VÉGANOSOPHIA — LA BIOPOLITIQUE DANS L’ONTOLOGIE (PARTIE IV)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto

 

   « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

LA BIOPOLITIQUE DANS L’ONTOLOGIE — MODALITÉ DES ÊTRES DU MONDE (PARTIE IV)

 

   7) Téléonomie active de l’Être — ethos anthropo daimōn :
    Ayant proposé comme notion de l’Être qu’il soit devant nous, ce qui le fait ressembler à une « finalité », il faut préciser tout de suite que nous sommes en philosophie dans une démarche de recherche de sens (de la Vie) et non dans une recherche scientifique. Ça n’est pas à proprement parler une épistémologie. La science exige que tout réponde à la loi de la causalité, et justement nous avançons (vers) un concept ontologique s’élaborant dans le point de fuite de l’horizon événementiel (le futur). Bien sûr, nous ne pensons pas que l’Être soit quelque chose à vrai dire (sinon toutes les choses). Littéralement il est bien eidos (εἶδος), et c’est pourquoi notre renversement ne gêne en rien une autre définition mathématico-cosmologique.
   Quoi qu’il en soit, l’Être étant tout ce qui est — c’est-à-dire tout ce qui advient spatio-temporellement —, il échappe à la fois à la spéculation métaphysique et à la connaissance astrophysique car il leur échappe à toujours être partout à la fois. Par exemple il surpasse Dieu dès lors que Dieu est (Il doit être). Car sans l’être pas de Divin. Et il outrepasse toute tentative de théorisation cosmologique tels les modèles de Big Bang, Big Crunch, Big Rip, état stationnaire, théorie des cordes, autres dimensions, modèle ΛCDM, etc., tout simplement parce qu’à chaque fois cela est.
   Cela dit afin qu’on soit d’accord sur la façon dont nous entendons la notion importante d’« intentionnalité » que nous empruntons à Husserl, nous affirmons qu’en rien cette conception événementielle de l’Univers, de la Nature ou de la Vie, ne revêt pour nous un caractère volitif où se jouerait un finalisme, l’écriture d’un destin déjà décidé. Il s’agit plutôt dans notre acception d’une « intension » là où rien n’empêche qu’être soit. Lire la suite

VÉGANOSOPHIA — LA BIOPOLITIQUE DANS L’ONTOLOGIE (PARTIE III)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto

 

   « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

LA BIOPOLITIQUE DANS L’ONTOLOGIE — MODALITÉ DES ÊTRES DU MONDE (PARTIE III)

 

6) Intentionnalité et anthropogénèse :
   Pasa zoe noesis tis — toute vie est une certaine pensée — dit Plotin[1], et comment donc quand bien même de manière évidente toute vie ne (se) pense pas ne pas y voir en revanche dans cet « impenser » l’expression, le mouvement-vers, d’une intentionnalité comme on la trouve en phénoménologie depuis Husserl ? Dans ses Méditations cartésiennes[2], Edmund Husserl a laissé nous apparaître plus clairement ce qui jusqu’alors ne se dévoilait que sous le jour d’un sentiment, d’une vague idée : « Il en serait de même de son organisme s’il n’était rien d’autre qu’un « corps » physique, unité se constituant de mon expérience réelle et possible et qui appartînt à ma sphère primordiale comme formée exclusivement de ma « sensibilité ». Il doit y avoir une certaine intentionnalité médiate, partant de la couche profonde du « monde primordial » qui, en tout cas, reste toujours fondamentale. Cette intentionnalité représente une « coexistence » qui n’est jamais et qui ne peut jamais être là « en personne ». Il s’agit donc d’une espèce d’acte qui rend « coprésent », d’une espèce d’apperception par analogie que nous allons désigner par le terme d’ «apprésentation ». » Il y a (même pas de degré) une différence qualitative entre la sensibilité humaine et la sensorialité animale[3], comme la main de l’homme et la serre de l’aigle, en ce que l’une serait inutile à l’autre et réciproquement si on leur inversait. C’est dire qu’en réalité, la main n’est pas plus importante que la serre ou la patte griffue, l’aile ou la nageoire. Aussi, il n’y a pas une sensorialité valant pour toute animalité indifférenciée. L’animal-ité n’est qu’un concept englobant et pratique. Parfois aussi, se cache-t-on derrière notre petit doigt quand on parle d’human-ité, car enfin, de quoi parle-t-« on » ? Il y a autant de sensorialités que d’espèces animales, et chaque fois autrement valant chez l’individu. Idem de l’« intelligence » chez les humains qui ne sont pas les seuls êtres sensibles. En d’autres termes il se déploie diverses capacités d’adaptabilité au monde, et l’ingéniosité un peu particulière de l’humain — disons plutôt : singulière — en est une des formes, l’expression adéquate nécessaire à sa survie. En conséquence, vu que sens et capacités répondent toujours parfaitement aux besoins animaux, et quand l’étude éthologique nous apprend que des pies ou des éléphants s’attroupent près d’un congénère mort et manifestent par leur attitude commune ce que nous appelons le deuil, nous réfutons pour ces raisons pragmatiques parmi d’autres que « l’homme seul existe ». Il est fort probable que beaucoup d’animaux et beaucoup plus souvent qu’on ne le pense font l’expérience (Erlebnis) d’une affection similaire (Befindlichkeit, disposition affective). On a connu personnellement un chat qui se regardait dans les vitres et jouait avec l’effet miroir pour s’observer et nous regarder obliquement le regardant nous regarder. Ce chat savait qu’il existait, au sens affectif de l’intentionnalité qui l’habitait. Non pas en le formulant, mais bel et bien en le ressentant, en le vivant, il y songeait. Il est probable néanmoins qu’on puisse aller dans le sens de Heidegger lorsqu’il dit que seul de tout l’étant, l’homme éprouve, appelé par la voix de l’Être, la merveille des merveilles : Que l’étant est[4]. Cela est soutenable bien que n’ayant pas visité tous les recoins de l’univers ni de tous temps, on ne peut l’affirmer que dans le cadre terrestre d’un ici et maintenant. Le « monde primordial » dont parle Husserl se présente pour nous comme dit précédemment non pas telle une cause mais un « effet » (irisation) — l’apprésentation même — dans la réciprocité de toute phénoménalisation dans l’autophanie ontologique et comme telle autozôè (communauté de la vie). Lire la suite

VÉGANOSOPHIA — LA BIOPOLITIQUE DANS L’ONTOLOGIE (PARTIE II)

VEGANOSOPHIA 

 Nihil animali a me alienum puto

 

   « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

LA BIOPOLITIQUE DANS L’ONTOLOGIE — MODALITÉ DES ÊTRES DU MONDE (PARTIE II)
Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !
L’Isolement (extrait), in Méditation poétique,
Alphonse de Lamartine, 1820.

 

 

   4) Solus ipse :
   C’est dans « l’ouvert, le libre espace de l’être [qui] ne désignent pas quelque chose de radicalement autre par rapport au non-ouvert de l’animal » dit Agamben, que nous, humains — paradoxalement car si nombreux — nous éprouvons-nous dans la position existentiale délicate d’un isolement que seul égale le néant de notre Être. Comme ce dernier n’est accessible qu’à la condition d’être en étant, et vu l’incommunicabilité plénière prima facie des échanges entre étant-vivants (expérience vécue ; Erlebnis) nous sommes au monde dans un souci de remplissage ontologique d’autant plus que nous n’y serons pas toujours pour ce faire et ce, disponibles pour l’épreuve du vivre et pour apprendre à mourir suivant Montaigne, donc faire métaphysiquement avec le monde comme siège (assise et prise d’assaut), « disponibilité fondamentale de l’angoisse, une insigne ouverture du Dasein » selon Heidegger où, ajoute Agamben « […] celui qui regarde dans l’ouvert ne voit qu’une clôture, ne voit qu’un non-voir. » (p.140 in op. cit.) L’Ouverture infinie que confère le Dasein à l’homme ne donne pas plus à voir en somme, que le non-ouvert chez l’animal ne lui interdit accès et jouissance à ce même monde, clos certes, mais infiniment plein. Lire la suite

