entre elles, dans ce qu’il convient d’appeler l’écosystème compris comme lieu des échanges vivants, Gestalt (structures de formes en mouvement permanent), plasticité des éléments vivants et non vivants du monde en équilibre. Pour dire les choses crument, c’est l’espace d’un carnage innocent ou rares sont les prédateurs n’étant pas eux-mêmes des proies. Philippe Descola, dans Par-delà nature et culture, évoque l’orthodoxie brahmanique dans laquelle on retrouve une représentation de la domination telle qu’exercée par les humains sur les non-humains en général : « [cette orthodoxie] elle-même met en avant une division plus fondamentale encore, entre les « mangeurs », les princes détenteurs de la force, et les « mangés », les sujets voués à l’obéissance et à la production. » (op. cit. p.517) D’où la prévalence de la viande telle qu’analysée par Carol J. Adams ou bien Florence Burgat. Les équilibres naturels, bien que dénués de sens (ils n’émanent pas d’une volition), n’en sont pas moins inévitables dans les relations interspécifiques, sauf à en faire disparaître tellement de pans qu’à force tout l’édifice s’effondre. C’est en soi, quand on l’envisage, une violence à l’encontre de notre commun instinct de survie ; au nôtre et à celui des animaux. La biotechnologie ça n’est pas que de la science-fiction. Ce sont les irradiés de Tchernobyl et toute cette nature qui, là-bas, paraît-il, se porte comme un charme, est resplendissante, mais ce sont aussi les animaux des laboratoires. C’est, malgré l’apologie de la vie portée par la culture humaine en général, ce qu’Elsa Dorlin désigne de thanatoétique.

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