ON MORD LA VIE À PLEINES DENTS NOUS, ET PAS À L’HAMEÇON DU « PLAIDOYER POUR UNE VIANDE SANS ANIMAL » — DAVID CHAUVET ET SA BROCHETTE ARE BACK!

ON MORD LA VIE À PLEINES DENTS NOUS, ET PAS À L’HAMEÇON DU « PLAIDOYER POUR UNE VIANDE SANS ANIMAL »
 
 

 

« Tous les animaux naissent-ils dotés de droits naturels ? Non, bien sûr. »
p.88 in Trois utopies contemporaines — Francis Wolff (2017)
 
 
« Certes, les derniers vestiges du simple bon sens paraissent encore retarder leur triomphe, mais qui peut jurer que demain l’opinion publique ne sera pas prête à réclamer le vote de lois antispécistes calquées sur celles qui répriment le racisme ou l’antisémitisme ? »
p.1342 in Essais — Philippe Murray (2010)
 

 

 
« […] toute espèce a des concurrents, des prédateurs, des parasites, des agents pathogènes qui l’empêchent de pulluler. »
p.53 in Les Limites du vivant (collectif) — Raphaël Larrère (2016)
 
 
 
 
 
 
   Le v’là de retour l’autre espèce de pas assez en danger ! Et même que ça se reproduit à une vitesse folle c’t’espèce, une vitesse telle que nos amis du lobby de la chasse sont obligés de faire une fort belle et bucolique publicité pour dire la beauté de ce noble sport familial — OK : un loisir aussi si vous voulez, le plaisir à l’état pur quoi. Et nous refaites pas la tirade de Dame Nature…, tatata, dès que le soleil darde ses rayons, et nia nia nia. C’est bon, ça suffit les âneries des requins de véganes !
 
plaidoyer...

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L’ESPRIT FRAPPEUR — PETIT THÉÂTRE POUR THOMAS LEPELTIER, D’APRÈS « LES VÉGANES VONT-ILS PRENDRE LE POUVOIR ? »

L’ESPRIT FRAPPEUR — D’APRÈS « LES VÉGANES VONT-ILS PRENDRE LE POUVOIR ? » DE THOMAS LEPELTIER

 

« Je me sers des animaux pour instruire les hommes. »
Jean de la Fontaine (1621-1695)

 

« Retracer l’essor de l’animal humain au cours des trois derniers millions d’années permet de mieux marquer l’inversion du mouvement récemment amorcée. »
p.635 in Le troisième chimpanzé — Jared Diamond (1992)

 

« Je m’assieds sur une chaise, me laisse tomber plutôt car tout à coup je pense avec accablement à notre planète en souffrance — oui, c’est le mot, ils souffrent tous, l’étang, les arbres, les insectes et les bêtes, comment en sommes-nous arrivés là ? »
p.150 in « Merlin » dans Nous sommes à la lisière — Caroline Lamarche (2019)

 

L’ESPRIT FRAPPEUR
Courte pièce de théâtre en trois actes très brefs
d’après Les véganes vont-ils prendre le pouvoir ?
de Thomas Lepeltier
   Les trois actes se déroulent dans un même lieu, avec les mêmes personnages ou presque. La scène : un terrain vague d’Ivry-sur-Seine où était autrefois implanté un abattoir. Les personnages principaux : des amis qui cherchent à investir leurs économies dans un projet de ferme immobilière parisienne pour redonner ses lettres de noblesse à l’élevage traditionnel. On ne connaît pas leurs noms mais juste leurs initiales. Il y a A. F., J. P., R. E., D. L., F. W., J.-P. D. et P. A. Passeront par-là le Végano-sceptique et enfin l’Esprit Frappeur et le Maire d’Ivry.
*
ACTE I
   Arrivés sur les lieux de leur projet, les amis forment un singulier conciliabule au beau milieu du grand terrain vague. Alentour d’immenses fosses ou mottes de terres. Quelques engins de chantiers. Quelques pans de murs de briques en ruines. Aux limites du terrain, des grillages ou des panneaux en métal graffés et tagués abondamment. Tandis qu’ils devisent sur leurs ambitions un des amis laisse tomber d’une des poches de son blaser un petit livre à la première de couverture colorée.
J. P. : Qu’est-ce que c’est… mais ! (se penchant plus prestement que le propriétaire du bouquin pour le ramasser) Tu lis ça toi ?