VÉGANOSOPHIA — LA BIOPOLITIQUE DANS L’ONTOLOGIE (PARTIE I)

VEGANOSOPHIA 

 Nihil animali a me alienum puto

 

   « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

LA BIOPOLITIQUE DANS L’ONTOLOGIE — MODALITÉ DES ÊTRES DU MONDE (PARTIE I)

 

   1) Autophânos :
   En introduction nous avons vu que l’autre — humain dans l’exemple mais ibidem si non-humain — est une altérité égale au (soi)-même dans la ressemblance de l’ouverture de la différence qui les sépare à les faire se reconnaître face à face. Se reconnaître comme l’autre le même, donc.
   Nous verrons qu’on peut penser tout à la fois un humanisme de l’humanité, ou humanisme stricte des hommes, tout comme un humanisme inclusif exhaustif vis-à-vis de tous les êtres vivants sensibles. Dès lors montrer que faire le second n’est pas nier le premier en vertu de la quiddité modale de l’Être. Parler de biopolitique dans l’ontologie, ce sera justement regarder toute phénoménalité en tant qu’étant, autrement dit en tant qu’être comme de l’Être toujours substantivé chaque fois dans une autre forme d’être s’apparaissant immédiatement, et en ce qui nous intéresse plus particulièrement, comme étant-vivant ou bien plus précisément en qualité d’être sensible. Au plus haut point pour l’être sensible il faut voir qu’il redouble alors sur-soi : roulement de ce qui existe. Il possède, comme toute chose du monde, l’existence, et il l’éprouve en tant que telle. Ce qui n’est manifestement pas le cas d’un caillou qui, pour reprendre Martin Heidegger, n’a pas de monde. Et quant à l’être-pour-la-mort qui serait propre à l’Homme porteur du Dasein, on pourra ajouter que le vivant a cette particularité de re-porter l’Happax ontologique, qu’ici à la suite de Vladimir Jankélévitch on identifie à cette « unicité du monde et ses êtres » à laquelle l’auteur de La Mort fait mention en stipulant qu’elle [la mort] « n’a pas de lendemain » (p.88 in op. cit). C’est en effet par l’autre uniquement que la mort peut se représenter, venir encore comme terme au projet de rester en vie, non sans avoir été en quelque sorte esquivée par le vivant en tant que flux de vie. Loin des théories freudienne ou dawkinsienne sur le flot spermatique, ovulaire ou génétique (gènes) dont les êtres individués ne seraient que les malheureux passeurs, l’existence est ce par quoi la mort (ou la disparition des objets en eux-mêmes) existe elle-même comme on dit que le néant est ce qui n’est pas. Et les étant-vivants, ces constructions, ces structures complexes porteuses chaque fois de plusieurs vies (reproduction cellulaire, flore microbienne et bactérienne), sont ce qui révèle au monde sa mondanéité. Toutefois, tous les êtres sensibles ne sont pas en mesures d’élaborer une politique de leur existence indivise et commune. C’est en la vivant qu’ils en font une élaboration, et à l’humain d’en faire une représentation réfléchie dans un face-à-face. Cette vision face-à-face c’est l’autophânos instinctif donnant lieu par le prisme du langage chez l’Homme à l’ego cogito cartésien, ou bien encore à l’ego phâno œdipien : έγώ φανώ « je montrerai » et « j’apparaîtrai ». Tout comme Edmund Husserl a fait remarquer comme le rappelle Florence Burgat que le monde-de-la-vie est donné (lebenswelt), aux hommes et aux animaux, dans un toujours déjà là[1], nous avons, nous humains, une tâche importante à la hauteur de la préhension technique que nous avons du monde. On peut parler d’emprise sur le monde, quand bien même beaucoup d’effets résultant de causes qu’on peine à identifier comme telles ne sont pas du tout entre nos mains. Autour d’une partie du précieux travail de Giorgio Agamben, nous allons étudier notre position autophanique pour voir qu’elle ne peut qu’être qu’une sorte d’avant-poste à la conservation de l’hétérophanie biopolitique. C’est là que l’ontologie, la science de l’Être, nous intéresse en premier chef en ce que nous posons le refus de l’exploitation animale comme philosophie du devenir humain dans toutes les occurrences qu’on peut entendre. Nous rencontrons alors la pensée puissante et précise d’Agamben pour qui cette « philosophie première » qu’est l’ontologie n’est pas une discipline universitaire inoffensive, mais l’opération en tous sens fondamentale ou se réalise l’anthropogénèse, le devenir humain du vivant[2]. Lire la suite

HOMO ANIMALI LUPUS EST ? — EMPATHIE(S) — INTROPATHIE(S) — PROPOSITION (POST)-HUMANISTE

 HOMO ANIMALI LUPUS EST ? — PROPOSITION (POST)-HUMANISTE
 « Peut-on conserver pendant des générations des comportements contre nature, comme un banc de piranhas qui se convertiraient au végétarisme ? » (p.51)

Henri Atlan

 I
Ne pas crier au loup
   La lecture de l’opuscule LES FRONTIÈRES DE L’HUMAIN de Henri Atlan donne à réfléchir. Il faut voir, c’est-à-dire reconnaître, que les anciennes classifications ont perdu leur pertinence (p.8)[1] parce que les champs d’études menées tant sur le comportement animal que sur celui de l’Homme démontrent qu’on ne peut plus penser en termes réducteurs et restrictifs : l’humain d’un côté, l’animal de l’autre. Moult travaux nous font voir que l’ancienne frontière qui autrefois — il n’y a pas si longtemps — hissait l’humain en être supérieur doué de divinité et de plus faisait de chaque être, objet ou chose en propre totalement des « autres », n’existe pas. Ainsi, comme l’écrit Henri Atlan : « C’est l’Homme système fermé et autarcique qui a disparu. C’est l’image de l’Homme, origine et fin de toutes choses, qui avait en effet nourri un certain humanisme au XIXe et XXe siècles, qui éclate aujourd’hui de tous côtés. » (pp.16-17).
atlan   Cela ne signifie pas pour autant une régression. On peut tout à fait y voir un grand progrès, en premier lieu duquel apparaissent non plus donc des frontières, mais des espaces intercalaires flous, plutôt des porosités, comme autant d’espaces-limites au sens où tout glisse, se meut, se mélange, se sépare, s’enrichit, se participe, se crée et se détruit, etc., avec ce qui s’y anticipe et ce qui est inattendu. Il n’y a pas de perte de dignité humaine à éprouver de la compassion pour des êtres vivants sensibles autres qu’humains[2]. On peut avoir en plus de l’estime de soi et de la satisfaction personnelle, des sentiments autres ou similaires procurés par des individualités non-humaines. Encore que ; qu’elle est la part d’humain chez le singe et qu’elle est celle de primate chez l’homme ? Si je viens en aide à un animal et qu’il me témoigne de quelque façon de la reconnaissance et me donne de l’affection, en quoi cela revêtirait-il moins d’importance, de sincérité, bref en quoi cela aurait-il moins de valeur, que si je le fais pour un semblable dont je bénéficie en retour de cette reconnaissance ? Lire la suite

LES ANIMOTS — DÉCLINAISONS SPÉCULATIVES SUR L’IMPENSER PAR L’HUMAIN AU SUJET DE L’ANIMAL — D’APRÈS « L’ANIMAL QUE DONC JE SUIS » DE JACQUES DERRIDA.

