FUTURISATION(S) DE L’HÉAUTONTIMOROUMÉNOS — QUEL AVENIR POUR LES ANIMAUX DANS LE POSTHUMANISME ? — OBLIQUE DU LIVRE « DEMAIN LES POSTHUMAINS » (LE FUTUR A-T-IL ENCORE BESOIN DE NOUS ?) DE JEAN-MICHEL BESNIER

L’HÉAUTONTIMOROUMÉNOS — QUEL AVENIR POUR LES ANIMAUX DANS LE POSTHUMANISME ? — OBLIQUE DU LIVRE « DEMAIN LES POSTHUMAINS » DE JEAN-MICHEL BESNIER
« La logique occidentale devient finalement la logistique, dont le déploiement irrésistible fait mûrir entre temps le cerveau électronique, par lequel l’être humain est ajusté à l’être de l’étant qui, à peine remarqué, se manifeste dans l’essence de la Technique. »
p.220 in Qu’appelle-t-on penser ? — Martin Heidegger
« Le carnisme ressemble fort en effet à une métaphysique qui ne dit pas son nom et qui s’ignore elle-même, une métaphysique selon laquelle l’espèce humaine est la fin de toutes choses, le centre et le sommet de la Création. »
pp.10-11 in Le végétarisme et ses ennemis, Renan Larue
« Vous ne devez pas traîner le souvenir de l’Homme comme un boulet. »
in Demain les chiens, Clifford D. Simak

 

 

demain les posthumains   On s’étonnera peut-être qu’un essai sur le post-humanisme incite à écrire sur la question des animaux. Mais c’est qu’en fait, outre un intérêt nôtre certain pour les choses à venir, le monde tel qu’il sera — et parmi tous les possibles imaginables ou pas il n’y en aura qu’un — concerne(ra) au premier chef tous les animaux qui auront à y vivre. C’est aussi tenter de répondre à un flagrant paradoxe : les hommes sont naturellement pré-occupés par leurs lendemains presque en un sens heideggérien de l’angoisse, du souci (die sorge), tandis qu’ils affichent souvent un profond mépris pour les choses du présent. Ces choses se sont autant leurs relations et cadre de vie directs que celles plus interspécifiques et environnementales. Il faut donc essayer, par le dire, d’élucider quelque peu la position très particulière de l’être vivant mélancolique (et nostalgique par anticipation) par excellence, l’humain, et d’en tirer les conséquences quant au sort des animaux bon an mal an absorbés par notre empireanthropolis comme qui dirait. Nous déroutons quelque peu pour ce faire l’ouvrage de Jean-Michel Besnier Demain les posthumains, mais pas tant que ça en vérité. Lire la suite

HOMO ANIMALI LUPUS EST ? — EMPATHIE(S) — INTROPATHIE(S) — PROPOSITION (POST)-HUMANISTE

 HOMO ANIMALI LUPUS EST ? — PROPOSITION (POST)-HUMANISTE
 « Peut-on conserver pendant des générations des comportements contre nature, comme un banc de piranhas qui se convertiraient au végétarisme ? » (p.51)

Henri Atlan

 I
Ne pas crier au loup
   La lecture de l’opuscule LES FRONTIÈRES DE L’HUMAIN de Henri Atlan donne à réfléchir. Il faut voir, c’est-à-dire reconnaître, que les anciennes classifications ont perdu leur pertinence (p.8)[1] parce que les champs d’études menées tant sur le comportement animal que sur celui de l’Homme démontrent qu’on ne peut plus penser en termes réducteurs et restrictifs : l’humain d’un côté, l’animal de l’autre. Moult travaux nous font voir que l’ancienne frontière qui autrefois — il n’y a pas si longtemps — hissait l’humain en être supérieur doué de divinité et de plus faisait de chaque être, objet ou chose en propre totalement des « autres », n’existe pas. Ainsi, comme l’écrit Henri Atlan : « C’est l’Homme système fermé et autarcique qui a disparu. C’est l’image de l’Homme, origine et fin de toutes choses, qui avait en effet nourri un certain humanisme au XIXe et XXe siècles, qui éclate aujourd’hui de tous côtés. » (pp.16-17).
atlan   Cela ne signifie pas pour autant une régression. On peut tout à fait y voir un grand progrès, en premier lieu duquel apparaissent non plus donc des frontières, mais des espaces intercalaires flous, plutôt des porosités, comme autant d’espaces-limites au sens où tout glisse, se meut, se mélange, se sépare, s’enrichit, se participe, se crée et se détruit, etc., avec ce qui s’y anticipe et ce qui est inattendu. Il n’y a pas de perte de dignité humaine à éprouver de la compassion pour des êtres vivants sensibles autres qu’humains[2]. On peut avoir en plus de l’estime de soi et de la satisfaction personnelle, des sentiments autres ou similaires procurés par des individualités non-humaines. Encore que ; qu’elle est la part d’humain chez le singe et qu’elle est celle de primate chez l’homme ? Si je viens en aide à un animal et qu’il me témoigne de quelque façon de la reconnaissance et me donne de l’affection, en quoi cela revêtirait-il moins d’importance, de sincérité, bref en quoi cela aurait-il moins de valeur, que si je le fais pour un semblable dont je bénéficie en retour de cette reconnaissance ? Lire la suite