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L’INSOUTENABLE LÉGÈRETE D’ÊTRE LIBRE POUR LES ANIMAUX — BRÈVE PENSÉE D’APRÈS LECTURE DE « LA RÉVOLUTION ANTISPÉCISTE » AUX PUF — SENTIENTISME

L’INSOUTENABLE LÉGÈRETÉ D’ÊTRE LIBRE POUR LES ANIMAUX — D’APRÈS LECTURE DE « LA RÉVOLUTION ANTISPÉCISTE » AUX PUF

 

 

« Le véritable test moral de l’humanité (le plus radical, qui se situe à un niveau si profond qu’il échappe à notre regard), ce sont ses relations avec ceux qui sont à sa merci : les animaux. »
p 421 in L’insoutenable légèreté de l’être, Milan Kundera (Gallimard, 1984)

 

« […] n’aurions-nous pas quelque part un devoir de justice envers ces milliards d’êtres qui peuplent l’univers avec nous ? »
Renan Larue, p.10 in « Introduction » à La Révolution Antispéciste

 

«  Les changements visés ont un coût faible pour la plupart des humains tout en épargnant une somme de malheur considérable aux bêtes […] »
Estiva Reus, ibid., p.250

 

« Antispéciste ne baisse pas les bras !
Quand tu repenses à tous ces sévices… »
« Antispéciste » par Kreezy R, d’après Antisocial de Trust

 

 

 

   Étant donné que l’ouvrage collectif intitulé La Révolution Antipéciste — édité aux Presses Universitaires de France s’il vous plait ! et dirigé par Yves Bonnardel, Thomas Lepeltier et Pierre Sigler est un recueil de textes choisis parmi les publications des célèbres Cahiers Antispécistes, ne comptez pas sur nous pour vous raconter le bouquin par le détail. Et puis quoi ? Ce n’est pas comme si vous ne saviez pas que le mot de spécisme a été inventé en 1970 par Richard Ryder par analogie avec les termes racisme et sexisme[1]. Pas non plus comme si vous ignoriez que l’Humanisme et l’idée de Nature sont battues en brèche par l’antispécisme[2].
   L’humeur est plus à la confidence, vous toucher deux mots sur comment l’on se sent en ce moment. Après tout, on parle souvent ici de faits et de concepts, parfois de chiffres, on relate des événements, mais il est bien rare qu’on vous décrive ce qu’on ressent et ce que cela nous inspire.

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À PROPOS DE STRATÉGIE VÉGANE À LA PALANCHE D’AULAC AVEC THOMAS LEPELTIER

