« GUIDE DU VEGAN EN FRANCE » DU PETIT FUTÉ — PETIT FOUTAGE DE GUIDE

« GUIDE DU VEGAN EN FRANCE » DU PETIT FUTÉ — PETIT FOUTAGE DE GUIDE

 

 

« Merci pour votre promptitude à trouver des incohérences dans mon travail, mais si vous y aviez cherché mes idées au lieu d’y chercher mes incohérences vous auriez trouvé réponse à vos questions dans le chapitre incriminé. »
Michel Onfray en réponse à notre article Le crypto-véganisme de Michel Onfray, simili-philosophe pourfendeur des incohérences d’autrui, qui n’aime pas qu’on traque les siennes.

 

 

« Bref, le Petit Futé Guide du Végan en France répondra à vos questions et vos attentes pour vivre votre véganisme en toute sérénité. » (citation ici)

 

 

 

   « Approchez m’sieurs-dames, on a de la polémique à revendre, toute fraîche du jour ! Vous en prendrez bien un peu, un p’tit morceau ? C’est qu’ça anime la polémique, ça fait jazzer, ça rend visible. Laissez-vous tentez, allez… juste un peu quoi ! »
   Eh non ; encore une fois pas de polémique  sur ce blog (on sait, on n’est pas dans le mouv’), enfin pas vraiment. On a pris le parti ici de ne pas critiquer de manière frontale les initiatives qui allaient dans le sens du véganisme, même si parfois ça nous a démangé quelque peu : pas assez d’éthique, trop commercial, les vins biodynamiques c’est pas vegan,  le « hum ça sent l’arnaque » …mais bon, cette fois-ci notre modeste blog ne risquant pas de faire couler les Nouvelles Éditions de l’Université, on n’hésite pas, on balance. Cette semaine est sorti le Petit Futé Guide du Vegan en  France. On l’attendait celui-là, on chantait déjà « on a notre Petit Futé, on a notre Petit Futé » (à la Wayne’s World quand les mecs ramassent 5000 dollars), on fanfaronnait quoi, une institution depuis 1976, c’est pas rien ça pour le véganisme, hein ? Bon il est sorti dans la collection « Guides thématiques » de l’éditeur, c’est-à-dire au même titre que le Guide de la fin de vie et le Guide des parcs animaliers, … mais ça y est « on a notre Petit Futé, on a notre Petit Futé ! » Lire la suite
Publicités

VEGGIE PRIDE 2017 — VIDEO & NO COMMENT

  
   Pour changer on ne vous donne rien à lire, mais juste à voir, ce petit montage maison de quelques moments du samedi 6 octobre à la Veggie Pride pour sa 17ème édition. C’était l’occasion pour nous de recroiser de belles âmes et de faire la connaissance d’autres personnes formidables.
   Allez, trêve de mots, (vegan) place à la vidéo !
   K&M

CCE²A : MANIFESTATION UNITAIRE CONTRE LA VIVISECTION — AUXERRE 02.09.2017

CCE²A : MANIFESTATION UNITAIRE CONTRE LA VIVISECTION — AUXERRE
   Aujourd’hui nous étions certain-e-s nous étant donné rendez-vous à l’initiative du CCE²A pour marcher dans Auxerre pour dire non (ou m****) aux activités indignes du CEDS (Centre d’Élevage des Souches à Mézilles) et de manière générale exprimer notre refus de l’expérimentation animale et de la vivisection.
   Merci et bravo aux organisateurs, aux associations, aux personnes ayant tenu des stands, aux militant-e-s qui ne lâchent rien, et ne lâcheront jamais rien jusqu’à que les injustices à l’endroit des animaux cessent définitivement. L’événement aura aussi merveilleusement servi à ce que quelqu’un sauve un chaton paumé et blessé, abandonné sur l’autoroute !
  Cette journée en images.
   K&M

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

L’AUTRE COMME DÉPASSEMENT DE SOI — L’HEUREUX COURIR VIVANT DU VEGAN MARATHON — ALTER-(EGO) : POUR LE RUNNING TOUR DU 1er AU 10 SEPTEMBRE 2017 ET TANT QUE NÉCESSAIRE

L’AUTRE COMME DÉPASSEMENT DE SOI — HEUREUX COURIR VIVANT DU VEGAN MARATHON — POUR LE RUNNING TOUR DU 1er AU 10 SEPTEMBRE 2017

 

