BD SAUVÉE DES EAUX — SUR « L’ARCHE DE NÉO » CHEZ GLÉNAT

« L’ARCHE DE NÉO » CHEZ GLÉNAT
   Lors de notre dernier article présentant des sorties BD françaises en faveur de la cause, on déplorait le report de parution de Espèce(s) — la souffrance animale est insupportable, chez Glénat. C’était sans compter que chez ce même éditeur était sorti le 8 mars le premier tome de L’Arche de Néo de Stéphane Betbeder et Paul Frichet. Quelle véritable bonne surprise ! qui confirme notre intuition : comme chez France Inter avec leurs chroniqueur-se-s, y’a comme un nid, un vivier, chez les auteur-rice-s de BD française !

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DES BULLES POUR LA CAUSE — ET DES BULLES QUI EN CAUSENT — SUR TROIS BD MOINS UNE — « AMOUR, GLOIRE ET VÉGAN » DE CLARA CUADRADO & « HECTOR LE BOUCHER » DE KOLONEL CHABERT ET…

« AMOUR, GLOIRE ET VÉGAN » DE CLARA CUADRADO & « HECTOR LE BOUCHER » DE KOLONEL CHABERT ET…

 

 

  Pas très enjoués les Veganautes ces derniers temps, on y croit plus, on y croit plus, … Encore l’autre jour, au supermarché Carrefour du coin, le stand de pâte à tartiner Milka, avec la pauvre vache mauve grandeur nature, la Patamilka qu’ils appellent ça ! Hum ! la bonne tartinade remplie du lait de Sainte-Milka, rincée jusqu’au bout, ses larmes de mère meurtrie doivent y ajouter une note salée exquise… Promo sur la viande, des bacs entiers, des morceaux énormes, des morceaux partout… Le stand Danone : « Venez manger nos yaourts simples, locaux et naturels ! » Ah ! elle a bon dos la nature. Rien ne bouge, rien ne change, ils ont même dans ce très grand hypermarché cesser de vendre certains produits véganes qu’on était contents de trouver. Ça nous apprendra à aller dans la grande distribution, salauds de nous !
   On n’avait même plus trop d’espoir du côté des bouquins, faut dire qu’entre  Ariès et ses clones, la mode du flexitarisme et les bouffeurs de viande « connexion » (vous savez : « les mecs qui en ont »), pfff…, pas facile non plus.
   Alors en ce début d’année la réjouissance nous vient du côté de la bande dessinée, et de la bande dessinée français siouplè m’sieurs dames ! On avait jusqu’à présent Insolente Veggie publiée chez La Plage (qui n’est bien évidemment pas une maison d’édition de bandes dessinées) et les albums de Volpi et Tief Sentience publié par une maison alternative YIL. Là on gagne du terrain, car les œuvres dont on va vous parler sont publiées chez de plus grosses maisons. Malheureusement, l’une d’elle a vu sa parution sacrément décalée, initialement prévue pour mars, elle ne sortira qu’en septembre. Nous ne l’avons pas eue entre les mains, mais le peu qu’on en sait nous donne hâte de la lire.
*
   On commence tout d’abord dans la légèreté et la bonne humeur avec Amour, Gloire et Végan de Clara Cuadrado chez Marabulles. Bah oui quoi, c’est bien connu : les véganes ils vivent au pays des Bisounours… Et bien sûr que non. Même si cette petite BD fort sympathique a l’apparence d’une promesse de détente facile, il n’en n’est rien… Tout d’abord l’accroche : la couverture fait référence au rêve de Lester dans le film American Beauty. La jeune Angela dans son bain de rose fait place à une truie alanguie dans un bain de végétaux. J’y vois une référence à la politique sexuelle de la viande de Carol J. Adams, mais peut-être est-ce tout simplement le rêve vegan : cette truie profite sans être inquiétée, le monde est devenue vegan, elle ne sera pas mangée. Quel qu’en soit le sens, la référence ciné me plaît, je la trouve audacieuse et m’annonce un petit illustré plein d’humour et de pertinence. Clara Cuadrado croque la vie quotidienne des véganes (avec justesse car il n’y a pas à dire ça sent le vécu), leur lutte acharnée contre la mauvaise foi spéciste, leur propre mauvaise foi pour vendre ce foutu véganisme, leur sens des priorités tout personnel (c’est vrai que si Mémé qui pense qu’elle a un Alzheimer en croyant qu’elle a oublié le poulet, c’est moins grave que sa consommation… de poulet), et même plein de référence à la pop culture … le tout saupoudré de pages « Le saviez-vous ? » avec des chiffres, de l’écologie et tout et tout. C’est sérieux cette affaire-là, alors on se détend mais pas trop quand même. C’est drôle et plein d’esprit. Pas fan d’emblée à cause du dessin (trop lisse à mon goût), c’est à la deuxième lecture que je me suis rendue compte qu’il était d’une grande qualité, les rendus d’humeurs, d’expressions des personnages sont très parlants, les jeux de regards et les détails sont riches, du beau travail en somme.