   C’est un peu fatigués qu’on vous fait part de notre sympathique soirée d’hier. Rentrés vers minuit de Paris, nous étions debout à 5h du matin pour aller faire notre footing et recevoir de bonne heure notre électricien pour une bricole, alors après la semaine de travail on se fait un peu l’effet d’avoir pris un jet lag… mais bref, on arrête les histoires perso, notre blog risque de ressembler… à un vrai blog.
   Donc, hier soir nous étions au délicieux restaurant La Palanche d’Aulac pour écouter Thomas Lepeltier rebondir sur les propositions du Vegan Strategist Tobias Leenaert. Notre conférencier d’un soir a brillamment  argumenté en faveur d’une préservation de notre intégrité éthique à l’encontre de la tactique de Tobias Leenaert pour qui, arithmétiquement parlant et pour simplifier, il vaut mieux aller dans le sens d’une réduction de la consommation des produits animaux pour ne pas froisser les non-véganes quitte à accepter s’il le fallait de petites entorses à notre engagement moral, ce que conteste l’auteur de La révolution végétarienne et L’imposture intellectuelle des carnivores que nous avions chroniqués, en démontrant qu’on peut rester intransigeant tout en restant ouvert et bienveillant à l’égard d’autrui pour accompagner le changement allant dans le sens des intérêts fondamentaux des animaux, problématique intrinsèquement liée à celle des dommages environnementaux dont on parle beaucoup en ce moment dans les médias. C’est donc la pluralité des points de vue, des stratégies et des actions qui, s’additionnant, participent à l’émulation du véganisme pour la libération animale.
   Nous remercions donc vivement Thomas Lepeltier pour sa présentation honnête du travail de Tobias Leenaert et pour ses idées constructives.
   Vous dire que nous avons très bien dîné, si vous connaissez le restaurant en question vous ne serez pas étonné-e-s. Merci à notre hôte Trai Nguyen qui a organisé cet événement intelligent et agréable, et bravo à toute l’équipe.
   Un artiste nous a aussi régalé-e-s de son art, puisque sont exposées dans le restaurant jusqu’au 21 novembre de superbes photographies de Ludovic Sueur.
   Une chose est sûre : nous ce soir, on sera couché-e-s de bonne heure !
K&M
(un invader aperçu perché au-dessus de La Palanche d’Aulac)

 

De nous à propos de Thomas Lepeltier
Pour suivre les idées de Tobias Leenaert
Pour acheter son livre
LA Palanche d’Aulac

UN CHIEN DANS UN JEU DE QUILLES — LE STRIKE DE THOMAS LEPELTIER DANS « L’IMPOSTURE INTELLECTUELLE DES CARNIVORES »

STRIKE DE THOMAS LEPELTIER DANS « L’IMPOSTURE INTELLECTUELLE DES CARNIVORES »

 

 

« On critique sur la forme pour ne pas s’engager sur le fond. »
Thomas Lepeltier in L’imposture intellectuelle des carnivores, p.142

 

« Pour le plaisir […] de nourrir la croyance en notre supériorité ontologique. »
(Sur le fait de tuer les animaux)
In Souffrances animales et traditions humaines. Rompre le silence, p.42
« La viande heureuse et les cervelles miséricordieuses »
Enrique Utria

 

« Faites c’que j’dis ; ne faites pas c’que j’fais. »
Michel Onfray (non ? …si si.)

 

 

   On vous l’écrivait tout récemment, il nous a été donné l’occasion de lire le dernier pamphlet de Thomas Lepeltier un tantinet avant sa sortie. Le voilà aujourd’hui en vente dans toutes les bonnes librairies. Vous ne pourrez pas le louper : le choix de l’éditeur d’une couverture à la fois enfantine et claire comme de l’eau de roche dans le message qui sous-titre l’ouvrage attirera forcément votre regard ! « Tiens ! » se dit-on, « tout de même, un professeur comme lui avec une première de couv’ comme ça… ça fait pas sérieux, non ?! », et justement si. C’est à dire, ça ne pouvait pas mieux correspondre à cet exercice auquel se livre T. Lepeltier dans son bouquin.
   On ne va pas y passer la journée. Lepetier ayant dû tailler dans la masse de ses critiques à l’égard de toute une intelligentsia à la demande de sa maison d’édition Max Milo, ça se lit vite cette affaire. Mais alors, les enfants, quel florilège ! Voici toute une ribambelle d’adultes pris en flagrant-délit de gamineries. Et comme Thomas Lepeltier n’est pas un violent, le voici volant au secours de nos intellos-viandards telle Super Nanny expliquant à la marmaille — en leur parlant comme à des grands — que ce qu’ils viennent de faire ça n’est pas bien du tout, et pourquoi, et comment on peut arranger ça. Lire la suite

VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME (PARTIE VIII)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME

 