DÉCLINAISONS SPÉCULATIVES SUR L’IMPENSER PAR L’HUMAIN AU SUJET DE L’ANIMAL — D’APRÈS « L’ANIMAL QUE DONC JE SUIS » DE JACQUES DERRIDA.
« […] ma présence n’est là que pour révéler ce que la chose serait en mon absence. » (p.219)
L'animal que donc je suis   C’est loin des abattoirs, des cris des bêtes assassinées formulant donc d’inaudibles « animots » — qu’on emprunte le terme à J. Derrida —, qu’on s’élance du haut de l’animont derridien comme en chute libre et qu’on rebondit çà et là déclinant sur la thématique animale derridienne. Qu’on dévale toute spéculation comme cela va pouvoir s’émouvoir à l’aune du déclin à chaque instant d’« étants sans avoir été » sinon par la programmatique sarcophage (du grec, σάρξ, sarx la chair et φαγεῖν, phagein manger) du faire-naître pour aussitôt l’achever. À la limite où l’« être animal » échappe à la rationalité humaine mais pas aux ratios carno-économiques de l’humanité. Jusqu’à l’impact, au crash, au choc contre l’impenser de l’animal que donc Je fuis de toute(s) manière(s), suivant la trajectoire, la déclination qui est la mienne. Qui est celle du déclin propre à l’humain de se heurter à la Réalité indicible du phénomène du monde : manquer de mots pour dire le fonds ontologique commun de tous les êtres dans les yeux de qui je me reflète et cherche la mirifique Vérité. Lire la suite

PHILOSOPHIE

A

Politique sexuelle de la viandeLa politique sexuelle de la viande de Carol J. Adams                                                                                                                                                              En 2016 les Éditions L’Âge d’homme dans la collection  »V » pour vegan donne accès au lectorat de langue française à ce grand essai sociologique et philosophique qui démantèle avec brio la domination patriarcale et redonne de la visibilité à tous les référents absents. Une mise à jour phénoménologique éblouissante Notre article Syntonisation.

L'Ouvert; De l'homme et de l'animal Giorgio AgambenL’Ouvert * De l’homme et de l’animal de Giorgio Agamben                                                                                                                                     « La découverte humaniste de l’homme est la découverte de son manque à soi-même, de son irrémédiable absence de dignitas. » (p.34)

philosophie_animalePhilosophie animale * Textes réunis par Hicham-Stéphane Afeissa & J.-B. Jengène Vilmer                                                                                                                                                                         Une réunion de textes très intéressants sur la relation homme-animal. Où par exemple Martha C. Nussbaum plaide pour que les animaux pourvoient eux-mêmes à leur épanouissement. Ce qui présuppose qu’on leur laisse leur absolue liberté.

Ethique de l'environnementÉthique de l’environnement : Nature, valeur, respect * Textes réunis par Hicham-Stéphane Afeissa                                                                                                                                                                          On trouve dans ce livre des textes des années 70, 80 et 90 pour l’essentiel, portant sur la question de l’environnement. L’éthique de l’environnement, incluant celle de la question de la cause animale, s’y déploie en tant que deep ecology, écosophie, biocentrisme, etc. À lire pour connaître les pensées anglo-saxones d’une écologie et de ses valeurs autrement débattues qu’en France […].

La Révolution Antispéciste sous la direction de Yves Bonnardel, Thomas Lepeltier et Pierre Sigler                                                                                                              Les Presses Universitaires de France nous font le plaisir en 2018 de publier ce beau recueil d’excellents textes des Cahiers Anticpécistes dont certains inédits. L’occasion est donnée au quidam de se rendre compte de la clarté d’esprit de ce courant « alternatif » animaliste depuis la fin des années 1980 dont la pensée est éminemment politique. On pourrait même dire : bio-éco-politique. A lire impérativement. Notre avis sur ce livre ici.

B

être humains sur Terreêtre humains sur Terre de Augustin Berque                                                                                                                                                                      Cet essai d’un géographe érudit tout autant philosophe que géographe nous propose une approche originale de l’idée de nature incluant notre relation au monde (la Terre) et tous ceux qui y vivent. Tout y est vécu sous le concept méta-éthique que Berque nomme écoumène. Instructif et interrogeant.

demain les posthumainsDemain les posthumains * Le futur a-t-il encore besoin de nous ?  de Jean-Michel Besnier                                                                                                                                                                                                 Un bel essai traitant des questions du futur de l’Humanité dans tous ses états. Cet ouvrage surtout est remarquable parce qu’il n’oublie pas, traitant de l’éthique, de parler des animaux même si ça n’est pas son sujet principal. Notre article dérivé de ce livre : Futurisation(s) de l’Héautontomorouménos…

L'animal que je ne suis plus Etienne BimbenetL’animal que je ne suis plus de Etienne Bimbenet                                                                                                                                                         Ce livre nous amène à revoir notre humanité dont il n’est plus question de penser qu’elle n’appartient pas au règne animale, bien qu’elle n’en fasse plus tout à fait partie.  Par ici un entretien avec l’auteur sur actu-philosophia, et une lecture de l’essai sur philosophieanimale.

cvt_Qui-sont-les-animaux-_2927Qui sont les animaux ?* collectif dirigé par Jean Bimbaum                                                                                                                                             « La métaphore animale est le déplacement, l’aveu, le refoulement le plus étonnant de notre parole sur nous-mêmes. » (p.15)

Le versant animal J.-C. BaillyLe versant animal de Jean-Christophe Bailly                                                                                                                                                                           Était-ce une biche ? un cerf ? un chevreuil ? qui apparut soudain dans les phares de la voiture. Une seconde, moins… regards croisés puis chacun sa route. De là J.-C. Bailly nous invite à penser l’être biche, corbeau, buffle, etc. Car la multiplicité des êtres ont tous ce point commun de l’Etre. Partant, nous pouvons – essayer – un peu – de nous mettre à leurs places.

le parti pris des animaux baillyLe parti pris des animaux de Jean-Christophe Bailly                                                                                                                                                          Bailly nous offre à penser l’animalité dans ce qu’elle ne dit pas puisqu’elle n’a pas de langage. Il nous dit, lui, simplement, ce qu’il y a d’autre qu’on n’entend pas, qu’on ne regarde pas, et qui échappe à notre implication politique d’ordinaire. Une œuvre touchante qui allie justesse et simplicité – humilité.

le règne de l'homme Rémi BragueLe Règne de L’Homme * Genèse et échec du projet moderne de Rémi Brague                                                                                                                De l’« animal adorateur » que formulait Baudelaire, à J. Swift qui s’exprimait : « Je hais cet animal qu’on appelle l’homme. », en passant par l’Égypte Antique de la Genèse où « La supériorité de l’homme ne peut en aucun cas mener à une exploitation des animaux, par laquelle l’homme dérogerait et perdrait sa dignité royale. Elle entraîne encore moins un droit de tuer et de manger, car, à cette époque primitive, selon la Genèse, la seule nourriture était végétarienne. » jusqu’aux transhumanisme et antihumanisme, Rémi Brague nous offre une lecture de l’Homme — l’Humanité — en conflit avec lui-même depuis toujours mais plus encore depuis l’avènement de la modernité, où l’on voit qu’il ne trouve entre autres exutoires que de faire des sacrifices animaux. Ainsi l’auteur, selon moi, démontre que de Renaissance en Lumières et de Futurisme en Post-modernisme, l’Homme a confondu et confond encore aisément l’existence et la vie. Plutôt que de faire une expérience vivante de la Vie avec (tous) les vivants, il s’érige en outil-fonction antinature et via la science moderne porte au pinacle la méthode expérimentale à la façon dont Claude Bernard, ce cyno-incendiaire, chantait medicus naturæ superator là où un antispécisme et un véganisme éclairés préfèrent un Pétrarque pour qui « Vouloir le bien vaut mieux que savoir le vrai » — même si l’un n’empêche pas forcément l’autre. Un livre très instructif qui dévoile combien implicitement désormais la question des (droits des) animaux habite la question même de l’Homme. « La conscience des torts faits aux animaux est ancienne. Le végétarisme a une longue histoire religieuse et, depuis Porphyre, il a le droit de cité en philosophie. […] Notre époque constate la disparition d’espèces animales et fait porter une part de la responsabilité sur l’homme. Elle met l’accent sur la continuité qui lie l’homme aux autres vivants, voire conteste le privilège de celui-ci. » in pp.178-179.

BurgatLa cause des animaux de Florence Burgat                                                                                                                                                                               F. Burgat démonte posément l’ambivalence du comportement humain dans sa relation à l’animalité consommée.                                                                                         « Le suivisme est moins coûteux que la dissidence. » (p.46)
Émission radio (France Culture LA MARCHE DES SCIENCES avec F. Burgat) : Droit des animaux : le nouvel humanisme des sciences ?

