CONSIDÉRATIONS ÉTHIQUES SUR LA MISE À MORT D’ANIMAUX, LES PRATIQUES IDÉALES CASHER, LES VUES RELIGIEUSES DIVERSES ET ATHÉISTES SUR LE VÉGÉTARISME

CONSIDÉRATIONS ÉTHIQUES SUR LA MISE À MORT D’ANIMAUX, LES PRATIQUES IDÉALES CASHER, LES VUES RELIGIEUSES DIVERSES ET ATHÉISTES SUR LE VÉGÉTARISME

 

   Voici notre traduction d’un post (source) du blog Kone, Krusos, Kronos — a personnal forum to express ideas, stories, etc, que son auteur, végétarien depuis plus de 45 ans, a publié en 2014. Ayant trouvé sa présentation du végétarisme au sens large plutôt intéressante et probablement une manière originale d’introduire le sujet auprès des curieux-ses et des novices, nous vous le partageons tel quel, ré-illustré par nous. Nous remercions l’auteur pour son autorisation et sa confiance.
   Here is our translation of the post titled Ethical considerations on the killing of animals, ideal kosher practices, diverse religious views, and atheists on vegetarianism from the blog Kone, Krusos, Kronos — a personnal forum to express ideas, stories, etc. We found it a such original and interesting way to present vegetarism to curious people and novices. A lot of thanks to the author, who is vegetarian for more than 45 years, for his autorisation and his confiance.

 

K&M

 

 

« Seulement, garde-toi de manger le sang, car le sang, c’est l’âme; et tu ne mangeras pas l’âme avec la chair. »
Deutéromone — 12 :23-24

 

 

   La Torah explique de façon très détaillée comment les animaux doivent être sacrifiés et notamment abattus (shechita). Selon les rabbins Shlomo Ephraim Luntschitz et Abraham Isaac Kook, la complexité de ces lois étaient destinée à décourager la consommation de viande. La Kashrout peut également être comprise comme un rappel pour les Juifs de l’ampleur de la tâche qui consiste en le fait de tuer un être vivant. Lire la suite

JUSTINE OU LES MALHEURS DE LA VERTU VÉGÉTARIENNE — SUR LE FILM « GRAVE » DE JULIA DUCOURNAU

 « GRAVE » DE JULIE DUCOURNAU
   Vous êtes véganes ? Vous allez au ciné parfois ? N’allez pas voir ce film. Ou peut-être que si.
   Quelques mots sur Grave, le dernier film de Julia Ducournau.
   Le pitch : « Justine intègre l’école vétérinaire dans laquelle ses parents ont étudié et où ils se sont rencontrés. Là l’y attend sa sœur aînée. Normal de suivre la voie familiale, d’autant que dans cette famille-là, on est végétarien… »
   Sympa non ?!  Seulement voilà, il faut passer le cap du bizutage, la violence en groupe, les humiliations, subir les rites sexualisés des « vétérans » et « vénérables » élèves des classes supérieures… et avaler le rognon de lapin cru si on ne veut pas être mis au ban et échouer. Moins sympa, non ?!

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ESPÈCE D’OGRES — SUR LA VORACITÉ SANS LIMITE DES HUMAINS ÉTUDIÉE DANS « L’HUMANITÉ CARNIVORE » PAR FLORENCE BURGAT

ESPÈCE D’OGRES — LA VORACITÉ DES HUMAINS DANS « L’HUMANITÉ CARNIVORE » — FLORENCE BURGAT

 

« Le carnisme ressemble fort en effet à une métaphysique qui ne dit pas son nom et qui s’ignore elle-même, une métaphysique selon laquelle l’espèce humaine est la fin de toutes choses, le centre et le sommet de la Création. »
Renan Larue, Le végétarisme et ses ennemis, pp.10-11

 

« La malnutrition dans le tiers monde est due en grande partie à la régression du cannibalisme. »
Samuel Butler (1835-1902)

 