   11) « Éthique de la prédation » — un problème soluble ?
   Il est possible que des problèmes qui surviennent à l’esprit humain ne puissent pas être solutionnés. À moins que d’emblée la question problématique soit mal posée. Il est parfois difficile de savoir si les termes selon lesquels on s’interroge sont les bons pour aller de l’avant. On peut toujours dès lors, selon la façon dont on doute et ce sur quoi l’on hésite, essayer de reformuler tout ou partie du questionnement. Ce qui nous préoccupe depuis le début de cette véganosophia, c’est s’il convient de passer avec les animaux un contrat moral défini par la Loi, un « contrat naturel » comme l’appela un peu hors de notre propos à l’époque Michel Serres en 1990, et surtout si, contrat ou non — finalement, il faut intervenir dans la vie des êtres de la Nature comme le prescrit l’éthique antispéciste attachée à délivrer tout individu de la souffrance pour lui permettre d’investir pleinement sa finalité propre. Pas si simple de répondre, au-delà même des clivages instinctifs qui sépareront disons, pour faire simple, les abolitionnistes « ultra » et les antispécistes enclins à « l’aménagement ». Si essayer est mieux que rien, et que « le mieux est l’ennemi du bien » comme le laisse entendre à la suite de Montesquieu Thomas Lepeltier, partisan pragmatique de l’interventionnisme, on accordera à David Olivier ou Baptiste Morizot que, monde de causes et d’effets oblige, rien n’a lieu sans conséquences, lesquelles étant presque aussi imprédictibles que les particules quantiques, l’action suppose une bonne préparation… est-on seulement jamais assez préparé ?

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VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME (HÈXIS)

VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

VÉGANOSOPHIA — CONTRAT NATUREL ET INTERVENTIONNISME
— HÈXIS —
   « […] parler de végétarisme, c’est parler de commencements », nous rappelait Carol J. Adams à la suite de Joseph Ritson[1]. Ce que nous avons vu dans nos discussions précédentes c’est, à l’instar de la philosophe Corine Pelluchon dans L’autonomie brisée, la nécessité de former autant que formuler une ontologie telle que toujours être-au-monde soit une re-naissance de la connaissance (naître avec/ de natura) de la nature en ses étant-vivants grâce aux interactions que nous entretenons avec eux. Ainsi biologie, anthropologie, éthologie ou étiologie, ou encore mathématiques, sémiolinguistique ou géologie, etc., sont d’indispensables champs de savoir qui ne fonctionnent jamais en dehors de l’aspect pratique de leur particularisation, séparément les uns des autres. Nous avons déterminé l’immanence d’un territoire à reterritorialiser que nous avons nommé la chôra (χώρα). De cette interzone où se mêlent tous vivants dans l’urbanité, la ruralité ou la sauvageté, nous avons dit que des espaces devaient impérativement rester inoccupés par l’homme de sorte à laisser s’épanouir les autres espèces comme ce fut le cas durant des milliards d’années jusqu’à l’heure de l’hominisation totale (anthropocène).

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INTERBEV OU D’UNE ÉDUCATION LAÏQUE RÉPUBLICAINE DONC VÉGÉTARIENNE — AVEC DEUX LIVRES BIOHISTORIQUES : « LA RÉVOLUTION VÉGÉTARIENNE » DE THOMAS LEPELTIER & « L’ANIMAL EN RÉPUBLIQUE » DE PIERRE SERNA

INTERBEV OU UNE RÉPUBLIQUE LAÏQUE VÉGÉTARIENNE — AVEC « LA RÉVOLUTION VÉGÉTARIENNE » DE THOMAS LEPELTIER & « L’ANIMAL EN RÉPUBLIQUE » DE PIERRE SERNA

 

« Et qui prendraient souvent un très vif intérêt à ces automates merveilleux, dont la plupart expriment si parfaitement le désir, le regret, la fidélité, l’intelligence et presque toutes les affections de l’âme. […] Tant qu’on ne pourra contester aux animaux le sens de l’ouïe, de l’odorat et de la vue, on sera toujours forcé de leur accorder au moins une âme sensitive.»
par L. R. H. de Lons-le-Saunier — dissertation, 1802