Une autre existenceUne autre existence * la condition animale de Florence Burgat                                                                                                                                 Voilà un ouvrage très conséquent, et rare. Car ici Florence Burgat développe sur les bases de la phénoménologie Husserlienne celles d’une éthique animale qu’on peut appeler de fondamentale. Un très bon essai ! Notre article à ce sujet : COEXISTENZ : À L’ETUDE DE LA SUBJECTIVITÉ ANIMALE AVEC FLORENCE BURGAT

florence-burgatL’humanité carnivore de Florence Burgat                                                                                                                                                                             Ce dernier essai de la philosophe et directrice de recherche à l’INRA est une formidable base pour déconstruire la mythographie humaine âpre au sacrifice d’autrui depuis toujours, où aujourd’hui le symbolisme s’est mélangé franchement aux absorbants exercices du biopouvoir économique, en s’attaquant toujours à plus d’animaux tandis que c’est techniquement inutile. Un ouvrage qu’on recommande très vivement. Voici notre article : ESPÈCES D’OGRES…

 Être le bien d’un autre de Florence Burgat                                                                                                                                                                                       Comme le dit l’auteure qui examine dans une étude comparée le Droit depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours en passant par le Code noir, les pratiques contre animaux ne proviennent pas que de l’imagination douloureuse des défenseurs des animaux (cf. p.14) Elle demande : « Serait-il si perturbant, pour le droit et pour le droit de l’homme, de compter les animaux parmi les hommes ? » (p.16) Il résulte de cette réflexion que la liberté s’acquiert par la résistance à l’adversité pour justement faire évoluer le Droit en faveur des animaux.

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Cyrulnik-fontenay-singer-Les-Animaux-aussi-ont-des-droitsLes animaux aussi ont des droits * textes de Boris Cyrulnik, Elisabeth de Fontenay et Peter Singer                                                                                                                                                Large réflexion tripartite de la part de deux philosophes et d’un psychanalyste sur la condition animale en général. Un constat : là où le plus nécessaire, le plus simple : laisser vivre les animaux, est reconnu tacitement par tous leurs défenseurs – les débats donnent lieu à des désaccords qui ne sont, pour le coup, que du ressort des affaires humaines. En savoir un peu plus sur Philomag.

Le droit des bêtes à disposer d'elles-mêmesLe droit des bêtes à disposer d’elles-mêmes de Janine Chanteur                                                                                                                                      En 1993 la professeure de philosophie à la Sorbonne publiait un livre intelligent et sensible qui présente le défaut de conclure à sa question : que non. C’est cependant une étude intéressante qui montre l’évolution de notre mentalité en termes de droits légaux et éthiques quant à ce qu’on appelle l’animalité.

Animalité & Humanité * La frontière croisée de Franck Cosson                                                                                                                               Un essai de phénoménologie, fouillé, dense, riche de références et de sens, qui complète idéalement les travaux de F. Burgat, d’E. Husserl, ou de G. Agamben sur les animaux, leurs façons de se manifester au monde, à nous, et nos façons d’être en face d’eux. Voir notre article Animal phénoménal mon prochain…

Une raison de lutter * L’avenir philosophique et politique de la viande de David Chauvet                                                                                                                                                                                                                                                                                                         L’auteur signe ici un texte percutant qui, aux côtés des travaux de Florence Burgat, questionne au sujet de notre raison de lutter en effet, contre une autre raison, plus obscure, qui est celle qui conduit les humains à se mirer dans la consommation des animaux morts. Un petit livre qui va loin dans les territoires ontologiques et rejoue, en plus juste, le chant de l’être et du néant. Notre article : Critique de la raison pure et digne…

Une vision du végétarisme et de la paix d’Abraham Isaac Kook (traduit par David Chauvet)                                                                                                                                                                                    Grâce à David Chauvet, les textes du Rav Abraham Isaac Kook sont désormais disponibles en français. Ces textes sont une source d’inspiration pour l’éthique animale dans le Judaïsme, et sont intégrables dans une vision d’ensemble plus vaste. David Chauvet à collaboré avec le Rav Jonathan Rubenstein qui, il y a trente ans, avait revisiter les pensées d’A. I. Kook. Pour en savoir plus, vous pouvez visiter notre article, ici.

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L'animal que donc je suis DerridaL’animal que donc je suis de Jacques Derrida                                                                                                                                                                      Voici un livre de philosophie, un essai comme on dit, qui ne fait pas qu’essayer de se réapproprier une parole et un mutisme, des mots et des non-dits, quant à la position inconfortable de l’animal dans ce monde dominé par l’humain. Inconfort nôtre dès lors qu’on ouvre les yeux, qu’on se débouche les oreilles et qu’on déjoue le fâcheux contexte grâce et/ ou en dépit des animots.
Nous renvoyons aussi à notre article LES ANIMOTS — DÉCLINAISONS SPÉCULATIVES SUR L’IMPENSER PAR L’HUMAIN AU SUJET DE L’ANIMAL — D’APRÈS « L’ANIMAL QUE DONC JE SUIS » DE JACQUES DERRIDA.

La bête et le souverain. Volume I de Jacques Derrida.                                                                                                                                                                                                           Si l’on désire approfondir la question de la souveraineté, c’est à dire à la fois celle de l’État comme appareil dominant de pouvoir, mais aussi de l’Homme comme « être supérieur » à l' »animal », alors il faut se pencher sur les analyses, critiques et déconstructions derridiennes du relationnel biopolitique.

La bête et le souverain. Volume II                                                                                                                                                                                                    Ce second volume du séminaire donné par Jacques Derrida est pour nous, encore plus passionnant que le premier. Par exemple, et pour ne vous donner que souverainement l’eau à la bouche (ou vous faire bestialement saliver), le philosophe s’entretint alors que, à propos de Robinson et ses sauvages cannibales, les exclusions socio-politiques, les conflits et les répressions socio-politiques, et peut-être même toutes les répressions vivants en général (les femmes, les enfants, les noirs, les esclaves, les sauvages, les bêtes, etc.) […] ne sont possibles et efficaces que là où quelque refoulement et quelque symptomatologie psychique sont à l’œuvre. (p.225)

La vie la mort (séminaire 1975-1976) de Jacques Derrida                                                                                                                                                            C’était il y a bientôt un demi-siècle, et les questions posées par Jacques Derrida à propos de la vie comme un moment de la mort et inversement, on pourrait dire « la-vie-la-mort » ou encore « laviemort », et en rebonds foisonnants après Nietzsche, Heidegger ou Freud, sont toujours d’actualité et peuvent servir à éclairer nos réflexions contemporaines en bioéthique, en éthique animale, en métaphysique du sens de l’être… Extraits : « (De Nieztsche) : […] vous vous croyez libres et autonomes alors que vous ne faites que tendre de grandes oreilles au discours de l’État tel qu’il est arraisonné pa les forces réactives et dégénérées. » (p.74) « Il ne suffit pas de remplacer vie par vivant pour échapper à la question philosophico-socratique : qu’est-ce qui fait du vivant un vivant ? » (p.117) A lire et cogiter.

ZoopolisZoopolis (Une théorie politique des droits des animaux) de Sue Donaldson & Will Kymlicka                                                                                                                                                                                              Après d’éminents penseurs de la cause animale comme G. Francione, T. Regan, J. Derrida dans son « excentricité », Donaldson et Kymlicka abordent la théorie zoopolitique d’un point de vue tout à fait pragmatique, libéral et entier. Un essai fort passionnant disponible en anglais bientôt publié en français. Notre article sur ZOOPOLIS.

zoopolisZoopolis en français chez Alma Éditeur traduit par Pierre Madelin                                                                                                                                Enfin ce grand livre de zoopolitique est publié en français ! Il était temps; aussi Pierre Madelin a-t-il réalisé un superbe travail de traduction, très soigné, et Corine Pelluchon a-t-elle ajouté à l’essai une postface à la fois critique et poussant encore plus en avant les questions soulevées par Donaldson et Kymlicka. Quelques mots à ce sujet de notre part ici.

despret-que-diraient-les-animauxQue diraient les animaux, si on leur posait les bonnes questions ? de Vinciane Despret                                                                                                                                                                                               On a hésité longtemps avant d’inclure ce petit livre assez varié, tant son contenu nous semble trop du parti du welfarisme. Cependant, s’il n’est pas amusant comme le prétend l’éditeur dans sa quatrième de couverture, on y apprend beaucoup de choses sur les animaux. Un savoir qu’il faut prendre le risque d’acquérir tout en sachant qu’il sera parfois désagréable à connaître, lui ou ses commentaires.

