WELFARISTERIES — « LETTRES DES ANIMAUX À CEUX QUI LES PRENNENT POUR DES BÊTES » D’ALLAIN BOUGRAIN-DUBOURG — NON MAIS ALLAIN QUOI ?!

« LETTRES DES ANIMAUX À CEUX QUI LES PRENNENT POUR DES BÊTES » D’ALLAIN BOUGRAIN-DUBOURG — NON MAIS ALLAIN QUOI ?!

 

 

« Ce rendez-vous raté de l’histoire reste à susciter […] »
sur l’idée de libération sociale des années 70, p.12, in Lettres des animaux…

 

 

« La maîtresse parla du XVe siècle et particulièrement du roi Louis XI, un roi très cruel qui avait l’habitude d’enfermer ses ennemis dans des cages de fer. « Heureusement, dit-elle, les temps ont changé et à notre époque il ne peut plus être question d’enfermer quelqu’un dans une cage. »
À peine la maîtresse venait-elle de prononcer ces mots que la petite poule blanche, se dressant à son perchoir, demandait la parole.
   — On voit bien, dit-elle, que vous n’êtes pas au courant de ce qui se passe dans le pays. La vérité c’est que rien n’a changé depuis le XVe siècle. Moi qui vous parle, j’ai vu bien souvent des malheureuses poules enfermées dans des cages et c’est une habitude qui n’est pas près de finir. »
p.144 in « Le problème », Les contes du chat perché — Marcel Aymé (Folio)

 

 

 

   « Pourquoi moi suis devenu-e végane ? » Voilà une question qu’on se pose fréquemment. Quand on voit qu’une majorité des gens informés sur la maltraitance animale ne franchissent même pas le pas du végétarisme, cette question nous taraude. Alors oui bien sûr, la peur de se couper des autres…, la peur de l’abandon d’une tradition culinaire carnée…, la fainéantise…, … oui mais quand on voit que dernièrement une personnalité comme Nabilla — crétine notoire aux yeux d’une bonne partie de la population (même si personnellement on a toujours eu des doutes sur sa stupidité au vu de la façon dont cette fille mène sa petite entreprise) — semble avoir compris, on retourne à notre question initiale : « Pourquoi ? ».
   Pourquoi avons-nous franchi le pas ? Pourquoi avons-nous été d’avantage poreux à cette souffrance ? D’où vient cette graine qui a germée en nous — même si, c’est vrai hélas, assez tardivement ?
   Alors on se repasse le film de notre jeunesse, nous les enfants des années 80. Et on se rappelle que, quand même, on nous a préparé à l’antisystème, on nous a nourris au bon grain de l’écologie avec des dessins animés comme Watoo Watoo,Bibi Phoque ou Nuclea 3000, on nous a appris à nous méfier du consumérisme capitaliste avec Les mondes engloutis ; on chantait Renaud, Balavoine (surtout K.) et dansait sur Johnny Clegg et Savuka (qui n’a pas essayé de monter sa jambe jusqu’à sa tête en risquant un claquage des ischios-jambiers ?), on arborait notre badge Touche pas à mon pote, on plantait des arbres avec Pif Gadget et puis pour la sensibilité aux animaux, il y avait les images du chocolat Merveilles du monde, et puis surtout on peut remercier Allain Bougrain-Dubourg, un précurseur. Oui mais… plus maintenant.

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WELFARISME : L’AUTO-AFFAIRISME DU BIEN-ÊTRE ANIMAL OU LE SEUIL INFRANCHI — SUR « LA SOUFFRANCE ANIMALE : OU L’ÉTUDE OBJECTIVE DU BIEN-ÊTRE ANIMAL » DE MARIAN STAMP DAWKINS

WELFARISME : LE SEUIL INFRANCHI — SUR « LA SOUFFRANCE ANIMALE : OU L’ÉTUDE OBJECTIVE DU BIEN-ÊTRE ANIMAL » DE MARIAN STAMP DAWKINS *
« Les animaux sont heureux tant qu’ils ont la santé et qu’ils mangent suffisamment. »
Bertrand Russel in La conquête du bonheur
« On sait que l’Homme « bricole » la génétique animale depuis des milliers d’années. Tout a probablement commencé avec le chien il y a plus de 12000 ans. Puis les efforts ont porté sur la chèvre entre 7000 et 8000 avant Jésus-Christ et sur le mouton 1000 ans plus tard. Il y avait déjà plusieurs races distinctes de bovins 2500 ans avant Jésus-Christ, si bien que les croisements ont dû commencer beaucoup plus tôt. Les porcs ont été domestiqués depuis 7000 ans et les poulets depuis plus de 4000 ans. La première utilisation connue du pigeon messager remonte au règne de Ramsès II en Egypte, en 1204 avant Jésus-Christ. »
p.53 in La souffrance animale ou l’étude de l’objectivité du bien-être animal

 

 

la souffrance animale   Le welfarisme est traduit en français par « bien-être » quant au sujet du traitement réservé aux animaux par les humains. Cette notion existe depuis déjà longtemps puisque les intérêts des animaux ont commencé à être sérieusement défendus en Angleterre au début de 19ème siècle. C’est en 1850 qu’est passé la loi Grammont (du nom d’un ancien officier supérieur proche de Napoléon III), qui en France inaugura la prise en compte et la gestion des mauvais traitements que subissaient les animaux. Toutefois, le welfarisme est discutable, non en tant qu’il est nécessaire en l’état que des animaux sont exploités de différentes manières, mais en ce qu’il semble être une approche limite — limitée à une sorte de cercle protecteur complètement dissocié ou presque de ladite exploitation et de ses objectifs productivistes et consorts.
   Comme on le voit en exergue, l’Homme vit plus ou moins symbiotiquement avec des espèces animales depuis fort longtemps. Comme le souligne Maria Stamp Dawkins dans Animal Suffering: The Science of Animal Welfare, l’auteure, ce savoir archéologique repose sur des traces qui laissent penser que la datation peut être assez plus ancienne en réalité.
   Nous allons ici faire un tour de cet essai écrit en 1980, un livre manifestement difficile à trouver maintenant. Cela va donc nous permettre de mettre en perspective ce qui se passait dans notre société industrielle à l’époque — trente-cinq ans déjà — vis-à-vis d’aujourd’hui par rapport aux animaux dans notre vie globale soumise à des « impératifs » économiques. Qu’en est-il du « bien-être » de nos  jours en comparaison à 1980 ? Qu’en est-il de notre manière de « produire » ? — de « traiter » dans tous les sens du terme ? Lire la suite