UN INCONTOURNABLE ROMAN ANIMALISTE ET ANTISPÉCISTE — INVITATION EXPRESSE À LIRE « DOCTEUR RAT » DE WILLIAM KOTZWINKLE — OU DU CYNISME POÉTIQUE POUR DIRE LA VÉRITÉ

INVITATION EXPRESSE À LIRE « DOCTEUR RAT » DE WILLIAM KOTZWINKLE — OU DU CYNISME POÉTIQUE POUR DIRE LA VÉRITÉ

 

« L’Afrique perdra lorsqu’elle perdra les éléphants. Comment pouvons-nous parler de progrès, alors que nous détruisons encore autour de nous les plus belles et les plus nobles manifestations de la vie? »
In Les Racines du ciel, Romain Gary – 1956

 

« Pourquoi penser quand vous pouvez expérimenter ? »
Claude Bernard en 1876 à ses étudiants, cité p.45 in Docteur Rat

 

« La parole apparaît donc d’autant plus une parole que sa vérité est moins fondée dans ce qu’on appelle l’adéquation à la chose : la vraie parole s’oppose ainsi au discours vrai, leur vérité se distinguant à ceci que la première constitue la reconnaissance par les sujets de leurs êtres en ce qu’ils y sont inter-essés, tandis que la seconde est constituée par la reconnaissance du réel, en tant qu’il est visé par le sujet dans les objets. Mais chacune des vérités distinguées ici s’altère à croiser l’autre dans sa voie. »
in Écrits I, p.350, Jacques Lacan

 

Docteur Rat   Que dire sinon que l’être comme parole peut bien à la limite supporter tous les discours ? — Il y a des fictions qui disent infiniment mieux le vrai que tous les rapports, les exposés, les rhétoriques électives et économistes ou les documents soi-disant officiels. Docteur Rat est de ces romans où la folie ambiante mène plus à la Vérité (sanité) de l’être que tant d’énoncés contraires. Discordance et sauvegarde, qu’on se rappelle la fameuse marge humaine de Morel, le héros légendaire de Romain Gary, dans Les Racines du Ciel. Ici chez Kotwinkle le rat est un anti-héros, et l’aventure : Animale : un vertige apocalyptique — révélateur — époustouflant d’humour noir, de saillies drolatiques, de cynisme et de poésie mélancolique. Un bijou véritable dont l’inestimable valeur nous saute aujourd’hui aux yeux à son inoubliable lecture, quarante ans après son écriture.
Un rat sans prunelles
Qui courait dans l’herbe
Je l’attrape par les dents
Je le montre au Président
Le Président dit :
« Coupez-lui les couilles,
Tranchez-lui l’côlon
Ça vous f’ra une subvention
De plusieurs mil-lions : »
(p.12 in Docteur Rat) Lire la suite