Se défendre. Une philosophie de la violence d’Elsa Dorlin                                                                                                                                                    Cet essai de la philosophe enseignant à l’Université Paris 8, intéressera celleux qui voudront réfléchir aux structures et aux motifs des stratégies à mettre en place, entre autres, pour la cause animale, comme justement celle de la désobéissance civile par l’occupation des lieux de l’exploitation des animaux, actions qui interrogent en effet si parfois il faut envisager une position plus offensive pour faire valoir les droits des animaux ? Par des exemples historiques en Europe, aux États-Unis ou encore au Moyen-Orient, l’auteure expose de manière très claire, comment et pourquoi peuvent se former des raisons d’agir autrement que passifiquement, afin d’aider autrui, non-humain mais humain aussi, à résister et surtout survivre à l’oppression. « On pourrait ainsi parler d’une thanatoéthique, faisant face à la biopolitique nazie qui a consisté à exposé à la mort des populations entières — en l’occurrence à l’extermination de masse industriellement organisée de millions d’individus. La thanatoéthique pourrait être définie comme l’ensemble des pratiques qui investissent la mort comme instance restauratrice des valeurs de vie. » (p.68) « La non-violence doit être comprise et circonscrite à un principe éthico-politique interne aux groupes mobilisés ; elle est donc une modalité de subjectivation politique qui n’a de sens que pour prendre soin d’un nous en devenir, et non une praxis de résistance et de combat. » (pp.128-129)

Désirer Désobéir. Ce qui nous soulève, I. de Georges Didi-Huberman                                                                                                                                                             Cet essai à la fois historique et philosophique est comme un voyage mouvementé à travers tout ce qui mène, disons-le, à la révolte. Si ici la question des animaux n’est pas abordée, celle de l’animal-humain est assez éloquente et donnera à penser, à désirer… désobéir toujours pour la liberté et la justice. Extraits : « […] une puissance éthique est susceptible de convoquer un acte politique. » (p.185) « « Le droit à la révolte est intangible. À chaque obstacle qui entrave la vie, il faut y recourir. Révolte ! crie le papillon rompant le cocon qui l’emprisonne. Révolte ! crie le nouveau-né en déchirant les entrailles maternelles. Révolte ! clame enfin le peuple soulevé pour écrasé tyrans et exploiteurs. La révolte, c’est la vie ; et la soumission, c’est la mort. » (Ricardo Flores Magón, 1910, revue Regeneración) » (p.345)

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Le nouvel ordre écologiqueLe Nouvel Ordre écologique de Luc Ferry                                                                                                                                                                               Cet essai philosophico-politique datant de 1992 n’est pas dénoué d’intérêt(s), encore en 2016. On y lit un L. Ferry plutôt bien documenté sur la pensée anglo-saxonne pour la libération animale, ainsi que sur l’écologie – profonde, radicale, écoféministe – tout comme sur les racines de ces mouvements et leurs connexions plus ou moins proches des idéologies fascistes et/ ou gauchistes (parfois). N’en demeure pas moins, malgré  la mise en garde de Ferry de ne pas perdre la démocratie en route, que nombre de ses réflexions sont bien vues, même s’il faut regretter un parti-pris à peine voilé un tantinet condescendant pour la deep ecology et l’écoféminisme. Bref, Luc Ferry en bon démocrate socio-libéral et républicain de la Vème, nous apprend bien des choses, aborde les animaux et la Nature comme sujets de droits ou non. S’il se veut tempérant dans sa conclusion, elle vaut au moins si un peu trop tiède, par son pacifisme laïc et sa rigueur de pensée, en avance encore sur le débat français en général sur ces questions, sans toutefois nous dispenser de nos devoirs envers les autres vivants et l' »environnement ». À lire parce qu’instructif et donnant à réfléchir sur maints sujets.

Le silence des bêtes Elisabeth de FontenayLe silence des bêtes de Elisabeth de Fontenay                                                                                                                                                                        L’auteure recense, analyse les rapports entre les hommes et les animaux depuis l' »âge d’or » de l’Antiquité jusqu’à l’ère moderne. La porte ouverte aux horreurs que l’on inflige aux animaux, c’est d’abord et avant tout leur mutisme : ils ne peuvent dire mot, le mot NON – ou bien est-ce notre incapacité à les entendre ?

Sans offenser le genre humainSans offenser le genre humain de Elisabeth de Fontenay                                                                                                                                                              Si la philosophe, dix ans après Le silence des bêtes ne laisse pas l’homme se complaire dans sa prétendue « exception », force est de constater qu’au-delà du savoir et du langage d’E de Fontenay – enthousiasmants -, l’auteure tient un discours d’ensemble qui a du mal à sortir du « bien-être » animal, et ne s’engage que du bout des lèvres sur les notions de droits ou d’abolitionnisme. Question de génération ?

C_introduction_FrancioneIntroduction aux droits des animaux de Gary Francione                                                                                                                                                       On a longtemps attendu en France la parution de cet essai indispensable pour aborder la question animale relativement à l’éthique, la morale et au Droit (justice), ce à quoi on a envie d’ajouter : la logique, le bon sens… Ouvrage fondamental au sens propre du terme, de la cause animale contemporaine. Lien de l’éditeur, et une analyse intéressante sur Les cahiers antispécistes. Voir aussi notre article : LE DIFFICILE COMBAT DU SIMPLE BON SENS — SUR L’« INTRODUCTION AUX DROITS DES ANIMAUX » DE GARY FRANCIONE

G

l-homme-et-l-animal-de-pierre-gascarL’homme et l’animal de Pierre Gascar                                                                                                                                                                               1974. Gascar nous propose une réflexion sur la place de l’animal parmi la civilisation hyper-technique et son rôle « mécanique », objectal, à nous faire supporter l’insupportable de notre monde, notre mode de vie, infernaux.

Voir son steak comme un animal mortVoir son steak comme un animal mort de Martin Gilbert                                                                                                                                          Martin Gibert raconte non sans bonne humeur et humour pourquoi il est moralement préférable de devenir végane. Un livre à mettre entre toutes les mains ! Notre article sur l’ouvrage : À LA GÉNÉRATION LIMONEUSE & VÉGANE — L’ÉTHIQUE QUI PIQUE DE MARTIN GIBERT — DE NOS INTERSECTIONNALITÉS ET DE LA JUSTICE À RESTAURER AVEC LE LIVRE « VOIR SON STEAK COMME UN ANIMAL MORT »

Contre l’exploitation animale. Un argumentaire pour les droits fondamentaux de tous les êtres sensibles de Valéry Giroux                                                                                                                                                                                                                                 Forte d’un riche cursus en droit criminel et en éthique animale, l’auteure signe ici une thèse très bien élaborée afin de montrer combien les intérêts des animaux sont similaires à ceux des humains et qu’en conséquence leurs droits également. Pour en savoir plus, voir notre article The Tru(e)manimal show…

GoffiQu’est-ce que l’animalité ? de Jean-Yves Goffi                                                                                                                                                                   Ce livre est extrêmement concis et parvient en une centaine de pages, à nous montrer clairement les enjeux de la question de l’animalité et de notre rapport à son égard. Et plus largement, J.-Y. Goffi nous informe et réfléchit à la philosophie de l’environnement, intimement liée à cette de l’éthique animale, au-delà de Descartes et Mill, auprès de penseurs anglo-saxons de tradition analytique comme Sagoff, Rolston III en passant par l’utilitarisme benthamien et singerien, jusqu’à la notion très américaine, avant-gardiste et néo-romantique de la wilderness.