Ainsi puisses-tu épargner à chaque foulée l’impromptue
Innocence d’un animal et devenir un exemple à suivre
Ô simple mortel : voilà un beau sens à la vie

 

« L’hédonisme consiste à goûter l’existence en communiquant avec autrui grâce à ses sensations les plus archaïques et les plus complexes. Il est donc inséparable du respect que l’on a de soi, des autres et de l’environnement. »
p.63 in Les Nourritures, Corine Pelluchon

 

« Nous ne pouvons fonctionner en tant qu’acteurs humains que si nous avons une idée de là où nous devons aller et de ce qui constitue une vie bonne et riche de sens. »
sur Charles Taylor cité par Hartmut Rosa in Aliénation et accélération, p.69

 

 

 

— Seul-e contre tous —
   On ne nous en voudra probablement pas si pour écrire au sujet du Vegan Marathon nous partons, comme toujours direz-vous, un peu « en roue libre », mais c’est dire aussi, le pied léger, bien dans nos baskets, sans même angoisse aucune de se faire tailler un short pour ce qu’il convient bien d’appeler une escapade en solitaire(s) aux antipodes ou anti-piédestaux des routes toutes tracées, et ce afin de prendre la parole qui nous est offerte comme prétexte à pratiquer un de nos sports préféré qui est la course de fonds (grund)… phénoménale ! Pour nous suivre pas besoin de programmation neurolinguistique d’aucune sorte mais juste d’un peu de curiosité pour ce que l’intertextualité peut bien nous dévoiler ayant trait au souffle (pneuma) de l’Être-en-vie puisque, ne le perdons jamais de vue : Vegan Marathon = libération — celle des animaux autant que des humain-e-s.

Lire la suite

ARCHIVE LITTÉRAIRE POUR LTTP #2 — « L’ÉVEIL / STADE II » DE JEAN-BAPTISTE DE PANAFIEU

  En juillet nous avons chroniqué cette suite pour le magazine web Le Tofu Te Parle (le numéro 4). Voici en archive quelques mots sur le très bon roman jeunesse de Jean-Baptiste de Panafieu, stade II. On attend le dernier tome vers l’automne.