 

« La sottise, l’erreur, le péché, la lésine,
Occupent nos esprits et travaillent nos corps,
Et nous alimentons nos aimables remords,
Comme les mendiants nourrissent leur vermine. »
Au Lecteur, in Les Fleurs du Mal — Charles Baudelaire, 1857

 

« Maintenant je peux vous observer en paix : je ne vous mange plus. »
aurait déclaré Franz Kafka en regardant des poissons dans un aquarium

 

   Dans le temps la France, bah… c’était un peu ça :
bovin-moyen-age
   La République française ? ça aussi :

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UN WEEK-END TRÈS VEGGIE PRIDE AND PROUD — 8 ET 9 OCTOBRE 2016

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   Samedi 8 octobre, nous sommes allés à la Veggie Pride marcher pour les animaux et sans oublier les poissons qui sont les plus grandes victimes exploitées par le nombre. On était nombreux malgré cet autre bel événement qui se déroulait non loin de là : le Veggie World. Des stands, de l’animation, du militantisme à revendre, et de l’éclate totale ! On a fait un petit montage photos des moments marquants pour nous de cette belle journée et de cette marche engagée et festive, introduite par la performance scénique de la formidable Kreezy R ! accompagnée pour l’occasion d’une bande de joyeux lurons au doux nom de Veggie Crew. Nos pas sur le bitume parisien ont battu le rythme tout du long de la marche grâce à l’énergique troupe de percussions de batucada Badauê.
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Kreezy R & la Veggie Crew

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Notre Veggie Pride
  À la fin de la journée, Paris revêtait son manteau de nuit quand les derniers stands étaient démontés, et après un déca en bonne compagnie, nous avons repris le métro puis le RER pour regagner nos pénates.Stalingrad by night

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*
   Le lendemain dimanche, nous nous sommes rendus à l’Espace Jean Dame pour voir une partie des conférences vraiment très intéressantes proposées pour l’occasion. Mais juste avant, il convenait de prendre quelques forces au Tien Hiang, où comme toujours on a été très bien reçus et très bien servis.

