VÉGANOSOPHIA — BIORÉSISTANCES. PHILOZOOPHIES DES RÉVOLTES PARASITAIRES OU SYMBIOTIQUES (PARTIE III)

 VEGANOSOPHIA 

Nihil animali a me alienum puto
  « L’objectif des veganosophia réside, dans le croisement de données et l’intertextualité ainsi produite, dans la volonté de poursuivre le questionnement philosophique fondamental du véganisme contre l’exploitation animale. Chaque partie publiée est susceptible d’être augmentée, développée ultérieurement à sa mise en ligne, ou prolongée de manière directe ou indirecte dans d’autres textes « véganosophiques ». »

 

VÉGANOSOPHIA — BIORÉSISTANCES
PHILOZOOPHIES DES RÉVOLTES PARASITAIRES OU SYMBIOTIQUES

 

 

   (4) Animals Revolution, suite : )
   On pourrait dès lors objecter à ces animalistes « farouches » engendrant un certain type de discours catégorique et jetant le discrédit sur l’engagement des « autres » jugé trop consensuel, trop politiquement correct (quand on ne traite pas de welfaristes des abolitionnistes ayant compris que le carnisme ne disparaîtra pas en un jour) qu’il y a peut-être dans ces comportements un complexe de supériorité prenant sa source dans des tréfonds personnels qui n’ont rien à apporter de bon aux animaux car hélas 1) les animaux n’ont que faire des querelles d’ego des humain-e-s et 2) au demeurant ces tentatives de moquerie et d’intimidation n’inciteront jamais à ce que les réprouvé-e-s rejoignent cette branche « élitiste » du mouvement, puis enfin 3) sur le web ces disputes doivent avoir l’air assez surréalistes pour les carnistes en étant spectateurs hasardeux ou… malicieux (il y a un voyeurisme carniste, une surveillance multiple sur les réseaux sociaux). Lorsqu’une association remarquable pour ses actions courageuses déclare : « On ne lutte pas pour la libération animale en « véganisant » les grandes marques de l’agro-alimentaire […] ni en collaborant avec […] l’injustice sociale : l’État et les industries ; on lutte en co-résistant avec les opprimé.e.s, en bloquant le système de production et en devenant une menace pour l’ordre spéciste.[1] », force est de constater l’incomplétude de la formule, de la même manière que si l’on disait : « On ne lutte pas pour la libération animale en freinant les journées de travail des abattoirs et forçant ainsi les cadences à reprendre plus tard plus vite et plus douloureusement pour les animaux et péniblement pour les employés, ou en brisant toutes les vitrines des boucheries en permettant aux exploiteurs des animaux de passer pour des victimes dont on sape le sacro-saint travail et d’inciter l’État à plus de répressions sur les véganes/antispécistes, puis en risquant de tou-te-s êtres fiché-e-s comme bioterroristes payant de fortes amendes ou finissant en prison, mais simplement en véganisant les offres de produits de consommation classiques et en soumettant des amendements en croisant les doigts pour qu’ils soient votés… » — on voit bien, on le constate depuis qu’elles existent, les méthodes de l’action directe ont une importance et une efficacité sur le plan politique pur par le prisme de la détermination du mouvement les pratiquant, la communiquant auprès du grand public via les médias. Mais pas plus la seule « véganisation » des produits manufacturés ni seulement les actions directes ne valent pour accélérer et fortifier l’entendement commun à la cause animale. Quel intérêt que dans le camp des défenseurs des animaux il y ait des détracteurs, une bien-pensance et de telles postures ? Par ailleurs, on a beau jeu de faire référence à des figures historiques comme Malcolm X, que vaut la parole — et par-là la pensée — de celle ou celui qui dénigre l’engagement et le travail de ses pairs ; […] peut-on dénoncer ce que l’on refait — même sous forme fictionnelle — sans tomber dans un certain impérialisme qui opposerait toujours des communautés divisées ?[2] demande-t-on à la suite d’Hélène Singer. Peut-on révolutionner un milieu en soi révolutionnaire ? Doit-on, dans le cadre de la condition animale, rejouer les mêmes actes que dans les diverses libérations humaines ? Le terme de co-résistance est certes recevable, encore que rares sont les animaux vraiment en mesure de pouvoir résister. Pour Yves Bonnardel aussi les animaux tentent de résister aux mauvais traitements qui leur sont infligés, mais ils n’ont bien évidemment pas la capacité de s’exprimer ou de s’organiser comme peuvent le faire des esclaves humains[3]. Le mot de biorésistance nous semble plus approprié. Et c’est en vertu qu’à l’ère du grand merchandising les figures révolutionnaires elles-mêmes sont devenues des objets publicitaires et de consommation, où tout est propice au spectaculaire, aux spéculations, qu’on devra se pencher sur la question des luttes internes au mouvement de libération animale comme symptomatique de la frustration à émerger sans se départir d’une attitude tutélaire en son sein propre comme vis-à-vis du monde extérieur qu’il reste à convaincre. Guy Debord n’avait pas tort en 1967 lorsqu’il affirmait que la théorie révolutionnaire est maintenant ennemie de toute idéologie révolutionnaire, et elle sait qu’elle l’est[4].

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L’INSOUTENABLE LÉGÈRETE D’ÊTRE LIBRE POUR LES ANIMAUX — BRÈVE PENSÉE D’APRÈS LECTURE DE « LA RÉVOLUTION ANTISPÉCISTE » AUX PUF — SENTIENTISME

L’INSOUTENABLE LÉGÈRETÉ D’ÊTRE LIBRE POUR LES ANIMAUX — D’APRÈS LECTURE DE « LA RÉVOLUTION ANTISPÉCISTE » AUX PUF

 

 

« Le véritable test moral de l’humanité (le plus radical, qui se situe à un niveau si profond qu’il échappe à notre regard), ce sont ses relations avec ceux qui sont à sa merci : les animaux. »
p 421 in L’insoutenable légèreté de l’être, Milan Kundera (Gallimard, 1984)

 

« […] n’aurions-nous pas quelque part un devoir de justice envers ces milliards d’êtres qui peuplent l’univers avec nous ? »
Renan Larue, p.10 in « Introduction » à La Révolution Antispéciste

 

«  Les changements visés ont un coût faible pour la plupart des humains tout en épargnant une somme de malheur considérable aux bêtes […] »
Estiva Reus, ibid., p.250

 

« Antispéciste ne baisse pas les bras !
Quand tu repenses à tous ces sévices… »
« Antispéciste » par Kreezy R, d’après Antisocial de Trust

 

 

 

   Étant donné que l’ouvrage collectif intitulé La Révolution Antipéciste — édité aux Presses Universitaires de France s’il vous plait ! et dirigé par Yves Bonnardel, Thomas Lepeltier et Pierre Sigler est un recueil de textes choisis parmi les publications des célèbres Cahiers Antispécistes, ne comptez pas sur nous pour vous raconter le bouquin par le détail. Et puis quoi ? Ce n’est pas comme si vous ne saviez pas que le mot de spécisme a été inventé en 1970 par Richard Ryder par analogie avec les termes racisme et sexisme[1]. Pas non plus comme si vous ignoriez que l’Humanisme et l’idée de Nature sont battues en brèche par l’antispécisme[2].
   L’humeur est plus à la confidence, vous toucher deux mots sur comment l’on se sent en ce moment. Après tout, on parle souvent ici de faits et de concepts, parfois de chiffres, on relate des événements, mais il est bien rare qu’on vous décrive ce qu’on ressent et ce que cela nous inspire.

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