ecologicaÉcologica de André Gorz                                                                                                                                                                                                                    Si le propos de ce penseur pertinent et profondément humain n’est pas de prime abord vegan, nous conseillons la lecture des essais de A. Gorz. Écologica démonte les rouages spécieux du capitalisme en vu de retrouver une façon de vivre ensemble sous l’égide d’une économie raisonnable et responsable. À connaître !                                                                                           « La « défense de la nature » doit donc être comprise comme originairement la défense d’un monde vécu, lequel se définit notamment par le fait que le résultat des activités correspond aux intentions qui les portent, autrement dit que les individus sociaux y voient, comprennent et maîtrisent l’aboutissement de leurs actes. » p.49

Du végétarisme. Gandhi (textes choisis par Florence Burgat)                                                                                                                                                                                                                                                         Converti au végétarisme éthique par Henri Salt, Gandhi n’a cessé toute sa vie d’associer son combat pour la non-violence à la défense d’une alimentation dénouée de violence à l’endroit des animaux. « Je tiens que moins une créature peut se défendre et plus elle a le droit à la protection de l’homme contre la cruauté de l’homme » écrivait-il dans une lettre à Rameschchandra le 13 décembre 1927. Voici de beaux textes qui n’ont, hélas, rien perdu de leur pertinence et qui pourrait être écrits aujourd’hui. Ils ont près d’un siècle.

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Yes_VeganYes Vegan ! de Catherine Hélayel                                                                                                                                                                                             Le choix de la vie, c’est pour C. Hélayel le choix d’une vie, la sienne, mais aussi le choix de tous les véganes en tant que l’élection de toutes les formes de vies dans leur préservation et leur dignité d’être. Quel beau livre ! Voici notre article sur Yes Vegan !

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lanimalL’Animal sous la direction de Marlène Jouan et Jean-Yves Goffi                                                                                                                                                                                                                                               Ce livre publié par Vrin dans la collection « Recherches sur la philosophie et le langage » est une très belle somme de connaissances et de réflexions qui aborde de façon très frontale la question animale à l’aune des enjeux de société, où l’on trouvera avec surprise (mais il faut savoir pour lutter contre) des propositions dont l’audace n’a d’égale que leur horrible pragmatisme cynique et hypocrite. Voir notre article  : Rage against philosophical unthought

K

Fondements éthiques pour une alimentation végétarienne Helmut F. KaplanFondements éthiques pour une alimentation végétariennede Helmut F. Kaplan                                                                                                                                                                                                                         Avec une logique factuelle très nette, Kaplan dénonce l’élevage des animaux destinés à nourrir les humains comme torture totale, démonte le formatage des enfants qu’on incite à consommer de la chair animale, le délirant gaspillage de nourriture et d’énergie, pose avec fermeté les raisons évidentes d’être a minima végétarien.

L

Les animaux sont-ils bêtes Alain LeygonieLes animaux sont-ils bêtes ? de Alain Leygonie                                                                                                                                                               Tordre le cou à la pensée égocentriste humaine qui, lorsqu’on parle des animaux, ne sait parler que d’elle-même. Et puis mettre au placard la suffisance de la prétendue « intelligence » de l’Homme. Rendre à l’Animal sa place.

L'animalité * Six interprétations humainesL’Animalité * Six interprétations humainesde Jan-Ivar Lindén                                                                                                                                                                                                                                                  Dans ce livre l’on nous offre à lire six belles approches de l’animalité sous l’égide de la philosophie, entre errances et justes intuitions. Comme le dit Jan-Ivar Lindén dans l’un d’eux « Animalité et accès privilégié » il s’agit d’une : « […] co-existence vitale indéterminée qui aura toujours une influence décisive sur la détermination de notre monde humain. » (p.106).

Jacques Derrida - Politique et éthique de l'animalitéJacques Derrida : Politique et éthique de l’animalité de Patrick Llored                                                                                                                                                                                                                                  Ce livre d’un des rares philosophes français engagé pour la cause animale est une belle analyse de la pensée pro-animale du « déconstructeur » J. Derrida, mais pas que. Un livre à lire pour la beauté de la pensée empathique pour une zoopolitique.
Notre article sur cet essai, croisé avec le véganarchisme de Brian A. Dominick : VÉGANARCHIE ET ZOOPOLITIQUE — DEUX LECTURES — « LIBÉRATION ANIMALE ET RÉVOLUTION SOCIALE » & « JACQUES DERRIDA : POLITIQUE ET ÉTHIQUE DE L’ANIMALITÉ »

Une éthique animale pour le XXIe siècle                                                                                                                                                                                                                                 Quelques années après son précédent essai sur l’éthique de l’animalité au travers de Jacques Derrida, Patrick Llored revient en publication avec cet essai absolument radical en nouveauté dans le paysage de l’éthique animale en philosophie. Fort des travaux de nos prédécesseurs, Llored développe sa propre pensée philosophique d’une libération animale faisant la promotion d’une approche zoocitoyenne totale. Non seulement cet essai réenchante l’éthique animale dans son versant le plus pragmatique, mais il le fait au travers d’une langue poïétique magnifique tout en s’appropriant le meilleur de la pensée chrétienne pour l’animalité en en faisant quelque chose de laïc et de profondément animé de ce qu’il faut bien appeler une foi – mais ici une foi complètement neuve et non anthropocentrée ni divinisante : c’est une bio-onthologie ! En savoir plus en lisant notre article en cliquant .

revolution-vegetarienneLa Révolution Végétarienne de Thomas Lepeltier                                                                                                                                                                   Ce petit essai au ton subversif, moqueur et ultra réaliste sorti en 2013 et qui démonte un par un les préjugés et les ressorts psychosociaux qui sont autant de freins virtuels à l’avènement d’un végétarisme (véganisme) planétaire, se lit très facilement et constitue une source très pertinente pour expliquer, valider et défendre le végétarisme de façon 100% pragmatique. Un merveilleux livre à avoir dans sa bibliothèque ! Quelques notes à propos dans notre article.

Les véganes vont-ils prendre le pouvoir ?                                                                                                                                                                                                                                    Faisant fi des polémiques internes ou externes au mouvement, Thomas Lepeltier continue sa réflexion au sujet de la condition animale et de l’éthique dans un ouvrage simple, concis, bien construit, qui démontre qu’il n’y a pas véritablement d’alternative à prise en considération des animaux, d’autant que toutes les solutions aux questions qu’on peut se poser existent. Nous en avons tiré un exercice de style que l’on peut lire ici.

Lettre ouverte aux animaux (et à ceux qui les aiment) de Frédéric Lenoir                                                                                                                         Si la sincérité de l’auteur n’est pas à mettre en doute, bien que sa démarche ne soit pas dénuée d’ego, ce petit livre à l’adresse des animaux est à la fois d’une grande franchise et d’une incohérence toute aussi grande, puisque F. Lenoir cultive l’art de défendre les animaux en continuant de les manger (parfois), en souhaitant qu’on les libère mais en mettant en doute la « libération animale ». Intéressant, étrange… notre article en cliquant ici.

Le végétarisme des Lumières de Renan Larue                                                                                                                                                                                    Cet essai historico-philosophique nous permet de rappeler que le questionnement sur notre rapport aux animaux (leur traitement, leur exploitation) soulève de légitimes interrogations, bien sûr, mais surtout qu’il ne date pas d’hier. C’est avec brio que l’auteur nous amène à comprendre que les bases de l’antispécisme ont à voir avec le lumineux siècle de l’humanisme. Notre article ici : DES ÉBLOUISSEMENTS…

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Les diplomates - B. MorizotLes Diplomates * cohabiter avec les loups sur une autre carte du vivant de Baptiste Morizot                                                                                                                                                                                       Cet essai solidement documenté par son auteur qui est chercheur en philosophie à Marseille, constitue dans le prolongement de Zoopolis et son avancement fulgurant, une formidable dynamique pour reconsidérer nos relations éco-zoo-logiques et poser les bases pratiques fondationnelles de l’avenir de l’espèce humaine avec l’ensemble du vivant. S’il n’est pas un plaidoyer végane, il remet bon nombre de choses à leur vraie place dans une langue d’une très grande justesse et finesse, et surtout un penser puissant et puissamment vivifiant.