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Notre compte-rendu des conférences
   Timing et choses de la vie obligent, nous n’avons pas pu écouter Sarah Amal Delage et Jean-Luc Daub, dont on ne doute pas que les thématiques abordées furent passionnantes. D’autres que nous vous en diront respectivement plus au sujet des auteurs de Végéta*isme et Éthique animale durant l’Antiquité grecque et romaine et Les Abattoirs et les animaux qu’on pourra lire et/ ou voir un beau jour prochain.
— Un amateur éclairant —
   C’est avec beaucoup d’allant que Sébastien Moro a partagé avec le public ses connaissances éthologiques des poissons. Comme il n’existe à l’heure actuelle aucune étude digne de ce nom consultable en français, c’est auprès des publications anglo-saxonnes des chercheurs les plus avancés qu’il étudie pour son propre compte. Nous avons pu apprendre combien les poissons sont des êtres doués de sens étonnants, capables d’éprouver plaisir ou stress et d’opter pour des comportements propres à les augmenter ou les diminuer, dans une même logique que la logique humaine — celle du bien-être. Les poissons possèdent de véritables « boîtes à outils cognitives », un éventail très riche de moyens physiques, d’états, d’attitudes en relation avec leurs capacités au repérage dans l’espace et le temps, aux mathématiques pratiques (sens de l’observation, comptage, grande mémoire géographique, environnementale), à la catégorisation d’êtres de leur propre espèce ou d’autres espèces, ainsi qu’au jeu comme par exemple celui de « saute-mouton ». Ils sont, comme dans le cas du poisson tigre, en mesure de développer des méthodes nouvelles pour survivre à la suite des manipulations malheureuses des hommes, comme de sauter hors de l’eau pour attraper des hirondelles ou d’autres petits oiseaux, chose qu’ils ne faisaient jusqu’alors pas. Le mérou lui, aime à collaborer avec la murène — si elle accepte — pour former un duo de chasse performant, et partageur dans l’opiniâtreté. Nous ne sommes qu’aux prémices de ce que les mondes de poissons ont à nous apprendre, et déjà nous sommes éberlués comme des enfants par les récits de S. Moro qui nous transmet son savoir tel un conteur non dénué d’humour (une conférence à Lyon en vidéo).
— Vers un antispécisme dénaturant ? —
   Ne vous fiez pas à son air avenant ni à une certaine placidité quand on l’approche, car Thomas Lepeltier n’est pas qu’un redoutable rhéteur de la pensée antispéciste une fois sur l’estrade. Il possède un doctorat d’astrophysique, bagage qui n’est quelque part sans doute pas étranger à sa vision ultra pragmatique des choses, où l’approche théorique animalitaire et le questionnement éthique antispéciste radical puisent dans une objectivité toute épistémologique, au sens francophone comme anglophone du terme ; pour au sortir d’une analyse philosophique analytique utilitariste un brin continentale, vous donner à penser pour un bon bout de temps… Nous nous garderons de vous faire part ici et maintenant de nos réflexions personnelles à la suite de l’exposé de T. Lepeltier (on le fera sans doute plus tard ailleurs sur le blog). Sa conférence portant sur la problématique de l’éthique de la prédation se veut soumettre des arguments et des objections dans le cadre strict de l’antispécisme. Le professeur nous amène ainsi à revoir la simplicité (naïveté) ordinaire de nos idées préconçues quant à l’idée de Nature, et donc revoir dans le même temps, à l’aune du « scandale permanent » — « catastrophique » — que sont les relations violentes qu’entretiennent les animaux entre eux à chaque instant, productrices de souffrances énormes. À partir d’une scène d’agonie d’un éléphanteau que sont en train d’achever des lionnes — scène d’ordinaire censurée dans l’idyllique montage du documentaire animalier habituel — Thomas Lepeltier nous met à mal face à une certaine forme de spécisme involontaire — préférence biologique ou génétique ? — qui nous pousse à faire des choix moraux selon les situations. Quand il est affirmé souvent que la prédation est un facteur mélioratif de l’évolution des espèces, que même les pressions internes de sélection ou bien la biodiversité sont des valeurs écologiques prônant un laisser être qui paraît somme toute bien naturel, il faut s’interroger sur la relativité de l’interventionnisme : faut-il intervenir pour mettre un terme à cette « cruauté » ordinaire ? Lorsqu’on dit qu’un lion a besoin de tuer pour vivre, c’est une vérité qui n’infère qu’à partir d’une partie de la réalité, aussi ne faut-il pas confondre nécessité et contingence. Au final, et ce pour des raisons que nous vous laisserons découvrir en allant écouter T. Lepeltier ou bien en lisant ses essais, on se demande si la fin de la prédation aurait de bonnes conséquences pour les êtres vivants eux-mêmes, ou bien si ces conséquences pourraient être néfastes ? En tout cas, Lepeltier ne manque pas d’arguments passionnants pour vous faire abonder dans son sens — du moins en théorie pour commencer. Reste à développer plus avant cet angle de réflexion éthique avant d’agir, et de comprendre autant que faire se peut vers quoi, ou non, nous irions en intervenant…