  Un ouvrage qui touchera en premier les véganes, de fait, mais l’auteure n’en étant pas à sa première publication, espérons qu’une partie de son public se laissera prendre dans ses bulles et rejoindra le clan des doux dingues que sont les militants de la cause animale.
K.
   Chez nous on ne croule pas sous les bandes-dessinées. C’est plutôt plein de romans et d’essais, de livres d’art, même si, sans pencher pour le minimalisme, nous avons tendance ces temps-ci à écouter cette petite voix qui nous parle de la vanité, de l’inutilité de l’accumulation, du Panta rhei (Πάντα ῥεῖ) car Héraclite avait raison « tout s’écoule », tout file comme le sang des animaux à l’abattoir, aussi nous débarrassons-nous du surplus de nos existences en nous rappelant bien qu’après demain pas grand monde ne viendra réclamer l’héritage des Veganautes ; c’est comme ça, c’est voulu, et il n’y a rien de dramatique là-dedans, et donc on fait un peu le vide autour de nous, on allège quoi, et puis ce qui est écrit doit être lu alors on revend, on remplit aussi les boites à livres de notre ville ou de celle d’à-côté — et ça fait du bien.

   Cela dit c’est par K. que la BD entre parfois à la maison. C’est vrai que cela peut s’avérer tout aussi pertinent que Sartre ou Jankélévitch mais aussi plus cool ! Et lorsque K. me dit « lis ça », bah je lis ça. Quoi donc ? Hector le Boucher de Kolonel Chabert. Bon, je ne vais pas tourner autour du pot de rillettes, parce que les carnistes et nous on n’a plus les mêmes valeurs. N’empêche, cette BD qui ne bulle pas pour la cause, eh bien elle nous en bouche un coin et même que la bouche rie — un peu — et que la réflexion de cette histoire de boucher qui sent les expériences vécues ou empruntées, est belle comme une cathédrale de barbaque se métamorphosant en jardin plein de promesses. Bref, s’il vous faut vous taper en lecture la vie d’un boucher, n’hésitez pas et offrez-vous ce temps de fiction au coup de crayon à la fois résolument passéiste et tout à fait contemporain, très en mouvement, très emporté. Il vous fera passer de trépas à vie, de tripaille à pomme d’happy, d’une vérité à une autre, d’une célébration traditionnelle de la vie à une autre… parce que tout s’écoule, tout file et qu’on est là pour faire passer le pire.
M.
Tout s’écoule…

 

 

   Pour la dernière BD (un roman graphique) qu’on attendait avec impatience, Espèce(s) — La souffrance animale est insupportable de Michel Durand chez Glénat (date de parution prévue le 04/09/2019), ne l’ayant pas eue entre les mains on vous laisse ici le résumé de l’éditeur et le visuel, vous comprendrez ainsi pourquoi cette parution nous a interpellé :
   « Le plus sauvage des animaux, c’est l’homme.
   Jérôme, artiste plasticien et performeur, intervient hors de son atelier, aussi bien dans des abattoirs, des laboratoires scientifiques que dans des galeries d’art où l’animal est le sujet de l’exposition. Ses faits d’armes, des œuvres « parasites » sans signature et montées de façon totalement illégale, ont pour objectif de provoquer le grand public et le sensibiliser sur la souffrance animale. Mais le jour où une enquête est lancée pour démasquer l’auteur de ces piratages, l’activité de Jérôme est compromise, en même temps que son avenir. D’autant qu’il se met à aller de plus en plus loin dans son engagement, n’hésitant pas à se transformer physiquement… Ses collaborateurs et amis commencent à s’inquiéter : vont-ils pouvoir continuer à exercer leur art s’ils sont traqués par la police ? Et jusqu’où Jérôme est-il prêt à aller ?
   Si la question de la condition animale et le spécisme sont devenus brûlants d’actualité, les animaux, eux, n’ont jamais été aussi maltraités par l’homme à des fins commerciales, scientifiques, voire artistiques. À ces heures de grand paradoxe, Michel Durand offre un album salutaire qui livre par la même une réflexion puissante sur le rôle et les limites de l’art dans l’éveil des consciences. »
K&M