« L’économie cannibale ne perd jamais rien de ce qui accable les hommes.
Elle fait profit de tout. »
Oscar Wilde (1854-1900)
florence-burgat                                                                                                                                Sur le Larousse en ligne on trouve comme définition de la voracité, qu’elle peut être une avidité à manger, à satisfaire un besoin (et de donner comme exemple « la voracité des loups » […]), ou bien encore qu’elle est l’avidité à satisfaire un besoin, à gagner de l’argent, personne n’étant cité en exemple alors qu’il n’en manque pas… les animaux ayant ce privilège d’être indéterminés et montrés du doigt.
   Opposé à la docilité des animaux que les humains s’arrogent le droit de manipuler et de consommer massivement (on mange volontiers les plus inoffensifs d’entre eux — les herbivores —, du moins dans le modèle occidental qui tend à l’uniformisation planétaire [globalisation]), la voracité chez l’être humain est l’expression d’une insatiabilité dont il est difficile de comprendre les ressorts.

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« ANTISPÉCISTE » — UNE ONTO-BIO-GRAPHIE — SELON AYMERIC CARON : EXPERT IN HOME-COSMOGRAPHY

« ANTISPÉCISTE » — AYMERIC CARON : EXPERT IN HOME-COSMOGRAPHY

 

« Qu’apprendre à philosopher est — aussi — ne pas faire mourir »
Montaigne et moi

 

« La violence est le dernier refuge de l’incompétence. »
Isaac Asimov in Fondation — Denoël, « Présence du futur », p. 73

 

« Il n’y a de loi de populations abstraite que pour les plantes et les animaux, et
encore, pour un peu que l’homme n’intervienne pas historiquement. »
p.708 in Le Capital — Karl Marx

 

« C’est la fin des paysans et le début d’une alimentation de merde. »
p.296 in Antispéciste

 

« Where do we go now ? »
Sweet Child O’ Mine, Guns n’ Roses in « Appetite for destruction » — 1987

 

 

 

   S’il y avait bien cette année un essai vraiment attendu par une bonne partie des défenseurs des animaux, ceux de la protection animale, les végétariens, les véganes, etc., c’était bien celui-ci : Antispéciste, d’Aymeric Caron.
   Le journaliste et chroniqueur TV, qu’on ne présente plus, est bien connu pour ses prises de position en faveur de la cause animale, notamment lors des émissions auxquelles il a participé ou participe encore. Encore assez rares sont les personnalités publiques à s’engager dans le mouvement animaliste, aussi bien entendu nous avons eu envie de savoir ce que Caron pouvait avoir à nous dire de plus quant à la cause. Au final, on a lu un livre sans surprise mais surprenant, un essai d’un animal philosophant — et zoon politikon ! — plus philosophique qu’il ne veut bien l’avouer. Rencontre avec cet  inconnu-connu que nous connaissons mieux à présent.
caron antispéciste   Avant de revenir sur notre lecture d’un ouvrage qui ne brille franchement pas par l’accroche de son titre — « Qu’est-ce que c’est ça : antispéciste ? » demandera le chaland qui s’en revient du marché avec son poulet rôti dans son pochon en plastique —, arrêtons-nous un instant sur la polémique qui enfle alors même que presque personne n’a lu l’ouvrage. À peine après avoir exprimé leur enthousiasme — la sortie de ce livre — on voit des véganes s’enflammer pour le propos qui suit publié dans le Nouvel Obs. : « Personnellement, je ne suis pas un «végétarien philosophique» qui refuse la mort. Je suis prêt à manger un poulet rôti si je sais qu’il a été élevé sans souffrance, a pu profiter de son existence de poulet et a été abattu dans des conditions dignes. Dans l’état actuel de la production agricole, même bio, ces conditions n’étant pas réunies, je m’abstiens. » À notre humble avis cela veut juste dire que ce n’est pas ni la texture de la chair ni le goût du poulet qui gêne Aymeric Caron, mais le traitement qui aura été réservé à l’individu concerné. Nous non plus nos convictions quant au véganisme ne se sont pas forgées sur une affaire gustative et d’appétence, mais uniquement éthique. Et c’est bien ce propos que tient Caron, rien d’autre. (Erratum : entre-temps l’article du journal a été corrigé apprend-on. Les propos d’A. Caron avaient été mal retranscrits.) Lire la suite