L’AUTRE COMME DÉPASSEMENT DE SOI — L’HEUREUX COURIR VIVANT DU VEGAN MARATHON — ALTER-(EGO) : POUR LE RUNNING TOUR DU 1er AU 10 SEPTEMBRE 2017 ET TANT QUE NÉCESSAIRE

L’AUTRE COMME DÉPASSEMENT DE SOI — HEUREUX COURIR VIVANT DU VEGAN MARATHON — POUR LE RUNNING TOUR DU 1er AU 10 SEPTEMBRE 2017

 

Ainsi puisses-tu épargner à chaque foulée l’impromptue
Innocence d’un animal et devenir un exemple à suivre
Ô simple mortel : voilà un beau sens à la vie

 

« L’hédonisme consiste à goûter l’existence en communiquant avec autrui grâce à ses sensations les plus archaïques et les plus complexes. Il est donc inséparable du respect que l’on a de soi, des autres et de l’environnement. »
p.63 in Les Nourritures, Corine Pelluchon

 

« Nous ne pouvons fonctionner en tant qu’acteurs humains que si nous avons une idée de là où nous devons aller et de ce qui constitue une vie bonne et riche de sens. »
sur Charles Taylor cité par Hartmut Rosa in Aliénation et accélération, p.69

 

 

 

— Seul-e contre tous —
   On ne nous en voudra probablement pas si pour écrire au sujet du Vegan Marathon nous partons, comme toujours direz-vous, un peu « en roue libre », mais c’est dire aussi, le pied léger, bien dans nos baskets, sans même angoisse aucune de se faire tailler un short pour ce qu’il convient bien d’appeler une escapade en solitaire(s) aux antipodes ou anti-piédestaux des routes toutes tracées, et ce afin de prendre la parole qui nous est offerte comme prétexte à pratiquer un de nos sports préféré qui est la course de fonds (grund)… phénoménale ! Pour nous suivre pas besoin de programmation neurolinguistique d’aucune sorte mais juste d’un peu de curiosité pour ce que l’intertextualité peut bien nous dévoiler ayant trait au souffle (pneuma) de l’Être-en-vie puisque, ne le perdons jamais de vue : Vegan Marathon = libération — celle des animaux autant que des humain-e-s.

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SIDÉRATIONS — ÉLÉMENTS POUR UNE ÉTHIQUE DE LA VULNÉRABILITÉ DE CORINE PELLUCHON — À L’INSTAR D’UNE HUMANITÉ MISE (À) NU(E) FACE AU(X) MONDE(S)

SIDÉRATIONS — ÉLÉMENTS POUR UNE ÉTHIQUE DE LA VULNÉRABILITÉ DE CORINE PELLUCHON
Nul ne reçoit la vie comme propriété ;
usufruit seulement, telle est la loi pour tous.
Et vois derrière toi quel néant fut pour nous
L’éternité du temps avant notre naissance.
— Lettre à Ménécée —
Épicure (Lucrèce)
(-342/-341 * -270)
Elements pour un éthique de la vulnérabilité   Avant d’écrire l’essai Les Nourritures qui vient de recevoir le Prix Bonnefous, Corine Pelluchon s’était déjà lancée dans une réflexion de longue haleine et pluridisciplinaire. C’est en 2011 qu’elle a publié ses Éléments pour une éthique de la vulnérabilité où, entre d’importantes remarques sur la solidarité dans la société (monde du travail, accompagnement des personnes handicapées), la pensée est orientée sur les questions cruciales également de l’environnement et de la cause animale.
   Il y a déjà tant d’années — de trop — qu’on glose sur le risque écologique. Tout se passe un peu comme lorsqu’on court un grand danger et que, incapable de bouger, paralysé, nous restons sans rien faire face à ce qui nous met en péril immédiat. L’effroi ne serait-il pas ce qui nous rend inerte aussi tandis que l’ère industrielle, entrée à son apogée durant les trente glorieuses, montre tous les signes d’une profonde mutation écosystémique (voire écouménale) depuis qu’a débuté ce que les scientifiques nomment anthropocène ? — cette ère où l’Homme est devenu le principal marqueur géologique. Peut-être. Probablement aussi que pour la plupart il n’y a pas urgence, tiraillés entre l’appât du profit immédiat et le déni de réalité, ou l’ignorance. De sorte que, malgré les sirènes d’alarmes tirés par la Terre elle-même comme par des scientifiques et autres intellectuels, on préfère continuer à vivre comme si de rien n’était, conservateurs avant tout, par confort, par paresse, par peur du changement, en n’omettant bien de voir qu’il est tout à fait — encore un peu temps — d’envisager une « […] alternative non dogmatique à une politique fondée sur la liberté négative de l’individu et sur l’avantage mutuel. »[1] L’intérêt n’étant plus conçu que comme un profit à court terme quel qu’il puisse être et puissamment individualisé, au lieu d’y voir un espace-temps de ressources mutualisées (partage) cogéré. On peut tout à fait imaginer la Nature comme un habitat locatif ou plutôt une colocation après tout. C’est ce qu’elle est, pas uniquement mais pour nous de facto. Cependant, comme l’indique C. Pelluchon, en concevant la nature comme un simple réservoir de ressources, nous sommes passés à côté de sa valeur intrinsèque (p.23). C’est là que nous sommes vulnérables. Mais cette faiblesse, la « précarité d’être en vie » dira-t-on, peut tout à fait s’avérer être notre force, notre véritable pouvoir, pourvu qu’on en ait le vouloir.

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