Désobéir avec amour de Virginia Markus                                                                                                                                                                                                Déjà auteure de Industrie laitière. Une plaie ouverte à suturer ? V. Markus, éducatrice et militante antispéciste suisse, signe ici un joli manifeste sachant expliquer avec pertinence les impératifs des prises de positions politiques et citoyennes antispécistes (désobéissance civile, action directe, etc.), quand il semble que le militantisme « habituel » ne convertisse pas assez rapidement de gens à la cause animale. Comme il y a urgence, les stratégies doivent être mûrement pensées et actées. Comme il y a urgence, il faut qu’un maximum de personnes s’investissent dans l’offensive, la confrontation avec les appareils du système oppressif envers les animaux. Toutefois, l’auteure ne fait pas de clivage. Elle reconnaît l’utilité des méthodes moins abruptes. Elle voit toutes ces façons de faire comme complémentaires et appelle celleux qui le pourront et le voudront, à rejoindre un activisme plus frontal.

La pensée écologique de Timothy Morton                                                                                                                                                                                    Bien que ce livre ne porte pas sur le véganisme, il ne porte pas non plus sur l’écologie. Du moins pas l’écologie telle qu’on l’entend d’ordinaire, à la fois dans les partis écologistes, les médias et le grand public. Et si T. Morton n’est pas végane, les idées qu’il défend autour de l’écologie sombre et le maillage de tout ce qui est, valent la peine d’être lues et intégrées à la pensée animaliste antispéciste et désireuse d’associer ce combat à celui de la défense du monde, puisque de « Nature » il n’existe pas, sinon dans l’idée qu’on s’en fait. Extrait : « C’est un lieu commun philosophique de dire que les non-humains sont incapables d’introspection, de réflexion sur soi, et donc que leur souffrance n’est pas à prendre autant au sérieux que la souffrance humaine. » (pp.120-121)

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COSMOS M. OnfrayCosmos de Michel Onfray                                                                                                                                                                                         Assumant avec franchise une curieuse « contradiction », Michel Onfray a le mérite d’aborder frontalement le véganisme dans un groupe de chapitres conséquents. Rejoint-il le rang des vegan ? quelles sont ses motivations profondes pour le faire ou non. Réponses dans ce livre intime et universaliste. Nous vous invitons à lire notre article à ce sujet : LE CRYPTO-VÉGANISME DE MICHEL ONFRAY.

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Les Nourritures C. PelluchonLes Nourritures de Corine Pelluchon                                                                                                                                                                                Bel ouvrage de phénoménologie des nourritures. Si vous n’êtes pas habitué au langage philosophique n’ayez crainte. Précis, bien documenté, cet essai est un must du genre en faveur d’un hédonisme renouvelé, d’un humanisme rayonnant ses meilleures valeurs éthiques comme un soleil éclairant toutes formes de vies. La pensée de l’auteure est une invite à refondre notre politique du bien commun propre à délivrer les peuples et les animaux des oppressions et exploitations archaïco-capitalistes qu’ils subissent et soutiennent par omission. À lire absolument. « L’hédonisme consiste à goûter l’existence en communiquant avec autrui grâce à ses sensations les plus archaïques et les plus complexes. Il est donc inséparables du respect que l’on a de soi, des autres et de l’environnement. » (p.63) Ci-contre un long extrait en ligne chez l’éditeur SEUIL. Et aussi notre article SUR « LES NOURRITURES » – FLORAISON DE LA POLITIQUE HÉDONISTE DE CORINE PELLUCHON.
Émission de radio: IDÉES «Les nourritures, philosophie du corps politique» sur RFI.

Elements pour un éthique de la vulnérabilitéEléments pour une éthique de la vulnérabilité * Les hommes * les animaux * la nature de Corine Pelluchon                                                                                                                                                       Cet essai a précédé celui des Nourritures. Très étayé, le propos de l’auteure y est déjà axé sur une envie de faire société solidairement avec toutes les différences. D’où le sous-titre : Les hommes les animaux la nature. Un fort bel essai sur lequel nous avons écrit : SIDÉRATIONS — ÉLÉMENTS POUR UNE ÉTHIQUE DE LA VULNÉRABILITÉ DE CORINE PELLUCHON

lautonomie-briseeL’autonomie brisée * Bioéthique et philosophie de Corine Pelluchon                                                                                                                                     Cet essai absolument passionnant reprend à bon compte les travaux de ses pairs en bioéthique, en y incluant une nouvelle perspective ontologique ouverte sur tout le vivant. Notre article : L’Homo-hégémonie…

manifeste-animaliste-couvManifeste Animaliste * politiser la cause animale de Corine Pelluchon                                                                                                                                                                                                                                         On ne peut que vous inviter à lire et surtout faire lire ce manifeste très juste et efficace, dont nous avons dit quelques mots à sa sortie, Contre la désolation….

Éthique de la considération de Corine Pelluchon                                                                                                                                                                                    En attendant des suites ambitieuses, cet essai de la philosophe très engagée pour la cause animale ancre et couronne ses travaux précédents écrits depuis quelques années, exprimant des idées de justice servies dans une langue parfaite, comme à chaque fois. Notre article sur cet essai, ici.

Pour comprendre Levinas. Une philosophie pour notre temps                                                                                                                                                                                   Corine Pelluchon réalise dans cet essai une formidable vulgarisation de la pensée d’Emmanuel Levinas tout au long de sa vie et son œuvre, tout en parvenant à élever cette pensée au stade supérieur de l’animalisme sans toutefois en faire ici un « cheval de bataille ». C’est un hommage superbe et une démonstration de force intellectuelle majeure. Notre article détaillé en cliquant ici.

Réparons le monde. Humains, animaux, nature                                                                                                                                                                                    Cet ouvrage composé fin 2019 est un recueil d’articles permettant aussi de s’initier aux travaux de Corine Pelluchon que de les retrouver de façon condensée et un peu plus abordable pour le grand public. On vous en parle dans notre article. Cliquez ici svp.

Les lumières à l’âge du vivant                                                                                                                                                                                    Corine Pelluchon nous livre avec cet essai la culmination de son penser philosophique pour un cosmopolitisme total, c’est-à-dire qui prend en compte la vie de tous les vivants, humains comme non-humains. Nous ne pouvons que nous recommander de lire ce travail passionnant qui redonne leurs lettres de noblesse aux Lumières tout en les ranimant d’une nouvelle flamme phénoménologique et animaliste sublime. Nous avons écrit à ce sujet un article. Pour le lire, cliquer ici. Merci.

b-tes-humaines-Bêtes humaines ? Pour une révolution végane * textes réunis par/ et de Méryl Pinque – préface de Michel Onfray                                                                                                                                                                                                                 Nous renvoyons à notre article SUR UNE LECTURE DE « BÊTES HUMAINES ? POUR UNE RÉVOLUTION VÉGANE. » de la rubrique LECTURES pour une présentation de l’ouvrage.

anarchie-et-cause-animaleAnarchie de cause animale, dirigé par Philippe Pelletier                                                                                                                                               Ce livre est un premier tome compilé par P. Pelletier, quant au mouvement anarchiste et sa considération pour l’animal-ité en tant que cause à défendre : êtres à libérer. Avec Proudhon, Bakounine, nous avons beaucoup aimé un texte très bref de Louise Michel, très poignant, puis surtout adoré découvrir les écrits d’Elysée Reclus.
anarchie cause animale 2Anarchie de cause animale 2, dirigé par Philippe Pelletier                                                                                                                                                Une surprise de taille inattendue pour ce second tome, puisque virulent contre la protection animale et le véganisme.

cave canemCave Canem. Hommes et bêtes dans l’Antiquité de Jean-Louis Poirier                                                                                                                                                                                                                                                  Les Belles Lettres et Jean-louis Poirier, après un bel échange avec Elisabeth de Fontenay, nous offrent de lire une grande variété de textes antiques (grecs et romains) au sujet des animaux : mœurs, croyances, élevage, domestication, vus par les philosophes et les poètes de ces temps pas si lointains, tant nous aussi avons à réapprendre des animaux pour mieux nous connaître.

voisinagesVoisinages & Communs de p.m.                                                                                                                                                                                                       Ce petit essai pratique figure à l’avant-poste de la révolution écotechnique qui s’annonce, car le système libéral de la « rareté », il faut bien le dire, détruit mais ne construit pas. Contre l’asphyxie de la surabondance de consommation des années 70 et 80, l’auteur préconise à l’aide de projets concrets et locaux, qu' »une fois que nous aurons tourné le dos à l’époque de la technologie bancale et déformée par le capitalisme, la voie sera ouverte à la véritable ère techno-écologique. »

Les animaux ne sont pas comestibles de Martin Page                                                                                                                                                                   C’est un témoignage très touchant auquel se livre avec pudeur l’écrivain M. Page dans ce livre où il raconte son véganisme, tout en en racontant son expérience et en en faisant une présentation assez complète en tant que philosophie de vie proposée au néophytes en la matière. Lire notre lettre à l’auteur.