PANG NIU FOOD — DU TOFU PLEIN DE CHARMES

   Il y a quelques jours, nous sommes allés dans un supermarché asiatique pour acheter de la pâte de curry. En arrivant, v’là t’y pas qu’on s’est fait alpagués par un type à l’entrée qui tenait un stand de dégustation… de tofu. Il nous dit comme ça : « Vous voulez goûter ? C’est végétarien. » Le truc à pas nous dire, hé hé. Nous on accepte et on mange un peu de ci, un peu de ça. Le tout étant végétalien excepté d’étranges tubes de tofu aux œufs… quoi ??!
   Bref ; …

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LETTRE AU MONDE — MEILLEURS VŒUX 2019

    Chers tou-te-s,
   L’année 2018 aura été un préambule. « À quoi ? » nous direz-vous.
   Selon nous, 2018 aura été un préambule à la contre-attaque du carnisme. Alors qu’on se réjouissait ces dernières années des publications en faveur de la cause animale, émergent depuis peu mais de façon prolifique, des écrits voués à semer le doute, voire carrément vindicatifs — non pas à l’encontre du bien-être animal dont ils vous diront qu’ils s’en préoccupent (quand ils en parlent…) — envers le véganisme et donc, envers tou-te-s les militant-e-s qu’on montre du doigt comme étant des citoyens hors-norme, c’est-à-dire : des terroristes, des hyper-capitalistes, des citadins pollueurs, etc., en somme des personnes qui nuisent à la cause commune. Lire la suite

SOUS LE SAPIN — SÉLECTION DE BEAUX LIVRES « PAS BÊTES » POUR LES PETITS

SOUS LE SAPIN — SÉLECTION DE BEAUX LIVRES
   On n’a pas toujours le temps de prendre le temps pour choisir le cadeau idéal. Si vous aviez prévu d’offrir des livres aux enfants de votre entourage (et même les vôtres, tiens !), ce modeste choix vous permettra peut-être d’y voir plus clair.

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SUNDAY BRUNCHING — GENTLE GOURMET D’AUTOMNE

   Après une soirée amicale hier, qui fut l’occasion de belles rencontres et de partager un bon repas éthique, nous nous sommes rendus ce matin à Paris pour découvrir le brunch du Gentle Gourmet.
   Depuis l’été dernier, le Gentle Gourmet a changé quelque peu ses habitudes puisque désormais en semaine il y a des cours de cuisine, et chaque vendredi soir un menu unique qui s’appelle La Table du Gentle.
   Que dire de ce brunch dominical ?

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MICRO-CHRONIQUE — MURIEL DE RENGERVÉ — UN TRIPTYQUE AVEC ALTERNATIVES VÉGÉTARIENNES ET RADIO PAROLE D’ANIMAUX

MICRO-CHRONIQUE — MURIEL DE RENGERVÉ
   Trois façons d’aborder un essai.
   Pour cette romancière que nous avons découvert tout récemment dans son dernier essai littéraire, il est grand temps que nous apprenions à reconnaître que « le sang de l’agneau ou la vache que l’homme tue a la même couleur que celui de nos enfants ou de nos frères. »
   Partie vivre hors Paris, à Q* dit-elle, en Bretagne, la voilà allant à la rencontre de celles et ceux que l’usine-Moloch comme elle l’appelle, avale tous les jours afin qu’ils y digèrent avec elle toutes ces bêtes qu’ils n’ont bien souvent que guère, voire jamais les moyens de s’offrir. Ils entrent dès trois ou quatre heure du matin dans « […] ce bâtiment que les uns appellent le cauchemar où les autres pénètrent la boule au ventre […] ».

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