VÉGANOSOPHIA — GÉOPOLITIQUE ANTISPÉCISTE ET BIOPHILE — ZOONOSES, PANDÉMIES, EXTINCTION — UNE SOLUTION HÉTÉROBIOTIQUE (PARTIE II)

— VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — GÉOPOLITIQUE ANTISPÉCISTE ET BIOPHILE — ZOONOSES, PANDÉMIES, EXTINCTION — UNE SOLUTION HÉTÉROBIOTIQUE (PARTIE II)

 

   3) Secundum species suas : antispécisme et hyperéthique
   Selon Gil Bartholeyns, qui parle alors depuis la crise sanitaire en cours, ses causes et ses conséquences, il convient dans l’optique d’un partage des communs planétaires avec les étant-vivants, de penser l’alterité animale dans le cadre de l’hétérobiose, où vivre ensemble est être forts de nos différences, où la zoodiversité est garante de la pérennité même de la vie. Cette disposition d’esprit ne s’oppose pas à la mise en place de droits fondamentaux pour les animaux. Plutôt vise-t-elle à définir le biosystème comme suffisamment parfait en résilience et comme l’espace idéal d’épanouissement des animaux. Un certain antispécisme classique arguera que comme ce sont les individus qui comptent il faut s’occuper de chacun pour lui assurer une vie heureuse, et donc d’employer l’utilitarisme pour mesurer la souffrance et la faire diminuer, voire disparaître.
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VÉGANOSOPHIA — GÉOPOLITIQUE ANTISPÉCISTE ET BIOPHILE — ZOONOSES, PANDÉMIES, EXTINCTION — UNE SOLUTION HÉTÉROBIOTIQUE (ZOOMNÉSIS)

— VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 
VÉGANOSOPHIA — GÉOPOLITIQUE ANTISPÉCISTE ET BIOPHILE — ZOONOSES, PANDÉMIES, EXTINCTION — UNE SOLUTION HÉTÉROBIOTIQUE
 
 
— ZOOMNÉSIS —
 
     Dans le « monde d’avant », le monde d’il y a encore très peu de temps mais dont le temps passant éloigne sa présentialité et qu’il n’en reste plus qu’un fond diffus distancialisé, on a presque chanté — célébration phantasmée anticipatrice, utopie désormais faite atopie, c’est-à-dire une allergie cosmopolitique grandissante — on a chanté, dit-on, le « monde d’après ». Ce monde suivant nous y sommes sans vraiment y être. Il n’est pas celui qu’il aurait voulu être, réenchanté, il n’y est pas là où on l’attendait, il n’est tout simplement pas. Il est un autre monde d’après, un monde comme avant à vrai dire, un monde en dévalement (Verfallen) (au sens heideggérien[1] d’une errance décevante où demeure ouverte la possibilité de retrouver l’essentiel). Mais a-t-on seulement véritablement voulu ce monde ? Ou n’était-ce pas uniquement une nouvelle fabula narratur histoire de faire passer le temps du confinement (illusoire parenthèse enchantée de l’extractivisme ralenti, du ciel rendu aux oiseaux, de territoires réanimalisés et de l’encloisement singulier collectif) comme le temps d’une retraite spirituelle, sanitaire et salutaire ; d’une remise en question de la question de l’Être-au-monde en attendant de revenir, bon an mal an, au monde d’avant : au même monde en oubliant de revenir au monde même ? Car le « monde d’après » cela devait être, dans ce rêve éveillé ou cette somnolence in-dolente, l’occasion de faire surgir le vrai monde, le monde réel, celui où il fait bon vivre et où l’on sait qu’on a un à-venir. Un monde imparfait, dont il faut penser les événements à l’aune de chaque vie individuelle, mais un monde conservant sa sustainabilité (de sustain et non de « durable »). Lire la suite