   L’éveil des animaux continue dans le stade 2 de la trilogie de J.-B. de Panafieu. On a lu ce second tome et on vous en dit quelques mots.
   Vous vous souvenez ? Un virus expérimental échappe à sa créatrice et rapidement il se diffuse parmi les animaux en tous genres, opérant en eux une mutation génétique qui leur donne « l’éveil », autrement dit la conscience réflexive. Ils pensent qu’ils pensent désormais. Ils le savent et en parlent, ils se regroupent et leurs différentes natures se muent en nouvelles cultures… Dans cette suite qui débute doucement, l’auteur emmène le lecteur vers un emballement progressif de l’histoire. Et c’est au fur et à mesure de l’accélération du rythme de l’éveil des animaux, que l’on retrouve nos protagonistes humains et non-humains ayant maille à partir avec des problématiques nouvelles. Ce pourrait bien être pour eux aussi l’occasion de s’éveiller à quelque chose pouvant redéfinir la notion de biopouvoir et les enjeux de la cohabitation interspécifique.
   C’est ainsi qu’Alya, la végétarienne du groupe d’ados embarqués dans cette aventure, s’interroge sur la sectorisation des sociétés : « Alya se demandait si l’éveil des animaux ne risquait pas de renforcer encore l’état de méfiance généralisée dans lequel s’enfonçait le monde […] (pp.14-15) » Et pendant qu’en effet tout change et nous donne à réfléchir à nos propres conditions d’existence en tant que « société », les animaux qui s’éveillent reproduisent des schémas déjà connus des humains, mettant en perspective nos relations avec le vivant à travers le symbolisme, le rite, bref l’origine de la religion et notre rapport d’êtres vivants consommant le monde : «  — Le grand orignal a donné sa vie pour que nous puissions vivre. Nous devons tous le remercier avant que sa chair ne devienne la nôtre. Il a fait preuve d’intelligence et de courage, comme nous. Par ce repas, nous lui rendrons honneur et nous absorberons ses qualités. (p.34) » Le sacrifice de l’autre ou son exploitation sont tour à tour subtilement donnés à penser entre lumière et ombre de ces réalités hors-fiction qui ont cours, où la superstition côtoie la possibilité d’un soulèvement animal légitime, comme quand les ours cessent d’hiberner et que leur éveil signifie qu’ils doivent adopter de nouveaux comportements qui chamboulent l’équilibre naturel, et que le roman dénonce au passage une des formes ultimes de la maltraitance animale : « Heureusement pour les humains, les ours n’avaient jamais entendu parler des montreurs d’ours qui faisaient danser leurs captifs au son des tambourins, des cirques qui les dressaient à pédaler sur de ridicules petits vélos ou encore des malheureux dont on prélevait la bile, torturés jour après jour pour ce produit réputé l’épilepsie, les hémorroïdes et le mal de gorge. (p.53) »
   De Panafieu parvient à rend visible de façon élémentaire les questions d’actualité de la société d’aujourd’hui, notamment vis-à-vis du droit animalier, comme avec ce chat éveillé qui veut porter plainte contre ses maîtres qui lui ont donné de mauvaises croquettes (cf. pp.62-63). Au-delà de l’aspect humoristique d’une telle anecdote dans le roman, se pose une interrogation fondamentale, à savoir si, malgré nos bonnes intentions, nous traitons toujours nos compagnons animaux avec l’égard qu’ils aimeraient qu’on leur porte ? On pense ici en aparté au travail de l’historien Éric Baratay (voir son dernier essai Biographies Animales[1]). Et cette histoire de procès va sans détour à l’essentiel : « L’animal éveillé était-il oui ou non une personne ? Selon l’avocat, s’il n’était pas précisé que le terme « personne » désigne obligatoirement un humain, rien n’empêchait de l’appliquer à un animal. (p.63) » Le second tome de L’Éveil de J.-B. de Panafieu tient toutes ses promesses.
   Décidément toutes les questions sont soulevées, l’air de rien, dans ce récit plutôt haletant dont la lecture est facile et plaira toujours aux adultes autant qu’aux adolescents. Le couguar éveillé y pense la nature de sa prédation : « Pourquoi devrais-je m’inquiéter de ma place dans le ballet et m’interroger sur le bien-fondé de ma fonction de grand prédateur ? (p.110) » Et lorsqu’il évoque le regard de la biche, probablement éveillée elle aussi, « comme si elle avait conscience qu’elle aurait pu s’échapper », le couguar nous fait voir qu’alors les rapports de force sont en passe de se rééquilibrer, mais aussi que l’horreur de la prédation est décuplée par la lucidité de la proie.
   Entre la dénonciation des pièges à ours, de la chasse, du saccage des océans par la pêche intensive et les installations pétrolières, ou encore la nécessité qu’ont les dauphins à collaborer (contrat) à la pêche des humains en contrepartie qu’ils n’utilisent plus leurs sonars qui les perturbent, ou la réflexion sur le sens d’un engagement militant et ce que cela implique, J.-B. de Panafieu pousse encore plus loin la sérieuse investigation de son roman. Car c’est bien aussi à cela, en plus de distraire, que sert le romanesque : à penser. Au beau milieu de l’action les personnages et leurs situations nous mettent en face des contradictions du spécisme : « Et puis les « affaires animales » ça n’existe pas. […] Vous ne pouvez pas nous mettre tous dans la même catégorie. » dit l’ours en écho à ce que pense Alya p.141, car aucune espèce ne peut prétendre prendre le pas sur toutes les autres[2].
   Et puis aussi, ces animaux éveillés, cela pourrait bien rapporter de l’argent, non ?!
   Ce second volet de L’Éveil étend sa réflexion entamé dans le précédent avec les animaux « domestiques » à ceux du « monde sauvage ». En s’appuyant sur certains caractères naturels comme ceux des loups ou des orques, l’auteur introduit un peu de manichéisme dont on pourra se demander si dans la réalité il serait si tranché entre des animaux ayant obligatoirement le rôle de gentils et d’autres de méchants ? Même chose avec l’unité des espèces qu’on ne rencontre pas chez les humains. Elle correspond à un état de nature qui serait peut-être différent si les choses étaient celles du roman. Un roman qui rend aussi hommage aux œuvres littéraires qui l’ont précédé comme Boucle d’or et les trois ours mis en prose par Robert Southey (1837) ou bien 20 000 lieux sous les mers de Jules Verne (1870), entre autres… et qui donne très envie de lire le dernier tome de cette aventure qui ressemble à un rêve d’enfant !
   K&M

 

   [1] Pour plus d’informations, on peut consulter notre article-vidéo sur : https://kmlesveganautes.wordpress.com/2017/03/25/article-video2-eric-baratay-ou-les-animaux-sans-baratin-biographies-animales/
   [2] In L’Eveil, stade 2, pp.112-113.