Les degrés de l’organique et l’Homme de Helmuth Plessner                                                                                                                                                                  Il y a presque un siècle, H. Plessner travaillait à élucider le vivant par le biais d’une phénoménologie de l’amphibologie pour apprendre à identifier la nature gestaltique (plasticité) des choses. En son temps, Plessner aura très originalement reconnu les animaux comme des êtres complexes, biochimiques et physiologiques, très loin du mécanisme cartésien. Un ouvrage pointu pour les connaisseuses/seurs.

Comment l’esprit vient aux bêtes. Essai sur la représentation par Joëlle Proust                                                                                                                                                                              Ce livre, cet essai, paru en 1997, n’a rien perdu de son attrait scientifique et philosophique. L’auteur y expose l’état de l’art des théories et des connaissances relatives à la façon dont l’esprit se forme chez les animaux. Il y a donc question de représentation, de fonctionnalité, de cognitivisme, de plurimodalité, etc., et c’est impressionnant et passionnant. Nous y faisons trop brièvement référence dans nos travaux en cliquant ici.

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regan droits animauxLes droits des animaux de Tom Regan                                                                                                                                                                                 La lecture de T. Regan peut parfois être difficile, car la nécessité d’explorer toute forme juridique d’aborder la question du statut de l’animal, donc de droits, s’impose d’emblée plus profondes en ce domaine que dans celui de l’éthique ou de la philosophie pures. Il faut néanmoins s’y astreindre pour savoir de quoi on parle au fond.

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La libération animale Peter SingerLa libération animale de Peter Singer En 1975                                                                                                                                                                       P. Singer a permis, dans les pays anglo-saxons, de poser le débat. Philosophe utilitariste, Singer a surtout exposé un catalogue des horreurs infligées aux animaux d’élevage et de laboratoires. C’est un des livres qui nous a décidé à devenir vegan.

Deux leçons sur l'animal et l'homme Gilbert SimondonDeux leçons sur l’animal et l’homme de Gilbert Simondon                                                                                                                                                                                                                      En invoquant dans la réflexion sur la psychologie humaine à la lumière de notre rapport avec l’animal, des auteurs sur la question comme saint François d’Assise, La Fontaine, Bossuet ou Montaigne, Simondon nous montre que ces relations de toujours sont ontologiques autant que métaphysiques. Notre « en tant qu’homme » n’existe pas sans l’animal.

Des Animaux sur la Terre de Cédric Stolz                                                                                                                                                                   Si rares sont encore les auteurs à s’être emparé de la question de la cause animale sous un jour philosophique, voire phénoménologique, il faut saluer et apprécier à sa juste valeur la sortie de cet essai qui reprend à bon compte certains des plus beaux développements de ce qu’on pourrait appeler le réalisme physico-philosophique (non, pas l’esprit cartésien !) en y adjoignant l’animalisme abolitionniste et c’est une grande réussite. Un livre à lire absolument pour ses références tant que pour son son analyse, sa synthèse et sa lucidité. On en parle dans notre article : Trajections…

Qu’appelle-t-on panser ? 1. de Bernard Stiegler                                                                                                                                                                                                                                                Le philosophe interpelle quant à un monde, c’est-à-dire une société (une modèle de civilisation) en déréliction dont il convient de saisir l’urgence à y appliquer une pharmacologie ontologique propre à soigner ce tout-vivant que nous habitons. Si Stiegler ne penche pas de prime abord du côté des animaux, sa pensée se rapproche des courants écosophiques et animalistes et résonne avec des travaux comme ceux de Cédric Stolz. Extrait : « Sur terre, c’est-à-dire dans la biosphère, cette universalité devient anthropique au sens où elle étend la domination de l’anthropos comme prédateur de toute ressource de la biomasse aussi bien que de la nécromasse en cultivant l’évolution des organes exosomatiques et la noodiversité correlative des exorganismes simples et complexes. […]    La néguanthropologie est ce qui soigne ce rapport différantiel tel que la différance exosomatique s’y déploie toujours phamacologiquement. Ici, anthropie et néguanthropie — tout comme entropie et néguentropie — ne sont pas de substances mais des points de vue. » (p.121) Attention : il s’agit d’un ouvrage destiné aux initié-e-s.

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The Thing. Une phénoménologie de l’horreur de Dylan Trigg                                                                                                                                                                                                                                              À partir du nouveau réalisme à l’image de ce que développé par Quentin Meillassoux, Dylan Trigg propose une autre façon d’explorer la réalité et notamment celle du vivant par la corporéité reconnue comme ce quelque chose d’inconnu qui, en-deçà de qu’il y a à en ressentir, ne nous appartient pas et nous échappe et qui, même chez l’humain, s’avère être une certaine inhumanité du vivant. Au travers de la biologie, des découvertes de bactéries fossiles martiennes, l’auteur nous invite à la suite de Husserl et de Merleau-Ponty à nous pencher vers cette étrangeté de l’être-en-vie comme caractéristique de ce que qui évolue, s’adapte, se métamorphose, est nous et les autres, jusqu’aux confins effrayants de nos origines non-humaines, et ce aussi par le biais de lectures d’œuvres cinématographiques célèbres comme La Chose de John Carpenter. C’est pour nous un essai intéressant pour mieux voir ce que nous partageons avec tout ce qui vit et qui, parce qu’étant ce horlà en nous, nous inquiète et diffère sans cesse et sans que nous puissions totalement appréhender l’autre comme une expression divergente d’un en-commun pré-humain.

Tu m’as donné de la crasse et j’en ai fait de l’or de Pacôme Thiellement                                                                                                                                                                                                                                                                   Nous avons beaucoup apprécié la lecture de ce livre à la fois très intimiste, mais pudique, et très universel en incluant une profond réflexion sur l’éthique— on allait dire « animale »… — humaine à l’endroit des animaux, et notamment sur l’acte de manger de la viande, nous qui sommes nous-mêmes de la chair à canons, qu’ils soient ceux des champs de batailles ou ceux des artifices économiques. Un livre qui ne prône pas le véganisme ni l’antispécisme et qui le fait à sa façon tout de même. À lire absolument ! Voir notre article.

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Milieu animal et milieu humain Jakob von UexküllMilieu animal et milieu humain de Jakob von Uexküll                                                                                                                                       Nous avons choisi d’intégrer à notre bibliothèque vegan ce livre des années 1930, car il préfigure d’un changement de point de vue relativement aux animaux. Ethologiquement, si nous les comprenons si mal, et que nous les infériorisons, c’est par erreur. Par ignorance qu’ils sont chacun leur monde, qu’il nous faut apprendre à nous représenter pour les comprendre.

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Le moment du vivantLe moment du vivant (colloque à Cerisy) dirigé par Frédéric Worms et Arnaud François                                                                                                                                                                           Aux PUF on appréciera beaucoup la lecture de textes philosophico-scientifiques qui donnent à penser profondément ce qu’est le vivant, depuis l’Être jusqu’à la réalité crue du traitement animal, et les antinomies factuelles découlant des désirs humains où le souci du soin, par exemple, s’oppose à la dévalorisation des vivants (non-humains). Notre article croisé avec l’essai de Steven M. Wise.

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