VÉGANOSOPHIA — PHARMACOZOOLOGIES EN TEMPS DE BIODÉSERTIFICATION. POUR UNE ZOOPOÉTHIQUE DE L’ÊTRE À VENIR (SUI GENERIS)

— VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

VÉGANOSOPHIA — PHARMACOZOOLOGIES EN TEMPS DE BIODÉSERTIFICATION. POUR UNE ZOOPOÉTHIQUE DE L’ÊTRE À VENIR
— SUI GENERIS —
   Qu’il faut tout faire par soi-même.
   Voilà ce à quoi, archétypalement parlant pourrait-on dire, la privation des libertés d’autrui nous oblige. Car c’est notre propre liberté, savoir : ontiquement, en tant qu’étant-vivant, qui est amoindrie, affectée dans sa psychée et sa corporéité, lorsque l’autre est démis de la sienne. Et pis : bientôt désaffectée dans son envineronne-mentalité, lorsque peu à peu et de manière exponentielle et même si lentement, chose mue d’une telle accélération que ce qui diffère se voit presque de jour en jour vidé en substance — notre liberté d’être en propre ce qui est venant de l’Être et devient dans l’intervalle (khôra) un être singulier — localement ontifié — car mis en face des altérités qui le regardent, vit dans le risque de l’esseulement absolu. Et peut-être s’émeut. Se met en mouvement, et va pour faire ce qui doit être fait pour, au-delà de devenir, avoir à revenir, rejouer le tout pour le tout de l’Être une bonne fois pour toutes. Volontairement, vraiment ; donc en puissance, en apothéose, donc en être libre, attaché aux étantités qui me réalisent.
   Autrement dit nous allons parler de sur-vie et de survie, nous allons parler de la vie et de son en-vie. Nous allons pour cela, pour voir ce qu’on fabrique, nous élancer une fois de plus dans l’exercice d’une libre pensée (libre dans l’écart plutôt obtu de ce qu’elle connaît si peu) en quête de vérité de l’Être. Cela selon nous et pour des éons, ne peut qu’être l’affaire d’une zoopoéthique. Cela inclut : prendre avec soi la critique zoopolitique antispéciste ; prendre avec soi la menace anthropique décrite par Bernard Stiegler ; prendre avec soi un temps de recueillement philosophique médidatif aux côtés de Heidegger ; prendre avec soi la modalité radicalement rigoureuse d’un penser schürmannien ; prendre avec soi le plein sens de l’éthique en ce qu’elle est la considération de l’autre dans son ethos ; prendre avec soi le pur désir de créer — poïein (ποιεῖν).

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L’HOMO-HÉGÉMONIE COMME AUTONOMIE À BRISER — BIOÉTHIQUE ET LIBÉRATION ANIMALE COMME DESIGN — DEPUIS UN ESSAI DE CORINE PELLUCHON

L’HOMO-HÉGÉMONIE COMME AUTONOMIE À BRISER —  DESIGN (DASEIN) DEPUIS UN ESSAI DE CORINE PELLUCHON

 

 

Du biopouvoir : « Cette responsabilité doit-elle s’étendre aux êtres
qui n’ont pas de visages et aux animaux ? »
p.14 in L’autonomie brisée (bioéthique et philosophie) — Puf

 

 

De la vulnérabilité : « Celle-ci n’abolit pas le sujet, mais elle implique une modification de notre rapport personnel aux autres et à la nature. »
p.27 in Éléments pour une éthique de la vulnérabilité — Cerf

 

 

De l’humain sans réciproque : « […] les bêtes ont-elles l’obligation de nous nourrir ? »
p.187 in Les Nourritures — Seuil

 

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   À la lecture de la philosophe Corine Pelluchon de ces dernières années, on pourrait presque formuler dans l’urgence de la tragédie humaine et avec elle de tout le vivant la sentence socratesque que voici : « Nourris-toi toi-même ! »

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VÉGANOSOPHIA — LA BIOPOLITIQUE DANS L’ONTOLOGIE (PARTIE VII)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto

 

   « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

LA BIOPOLITIQUE DANS L’ONTOLOGIE — MODALITÉ DES ÊTRES DU MONDE (PARTIE VII)

 

   12) Oikoumenê gê — l’usage de l’être (zoopolitique) :
   Comme on vient de le voir, la critique de la mégarde à l’endroit des animaux fait apparaître un maillage historico-économique complexe. Même s’il existe des gens qui prennent gratuitement plaisir à faire du mal à des animaux, la plupart d’entre nous sont amenés à le faire de manière tout à fait machinale — au travail. L’atteinte portée à l’encontre des animaux, pour n’en parler que de façon globale et dépersonnalisée, n’a d’autre but que de satisfaire des intérêts économiques (gains) sous couvert de servir des intérêts primesautiers vitaux. Témoin la pression de lobbies, notamment par la publicité, pour qu’on s’imagine qu’un produit (viande, lait) est absolument nécessaire dans notre alimentation. Et tout est bon pour esquiver le questionnement éthique auquel on oppose la culture, la tradition, la nature, la liberté, tandis que les prédicateurs (vendeurs comme acheteurs) de ces discours ne sont pas libres, pas naturels, exécutent des traditions qui leur échappent, et sont relativement acculturés. Ce phénomène d’acculturation est pourtant normal à une époque où l’on fait plusieurs métiers ou jobs dans sa vie, où on déménage souvent, où on se sépare, on tout est en mouvement, et en soi qu’importe du moment que chacun y trouve son compte mais ça n’est pas tout à fait le cas. C’est d’autant plus parce qu’on n’a plus guère de traditions véritables qu’on défend bec et ongle des us et coutumes soi-disant traditionnels quand bien même forgés de toute artificialité — l’artifice devient la tradition. L’adventice devient la norme. Le désêtre surplombe l’Être. Lire la suite

VÉGANOSOPHIA — LA BIOPOLITIQUE DANS L’ONTOLOGIE (PARTIE VI)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto

 

   « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

LA BIOPOLITIQUE DANS L’ONTOLOGIE — MODALITÉ DES ÊTRES DU MONDE (PARTIE VI)

 

   11) Hors fuyance — sunecheia et usages biopolitiques :
   Nous arrivons bientôt au terme de ces « premiers échanges » sis en la forme véganosophique. Sous l’impulsion de Giorgio Agamben dont les essais font œuvre cathartique à repenser notre rapport au(x) vivant(s), nous avons réalisé combien un renversement des forces en jeu prime aujourd’hui où notre disponibilité pour le monde est dérivée vers divers expédients qui ont partie liée à l’adventicité sur l’Être et non la mondanéité du monde comme pro-jet ontologique biopolitique. C’est dire que l’acte de penser notre agir au monde tel un seoir artisan (bon démiurge/ donateur) jamais ne se fondant sur de l’archè, et faisant ouvrage à neuf en accord avec l’autre-animal et dans notre intérêt commun n’en est qu’à ses balbutiements et son Dire, à ses prolégomènes.
   C’est là qu’on choisit d’arrêter un moment notre cheminement, intrigués par la dialectique questionnant la nature de l’État et du « pouvoir » chez Agamben, parce que justement l’en-commun qu’on vise ontologiquement s’inscrit dans une forme administrative (appareil) des affaires publiques où se concentrent nos forces et d’où elles s’exercent. Il nous faut, par devoir-être, prévenir tout exercice coercitif de nos forces, tout comme ne pas a-ban-donner la cité (polis) au prétexte historico-traditionnel conservateur ni sombrer dans l’absconse arrière métaphysique (origine/ fonds/ cause première) excluant tout retour du pro-créatif. Que déclare le philosophe italien ? — Il déclare : L’anarchie est ce qui ne devient pensable qu’au moment où nous saisissons et destituons l’anarchie du pouvoir[1].

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