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— Les aquariums sont des cages —
   Ce 9 octobre 2016, Catherine Hélayel a enrichi dans le temps qui lui était imparti, la conférence qu’elle donne en guise de préambule à son prochain ouvrage sur les poissons en collaboration avec Pierre Sigler et Sébastien Moro. Ce qu’a souligné l’avocate et défenseuse (…? défenseur-e) des animaux, c’est que les poissons sont les premières victimes pour la fabrication de viande d’élevage avant la nourriture pour les humains. Chaque année ce ne sont pas moins qu’entre 1000 à 3000 milliards d’animaux marins (hors mammifères) qui sont pêchés ou tués dans le délirant procès de leur consommation frénétique et grandissante — quand pourtant l’océan se meurt d’être vidé de ses vies. Ce fish count par tonnes reste approximatif et il est fort possible qu’il soit en deçà de la réalité. Pour ne pas nous réécrire nous vous invitons à lire ou relire notre article sur l’intervention de C. Hélayel au printemps dernier au Veggie World. Ajoutons que si des droits existent pour les poissons ils n’existent qu’en regard des intérêts humains et continuent d’être tués de toutes les manières. Les poissons ne sont jamais individualisés, on ne donne leurs noms communs qu’à l’occasion des recettes de cuisine (sardines à l’huile, sole meunière, etc…) mais on n’a jamais affaire d’habitude qu’à « du poisson ». L’auteur du célèbre Yes Vegan attire notre attention sur le fait qu’il n’existe pas encore de sanctuaires pour les poissons, ceux qu’on aurait bien voulu/ pu sauver de leur triste condition. Enfin, pour aller encore plus loin que la proposition de parler de Droit Animalier de Jean-Pierre Marguénaud, Hélayel plaide-t-elle pour le Droit Animal, où le subtil renversement de sens et de valeur — et pertinent — nous vous échappera pas. En France les poissons n’intéressent pas grand monde, sinon pour faire du business, que n’inquiètent pas les droit en pêche, droit de l’eau ou droit de la protection de l’environnement quand le chiffre d’affaire des animaleries n’est dû à 24% qu’au sinistre commerce des poissons qu’on y vend pour objets de décoration, loin des simples et fondamentales catégories de personnes humaines et non humaines que la conférencière appelle de ses vœux en Droit, donc en éthique et en justice. Hélas ce combat sera difficile tant les poissons ne sont pas perçus de manière générale comme des êtres sentients. En Inde, on se soigne son asthme d’une drôle de façon
— Le désastre intensif —
Pierre Sigler est documentaliste et nul document ni nulle information qui s’y trouve ne lui font défaut. Ce rédacteur aux Cahiers Antispécistes qui travaille ardemment sur la question « poisson » pour l’association suisse PEA nous a révélé beaucoup de chiffres édifiants que pour autant nous n’avons pas jugé bon noter pour ici. Nous savons que grâce à son précieux travail nous aurons tout sous la main lorsque le livre auquel il collabore avec Catherine Hélayel sera publié. Dire tout de même que, désastre vivant et écologique faisant, l’aquaculture est en hausse continue depuis bientôt trente ans. Elle aura été multipliée par deux en 2025 depuis 1990 selon les prévisions actuelles. Aujourd’hui on « produit du poisson » par ce biais à raison de 100 millions de tonnes/an. Non seulement c’est inique, mais c’est tout autant une gabegie économique autant qu’écologique puisque si moins de matières premières sont nécessaires pour produire 1kg de poisson que dans le cadre de la production de viande des mammifères, ces matières coûtent plus cher. Absurdité et cruauté vont de pair. Pierre Sigler a gentiment laissé la parole à Yves Bonnardel à la fin de sa conférence pour nous faire savoir la prochaine création avec PEA d’une Journée Mondiale pour la fin de la pêche. À défaut de nager pour cela aux côtés des poissons, nous marcherons pour eux c’est certain !
*
   Pour conclure, nous voulons redire combien défendre les êtres vivants — sensibles, faut-il le rappeler ?… — quand bien même la réalité sous-jacente est-elle abominable, n’empêche pas, au beau milieu du militantisme au quotidien ou dans les actions des associations ou des ONG, de célébrer la libération animale espérée justement dans la joie de vivre et la communication heureuse autour de soi de cette belle notion éthique qu’est l’antispécisme. Une fois encore, c’est aussi découvrir un nouveau sens à la vie en faisant la rencontre de personnes humaines au grand cœur, avec de la gentillesse et du talent, et très attachantes.
   Tout ce qu’il y a à savoir de la Veggie Pride par elle-même.
   K&M

Alentours de la place de Stalingrad

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