THIELLEMENT PACÔME LES AUTRES — EXERCICE DE STYLE SUR L’ESSAI « TU M’AS DONNÉ DE LA CRASSE ET J’EN AI FAIT DE L’OR » — BAUDELAIRIEN SUR LA VIANDE

THIELLEMENT PACÔME LES AUTRES — « TU M’AS DONNÉ DE LA CRASSE ET J’EN AI FAIT DE L’OR » — BAUDELAIRIEN SUR LA VIANDE

 

« Tell me why I had to be a Powerslave
I don’t wanna die, I’m a God,
Why can’t I live on ?
When the Life Giver dies,
All around is laid to waste.
And in my last hour,
I’m a slave to the Power of Death. »
in Powerslave — Iron Maiden (1984)

 

[Angelus Silesius] « La rose est sans pourquoi, elle fleurit parce qu’elle fleurit, n’a pas pour elle-même aucun soin — ne demande pas : Suis-je regardée ? »
cité p.33 in Trois essais sur Twin Peaks, Pacôme Thiellement (2018)

 

« Le moment axiomatique ou structural est le moment le plus pur de la connaissance, mais il ne se dissocie pas des moments antérieurs, qu’il légitime autant que ceux-ci le légitiment. »
p.91 in La pensée mathématique contemporaine, Frédéric Patras (2001)

 

 

   C’est bien un alchimiste. Pacôme Thiellement.
   Alchimiste du temps, des Sans Roi (les gnostiques) aux Sans États (les gilets jaunes), des Sans Vie au Règne du Vivant (les mangés).
   L’Al Tanour de Pacôme ne cuit plus depuis longtemps de chairs mortes[1]. Son alKīmiyā — son alchimie (χνµεία/χηµεία), n’est plus l’art de fondre et d’allier les métaux, mais celui de compiler nos subjectivités animales et humaines — hors temps mais bel et bien là[2] — pour en restituer la quintessence divine sans pourquoi où tout s’absorbe au commentaire : dire ce qui vit en le vivant, vivre comme le récit de ce qu’est vivre.

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À LA LIGNE — PROSE POÉTIQUE PAR INTÉRIM — POUR JOSEPH PONTHUS

POUR JOSEPH PONTHUS — À LA LIGNE

 

 

« Le pré est vénéneux mais joli en automne
Les vaches y paissant
Lentement s’empoisonnent »
in Les colchiques – « Alcools », Guillaume Apollinaire (1913)

 

 

Quelques mots pêchés ci et là
parce qu’il ne faut pas mourir idiot comme on dit
Aller à la ligne
sans pontifier
Ponthus J.
Sans ponctuation
Peut pas vivre d’écrire
Plus dans le social non plus
Quoi d’autre que la chaîne en Bretagne
que trier des trucs morts en usant son propre corps
n’y mettre du cœur qu’en attendant l’heure enfin
de la fin de journée Lire la suite

ARUM TITAN ROMANESQUE — 채식주의자 — SUR « LA VÉGÉTARIENNE » DE HAN KANG

 채식주의자 — « LA VÉGÉTARIENNE » DE HAN KANG
À la demande de Myrtle, la gagnante de notre jeu concours.
« Les hommes meurent pour conserver une certaine beauté de la vie.
Une certaine beauté naturelle… »
Romain Gary — Les Racines du ciel (1956)
« La terre se nourrit d’empreintes, le ciel se nourrit d’ailes. »
Miguel Angel Asturias
« Je pense que les humains devraient être des plantes »
Yi Sang — poète coréen (1910-1937)
La végétarienne - Han Kang   Que se passe-t-il donc dans sa tête à Yŏnghye ? Jusqu’alors elle avait toujours été une bonne épouse. Elle s’acquittait de son rôle social et familial sans faire de vague. Sa discrétion, c’est ça qui avait plu à son mari. Une fille pas trop jolie rompue aux bonnes mœurs, presque effacée oui, jamais un mot plus haut que l’autre, la femme modèle enfin.
   Et puis un jour Yŏnghye décide ne plus manger de viande. Non contente d’arrêter les produits d’origine animale il a fallu qu’elle foute tout à la poubelle. Et son mari, est-ce qu’elle y a pensé ?
     — Je rêve ! Tu veux me priver moi aussi de tout produit d’origine animale ?
     […]
     Elle a secoué la tête.
    — Ah bon ? Et ça va durer longtemps ?
    — C’est définitif. Lire la suite

ROYAUME D’HORREUR ET MORT DE LA POÉSIE

   Les hommes ont toujours été cruels envers leurs frères dans l’évolution.
   S’il fut un temps pas si lointain où le poète pouvait encore témoigner tout en usant d’analogie avec sa propre vie, que pourrait-il bien dire aujourd’hui – là où les mots sont impuissants à transfigurer l’effroyable réalité de la mécanisation du Mal dont les fleurs sont en plastique, où pour les bêtes le paradis est tout à fait artificiel, et où nous envahie face à l’horreur un spleen qui laisse… sans voix ?